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yvonne-aimée de jésus

  • Yvonne-Aimée de Jésus (1901-1951), naissance

    Yvonne, Jeanne, Delphine BEAUVAIS est née le 16 juillet 1901 à Cossé-en-Champagne en Mayenne, jour de la fête de Notre Dame du Mont Carmel.

    Son papa, Alfred Beauvais - de Beauvais avant la Révolution - était issu d'une famille de « notaires ruraux » proches des paysans et des nobles. La maman était née Lucie Brûlé, au Mans, en 1875.

    Yvonne était le second enfant de ce couple, très amoureux l'un de l'autre, l'aînée étant Suzanne.

    Le 18 juillet, Yvonne fut ondoyée, le baptême étant complété le 5 octobre. Yvonne hérita de son père bonté, générosité, accueil ; de sa mère activité, courage. Au menu du repas qui suivit le baptême, les pièces de chasse – perdreaux, lièvre farci, faisan rôti - étaient fournies par le papa.

    Yvonne et les siens connurent quelques années d'enfance heureuse. Puis, le 17 octobre 1904, le papa d'Yvonne décéda. L'énergique maman se mit au travail. Ayant eu à 18 ans le brevet supérieur avec mention, elle entra dans l'enseignement libre avec un premier poste à Boulogne sur Mer en octobre 1905. Yvonne, trop jeune, ne pouvait pas être alors avec sa maman. Elle fut confiée jusqu'en novembre 1907 à ses grands-parents Brûlé au Mans. En cette période, grand-mère Brûlé lisait à Yvonne des passages de l'Histoire d'une âme de sœur Thérèse de l'Enfant Jésus. Yvonne était souple, agile et avait une autorité naturelle sur les animaux : lapins, poules, chiens, coccinelles, chats. Après Le Mans, Yvonne connut deux ans de pensionnat à Argentan à l'Institution Jeanne d'Arc. Puis ce fut Toul où elle put vivre tout au long de l'année - et pas seulement les vacances – avec sa sœur et sa maman qui dirigeait le pensionnat de La Miséricorde.

    Avant de poursuivre, il me faut indiquer la source dont je tire ces informations. Il s'agit de l'excellent livre du Père Paul Labutte, auteur de « Yvonne-Aimée de Jésus « Ma Mère selon l'Esprit » », témoignage et témoignages en forme de récit, ouvrage paru chez Françoise-Xavier de Guibert, Paris en 1998. Je n'ai pas encore pris connaissance des neuf études réalisées par le Père Laurentin de 1985 à 1996.

    C'est à Paris, le 30 décembre 1910, qu'Yvonne fait sa première communion. Sa vie spirituelle est déjà importante, dirigée et L'Histoire d'une âme lui est alors donnée. Yvonne souhaitait être « comme la petite Thérèse de l'Enfant Jésus, une martyre d'amour et sauver beaucoup d'âmes » (p 55). Le 1er janvier 1911 elle écrit et signe un pacte d'amour adressé à Jésus qui ne sera découvert qu'après sa mort en 1951. Madame Janine Monnot, psycho-graphologue, examinant ce billet en 1958 le déclare « inspiré » , ayant aussi étudié le billet de profession de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. Voici ce pacte conscient qui engage la vie d'Yvonne :

    « O mon Petit Jésus, je me donne à Toi entièrement et pour toujours.

    Je voudrais toujours ce que Tu voudras.

    Je ferai tout ce que Tu me diras de faire.

    Je ne vivrai que pour Toi, je travaillerai en silence et si Tu le veux je souffrirai beaucoup en silence.

    Je Te supplie de me faire devenir sainte, une très grande sainte – une martyre.

    Fais-moi être fidèle toujours.

    Je veux sauver beaucoup d'âmes et T'aimer plus que tout le monde, mais je veux aussi être toute petite afin de Te donner plus de gloire.

    Je veux Te posséder, mon petit Jésus et Te rayonner. Je veux n'être qu'à Toi mais je veux surtout Ta Volonté.

    Ta petit Yvonne 1er janvier 1911 »

    Lors de cette communion le Père Questel, jésuite, aumônier de « la Bretagne de Paris » avait recommandé à Yvonne ceci : « Demandez aussi à Jésus d'attacher spécialement à votre âme, le jour de votre Première Communion, une âme d'enfant appelé à devenir prêtre, sans désirer savoir ici-bas comment il se nomme et quel pays il habite. Chaque jour, vous prierez et vous vous sacrifierez pour sa vocation et son sacerdoce. » (p 54) Ce prêtre se révélera être Paul Labutte.

    De 11 à 19 ans, c'est la traversée d'un désert spirituel pour Yvonne, avec en sus des échecs scolaires et des soucis de santé.

    Dans la cathédrale de Toul où Jeanne d'Arc est venue, Yvonne prie beaucoup.

    Dès cette époque 1911/1912, Yvonne à des « flash ». Ainsi elle affirme : « Mademoiselle Rodi sera carmélite. » ; ce qui sera.

    En 1912, madame Alfred Beauvais a remboursé intégralement toutes les créances laissées par un époux décédé et trop généreux avec autrui. Elle mène ses filles au Mont Saint Odile, à Domrémy. Toute la famille aime à voyager.

    Le dimanche 11 mai 1913, en la fête de La Pentecôte, Yvonne fit sa communion solennelle en la cathédrale saint Etienne de Toul. Et le 18 mai 1919, fête de La Trinité, elle reçut le sacrement de Confirmation – onction du Saint Chrême et effusion des sept dons de l'Esprit Saint.

    A Toul Yvonne a pris saint Joseph sous sa protection, lui donnant de belles fleurs le samedi, et non des restes. En juin 1950, au retour d'un voyage en Alsace de Paul Butte, Mère Yvonne-Aimée lui confie : « Toul ! Toul ! J'y ai souffert mais j'y ai reçu de grandes grâces de lumière !... Ah ! La cathédrale ! ... » (p 73)

    L'été 1913 se passe à la campagne. Un soir, étant allée voir une malade, Yvonne s'égara au retour et dormit au pied d'un arbre à la belle étoile. « Elle ne connaissait pas la peur et elle avait confiance « dans la protection des Anges gardiens et du Bon Dieu. » » (p 74)

    En 1913, madame Beauvais devient économe de l'établissement Sainte Marie de Neuilly sur Seine, collège libre fondée par madame Daniélou, agrégée de lettres. Le 5 septembre Yvonne y devient pensionnaire en 5 ème et Suzanne, sa sœur, en 3 ème. Un conseil est donné aux deux nouvelle élèves par le Père Trégard, cousin et jésuite: « Au cours de ce premier trimestre, redoublez d'effort, car l'étiquette qui vous sera donnée, eh bien ! Elle vous suivra tout au long de vos études ! » (p 75)

    L'année 1913-1914 est désespérante pour Yvonne souvent malade et qualifiée, à tort, de paresseuse.

    Le 18 juillet 1914 – personne ne pense à la guerre – Yvonne est envoyée en Angleterre, près de Londres, au pensionnat d'Abbey-Wood à St Joseph Convent, destination qu'elle n'apprend que sur le bateau ; c'est pour elle comme une punition. (p 81) A Abbey-Wood ce sont les Filles de Jésus de Kermaria, Morbihan, qui se sont réfugiées là après 1904 ouvrant une High School. Yvonne reste là deux ans, heureuse et s'épanouissant. Etudes associées à beaucoup de sport, danse, musique – piano - et « tea » firent merveille pour elle. Envoyée à Londres faire des courses seule, Yvonne « priait son Ange gardien de la guider. » (p 83)

    En 1915 elle est reçue Enfant de Marie et, dès lors, récite chaque jour le petit office de la Sainte Vierge. Elle récitait aussi son chapelet en anglais.

    C'est lors de sa 2 ème année anglaise qu'Yvonne entend l'appel divin, « en réponse à ses prières », appel qui est une vocation religieuse. A cette époque, Yvonne écrit les paroles et musique d'une Berceuse pour l'Enfant Jésus qu'elle chante.

    En 1916, elle obtient son Junior - équivalent à l'époque au brevet des collèges - avec souvent des « very good » et réussit en piano au conservatoire de Londres ainsi qu'en peinture à l'Ecole d'Art et en cartographie à l'Ecole royale.

    Un fait, que j'ai trouvé intéressant, est survenu à l'occasion d'une partie de hockey.

    « Yvonne, tout en jouant, cheveux au vent, remarqua qu'un pauvre s'était arrêté en face d'elle et la regardait longuement. Il semblait d'une si grande bonté et d'une telle tristesse qu'elle ne put s'empêcher de laisser le jeu et de courir vers lui. Les autres filles crièrent : « Captain Yvonne ! Où allez-vous ? Si vous partez, nous allons perdre le match ! » Mais elle continua sa course et s'approcha du pauvre : « Avez-vous faim ? » demanda-t-elle. « Oui... »Alors, elle lui offrit gentiment son propre goûter. Le pauvre remercia avec une telle politesse, une distinction si royale qu'Yvonne s'enhardit à lui demander : « Avez-vous des enfants ? » « Oui, beaucoup, beaucoup... ». Il s'éloigna et Yvonne revint vite au jeu de hockey. Son côté gagna le match ; toutes les élèves furent d'avis que c'était grâce à Yvonne qui n'avait jamais si bien joué que ce jour-là ! Mais celle-ci n'écouta pas ces compliments : la rencontre du pauvre l'avait bouleversée et la laissait pénétrée d'une joie inconnue. » (p 89-90)

    Le 5 août 1916 ce fut le départ de Southampton pour Le Havre. La traversée de quelques heures dura un jour et demi en raison de la présence d'un sous marin allemand. Les passagers avaient faim et Yvonne, pour distraire les enfants, « revêtit sa jupe et ses sandales de ballerine et, sur le pont du navire, exécuta ses plus belles danses. La sirène annonça la fin de l'alerte, la route était libre, le navire accosta les quais du Havre. « J'avais faim, relate Yvonne, de salutaires réflexions sur la mort, car, enfin, nous l'avions frôlée. Et j'avais hâte de retrouver maman, ainsi que ma famille, mes amies et mes pauvres.» » (p 90-91)

    Les pauvres sont importants pour Yvonne depuis qu'elle est toute petite. Ayant grandi, elle s'est spontanément occupée de ceux de la zone ou de familles pauvres qui lui étaient signalées. Elle fera toujours de son mieux pour eux. N'oubliant pas les cadeaux neufs et jolis pour les enfants à l'occasion de Noël payés de sa poche. Cela avait débuté très tôt, au Mans dans les années 1905-1907, les mendiants étant nombreux à tendre la main dans la rue. Yvonne indique « Quand je n'avais rien à leur donner, je leur disais ; « Je vous aime » et je les embrassais, puis je leur indiquais le chemin de la maison, sachant qu'ils seraient toujours bien accueillis. » (p 33) La veille de sa Première Communion Yvonne alla chez une maman avec beaucoup d'enfants, apportant « un gros pot-au-feu, avec beaucoup de poireaux. » Une des « personne visitée fut touchée de la politesse et du respect d'Yvonne. Chaque fois que cette femme pauvre l'interrogeait, la petite fille se levait pour lui répondre. » (p 54-55)

    Je mets ci-dessous quelques points de repères avant de poursuivre, une autre fois, ce récit sur Yvonne -Aimée de Jésus. Son papa, avant de « passer » l'avait béni en murmurant : « Yvonne...Ma petite Yvonne...aimée...particulièrement aimée ! ». Yvonne priait son papa, obtenant des grâces par lui ; elle précisait : « On n'a pas assez recours aux élus de nos familles. On prie des saints illustres qui ne nous connaissent pas autant qu'eux. » (p 24)

    Après ces années de jeunesse se situe un printemps mystique avec l'épisode de la Croix et le lys à Malestroit le 5 juillet 1922, avec la présence de Jésus et, en contrepartie, des tourments du démon.

    D'octobre 1922 à mars 1923 c'est un séjour à Anglet près des Bernardines fondées par le Père Cestac.

    En 1925 c'est un pèlerinage à Rome pour la canonisation de Thérèse de Lisieux le 17 mai. Un pèlerinage rapide à Lisieux le 13 juin et, le 1er juillet 1925, l'assistance en la basilique sainte Anne d'Auray au sacre de monseigneur Picaud.

    L'entrée d'Yvonne au couvent de Malestroit a lieu le 18 mars 1927. Pour cette parisienne si libre de ses mouvements la clôture monastique est une épreuve.

    La jeune religieuse, humble et joyeuse, au service du seigneur roi Jésus, fera sa profession perpétuelle le 29 septembre1931, fête de l'archange saint Michel avec un cérémonial datant du règne de saint Louis. Le 2 mai 1932, elle devient l'une des conseillères de la Supérieure et aussi maîtresse du noviciat, les vocations s'étant mises à affluer. Sa devise est « Tout droit au service de Jésus, roi d'Amour ». En mai 1935 Mère Yvonne-Aimée est élue nouvelle supérieure.

    Yvonne-Aimée, supérieure, est amenée à aller visiter les missions de Sud Afrique de février à mai 1938. C'est aussi un voyage au Canada en 1939.

    En septembre 1941, elle séjourne à La Brardière chez des amies et, lors de ce séjour, le ciel visite la terre de façon très concrète.

    En novembre 1941 c'est la fondation de l'Oasis Notre Dame de la Consolation, maison d'études pour que les jeunes religieuses de l'ordre prépare des diplômes d'Etat d'hospitalières.

    Le 16 février Yvonne-Aimée est arrêtée par la Gestapo, torturée, délivrée le 17 par son ange. De février 1943 à août 1944 le monastère de Malestroit donne l'hospitalité aux heures les plus périlleuses de l'occupation par l'Allemagne.

    Le 21 août 1946 elle est élue Supérieure Générale d'une Fédération de Monastères.

    Le 7 novembre 1947 la chasse de sainte Thérèse de Lisieux est déposée, un instant, dans le choeur du Monastère de Malestroit. « Nous nous aimons tant toutes deux ! » confie le 12 novembre Yvonne-Aimée à monseigneur Picaud.

    Le 31 décembre 1950, en écho aux vœux de la Communauté Mère Yvonne-Aimée indique « Ce que je vous demande, c'est de bien faire les petites choses. Les grandes, vous êtes capables de les accomplir, mais elles sont rares ! »

    Le 3 février 1951, premier samedi du mois dédié à la Vierge Marie, Yvonne-Aimée communie à la chapelle l'après-midi. Puis elle joue au piano et chante en attendant une visite. Vers 18h15, à sa table de travail, elle souffre de la tête. Plus tard, elle supplie : « J'ai peur de tomber...Ne me laissez pas seule...Oh ! Ne me quittez pas !... ça va passer...Oh ! Ne me quittez pas ! ... » Transportée sur son lit, secourue par les médecins, elle rend le dernier soupir vers 19h10. Le 8 février 1951 c'est la messe de Requiem. Au cimetière, le commando de parachutistes en béret rouge présentent les armes. Et Yvonne-Aimée est inhumée là où, en 1924, elle l'avait indiqué.

    En 1923 le monastère comptait 41 religieuses.

    En 1951 il y en avait 102.

    Le passage d'Yvonne-Aimée dans la maison de famille de La Brardière dans l'Orne a été durable et est toujours actuel. Le père Paul Butte a créé à La Brardière en décembre 1983 le Communauté Notre Dame, reconnue en 2004 par l'évêque de Séez. Il est possible d'aller s'y ressourcer tout comme à Malestroit.

    Je ne suis pas encore allée à Malestroit ni à La Brardière. A Lisieux, oui, ainsi qu'à Anglet. Yvonne-Aimée était en relation habituelle avec ses deux anges gardiens, Lumen et Laetare, Lumière et Joie.

    « Quelquefois ceux-ci se manifestaient à ses yeux sous une forme humaine. En d'autres circonstances elle entendait leur voix. Le plus souvent, elle les priait dans la nuit de la foi. On peut assurer qu'elle vivait dans leur intimité, appelant sans cesse leur aide et leur protection.

    D'une façon générale, elle était certaine que les anges se révèlent à ceux qui les prient et qui les aiment. ». (p 292)

    C'est le 17 août 1922 qu'Yvonne-Aimée avait entendu « cette parole intérieure : « Dis chaque jour : O Jésus, Roi d'amour, j'ai confiance en votre miséricordieuse bonté. » Elle n'y manquait jamais. La devise qu'elle avait prise semble l'écho de cette invocation : « Tout droit au service du Roi Jésus. » ». (p 287-288) La communauté respirait cette invocation directe et confiante, communiquée par Yvonne, être modelée tout au long de sa vie par « l'amour fou de Jésus-Christ. » ( 292)

    « Bien faire les petites choses » cela est possible, avec un peu de volonté par l'aide du divin qui prend par la main quiconque le lui demande.

    contact francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Yvonne-Aimée de Jésus, Trinité, harmonie

    Ce dimanche 15 juin 2014 est fêtée la sainte Trinité. Le Trois en Un, la notion de Trinité, est fort ancienne. Chez les chrétiens, elle s'exprime par des échanges entre les trois personnes que sont le Père, le Fils et le Saint Esprit dont l'effusion sur le groupe des apôtres de Jésus a été fêtée dimanche dernier, 8 juin, lors de la fête de la Pentecôte. On peut décrypter ainsi cet évènement.

    Mère Yvonne-Aimée de Jésus, religieuse augustine hospitalière à Malestroit, rappelait à l'époque des jours difficiles du Front Populaire que la France était protégée par la Vierge Marie. Elle précisait, dans sa lettre annuelle de 1937 adressée aux autres monastères du même Ordre : « La France est son royaume. Elle en a été officiellement sacrée Reine par Louis XIII. Elle ne peut la laisser sombrer... »

    C'est dès 1637 que le roi Louis XIII a consacré sa personne et son royaume à Marie « dans le secret de son cœur ». Avec Anne d'Autriche il prie et pèlerine pour avoir un descendant … attendu depuis des années. La Vierge Marie apparaît en 1637 à un religieux de Notre Dame des Victoires, dont la première pierre a été posée par le roi le dimanche 9 décembre 1629. Marie demande trois neuvaines à faire respectivement dans les trois lieux suivants : Notre-Dame de Cotignac en Provence, Notre-Dame de Parie et Notre-Dame des Victoires. Le frère Fiacre achève ces neuvaines le 5 décembre 1637. Jour pour jour, neuf mois après, naît le 5 septembre 1638 Louis-Dieudonné, futur Louis XIV. Et c'est dès que la reine est sûre de sa grossesse que Louis XIII publie officiellement, le 10 février 1638, l'Edit officiel qui consacre solennellement la France à Marie (Encyclopédie Marie, tome IV, Beauchesne 1956 p 714). Le roi, en sa 28 ème année de règne, écrit notamment ceci : « A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre état, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que, soit qu'il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l'église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la croix ; nous serons représenté aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre » (décoration qui sera achevée par Louis XIV)

    Alors qu'elle est en voyage en Espagne en septembre 1934, Mère Yvonne-Aimée prend la plume pour les novices de Malestroit développant « le thème de la joie en communauté :

    "… Ne soyons pas sensibles à l'appréciation d'autrui … Libérons-nous de toute cause d'énervement.... Mettons de l'ordre dans notre vie … Mettons notre âme et notre cœur à notre ouvrage... Prenons les dehors de la bonne humeur pour agir de l'intérieur... Travaillons à rendre heureuse nos Mères et nos Sœurs. Pour cela :

    1° S'adapter aux autres ;

    2° Calmer nos susceptibilités ;

    3° Créer, autour de soi, une atmosphère d'optimisme, de cordialité, de bonne humeur.

    Je crains de trop vous en dire, mais ce n'est pas moi qui vous le dis, j'ai été puiser à la Source de la Vérité, j'étais seule à la chapelle, je suis entrée dans le sanctuaire, je me suis assise sur la marche de l'autel et là, j'ai puisé en Lui, le Bon Dieu qui n'a pas d'autres désirs que de nous faire participer à sa joie.

    Donc, mes petites sœurs, communions à la joie intime de la Sainte Trinité qui vit en nous... » (p 461 du livre de Paul Labutte «Yvonne-Aimée de Jésus » chez François-Xavier de Guibert)

    Le texte de Paul Labutte continue ainsi : « A cette lettre était jointe une autre, d'un registre différent, car elle avait, pour destinataire … Malikoko, chat de la cuisine de la clinique, qui venait … de lui écrire, par la plume de la Mère Econome ». 'Yvonne-Aimée, avant le couvent, avait accueilli ce chat errant dans les rues de Paris. Lors de son entrée au couvent de Malestroit, n'ayant trouvé personne pour recueillir Malikoko, elle l'avait emmené. D'où ces échanges. Paul Labutte poursuit : « Mon cher petit Malikoko

    Ta longue lettre m'a fait un immense plaisir... Tu rassembleras, sous le bois, tes frères et sœurs, tes parents et tes amis, les chiens et les petits oiseaux, tous les animaux qui auront permission de sortir et tu leur diras à tous ma tendre affection de protectrice.

    … Il faut être aimable dans la vie, mon cher petit Malikoko. Je sais que tu l'es heureusement, mais entretiens cette qualité qui sied fort bien à un petit chat de couvent. Dis à Mère économe de te donner en mon honneur une petite tasse de lait... »

    Mère Yvonne-Aimée, à son ouverture spirituelle, joignait une ouverture humaine égale et très concrète qui allait des humains aux animaux , aux plantes, à tout le créé. J'admire de telles qualité réunies. Et je désirais, à l'occasion de la fête de la Trinité, lier le ciel et la terre, les trois conseils prodigués aux novices pouvant être mis en œuvre au quotidien par tout le monde pour un vivre ensemble plus harmonieux, les autres règnes étant associés à cette harmonie.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

     

  • Yvonne-Aimée de Jésus et 7 ans de blog

    Il y a sept ans, ce blog naissait vers 18 h 00. Hier, 6 juin 2014, lors du D Day - commémoration du 70 ème anniversaire du débarquement en 1944 - je pensais très fort à Yvonne-Aimée de Jésus, religieuse à Malestroit, qui a aidé beaucoup là où elle était au retour de la paix.

    Pour résumer, cette parisienne, née à Cossé-en-Champagne le 16 juillet 1901, décédée à Malestroit le 3 février 1951, entrée chez les Augustines hospitalières de Malestroit le 18 mars 1927, reçut des songes « prémonitoires » écrits en 1929. Ainsi, elle se voyait un jour de fête avec « sur la poitrine épinglées 4 ou 5 médailles dont la Légion d'honneur ».

    Effectivement Yvonne-Aimée, par des actions courageuses l'impliquant, elle et son monastère, participa très concrètement à la libération de la France. Tant et si bien que le 24 juin 1945 elle recevait la croix de guerre avec palme. Le 22 juillet 1945 de Gaulle en personne lui remettait la Légion d'honneur. Le 24 mars 1947, ce fut la Medal of freedom (USA), le 26 juillet 1947 la croix de la Résistance et le 7 août 1949 la King's Medal for courage in the cause of freedom (England). Ces informations se trouvent en page 383 du livre de Paul Labutte « Yvonne-Aimée de Jésus « ma mère selon l'Esprit » » chez François-Xavier de Guibert, 1998..

    A l'heure où de nombreux vétérans de juin 1944, la reine d'Angleterre Elisabeth II, 0bama, Poutine, le Président Hollande et tant d'autres foulaient les plages normandes, il était juste, je pense, de rappeler l'action importante d'Yvonne-Aimée de Jésus de Malestroit.

    Pour la France, pour la paix dans le monde, Yvonne-Aimée a fait ce qu'elle pouvait, là où elle était, à l'époque où elle vivait.

    Et nous ? Que faisons-nous ?

    Il y a 7 ans, en ouvrant ce blog, je signalais une émission d'Envoyé spécial, au soir de ce 7 juin, concernant les enfants placés. Sept ans plus tard, rien ne semble avoir changé en mieux. Il faut donc continuer à défendre ces enfant là pour les libérer.

    J'ai écrit un billet alertant contre les puces RFID implantées sur nombre de nos animaux familiers. Il semblerait qu'un essai soit en cours dans un pays européen sur des enfants en maternelle. Je suis contre ces puces qui, implantées, ouvrent la porte à une mise en esclavage intégral.

    Autre grave souci : les déchets de matière plastique qui se répandent sur l'eau et dans les fosses abyssales avec des effets délétères. Mais pourquoi, quand on met au point une nouveauté, ne regarde-ton pas comment elle pourra être éliminée ?

    Autre dérive avec les vaccins, plus ou moins imposés selon les pays, et dont on cache les effets secondaires néfastes.

    On n'ignore plus les actions néfastes des pesticides, hormones, antibiotiques et autres additifs répandus dans l'eau que l'on boit, sur les végétaux que l'on mange et dans les animaux consommés.

    Où allons-nous ?

    Où nous le déciderons !

    Le changement vient d'abord de notre changement personnel. En choix de consommation, pas exemple.

    Ensuite, si chacun se lève et réagit, comme le fit Yvonne-Aimée de Jésus à Malestroit, il est possible de retrouver une planète bleue vivable, agréable, joyeuse et belle.

    Les Hitler et autres ne sont pas venus pas hasard. Lui et ses semblables ont été le résultat de pensées collectives en ce sens. Et l'agressivité actuelle dont on côtoie la montée n'est rien d'autre que trop de négativité répandue de par le monde, négativité dont chacun est personnellement responsable à son niveau individuel.

    Et chacun, petit et grand, participe à ces pensées collectives, positives ou négatives.

    Les pensées négatives, les colères, les jugements, le non pardon, les peurs, etc... tout cela entraîne l'humanité entière dans un mauvais sens.

    La paix, la joie, la sérénité, la tranquillité, le pardon, la confiance, le partage, la compassion, l'amour universel qui n'attend rien en retour, etc....font basculer le monde dans le bon sens, positif.

    A ce positif il convient d'adjoindre une indispensable nourriture spirituelle, car c'est le spirituel qui donne vie et âme à notre corps de chair.

    Je dis et redis dans ce blog que nous sommes des êtres autant spirituels que charnels.

    Que notre époque ne l'oublie surtout pas !

    Demain, 8 juin, sera fêtée la Pentecôte, la venue de ce qui est appelé l'Esprit Saint, à qui il est demandé : « Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé. Assouplis ce qui et raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé. »

    Demain aussi est la Journée Mondiale de l'Océan. Une journée qu'Yvonne-Aimée aurait appréciée, elle qui prit le bateau pour aller jusqu'en Afrique du Sud et au Canada. Avant le couvent, Yvonne-Aimée séjourna plusieurs mois à Anglet, faisant de longues ballades solitaire sur les vastes plages de la côte basque dont elle appréciait la grandeur et la beauté, matérielle et spirituelle.

    Depuis son plus jeune âge, Yvonne-Aimée mettait en pratique, au quotidien, le conseil suivant (page 302 livre cité) :« Ne jugez pas » . Et l'une des ses consignes personnelles, dans le même axe, était : « Ne m'occuper de mon prochain que pour son honneur ou son bonheur. »

    Et si nous faisions cela ? !

    La face de monde en serait rapidement changée ! Pour le bonheur de tous !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr