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Versailles

  • Versailles ! par Alain Baraton !

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique.                                                                     2 fois que je vous parle d’Alain Baraton et de son livre « Le jardinier de Versailles », paru chez Grasset et dont la 1ère édition est de mai 2007. Je vous propose d’aller plus loin avec cet amoureux de Versailles.                                               Car ce livre apporte une infinité de choses. La 4 ème de couverture nous indique d’emblée que ce livre « est le premier jamais écrit par un jardinier de Versailles. » Qui est quand même le Jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand Parc de Versailles où il travaille depuis plus de 30 ans. Un Super Jardinier arrivé là après avoir gravi tous les échelons en partant de la base.

    Les amoureux des plantes, les hommes à la main verte, ont ceci de très particulier qu’ils travaillent à l’échelon des siècles dès ors qu’il s’agit des arbres. Les forestiers voués aux  arbres des forêts - de celui qui manie la bêche à l’ingénieur en chef - oeuvrent tous dans la durée, sur des centaines d’années.                                                                                                                                                        Il y a ainsi dans la fréquentation du végétal une permanence apaisante continuité. Ceux qui sont des habitués des ballades en forêts domaniales ou privés de comprendront.

    Que nous raconte donc le Super Jardinier de Versailles, dans un style facile à lire ? nous promenant d’un siècle à un autre sans difficulté, restituant l’atmosphère propre à chaque lieu et en l’occurrence celle propre à Versailles au niveau de chacune de ses transformations ? En 12 chapitres, Alain Baraton nous dévoile un peu de ce Versailles qui s’est attaché ce serviteur de talent.

    Dès le début, nous sommes plongés dans la tempête du 26décembre 1999 et ses conséquences. A tel point  que des soldats sont sur place, en tenue de camouflage, aidés d’engins modernes pour évacuer plus de 18.000 arbres détruits ou arrachés ou trop endommagés pour être gardés. On apprend que depuis ce soir de décembre 1999 il a été planté davantage d’arbres qu’en 2 siècles.

    Après avoir découvert un peu de son enfance, l’auteur conte ses débuts et sa progression  pour déboucher sur l’origine de Versailles. C’est d’abord un bois giboyeux où Henri IV se plaît à venir chasser. Puis c’est au tour de Louis XIII qui acquiert des droits sur ce lieu et fait en sorte de disposer d’un modeste pied à terre constitué d’une maison agrémentée de 3 hectares. Louis XIV aborde Versailles en ayant dû subir La Fronde , ce qui lui a donné un certain dégoût de Paris. Ayant fait embastillé le surintendant Fouquet, le jeune roi peut utiliser toute l’équipe de Vaux-le-Vicomte. ? Les le Nôtre, Le Vau, Le Brun. Il établit d’abord un Versailles intime où Louis XIV fait retraite avec Louise de La Vallière , son délicieux amour. Puis le roi va concevoir et donner le jour au palais toujours actuel de 2008.

    « …tout le pays profite du  chantier: les marbres des Pyrénées, les tapisseries des Gobelins, les glaces des manufactures du Temple, tous les talents nationaux sont sollicité et culminent à Versailles. Depuis les cathédrales, la  France n’avait pas connu de tel chantier. Du point de vue économique, Versailles est déjà un succès.

    La politique ne tarde pas à suivre : le château devient peu à peu le lieu du pouvoir.»(ps.93- 94)

    « Le roi domine le monde car le monde est à Versailles : des quatre coins de la planète, on fait venir des plantes et des animaux rares. Nous sommes au siècle de la préciosité et de la galanterie : l’harmonie et la beauté guident les dessins de Le Nôtre et de ses aides. Quel meilleur moyen d’asservir la cour que de lui servir, justement, cette préciosité dont elle est friande ! La domination par l’esthétique, tel est sans doute une des plus grandes prouesses du règne de Louis XIV. » (ps.95)

    « Le parc est un excellent moyen d’exercer le pouvoir. Qui voudrait lever la voix dans ces jardins ? Tant de beauté impose le silence et le respect, d’autant que, Louis XIV, amoureux de son parc, le fait perpétuellement embellir. (p.97)

    « L’aura du roi semble tout emporter sur son passage, même le talent: l’illustre Racine abandonne  sa muse pour devenir historiographe du roi. En un siècle, le bourg de province est devenu le centre du monde ».(p.98)

    A la mort du roi en 1715, le palais se vide devenant une Belle au Bois  dormant. Il faut attendre la majorité de Louis XV pour que le roi à nouveau s’installe à Versailles avec la cour. Avec Louis XV le château « redevient le lieu de l’intime, comme en témoigne la construction du pavillon du Jardin Français, et bien sûr du Petit Trianon. » (p.99)

    Marie-Antoinette apporte aussi des modifications : une grotte, un hameau à la « simplicité champêtre » et  un temple dédié à l’amour. Quant à Louis XVI il fait « courageusement replanter le parc. «Après 1789, les lieux ne subiront pas de transformations majeures.

    Jusqu'à ce que Versailles devienne, sous Louis-Philippe, un musée, l’histoire a continué son ouvrage, » (p. 100)

    Et puis voilà la mémoire vivante du jardinier qui se rappelle une aubépine vue sur une gravure ! Connexion faite avec le puzzle dessiné sur le disque dur de sa mémoire, Alain Baraton évite, in extremis, que l’aubépine guettée par la tronçonneuse soit exécutée pour cause de développement envahissant ! Eh oui ! cette aubépine a vu Louis XV du haut de ses 250 ans ! Aubépine sauvée !

    Je suis à la page 121 qui  nous introduit à des Histoires de jardin, avec Louis XV et Marie-Antoinette, une « reine, toute prévenante » qui «vient au secours du peintre » (il s’agit de Mme Vigée-Lebrun) en ramassant elle-même les pinceaux tombés par terre: la reine se baisse devant sa servante enceinte » (p.136). Suit une histoire d’amour émouvante entre Marion et Jean de l’Eau.

    A mi-parcours, l’auteur se livre avec son: « Je suis un contemplatif. Pas une journée sans que je ne m’extasie devant une fleur sublime, un arbre majestueux ou une lumière douce qui colore à la fin du jour les sous-bois du Grand Parc.

    Souvent même, je converse avec mes arbres. » (p.147)

    « Les arbres sont témoins de tout ce qui se passe, de tout ce qui se dit et de tout ce qui se tait ». (p.148)

    « Ce sont les botanistes qui ont nommé les plantes. Derrière leurs noms, savants ou populaires ;, se cache souvent l’histoire d’un homme. Le magnolia rend hommage au directeur du jardin botanique de Montpellier. Pierre Magnol(…) Dahl ramène du Mexique le dahlia, et le jésuite Kamel, parti loin de France étudier la flore des Philippines, donne son nom aux romantiques camélias. L’épouse de François Ier apprécie les prunes qui mûrissent dans les vergers royaux. Elle encourage leur culture et pour la remercier, les producteurs baptisent ces fruits juteux et sucrés Reines-Claudes ».  » (p.149)

    « Les plantes, c’est prouvé, nous rendent meilleurs. La proximité des arbres calme et apaise les anxieux. » (p.152)

    « A l’entrée de Trianon, le tronc immobile du chêne de Marie-Antoinette garde en lui les moments forts et douloureux des jardins. Du haut de ses trente-cinq mètres, il voyait arriver dans le parc toutes les  essences qui aujourd’hui y vivent. Il entendait le roi discuter avec Le Nôtre ou pleurer une jeune reine condamnée trop jeune à ne mort injuste. Il s’interrogeait sur les cent pas d’un empereur qui s’ennuyait à Versailles. Il était né en 1681 et il mourut pendant la canicule de l’été 2003. 

    Fort heureusement, il reste caché non loin de Trianon un vénérable chêne. Le doyen du parc, né à la fin du XVII ème siècle, ne figure sur aucune carte et demeure totalement inconnu de ceux qui se nourrissent en parlant de Versailles et de ses jardins. Il vit discrètement loin des vandales et des rumeurs du château. Ce chêne sans nom est magnifique et sa santé est bonne. » (p.154)

    Vient le chapitre sur Le Nôtre et nous autres où j’ai puisé pour parler du Potager du Roi avec La Quintinie le 23.4.2008 puis la «révolution » technologique sous le titre Les feuilles mortes se ramassent à la pelle avec la fin des chevaux et l’installation des tracteurs, motoculteurs, moteurs, plastique, tondeuses, tronçonneuses… Le « vulgaire jardinier » est mué en « véritable technicien de surface ». Surtout je conseille aux jeunes amateurs de botanique ou désireux de rentrer dans cet artisanat noble des mains vertes de lire très attentivement tout ce chapitre.  Même conseil à tous les prestataires et décideurs éducatifs ! En page 226, il est question de l’égalité des chances, de l’uniformisation, des enseignements, de « l’égalité qui enfante la norme et le conformisme », et surtout de l’échec d’une formation basée sur les livres et les cédéroms !  Alain Baraton le constate : « Mes petits « bleus » connaissent sur le bout des doigts leurs manuels de botanique et sont incapables de reconnaître une plante quand elle est dans un bosquet » (p.226-227)

    Le chapitre qui suit s’intitule M. comme Molière, Malraux, Milos Forman, Mnouchkine, Mitterrand, Mallarmé, Musset, Madonna,  et même l’association Marie-Antoinette. Molière qui a osé, à Versailles, donner Tartuffe « devant une assemblée de dévots en cols noirs »! le scandale qui s’ensuivit entraîna l’interdiction de la pièce …«mais Molière n’en retira pas une ligne » ! (p.236)

    Après surgissent Les plaisirs et les jours, les fêtes de Versailles. Louis XIV aime la danse et danse. Les ballets Béjart dansent à Versailles ! Allez ! allez  dégustez ce chapitre !

    Le rouge, le noir et le rose. Ce chapitre là fait pénétrer dans les sensations, les émotions, les perceptions de Versailles le jour, la nuit, dans la brume, à n’importe quelle saison… C’est dans ce chapitre que l’auteur conte l’histoire advenue le 10août 1901 à 2 anglaises,

    histoire évoquée le 10.6.08 dans le billet Histoires extraordinaires ? Parnormal ?  Et il y en a bien d’autres, dont des réelles.

    Le Jardinier de Versailles achève son récit pas l’évocation de la saison qu’il préfère qu’il nomme Ma saison préférée. C’est l’automne. « Suivant les espèces et d’autres facteurs, trop nombreux pour que je les explique en quelques lignes, l’absence de chlorophylle, verte, comme chacun sait, fait apparaître les différents pigments de la feuille: à l’automne , en quelque sorte, c’est la vraie couleur du feuillage qui apparaît. Beaucoup l’ignorent: les arbres sont rouge et or. Ce sont deux couleurs royales, et quand arrive octobre, je m‘émerveille de leur règne retrouvé. Voici les rois et les reines véritables du parc, ceux qu’aucune révolution ne pourra, ni ne voudra, détrôner. » (p. 329-330)

    Petit détour vers un certain Pierre de Nolhac né à Ambert en 1859 et mort à Paris en 1936. Après des études brillantes il est nommé conservateur au musée de Versailles en 1892 puis directeur du musée Jacquemart-André en 1920 . Il est important pour le musée de Versailles car c’est lui qui reconstitue les collections - notamment le mobilier qui avait été dispersé pendant la Révolution française. Il a écrit sur Marie-Antoinette et le château de Versailles.

    Il a été élu membre de l’Académie Française en 1922 . Et un timbre a été émis à son effigie en 1960.

    Voilà, les jeunes, une histoire de Versailles vu par un connaisseur amoureux de ce domaine. Je n’ai aucune photo récente de Versailles à vous proposer. Je n’en mets donc pas. Mieux vaut que vous alliez sur place soit pour une 1ère fois, soit pour une nième fois. Amusant ! J’ai habité à Fontenay le Fleury (mitoyen de saint Cyr l’Ecole) au Parc Montaigne, avec une vue superbe, dégagée et tout  sur les feux d’artifices tirés au château de Versailles en été. Je les voyais le soir allongée tranquille sur un lit confortable ligne moderne dernier cri ! et c’était superbe ! Que vous dire de plus ?                                 Je vous conseille au choix et selon l’humeur :                                                                                                                                 - d’aller voir Versailles, le domaine, le jardin du Roi, le lieu de réunion des Etats Généraux , etc…                                          - de lire in extenso le Jardinier de Versailles et les autres écrits d’Alain Baraton.                                                                       - de voir Alain Baraton et de l’écouter quand il passe à la télé chaque semaine sur France Inter.                                            Et puis, les jeunes, si vous hésitez sur une vocation de jardinier, n’hésitez pas ! écrivez à Alain Baraton ; si c’est  nécessaire, il saura vous recevoir, vous écouter, vous conseiller. Ne craignez  rien ! Allez-y ! De ma part si vous soulez ! Il est prêt à parler avec un petit-fils de 14 ans « un amoureux des plantes » , «  un jeune homme à la main verte ». Bougez-vous ! Ayez foi en vous ! Quant aux jeunes parisiens ou jeunes habitants de l’Ile de France, il existe l’école du Breuil, près du Bois de Vincennes. Quant à la ville de Paris elle assure formation et travail pour l’entretien des multiples squares et jardins. Cool ! les jeunes ! Si besoin, vous disposez de mon adresse mail où vos parents peuvent me joindre si vous n’avez pas encore 18 ans. Sans vos parents si vous avez plus de 18 ans, qui ne sont pas excluent même avec 18 ans sonnés ! Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr