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versailles

  • Versailles ! par Alain Baraton !

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique.                                                                     2 fois que je vous parle d’Alain Baraton et de son livre « Le jardinier de Versailles », paru chez Grasset et dont la 1ère édition est de mai 2007. Je vous propose d’aller plus loin avec cet amoureux de Versailles.                                               Car ce livre apporte une infinité de choses. La 4 ème de couverture nous indique d’emblée que ce livre « est le premier jamais écrit par un jardinier de Versailles. » Qui est quand même le Jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand Parc de Versailles où il travaille depuis plus de 30 ans. Un Super Jardinier arrivé là après avoir gravi tous les échelons en partant de la base.

    Les amoureux des plantes, les hommes à la main verte, ont ceci de très particulier qu’ils travaillent à l’échelon des siècles dès ors qu’il s’agit des arbres. Les forestiers voués aux  arbres des forêts - de celui qui manie la bêche à l’ingénieur en chef - oeuvrent tous dans la durée, sur des centaines d’années.                                                                                                                                                        Il y a ainsi dans la fréquentation du végétal une permanence apaisante continuité. Ceux qui sont des habitués des ballades en forêts domaniales ou privés de comprendront.

    Que nous raconte donc le Super Jardinier de Versailles, dans un style facile à lire ? nous promenant d’un siècle à un autre sans difficulté, restituant l’atmosphère propre à chaque lieu et en l’occurrence celle propre à Versailles au niveau de chacune de ses transformations ? En 12 chapitres, Alain Baraton nous dévoile un peu de ce Versailles qui s’est attaché ce serviteur de talent.

    Dès le début, nous sommes plongés dans la tempête du 26décembre 1999 et ses conséquences. A tel point  que des soldats sont sur place, en tenue de camouflage, aidés d’engins modernes pour évacuer plus de 18.000 arbres détruits ou arrachés ou trop endommagés pour être gardés. On apprend que depuis ce soir de décembre 1999 il a été planté davantage d’arbres qu’en 2 siècles.

    Après avoir découvert un peu de son enfance, l’auteur conte ses débuts et sa progression  pour déboucher sur l’origine de Versailles. C’est d’abord un bois giboyeux où Henri IV se plaît à venir chasser. Puis c’est au tour de Louis XIII qui acquiert des droits sur ce lieu et fait en sorte de disposer d’un modeste pied à terre constitué d’une maison agrémentée de 3 hectares. Louis XIV aborde Versailles en ayant dû subir La Fronde , ce qui lui a donné un certain dégoût de Paris. Ayant fait embastillé le surintendant Fouquet, le jeune roi peut utiliser toute l’équipe de Vaux-le-Vicomte. ? Les le Nôtre, Le Vau, Le Brun. Il établit d’abord un Versailles intime où Louis XIV fait retraite avec Louise de La Vallière , son délicieux amour. Puis le roi va concevoir et donner le jour au palais toujours actuel de 2008.

    « …tout le pays profite du  chantier: les marbres des Pyrénées, les tapisseries des Gobelins, les glaces des manufactures du Temple, tous les talents nationaux sont sollicité et culminent à Versailles. Depuis les cathédrales, la  France n’avait pas connu de tel chantier. Du point de vue économique, Versailles est déjà un succès.

    La politique ne tarde pas à suivre : le château devient peu à peu le lieu du pouvoir.»(ps.93- 94)

    « Le roi domine le monde car le monde est à Versailles : des quatre coins de la planète, on fait venir des plantes et des animaux rares. Nous sommes au siècle de la préciosité et de la galanterie : l’harmonie et la beauté guident les dessins de Le Nôtre et de ses aides. Quel meilleur moyen d’asservir la cour que de lui servir, justement, cette préciosité dont elle est friande ! La domination par l’esthétique, tel est sans doute une des plus grandes prouesses du règne de Louis XIV. » (ps.95)

    « Le parc est un excellent moyen d’exercer le pouvoir. Qui voudrait lever la voix dans ces jardins ? Tant de beauté impose le silence et le respect, d’autant que, Louis XIV, amoureux de son parc, le fait perpétuellement embellir. (p.97)

    « L’aura du roi semble tout emporter sur son passage, même le talent: l’illustre Racine abandonne  sa muse pour devenir historiographe du roi. En un siècle, le bourg de province est devenu le centre du monde ».(p.98)

    A la mort du roi en 1715, le palais se vide devenant une Belle au Bois  dormant. Il faut attendre la majorité de Louis XV pour que le roi à nouveau s’installe à Versailles avec la cour. Avec Louis XV le château « redevient le lieu de l’intime, comme en témoigne la construction du pavillon du Jardin Français, et bien sûr du Petit Trianon. » (p.99)

    Marie-Antoinette apporte aussi des modifications : une grotte, un hameau à la « simplicité champêtre » et  un temple dédié à l’amour. Quant à Louis XVI il fait « courageusement replanter le parc. «Après 1789, les lieux ne subiront pas de transformations majeures.

    Jusqu'à ce que Versailles devienne, sous Louis-Philippe, un musée, l’histoire a continué son ouvrage, » (p. 100)

    Et puis voilà la mémoire vivante du jardinier qui se rappelle une aubépine vue sur une gravure ! Connexion faite avec le puzzle dessiné sur le disque dur de sa mémoire, Alain Baraton évite, in extremis, que l’aubépine guettée par la tronçonneuse soit exécutée pour cause de développement envahissant ! Eh oui ! cette aubépine a vu Louis XV du haut de ses 250 ans ! Aubépine sauvée !

    Je suis à la page 121 qui  nous introduit à des Histoires de jardin, avec Louis XV et Marie-Antoinette, une « reine, toute prévenante » qui «vient au secours du peintre » (il s’agit de Mme Vigée-Lebrun) en ramassant elle-même les pinceaux tombés par terre: la reine se baisse devant sa servante enceinte » (p.136). Suit une histoire d’amour émouvante entre Marion et Jean de l’Eau.

    A mi-parcours, l’auteur se livre avec son: « Je suis un contemplatif. Pas une journée sans que je ne m’extasie devant une fleur sublime, un arbre majestueux ou une lumière douce qui colore à la fin du jour les sous-bois du Grand Parc.

    Souvent même, je converse avec mes arbres. » (p.147)

    « Les arbres sont témoins de tout ce qui se passe, de tout ce qui se dit et de tout ce qui se tait ». (p.148)

    « Ce sont les botanistes qui ont nommé les plantes. Derrière leurs noms, savants ou populaires ;, se cache souvent l’histoire d’un homme. Le magnolia rend hommage au directeur du jardin botanique de Montpellier. Pierre Magnol(…) Dahl ramène du Mexique le dahlia, et le jésuite Kamel, parti loin de France étudier la flore des Philippines, donne son nom aux romantiques camélias. L’épouse de François Ier apprécie les prunes qui mûrissent dans les vergers royaux. Elle encourage leur culture et pour la remercier, les producteurs baptisent ces fruits juteux et sucrés Reines-Claudes ».  » (p.149)

    « Les plantes, c’est prouvé, nous rendent meilleurs. La proximité des arbres calme et apaise les anxieux. » (p.152)

    « A l’entrée de Trianon, le tronc immobile du chêne de Marie-Antoinette garde en lui les moments forts et douloureux des jardins. Du haut de ses trente-cinq mètres, il voyait arriver dans le parc toutes les  essences qui aujourd’hui y vivent. Il entendait le roi discuter avec Le Nôtre ou pleurer une jeune reine condamnée trop jeune à ne mort injuste. Il s’interrogeait sur les cent pas d’un empereur qui s’ennuyait à Versailles. Il était né en 1681 et il mourut pendant la canicule de l’été 2003. 

    Fort heureusement, il reste caché non loin de Trianon un vénérable chêne. Le doyen du parc, né à la fin du XVII ème siècle, ne figure sur aucune carte et demeure totalement inconnu de ceux qui se nourrissent en parlant de Versailles et de ses jardins. Il vit discrètement loin des vandales et des rumeurs du château. Ce chêne sans nom est magnifique et sa santé est bonne. » (p.154)

    Vient le chapitre sur Le Nôtre et nous autres où j’ai puisé pour parler du Potager du Roi avec La Quintinie le 23.4.2008 puis la «révolution » technologique sous le titre Les feuilles mortes se ramassent à la pelle avec la fin des chevaux et l’installation des tracteurs, motoculteurs, moteurs, plastique, tondeuses, tronçonneuses… Le « vulgaire jardinier » est mué en « véritable technicien de surface ». Surtout je conseille aux jeunes amateurs de botanique ou désireux de rentrer dans cet artisanat noble des mains vertes de lire très attentivement tout ce chapitre.  Même conseil à tous les prestataires et décideurs éducatifs ! En page 226, il est question de l’égalité des chances, de l’uniformisation, des enseignements, de « l’égalité qui enfante la norme et le conformisme », et surtout de l’échec d’une formation basée sur les livres et les cédéroms !  Alain Baraton le constate : « Mes petits « bleus » connaissent sur le bout des doigts leurs manuels de botanique et sont incapables de reconnaître une plante quand elle est dans un bosquet » (p.226-227)

    Le chapitre qui suit s’intitule M. comme Molière, Malraux, Milos Forman, Mnouchkine, Mitterrand, Mallarmé, Musset, Madonna,  et même l’association Marie-Antoinette. Molière qui a osé, à Versailles, donner Tartuffe « devant une assemblée de dévots en cols noirs »! le scandale qui s’ensuivit entraîna l’interdiction de la pièce …«mais Molière n’en retira pas une ligne » ! (p.236)

    Après surgissent Les plaisirs et les jours, les fêtes de Versailles. Louis XIV aime la danse et danse. Les ballets Béjart dansent à Versailles ! Allez ! allez  dégustez ce chapitre !

    Le rouge, le noir et le rose. Ce chapitre là fait pénétrer dans les sensations, les émotions, les perceptions de Versailles le jour, la nuit, dans la brume, à n’importe quelle saison… C’est dans ce chapitre que l’auteur conte l’histoire advenue le 10août 1901 à 2 anglaises,

    histoire évoquée le 10.6.08 dans le billet Histoires extraordinaires ? Parnormal ?  Et il y en a bien d’autres, dont des réelles.

    Le Jardinier de Versailles achève son récit pas l’évocation de la saison qu’il préfère qu’il nomme Ma saison préférée. C’est l’automne. « Suivant les espèces et d’autres facteurs, trop nombreux pour que je les explique en quelques lignes, l’absence de chlorophylle, verte, comme chacun sait, fait apparaître les différents pigments de la feuille: à l’automne , en quelque sorte, c’est la vraie couleur du feuillage qui apparaît. Beaucoup l’ignorent: les arbres sont rouge et or. Ce sont deux couleurs royales, et quand arrive octobre, je m‘émerveille de leur règne retrouvé. Voici les rois et les reines véritables du parc, ceux qu’aucune révolution ne pourra, ni ne voudra, détrôner. » (p. 329-330)

    Petit détour vers un certain Pierre de Nolhac né à Ambert en 1859 et mort à Paris en 1936. Après des études brillantes il est nommé conservateur au musée de Versailles en 1892 puis directeur du musée Jacquemart-André en 1920 . Il est important pour le musée de Versailles car c’est lui qui reconstitue les collections - notamment le mobilier qui avait été dispersé pendant la Révolution française. Il a écrit sur Marie-Antoinette et le château de Versailles.

    Il a été élu membre de l’Académie Française en 1922 . Et un timbre a été émis à son effigie en 1960.

    Voilà, les jeunes, une histoire de Versailles vu par un connaisseur amoureux de ce domaine. Je n’ai aucune photo récente de Versailles à vous proposer. Je n’en mets donc pas. Mieux vaut que vous alliez sur place soit pour une 1ère fois, soit pour une nième fois. Amusant ! J’ai habité à Fontenay le Fleury (mitoyen de saint Cyr l’Ecole) au Parc Montaigne, avec une vue superbe, dégagée et tout  sur les feux d’artifices tirés au château de Versailles en été. Je les voyais le soir allongée tranquille sur un lit confortable ligne moderne dernier cri ! et c’était superbe ! Que vous dire de plus ?                                 Je vous conseille au choix et selon l’humeur :                                                                                                                                 - d’aller voir Versailles, le domaine, le jardin du Roi, le lieu de réunion des Etats Généraux , etc…                                          - de lire in extenso le Jardinier de Versailles et les autres écrits d’Alain Baraton.                                                                       - de voir Alain Baraton et de l’écouter quand il passe à la télé chaque semaine sur France Inter.                                            Et puis, les jeunes, si vous hésitez sur une vocation de jardinier, n’hésitez pas ! écrivez à Alain Baraton ; si c’est  nécessaire, il saura vous recevoir, vous écouter, vous conseiller. Ne craignez  rien ! Allez-y ! De ma part si vous soulez ! Il est prêt à parler avec un petit-fils de 14 ans « un amoureux des plantes » , «  un jeune homme à la main verte ». Bougez-vous ! Ayez foi en vous ! Quant aux jeunes parisiens ou jeunes habitants de l’Ile de France, il existe l’école du Breuil, près du Bois de Vincennes. Quant à la ville de Paris elle assure formation et travail pour l’entretien des multiples squares et jardins. Cool ! les jeunes ! Si besoin, vous disposez de mon adresse mail où vos parents peuvent me joindre si vous n’avez pas encore 18 ans. Sans vos parents si vous avez plus de 18 ans, qui ne sont pas excluent même avec 18 ans sonnés ! Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Pouvez-vous m'excuser ?

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique.     

    Lors de la note d'hier intitulée: "Histoires extraordinaires ?  Paranormal ? " j'ai omis d'ôter un bug situé après le retour en Angleterre de miss Moberly et de miss Jourdain, les 2 anglaises témoins de Marie-Antoinette à Versailles le 10 août 1901, bug empêchant une lecture correcte jusqu'à la fin de l'article.

    Je viens de remettre les choses en état.

    Et je vous prie , chers lecteurs et lectrices, de vouloir bien accepter mes excuses pour ce loupé involontaire !

    Surtout, je vous invite à reprendre une lecture interrompue ! pour la mener cette fois sans souci jusqu'à son terme.

    Très bonne suite sur ce blog !

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Histoires extraordinaires ? Paranormal ?

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique.     

     La scientifique que je suis, fascinée par les maths et autres denrées  scientifiques sérieuses, démontrées et répétitives, a toujours bénéficié également d’une curiosité certaine vis-à-vis de l’existence possible d’un monde parallèle que certains nomment paranormal. Un monde ou des mondes, d’ailleurs.

    Ils ne seraient rien d’autres à mes yeux que des secteurs auxquels l’humain a peut-être eu accès et dont il a perdu les clés. Ce qui n’empêche pas que, parfois, ces mondes s’entrouvrent un instant. Et que des circuits clos par le « Secret Défense » se livrent à des essais pour accéder à des innovations intéressantes pour l’armée.

     

    I - Ainsi, par le biais d’hommes cobayes directement concernés par ces expérimentations, des propos ont filtré sur un sujet aussi étonnant que le fait de rendre invisibles objets et personnes.. Les 2 personnes ayant tenté de lever le voile sont le Dr. Alfred Bielek et son frère qui, engagés dans la Navy , ont payé de leur personne en participant à des expériences pour rendre invisibles des objets. C’est par un livre ; « The Philadelphia experiment » ainsi que  lors d’une conférence à Dallas, Texas, le 13 janvier 1990  que le Dr. Bielek, physicien diplômé de Princeton et d’Harvard, a pu dire que si certaines des expériences menées avaient bien réussies d’autres, à l’inverse, s’étaient soldées par des catastrophes avec mort d’hommes et projection dans le temps de lui-même et de son frère. Un film a aussi été réalisé à partir de ces expériences.

    II - En 1977, Lucien Barnier, chroniqueur scientifique à France Inter, présentait des « Histoires Extraordinaires » dont la suivante avait alors interpellé le médecin de 35 ans spécialiste en Santé Publique que j’étais - et suis toujours ! Car cette histoire étonnante se passait au pays de mes ancêtres, en Vendée, où je me rends régulièrement. Je connais ce département, ses habitants, ses maisons, nombre de ses communes, son histoire, son climat, sa faune, sa flore, ce qui est appelé la guerre de Vendée, etc…C’est en personne imprégnée depuis ma naissance des lieux et de l’atmosphère de cette Vendée, que j’ai entendu ce récit. Que voici tel que déroulé sur Inter, récit récupéré sur le Net . Je précise au passage que la commune de Sainte Cécile est proche des Essarts et fait partie de l’arrondissement de La Roche sur Yon:                                                                                                                                    « C'était pendant l' hiver de 1967 au mois de Janvier que Mme Nathalie Nelson et son mari de Ste Cécile en Vendée qui habitaient alors une veille ferme au cœur de la forêt, ont décidé un dimanche d'aller faire un grand tour en voiture dans les environs.                                   Madame Nelson raconte : "Nous avons roulé une bonne dizaine de km sur une route parfaitement connue quand, tout d'un coup, la brume qui régnait autour de nous et aussi les arbres de la forêt qui bordaient la route ont disparu pour faire place à un paysage d'été avec des pelouses, des boutons d'or et des marguerites. Nous avons roulé un peu dans ce magnifique paysage et nous sommes arrivés à un village que nous ne connaissions pas, un village avec des maisons très anciennes sans crépi, avec des colombages de bois et de toits de tuiles qui paraissaient neufs et où se dressait une église dont, chose frappante, le clocher n'était pas terminé. Il y avait une luminosité extraordinaire, un ciel bleu, pas un souffle d'air, les arbres immobiles et aucune vie, aucun animal , ni personne. Un signe de mort dans un paysage magnifique. Nous avons alors arrêté la voiture et nous sommes descendus. Nous avons marché pendant dix bonnes minutes, un quart d'heure peut-être ; on a regardé les maisons, les arbres, l'herbe qui avait une couleur verte absolument éclatante.                                                                       Puis brusquement nous avons eu la même crainte : "Et si notre voiture n'était plus là ?", car cette route où nous avions pénétré, nous était totalement inconnue. On a rebroussé chemin et on a trouvé la voiture où nous l'avions abandonnée. Puis nous sommes repartis en voiture en se disant que nous allions re-pénétrer dans ce village pour refaire le même périple et retraverser les mêmes petites rues. Mais en redémarrant la voiture, tout le froid paysage s'installa à nouveau, nous n'avons plus rencontré le petit village et seule la route givrée se déroulait de nouveau devant nous."

    La brume est une composante du paysage vendéen. En été, boutons d’or et marguerites étaient bien présents en 1967. Une église en construction ? rien de surprenant dans ce pays aux nombreux pratiquants catholiques.                                                                        Après retour à Ste Cécile, Mme Nelson a cherché trace de ce village, trouvant dans les archives locales trace d’une bourgade abandonnée vers les années 1500, bourgade qui a disparu ensuite. Rien là d’extraordinaire.                                                                                       Que s’est-il donc passé lors de cette ballade en janvier 1967 en Vendée ? Une hallucination ?  Lucien Barnier, lors de l’émission, ne trouvait pas d’explication et était persuadé que le récit de Mme Nelson était celui d’un témoin de bonne foi.

    Une autre histoire proche de la précédente est alors évoquée lors de cette même émission. Celle d'un médecin parti à cheval visiter un malade dans un village qu'il connaissait bien et qui, au bout de la route également brumeuse, débouche sur le village ; mais la maison du malade lui est inconnue, et les gens parlent une langue étrange.

    Lucien Barnier poursuit l’émission en faisant appel à la réflexion de Mme Chest, une biologiste, qui exprime ce qui suit ( je reprends sur le Net ce qui fut dit à cette émission): « J'ai d'abord pensé au début de l'histoire à un système de micro-climat qui se manifeste quelques fois dans une petite zone et qui peut faire passer cette zone sans transition de l'hiver au printemps. Mais dès qu'elle parle du 'village' cela ne marche plus. Si l'on élimine l'hypothèse de l'hallucination, qui semble peu vraisemblable, puisqu'elle n'était pas seule et que son mari a vécu la même aventure qu'elle, je n'ai donc pas d'explication si ce n'est l'analogie que je pourrai faire avec le phénomène des trous noirs qui en astronomie sont des sortes vortex, des spirales tournant sur elles-mêmes où l'on constate que les relations spatiales sont extrêmement condensées et où le temps se contracte et où la matière des étoiles s'engouffre irrémédiablement. Le problème est d'en sortir. L'histoire de cette dame pose le problème de la réversibilité du temps et en tout cas d'un retour en arrière à une vitesse phénoménale peut-être même dépassant la vitesse de la lumière et c'est ce qui me fait penser à ce trou noir. En tout cas ce qui est remarquable, à mon avis, c'est qu'ils s'en sont sortis. »

    A l’évidence, le couple en promenade semble avoir eu une double chance : celle de quitter sans infraction volontaire leur monde habituel pour un voyage leur faisant remonter le temps jusque vers les années 1500, soit un trajet temporel de 460 ans en arrière, puis celle de quitter l’époque passée où ils avaient été immergés sans le vouloir pour réintégrer leur monde habituel. Le tout sans anicroche.

    Je n’ai pas trouvé trace de réflexion scientifique plus récente sur cette aventure. Et la tendance actuelle est plutôt de nier l’existence de tels phénomènes. Y compris dans le domaine religieux où des manifestations extraordinaires dont des foules ont été témoins sont maintenant qualifiées carrément d’hallucinations collectives. Ceci pour information.

    III - J’en arrive maintenant à l’histoire versaillaise de 2 anglaises très sérieuses qui a motivé ce billet. Parce que j’ai retrouvé l’aventure extraordinaire de ces demoiselles sous la plume d’Alain Baraton, le Super Jardinier du Domaine de Versailles, qui est tout comme ses ancêtres à l’écoute du biologique vert. Cet homme est le sujet de mon admiration en raison de son humanité et de ses compétences, multipliées par l’écoute et l’amour qu’il a de la vie quotidienne et de la croissance des plantes et des arbres. Le cœur de cet homme, rythmé par un jour le jour hyper concret, clame son incrédulité face au récit de ces 2 femmes.

    Voici grosso modo ce que disent avoir vécu le 10 août 1901 Miss Charlotte Anne Elisabeth Moberly, Principale du collège St Hugh's Hall à Oxford et Miss Eleanor France Jourdain.                                                                                                                                      Ce jour là elles se promènent près du Petit Trianon vers les  4 heures de l'après-midi. Touristes consciencieuses, ayant au préalable visité attentivement le château, elles commencent à sentir un peu la fatigue. C’est alors qu’elles aperçoivent, ce qui leur semble être « 2 gardiens ou jardiniers à l’air sombre et préoccupé, vêtus d'une livrée verte et coiffés d'un tricorne. « Il doit y avoir une fête costumée, une rétrospective des siècles de la monarchie » glisse Miss Moberly à son amie.                                                                                                            Sans savoir pourquoi, ces 2 demoiselles se sentent envahies de tristesse. Un peu égarées, elles demandent aux 2 hommes la route du Petit Trianon. "Droit devant vous ! » lance l'un d'eux d'un air bougon. Poursuivant leur chemin, elles se trouvent alors en présence d’un homme laid à faire peur dont le regard les effraie. Paniquées, elles fuient. Puis c’est une voix près d’elles qui les avertit: « Ce n'est pas par là Mesdames, mais par ici . » Cette fois, celui qui parle est un gentleman, vêtu façon XVIIIème, qui s’incline disant: "Vous n'allez pas tarder à trouver la maison." Bien que rassurante, la voix n’apaise pas l’angoisse des 2 femmes qui ont la sensation d’être dans l’irréel. Pourtant, elles poursuivent dans le sens indiqué, arrivant à un jardin près du Petit Trianon. Dans ce jardin, «une dame blonde, vêtue d'une robe d'été à l'ancienne au corsage largement échancrée, était assise et dessinait. La dame n'était plus très jeune. Mais que de beauté, encore dans ses traits, que de prestance, de grâce et de distinction dans son maintien ! Sa tête couverte d'un large chapeau blanc d'où s'échappaient en vagues soyeuses les boucles blondes de sa riche chevelure. »                                                                                                              Nos 2 femmes détaillent cette « inconnue, altière et attendrissante tout à la fois qui fixait avec attention à bout de bras l'objet sur lequel de toute évidence, elle exécutait le croquis d'un bouquet d'arbres devant lequel elle restait plantée, comme en extase. » C’est alors que l’inconnue lèvent les yeux dans leur direction.

    Nos 2 anglaises poursuivent leur marche ; soudain l’angoisse cesse ainsi que la fatigue. Elles se moquent de leur peur passée, plaisantent entre elles. Elles rencontrent d’autres personnes, de leur époque cette fois.

    Nos miss rentrent en Angleterre.                                                                                                                                                         Puis viennent revoir Versailles, plusieurs fois.                                                                                                                                    Surprise ! Surprise ! Dès la 1 ère revisite, du côté de Trianon, nombre de personnes ou de choses vues le 10 août 1901 sont inexistantes ! Pas de jardiniers en livrée verte ! Pas de jeune femme en train de dessiner ! … Quant à ce qui est toujours présent, ainsi la façade du Petit Trianon, elle a bien changé ! La porte d’une remise qui avait claqué aux oreilles de nos miss en se fermant le 10 août 1901 est maintenant envahie de toiles d’araignée, fermée qu’elle est par des verrous rouillés ! Les sentiers empruntés le 10 août 1901 sont soit inexistants soit différents. Les bâtiments en bon état et apparemment occupés ne sont plus tels.

    Alors ? Que penser ?                                                                                                                                                                         Miss Moberly et Miss Jourdain sont de ces voyageuses qui poursuivent leurs découvertes une fois de retour à la maison. Elles lisent tout ce qu’elles peuvent sur Versailles. Quel coup quand un ouvrage leur livre sans ménagement un portrait de Marie-Antoinette, le dessinatrice en plein air de Trianon. Elles cherchent, écumant bibliothèques, archives, tout ce qui leur est accessible quant à Versailles. Finalement le doute n’est plus permis : elles ont bien passé dans un siècle antérieur environ 3 minutes de leur vie croisant le regard de la reine Marie-Antoinette, guillotinée depuis longtemps. L’homme laid qui les a fait fuir est le Comte de Vaudreuil, défiguré par la petite vérole et nos demoiselles font a posteriori bien d’autres découvertes.

     

    C’est en 1911, dix ans après leur mémorable promenade à Versailles, qu’elles décident de publier « An adventure », le récit de leur 10 août 1901 du côté du Trianon à Versailles, cela sous 2 pseudonymes. A la suite de quoi Le Daily Telegraphe et le Times en reproduisent de larges extraits. Depuis 1911, les interrogations demeurent quant à ce Miss Moberly et Miss Jourdain ont vécu ce 10 août 1901. Hallucinations à 2 ? Fantômes ? Apparitions ? Voyage dans le temps ?                                                                                                                         Certains ont regardé ce qui se passait le 10 août 1792, l’été précédent la mort programmée de Marie-Antoinette. A ce moment là, la souveraine est emprisonnée à la Conciergerie. Elle exécute des tapisseries. Il faut bien passer le temps. Elle n’est pas mise à l’isolement et des témoins pourront rapporter ses pensées. En cette période, la reine semble alors penser beaucoup aux moments heureux passés au Petit Trianon. Se peut-il qu’elle ait déversé sans le savoir, ce jour de 10 août 1792, ses pensées dans le temps à venir ? pensées captées par nos 2 anglaises des dizaines d’années après ? Il existe une certitude : les 2 voyageuses ont décrit, très précisément et de façon inattaquable, des personnes, des objets, des événements bien présents à Versailles à l’époque de Marie-Antoinette et qu’elles ne connaissaient pas du tout leur de leur aventure du 10 août 1901 !

    Alain Baraton, dans son livre « Le Jardinier de Versailles », paru chez Grasset en 2006, relate l’histoire de ces 2 anglaises de la page 290à la page 298. Il nous fait une description parfaitement bien senti de l’atmosphère qui pouvait être celle de ce jour du 10 août 1901 à Versailles. Son récit se lit très facilement. Ses arguments font mouche. Au final il termine ainsi : « Néanmoins, la description des sensations semble sincère. Une paralysie des membres, une lourdeur de la langue, accompagnée de chaleur, de troubles de la vue et d’une accélération du rythme cardiaque, telles sont les impressions décrites par les deux femmes, et tels sont les symptômes de l’angoisse. Je sais que le parc peut être sinistre, je ne doute pas qu’il puisse provoquer une crise d’angoisse. Le seul fait extraordinaire est que celle-ci ait atteint miss Jourdain et sa compagne au même moment. Les hallucinations de deux femmes névropathes, c’est là tout ce que ma raison peut admettre. » (ps 297-298).                                                                                                                                                                      Ce livre d’Alain Baraton est celui d’un amoureux de Versailles ?. Si vous pouvez le lire, vous y trouverez beaucoup de bonheur.

    Les jeunes, j’ai évoqué Marie-Antoinette s’occupant à la Conciergerie à des travaux de tapisserie. Ces travaux là qui se regardent avec émotion vous pouvez les voir, vous aussi, ainsi que d’autres souvenirs au musée qui peut se visiter à l’Abbaye bénédictine Saint Louis du Temple proche de Palaiseau. Pourquoi là ces souvenirs d’une reine qui a fini sur l’échafaud ? Simplement parce que la fondatrice de l’abbaye, apparentée à la famille royale, a hérité de ces souvenirs. Cette abbaye, comme toutes les abbayes bénédictines, pratique l’accueil de qui le souhaite dans un cadre de verdure épatant, j’en témoigne ! Pas besoin d’être chrétien, ni baptisé.   Voici les coordonnées de cette abbaye : Abbaye St Louis du Temple, Chemin de Limon, 91430- Vauhallan. Tél. 01 69 85 21 00 , et pour visiter via le net : http://www.abbaye-limon-vauhallan.com

    Ainsi peut se conclure ce voyage à travers des aventures extraordinaires. Des aventures qui n’ont pas à être crues, leur finalité ayant été de vous distraire agréablement. Et aussi de vous faire voyager vers un village aujourd’hui détruit bien qu’ayant existé en 1500 en Vendée, ainsi que vers les pensées qui pouvaient traverser Marie-Antoinette à la Conciergerie alors qu’elle occupait ses doigts une partie du temps en réalisant des tapisseries, toujours visibles à l’abbaye indiquée.                                        Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr