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vie monastique

  • Yvonne-Aimée de Jésus Noël 1950

    Yvonne-Aimé de Jésus, en 1950, était Mère Générale du couvent des Augustines hospitalières de Malestroit et supérieure générale de la Fédération des Augustines qu'elle avait fondée. Excellente religieuse et maîtresse-femme, elle était pétrie de droiture, de simplicité, de dévouement, de charité. 

    Voici ce qui est dit du dernier Noël de son existence (elle allait décéder le 3 février 1951, en moins d'une heure).

    "A Malestroit, elle se hâta de préparer, avec sa fidèle Marie de la Croix, l'arbre de Noël que le Généralat offrait à la Communauté pour apporter à celle-ci "de la joie du Bon Dieu". Elle passa une nuit pour achever de confectionner la centaine de colis qui contenaient de modestes cadeaux, choisis avec discernement et qui feraient le plus de plaisir ou rendraient le plus de service à chaque religieuse. 

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  • Des hommes et des dieux

    Voir ce film est souhaitable. Que l’on soit athée, chrétien, musulman, juif ou de tout autre sensibilité.

     

    moines.jpgLe destin dans la mort de sept moines trappistes, suivant la Règle de vie initiée par celui qui devint - après un début de vie agitée vouée aux plaisirs de ce monde - saint Benoît, le destin de ces hommes de Tibhirine permet de nous faire plonger, en tant qu’humain, dans la partie spirituelle de notre être.

     

    Une partie aussi essentielle que le corps physique qui lui donne abri, partie trop souvent négligée par la course quotidienne de l’existence.

     

    Si un film nous avait montré le déroulement, de l’intérieur, d’une journée dans un monastère, si prestigieux soit-il, il n’aurait guère mobilisé les foules.

     

    Ici la fin sanglante non montrée, d’ailleurs non souhaitée mais attendue comme possible en 1996 par ce groupe d’hommes du monastère Notre-Dame de l’Atlas au service de Dieu – le Dieu de tous les hommes – et de leurs voisins de village, a constitué l’événement, le fait divers qui a brutalisé les consciences. Permettant aujourd’hui, par ce film, de faire participer la foule des spectateurs à la vie quotidienne de travail, d’accueil de l’autre et de louanges de Dieu de ces hommes appelés moines.

     

    Ils sont neuf sur place quand a lieu l’enlèvement de sept d’entre eux dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, au cœur de la guerre civile qui a cours en Algérie. Le 21 mai leur assassinat est revendiqué.

    Voici les noms des disparus de cette année 1996 : Christian de Chergé prieur de la communauté, frère Luc Dochier médecin qui soigne gratuitement ceux qui viennent le voir; frère Christophe Lebreton, frère Michel Fleury, frère Bruno Lemarchand, frère Célestin Ringeard, frère Paul Favre-Miville.

    Christian de Chergé avait en quelque sorte anticipé sa fin par une lettre testament écrite en deux fois le 1 er décembre 1993 et le 1 er janvier 1994.

    Frère Jean-Pierre et frère Amédée sont les deux moines ayant échappés à l’enlèvement.

    Les moines de Tibhirine sont venus de France. Quatre d’entre eux avaient séjourné à l’abbaye Notre-Dame de Tamié, en Savoie, avant de gagner l’Algérie. Les acteurs y ont aussi fait halte avant le tournage pour s’y préparer.

    Ces acteurs, vrais représentants des moines, sont entrés dans leur rôle à fond, cultivant en commun un certain nombre de chants et de prières jusqu’à ne former, comme sur le sol algérien, qu’une même voix en raison de l’unité de leur engagement, bien que conservant chacun leur personnalité.

     

    Les paysages – le film a été tourné au Maroc – sont de toute beauté. Une beauté qui s’ajoute à celle des offices qui rythment le fil du temps des monastères. Et la beauté, naturellement, nourrit le cœur et l’âme qu’elle élève vers davantage d’écoute de l’autre.

    L’autre, ce frère différent, aussi un autre moi-même, même si son Dieu est nommé Allah, son prophète s’appelant Mahomet et son livre sacré Le Coran étant la parole divine transmise par l’archange Gabriel.

     

    Les moines de Tibhirine dialoguaient, jour après jour, avec ces frères en un même Dieu.

    Ces chrétiens fraternisaient avec un entourage musulman tout aussi digne d’estime et respectable qu’eux.

     

    Au-delà du drame qui a permis l’émergence de ce long métrage, ce film nous donne à voir plus loin que notre quotidien, nous plaçant en face à face avec la destinée humaine, nous donnant à regarder le sens de notre vie, de ce passage sur terre de plusieurs dizaines voire d’une centaine d’années.

     

    Que faisons-nous de cette existence de terriens qui nous est confiée aujourd’hui et demain ? Accomplissons-nous ce pourquoi nous sommes aujourd’hui des vivants de la planète terre ?

     

    Humbles ou célèbres, voir ce film, y participer, s’y unir, peut être l’occasion d’un temps de pause sur ce que nous faisons de notre vie humaine. Sur des améliorations à y apporter, peut être.

     

    Avec ou sans appartenance à une religion dite officielle, catalogués ou non pratiquants, nous disposons tous d’une vie de l’esprit à cultiver, d’une vie du cœur à partager.

    Sans oublier, quand un beau spectacle s’y prête, de rendre hommage à cette belle création qui nous est offerte. Même si cette participation ne prend pas la forme d’un office tel que chanté en grégorien et célébré entre les murs d’un monastère.

     

    Moins de 18 ans, la vie de l’esprit est présente et agissante dès le plus jeune âge. Vous le savez bien ! Alors ne l’oubliez pas. Ne l’oublions pas.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (illustration : affiche du film)

     

  • Dom Pierre MIQUEL

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique.       

    5 ans ce 21 mai 2008  que Dom Pierre MIQUEL nous a quittés. Voici, à partir de ce qu’écrivait à l’époque son successeur à Saint Martin de Ligugé, Dom Jean-Pierre LONGEAT, l’actuel Père Abbé de cette abbaye proche de Poitiers le fil de la vie de Pierre MIQUEL.

    Avec des ancêtres auvergnats, Pierre MIQUEL naît le 20 août 1920 à Paris, 16 ème. C’est un petit garçon vif et éveillé. Après des études secondaires classiques, incluant le grec qu’il arrive à  manipuler aussi aisément que le français et le latin, il poursuit ses études à Paris au collège des jésuites rue Franklin. C’est un balletomane passionné; c’est déjà un amateur d’art éclairé. Après Paris Pierre MIQUEL se retrouve à Clermont-Ferrand où il suit les cours de l’université de Strasbourg réfugiée dans le centre de la France en raison de la guerre. Là, il est arrêté quelques jours lors d’une rafle de la Gestapo. Il lit beaucoup - la lecture est toute sa vie une activité de découverte qu’il goûte infiniment. Licencié ès lettres en 1940, il clôture ses études de droit à Paris par une thèse en 1945. Il fréquente les cours de Berdiaev et participe au début du Centre Richelieu.

    Fini les spectacles de ballets. Le jeune et beau gosse qu’est alors Pierre MIQUEL a choisi sa voie. C’est à l’abbaye de la rue de La Source à Paris où il est entré qu’il fait profession simple le 27 mai 1947. Ordonné prêtre le 29 juin 1953 - les moines ne sont pas systématiquement  prêtres – il est nommé aumônier de la postcure universitaire, rue Boileau, où les questionnements des étudiants le marquent pour la vie. Il s’intéresse aux sciences humaines et garde toute sa vie un intérêt intense pour toutes les avancées dans tous les domaines. A l’abbaye de La Source il exerce diverses charges dont celles de sacristain, cellérier et maître des novices. C’est à partir de 1959 qu’il publie des articles sur la liturgie et l’expérience spirituelle dans différentes revues. Pour cela il s’est créé une méthode de travail simple et rigoureuse.

    Le 29 juin 1966  élu abbé de Ligugé dans la Vienne , il participe aux congrès des abbés bénédictins. Il œuvre aux chapitres généraux de la congrégation de Solesmes pour définir l’aggiornamento post-conciliaire qu’il met en œuvre dans la ligne d’une fidélité à la tradition ouverte aux requêtes des hommes d’aujourd’hui. Toujours en mouvement, il procède à la rénovation de bâtiments de l’abbaye, en particulier à la rénovation de l’église achevée en 190 pour l’année saint Benoît. Il donne à Ligugé des conférences sur la théologie, la morale et la spiritualité. Pendant plusieurs années il représente les monastères français à la Conférence des évêques de France, participant aux assemblées de Lourdes. Il fait partie du premier bureau de la Conférence monastique de France. Les conférences spirituelles que Dom Pierre MIQUEL  fait aux communautés de Ligugé, Sainte-Croix, Saint Julien l’Ars et Maumont ainsi que les retraites qu’il donne chaque année à des communautés monastiques sont à l’origine des livres qu’il va publier jusqu’au bout.

    Fin 1990, il fait le choix de démissionner de son abbatiat pour laisser place à un plus jeune, l’actuel Père Abbé. Il devient aumônier des bénédictines de Limon près de Vauhallan dans le 91 jusqu’en 2000. Il est aussi délégué de l’Archevêque de Paris auprès des mouvements du Renouveau, mission dont il s’acquitte avec sérénité, pondération et sagesse. En 1997 il intervient à l’Institut orthodoxe Saint-Tikhon de Moscou pour une session sur Saint Irénée. Il voyage également en Afrique demandé par des monastères bénédictins.

    Il devient aumônier des Augustines de la rue de la Santé à Paris. Mais c’est toujours debout qu’il décède subitement le 21 mai 2003 rue Notre-Dame des Champs à Paris chez les Petites  Sœurs des Pauvres où il a été admis à l’automne 2002 en raison d’une maladie qui lui vole ses forces.

    Que dire d’autre ? Il y aurait beaucoup à relater encore. Personnellement c’est par le biais de livres en chantier de Dom Pierre MIQUEL que je mettais au net que j’ai bénéficié des connaissances de ce moine de grand talent. Je sais qu’aujourd’hui ce Père Abbé serait émerveillé des possibilités de communication que donnent Face Book, myspace et internet.

    Pour conclure, Dom Pierre MIQUEL a publié une trentaine de livres traitant de la spiritualité monastique, biblique, liturgique et sur le symbolisme. Il a aussi écrit nombre d’articles dont tous les articles liminaires de la Lettre de Ligugé de 1966 à 1990. Tous les livres de Dom Pierre MIQUEL sont les fruits de sa « lectio divina ».C’est une manière de prolonger un enseignement et une direction spirituelle où l’attention aux personnes, à leur expérience, leurs problèmes et leurs questions reçoivent l’éclairage des grands auteurs, de la foi et du dogme, de la liturgie et des traditions spirituelles. C’est le problème de la présentation d’une foi recevable par les personnes d’aujourd’hui qui hante les dernières années de Dom Pierre MIQUEL.

    Voilà les jeunes le parcours d’une vie monastique qui reste tout le temps ouverte sur le monde des humains.

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr