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vihsida

  • Préservatif et Pape

    Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci 

    Il se trouve que l’autre jour, j’ai entendu la phrase intégrale du Pape Benoît XVI,

    interviewé dans l’avion l’emmenant en Afrique. Son propos, dûment raccourci, avait déclenché un tumulte fou. Je me suis dit qu’une fois de plus, en ne remontant pas aux sources, on déformait les propos. Pas très portée sur la défense d’un Pape un peu rétro, j’ai laissé filer.

     

    Et puis un message d'un curé,  tout prêt, m’est arrivé, transmis par une amie. Le curé en question je le connais bien. Une vocation très tardive. Durant des années il a bossé à la météo d’Eure et Loir, département où je séjournais très souvent. Et j’écoutais très souvent les prévisions du temps présentées par Alain Pessac, actuellement curé d’une paroisse du Perche. Cet homme est au fait des réalités et des contraintes liées au VIH/Sida. Ce n’est pas lui qui tiendrait des propos anti-préservatifs.

     

    Donc pas suspect, à mes yeux de professionnel de santé, je transmets l’article qui a retenu son attention, et dont le fond proposé permet la réflexion.

    Rassurez-vous je ne connais pas Sant’Egidio ni les Camilliens évoqués dans l’article. Je ne connais pas davantage Guillaume de Prémare.

     

    « Le Pape et le Sida - Petit exercice pratique

    Simples fidèles catholiques, nous prenons l’initiative d’agir dans l’urgence pour

    faire entendre une parole de raison au coeur de la tourmente médiatique.

    Puisqu’il est dit que la parole du pape est incompréhensible, voici un exercice

    pédagogique et non polémique qui permet de mieux la comprendre.

    ETAPE 1 : LISEZ CETTE PHRASE

    “ (…) on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire,

    cela risque d’augmenter le problème. ”

    ETAPE 2 : LISEZ CE TEXTE

    Benoît XVI : Je pense que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est justement l’Eglise catholique, avec ses mouvements, avec ses réalités diverses. Je pense à la communauté de Sant’Egidio qui fait tellement, de manière visible et aussi invisible, pour la lutte contre le sida, je pense aux Camilliens, à toutes les soeurs qui sont au service des malades… Je dirais que l’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. On ne peut trouver la solution que dans un double engagement : le premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui implique une nouvelle façon de se comporter l’un envers l’autre, et le second, une amitié vraie, surtout envers ceux qui souffrent, la disponibilité à être avec les malades, au prix aussi de sacrifices et de renoncements personnels. Ce sont ces facteurs qui aident et qui portent des progrès visibles. Autrement dit, notre double effort pour renouveler l’homme intérieurement,

    donner une force spirituelle et humaine pour un comportement juste à l’égard de son propre corps et de celui de l’autre, et notre capacité à souffrir, à rester présent dans les situations d’épreuve avec les malades. Il me semble que c’est la réponse juste, l’Eglise agit ainsi et offre par là même une contribution très grande et très importante. Remercions tous ceux qui le font.

    Source : salle de presse du Saint-Siège (traduction La Croix)

    ETAPE 3 : REPONDEZ A 2 QUESTIONS

    1. Recevez-vous les propos du pape exactement de la même manière après la 1ère étape

    et après la 2ème étape?

    2. Qu’arrive-t-il lorsqu’on isole un morceau de phrase d’un propos global ?

    ETAPE 4 : QUESTION FINALE

    Sachant que :

    - L’Eglise catholique connaît la réalité du Sida sur le terrain (25% des structures s’occupant des sidéens sont catholiques).

    - Le pape est un homme de très haut niveau intellectuel et spirituel qui connaît très bien à la fois la pâte humaine et la question du Sida.

    Répondez à la question suivante :

    Finalement, les propos du pape ne méritent-ils pas qu’on leur accorde un

    minimum de considération et de réflexion ?

    NCE PAPE - SIDA

    Document rédigé par Guillaume de Prémare

    L’Eglise n’est pas isolée

    « L’Eglise n’a pas le monopole de l’abstinence ! En tant que chef de l’Etat, j’ai pris des engagements dans ce sens depuis 2002 dans le cadre de la campagne «C’est ma vie». L’objectif était de mettre les gens devant leurs responsabilités.

    Parmi les engagements proposés, certains faisaient directement appel à l’abstinence. »

    La position de l’Eglise est reconnue en Afrique

    « Les Français aiment la polémique, c’est leur côté gaulois ! Certains critiquent la position de l’Eglise en prétendant défendre les Africains. Soit. Mais la plupart n’ont jamais mis les pieds chez nous ! Je leur conseille de venir faire un séjour au Burkina. Chez nous, l’imam, le prêtre et le chef coutumier travaillent de concert : tous ont l’ambition d’affronter le même mal. Se focaliser sur le préservatif, c’est passer à côté du problème du sida. »

    L’action de l’Eglise est reconnue en Afrique

    « Beaucoup de gens ignorent le travail de l’Eglise en Afrique. En France, l’intelligentsia ne comprend pas cette proximité avec les responsables catholiques. Chez nous, l’Eglise est d’abord synonyme d’écoles et de dispensaires. Le débat sur le sida n’est pas théorique, il est pratique. L’Eglise apporte sa contribution. Si l’abstinence est un moyen de prévention, nous n’allons pas nous en priver ! »

    Résister aux organismes internationaux

    « Face aux organismes internationaux, il faut savoir résister. On peut nous conseiller, mais pas faire à notre place. [...]

    Les Européens n’éprouvent pas le danger du sida de la même manière que nous. Pour les Burkinabés, le danger est immédiat. La pandémie est une réalité visible, elle frappe votre famille, vos amis les plus proches. En Europe, vous avez peut-être le loisir de faire des thèses pour ou contre la morale. Au Burkina, nous n’avons pas le temps. »

    Décalage entre les médias et la réalité

    « Il y a souvent un gouffre entre ce que disent les médias et ce qui se passe sur le terrain. En Afrique, nous vivons avec le sida au quotidien. Le débat sur le préservatif, tel que vous le présentez, ne nous concerne pas. »

    Source : Famille Chrétienne - 12/02/2005

     

    L’Eglise contribue à la prévention du Sida

    « Je demande aux Occidentaux de ne pas nous imposer leur unique et seule façon de voir. Dans des pays comme les nôtres, l’abstinence et la fidélité sont des valeurs qui sont encore vécues. Avec leur promotion, nous contribuons à la prévention contre le sida. » Source : Famille Chrétienne

     

    Encourager la fidélité dans le mariage

    « L’Ouganda a été le premier pays à combattre résolument l’épidémie du SIDA au début des années 90. La position forte et claire du président Museveni a constitué l’élément décisif qui a ralenti la diffusion du SIDA, faisant passer le taux de personnes affectées de plus de 25% à 6% en 2002. Il a prêché le bon sens et non le préservatif, encourageant l’abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage, comme des valeurs culturelles. » Source : Famille Chrétienne

     

    Même remise dans son contexte, je peux dire que la phrase du Pape n’était pas très heureuse : « S’il n’y a pas l’âme, si les Africains ne s’aident pas, on ne peut résoudre ce fléau en distribuant des préservatifs : au contraire, cela risque d’augmenter le problème. ». Ce risque d’augmentation de problème par distribution de préservatifs venait fort mal. Les médias n’ont pas manqué de s’en emparer. Ceci étant, chrétiens ou pas, croyants ou pas, voilà des questions humaines propice à déclencher une réflexion sur des sujets qui nous concernent tous à un moment ou l’autre de notre vie. Pas besoin d’avoir 18 ans pour y penser !

    Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr