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témoignage

  • Maltraitance en maison de Retraite

    Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouver. Merci. 

    A l'instant, je découvre un article mis par Anne-Marie Engler, une amie, qui vise la maltraitance en maison de retraite. Certains moins de 18 ans ont peut-être un grand-parent ou un arrière grand-parent, éventuellement en maison de retraite. Voilà un document qui les informera de tristes pratiques.  

    Carcassonne. Cinq aides soignantes de maison de retraite brisent le silence

    Société. Le témoignage poignant de cinq aides soignantes relance le dossier de la maltraitance des personnes âgées en maison de retraite.


    96 activités sont aussi proposées (ici la dentelle) à la Maison de l'Amitié à Albi. Photo DDM, Jean-Marie Lamboley

    Un témoignage. Un de plus. Celui de cinq aides soignantes carcassonnaises qui décrivent et dénoncent des faits de maltraitance de personnes âgés pensionnaires de maisons de retraite médicalisées. Elles racontent l'insupportable, l'inacceptable au quotidien : des couches souillées que l'on ne change pas pour faire des économies, des petits vieux aux corps tuméfiés à force de tomber de lits où ils sentent de plus en plus abandonnés.

    Les faits sont sordides. Révoltants. Malheureusement pas exceptionnels. La maltraitance toucherait 700 000 à 800 000 personnes âgées en France. C'est beaucoup. Et les aides soignantes audoises ne sont pas les premières à vouloir briser le silence. Dans un livre retentissant - On achève bien nos vieux » (Oh éditions) - Jean Charles Escribano, racontait de l'intérieur le chemin de croix de personnels débordés, souvent épuisés avec leur bonne volonté pour seule arme : pas toujours suffisant pour affronter les problèmes du grand âge, la sénilité souvent, la démence parfois. Et cela ne va pas s'arranger. Aujourd'hui 800 000 personnes ont besoin d'aides ou de soins au quotidien. Elles seront un million en 2 020 et 1,3 million en 2 040. Entre solidarités familiales et implication des pouvoirs publics, comment répondre au défi du vieillissement ? Et à quel prix ? Actuellement le coût mensuel moyen d'une pension en maison de retraite tourne autour de 1 800 € à 2000€ par mois. Trop cher pour nombre de retraités qui ne peuvent pas compter sur le soutien financier de leurs enfants. Humiliation, abandon, exclusion : c'est aussi ces questions dérangeantes que posent les aides soignantes carcassonnaises.

    Vous, avez été le témoin de faits de maltraitance. Racontez-nous.

    « Le jour, c'est la course, la nuit c'est l'enfer ! »

    Des petits vieux qui meurent seuls sans accompagnement, abandonnés à leur sort et qui baignent jusqu'à leur dernier souffle dans leurs excréments… Elles sont cinq aides-soignantes, âgées de 25 à 53 ans, qui ont été licenciées ou ont démissionné de maisons de retraite médicalisées du Carcassonnais et qui veulent briser le silence. Ces femmes ont voulu raconter anonymement (elles sont actuellement à la recherche d'un emploi) sur ces situations incroyables, inimaginables qu'elles ont vécues.

    « Partout il y a des glissements de tâches, lance Claire, c'est-à-dire, qu'une aide médico-psychologique, qui accompagne et prend en charge psychologiquement des résidents se voit confier des travaux d'aide-soignante. Qu'une aide-soignante est obligée de faire, le ménage, la blanchisserie… et on ne peut pas refuser ce serait alors très mal vu et puis il y a toujours au-dessus de nos têtes, la possibilité d'un licenciement », poursuit la jeune femme.

    Viviane est plus directe : « On travaille comme des bourrins et on est corvéable à merci. C'est impossible de faire correctement son travail, de s'occuper convenablement des personnes âgées ». « Quand tout va bien nous avons entre quinze à dix-huit résidents pour deux voire un poste et demi », expliquent à leur tour Jeanne et Sophie. Toutes sont unanimes, le jour c'est la course, la nuit c'est souvent l'enfer. Dès six heures, les aides soignantes se précipitent dans les chambres des résidents : il faut les lever, les laver, leur donner leurs médicaments, les habiller, les descendre éventuellement pour le petit-déjeuner… à 11 h 30, tout le monde doit être prêt pour le déjeuner. « Selon les personnes âgées il faut entre dix minutes à 2 heures pour les préparer tout dépend de leur degré d'invalidité », confie Sophie.

    Pendant le repas les aides soignantes nettoient et rangent les chambres. Puis c'est l'heure de la sieste avec de nouveau des toilettes, des changes à refaire encore et toujours courir. « Lorsque le linge est souillé nous ne devons enlever les couches que lorsqu'elles ont atteint un seuil de saturation pas avant. C'est la consigne », affirme Claire.

    « Parfois certains résidents passent plusieurs heures affalés dans des fauteuils roulants », reprend une autre. Dans certaines maisons de retraite médicalisées, il y a les oubliés et les prioritaires. « Cette dernière catégorie représente les résidents qui reçoivent régulièrement de la visite de leur famille. » Les aides-soignantes redoutent la nuit. En sous-effectif, deux aides soignantes pour quatre-vingts résidents parfois, sans personnel infirmier ou médical, elles doivent alors faire face à toutes les situations. « Sur la grille de présence, il y a parfois de faux noms ajoutés en cas de contrôle. Mais il n'y a jamais de contrôle », affirme Viviane.

    « Lorsqu'il y a une urgence, la nuit, on fait le 15. Mais on triche sur l'âge du résident sinon le médecin tarde à venir », souligne Sophie. La jeune femme est soudain submergée par l'émotion. « Il faut qu'ils voient » dit-elle. Elle sort de son sac des photographies. « Voilà le repas, d'une personne âgée malade sous un régime sévère ». La photographie représente, une tranche de jambon et quelques chips. « Là, il s'agit d'un résident qui n'a plus que quelques heures à vivre ».

    L'homme à moitié dévêtu, les jambes sur les barreaux du lit, une couche remplie d'excréments semble déjà parti dans l'autre monde. Une autre photographie montre un résident le visage tuméfié, méconnaissable ; « Il est tombé du lit à plusieurs reprises. Ces petits vieux paient en moyenne plus de 2000 € par mois, vous vous rendez compte ». Les aides soignantes baissent la tête. « C'est de la maltraitance induite à cause de nos conditions de travail », souffle l'une d'elles…

    « Moi, si je devais rentrer dans ce genre d'établissement, c'est simple, je prends une cartouche d'insuline pour tout de suite en finir », conclut Claire.

    «Prêt à faire le ménage»

    Pascal Champvert, président de l'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA)

    Quel commentaire vous inspirent les faits de maltraitance rapportés à Carcassonne ?

    On sait qu'il y a 4 ou 5 % des établissements qui relèvent de la fermeture pure et simple. Nous avons demandé des commissions départementales de transparence et nous sommes prêts à faire le ménage. Mais l'immense majorité des établissements souffre d'un manque de moyens chroniques et les pouvoirs publics ont une lourde responsabilité.

    Un établissement qui laisse ses pensionnaires dans des couches souillées, ce n'est pas un manque de moyens, c'est une faute…

    C'est inacceptable en effet. Mais j'ai déjà entendu des autorités de tutelle demander des économies sur ce type de produits. Alors qui est le maltraitant ? Le conseil général, la DDASS, l'État ?

    A-t-on avancé depuis les 15 000 morts de la canicule de 2003 ?

    On est passé de 4 à 4,5 postes pour 10 personnes âgées. Autrement dit on a fait 10 % du chemin et à ce rythme-là il nous faudrait 70 ans pour rattraper nos voisins allemands qui sont à 8 postes pour 10 pensionnaires. Il faut absolument que les ratios de personnels pour s'occuper de personnes âgées soient obligatoires comme c'est le cas pour la petite enfance.

    Albi: une Maison de l'Amitié exemplaire

    La Maison de l'Amitié, à Albi, dans le centre-ville, 35 ans d'existence, combine foyer-logements (21 lits) centre d'accueil de jour (15 malades Alzheimer) et EPHAD (25 lits pour personnes âgées dépendantes avec un projet d'extension à 50 lits l'an prochain).

    Cette structure est en tous points exemplaire. Il s'agit d'un établissement à visage humain où tout est réuni, moyens, personnel , infrastructures, accueil, activités pour rendre les fins de vie de nos anciens les moins difficiles possible.

    Et pour un prix TTC de journée autour de 50€, tout à fait dans la moyenne. En citant Albi en exemple, le reportage de France 3 dimanche soir, rediffusé encore ce matin à 3h, a montré que les distorsions entre les maisons de retraite en France pouvaient être aussi grandes que le jour et la nuit...«C'est aussi une volonté de notre part et des pouvoirs publics, dont l'aide importante du conseil général » commente Nicole Camboulive, la directrice depuis 27 ans: «Tout notre personnel est formé à une démarche humaine; chez nous on ne soigne pas, on prend soin; Notre ligne de conduite est de stimuler au maximum les personnes âgées pour faire reculer la dépendance».Une originalité parmi d'autres; les T1 bis et T2 sont meublés par les résidents eux mêmes. Ils se sentent ainsi plus chez eux que dans une maison de retraite classique...

    À savoir

    Ce que dit la loi. L'article 434.3 du code de pénal oblige à révéler la maltraitance envers les personnes qui ne sont pas en mesure de se protéger en raison de leur âge. Si les faits ne sont pas dénoncés, le témoin risque trois ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.

    Téléphone. Numéro vert national de lutte contre la maltraitance : 0800 020 528

    source de cet article: www.ladepeche.fr/article/2008/.../480296-Carcassonne-Cinq-aides-soignantes-de-maison-de-retraite-brisent-le-silence.html

    En conclusion première: Faut pas vieillir. Ou vieillir en restant autonome. En seconde conclusion: que peut-on faire pour mettre fin à des pratiques sans humanité aucune ? Des idées innovantes les jeunes !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr 

  • Témoignage NAT: Dominique

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique    

    J'avais annoncé le parcours d'un ou d'une NAT (Normal Atypique ou " précoce " ou " à haut potentiel ") avec soucis divers. Voici le parcours de Dominique qui a vu sa précocité reconnue, après son Bac, à l'occasion d'un bilan pratiqué par une psychologue spécialisée de l'AFEP (Association Française des Enfants Précoces),Association agréée par le Ministère de l'Education Nationale, qui a le cèdre comme logo pour des raisons liées à son histoire. AFEP, 111 Boulevard Carnot, 78110 LE VESINET (France) Tél 33 (0) 1 34 80 03 48  - secretariat@afep.asso.fr; forfait de 120 euros pour un bilan complet.  cèdre AFEP.gif

    Dominique a vu le jour en Beauce où elle agrandi et habite toujours, avec de fréquentes incursions à Paris pour des expositions, conférences, etc....Voici ce qu'elle a écrit sur ce blog pour nous éclairer sur ce que sa "précocité" lui a fait vivre jusqu'à sa réussité au Baccalauréat à 21 ans (Dominique est née en avril).

    A la maternelle, je ne parlais pas à mes camarades et n'aimais pas leur compagnie à la cantine. Je préférais m'isoler pour méditer sur le sens de la vie. A l'école Primaire, j'avais des difficultés d'apprentissage de la lecture. Aussi, comme mon élocution était très bonne (je parlais déjà telle une élève de CE2), personne ne s'est préoccupé de mes difficultés. Mes parents ont alors pris la décision qui s'imposait: m'inscrire dans une école privée.

    En CM2, comme je n'avais pas atteint le niveau pour entrer en 6 ème, ma mère a évoqué avec l'institutrice la classe de SEGPA (= adaptation/retard, 6 ème 5ème en 3 ans). Les classes de SEGPA(=Section d’enseignement général et professionnel adapté) sont des lieux pédagogiques adaptés pour les élèves des collège de France présentant des difficultés scolaires graves, persistantes et durables. Or l'institutrice savait que cela ne me conviendrait pas. C'est pourquoi elle a répondu à ma mère que cette classe n'existait plus au collège où je devais aller. J'ai donc redoublé mon CM2, qui s'est très bien passé; j'avais gagné en autonomie. Ma moyenne générale avait vraiment augmenté, j'étais abonnée à "Sciences et Vie junior"; je suis allée deux jours au Futuroscope.

    Entrée en 6 ème, mon père a eu des problèmes de santé et ma grand-mère vivait avec nous. J'étais déstabilisée par cette situation. Je ne travaillais pas, mes résultats étaient très moyens. En 5ème, ma mère m'avait promis une nouvelle Game Boy à Noël si ma moyenne générale était au moins de 11,5/20. Fin du premier trimestre, moyenne 10,5, donc pas de Game Boy à Noël. Cette promesse a été renouvelée: " Tu auras ta game boy si tu as 11,5 de moyenne au deuxième trimestre ". Fin du 2 ème trimestre, moyenne générale: 11,5, gagné ! ... Enfin presque: "Tu vois que tu travailles mieux quand tu n'as pas de game boy ! " Je l'ai eu 1 mois après mon anniversaire, juste avant le voyage en Angleterre. C'est aussi cette année là que je me suis fâchée avec les mathématiques. Aujourd'hui, je sais que j'ai eu grand tort.

    Ma 4ème s'est plutôt bien passée, sauf en math. Le conseil de classe m'accordait le passage en 3 ème, mais le directeur a repris la feuille après pour demander un redoublement (je n'avais que 97/200 au contrôle continu en 4ème et les maths allaient être plus dures). Décision : passage en 3 ème à condition de prendre des cours particuliers de maths.  En 3ème, je travaillais énormément les maths, et moins le reste... Fin de l'année: "J'aurais jamais mon brevet n’ayant que 96/200 au contrôle continu obtenu avec la moyenne des classes de 4ème et 3ème". "En plus on passe une épreuve de maths ! "  Et alors surprise ! J'ai eu mon brevet, avec 67,5/120, et avec 26/40 en maths. Comme je ne me sentais pas prête à entrer au lycée, j'ai demandé le redoublement en exposant clairement mes raisons. Suggestion du conseil de classe "Et BEP ?" (=Brevet d’Etudes Professionnel). Ma prof. principale m'a dit: "Laisse tomber pour le BEP ! et redouble si tu veux. "

    J'ai redoublé ma 3 ème. J'étais le souffre-douleur de la classe, les garçons me jetaient des cailloux dehors ou des bouts de gomme en cours. Pour les autres élèves je ne devais ma culture et mon savoir qu'à cause de mes deux redoublements : dès que je disais quelque chose, ils répondaient " Oui mais moi j’ai pas redoublé DEUX fois ! ". De plus, je me suis ennuyée pendant deux trimestres à préparer le brevet que j'avais déjà. Puis, au 3 ème trimestre, au lieu de préparer ma seconde, j'ai été hospitalisée suite à un accident de vélo. Je suis sortie de l'hôpital un vendredi ; le mardi suivant, ma mère était hospitalisée. Deux jours après sa sortie de la clinique c’est sa mère - ma grand-mère qui vivait chez nous - qui est décédée. D’où une absence prolongée du collège, et plusieurs absences ponctuelles pour orthoptiste et orthophoniste afin de me remettre.

    Je ne sais pas quoi dire de ma seconde. Après le petit collège privé d’où je venais je me suis retrouvée dans un immense lycée public avec plein de bâtiments; le 1er jour je me suis trompé de bus pour rentrer chez moi, malgré un bus direct. Je suis en classe de seconde, option économie. Il y a 16 classes de seconde. Ma prof de français, ainsi que ma prof de physique ont souhaité émettre un avis favorable à l’issue du second trimestre pour mon passage en première littéraire. Les autres profs voulaient émettre un avis réservé. Du coup, j’ai eu un avis " favorable sous réserve ". En effet, mes profs de français et physique savaient que je serai démotivée avec un avis réservé.

    En première L, je ne veux parler à personne. En octobre deux filles sont venues vers moi et m’ont demandé comment je m’appelais et quel âge j’avais. Je ne les connaissais pas car nous n’étions pas ensemble dans la même classe de seconde. Après réponse, je pars. Je ai appris plus tard qu’une des deux a dit à sa copine : "Eh, Pourquoi elle a peur de nous et tout ? "  Je trouve les cours presque tous passionnants. Dans un lycée à dominance technologique et scientifique, l’emploi du temps est prévu pour que les littéraires aient une initiation à la philosophie, qui deviendra leur matière dominante en terminale. En première, nous avons aussi les TPE (Travaux Personnels Encadrés), pour nous préparer à une option facultative pour le bac et qui peut rapporter des points supplémentaires. Ils se font par groupe de 3 ou 4. Les jeunes filles susnommées sont prêtes à m’accueillir dans leur groupe de 4, mais les profs refusent : 5 c’est trop. Je fais donc mon TPE seule. J’ai choisi " représentation de la guerre ". Mon objectif est de comparer l’aspect historique de la 1 ère Guerre Mondiale avec ce qu’en donne la littérature ; cela avec 3 ouvrages de référence : 1. Parole de Poilu, ouvrage collectif. 2. Journal d’un Poilu d’Henri Laporte.3.Les croix de Bois de Roland Dorgelès. Travail non noté. Mais mon prof de Français m’indique que ce travail vaut 13 à 14/20 .En milieu d’année, les 2 filles d’octobre sont devenues des amies. Et le sont restées à ce jour. 

    Cette même année, de janvier à mars, je déprime, avec traitement pendant 1 mois. Dès la seconde je prenais plaisir à écrire des poèmes, en français ou en espagnol, langue que j’aimais beaucoup, bien que sans origine hispanique. En 1ère ça continue. Lors de ma déprime je montre au psychiatre lors du second ou troisième entretien un poème qui était très sensuel sur ma relation à la poésie. Et le psychiatre dit : " Pourquoi vous écrivez ça à la poésie et pas à un garçon ? Vous n’avez jamais été amoureuse ? " Je lui réponds : " Victor Hugo a dit que tout est sujet de poésie. " Ainsi, pour moi, on pouvait écrire sur n’importe quoi. Il réplique : " Oui mais quand on couche on prend pas n’importe qui. "Je n’ai pas vu le rapport. Je suis partie. Je n’ai jamais revu ce psy et heureusement pour moi. Ni aucun autre psy, d’ailleurs ! Quelques jours plus tard la déprime était fini, plus d’antidépresseurs. Mes poèmes sont devenus plus joyeux.

    Les épreuves anticipées de 1 ère arrivent : français, maths/informatique et enseignement scientifique regroupant physique et SVT .Quelques jours avant ces épreuves anticipées, je me lance dans une lecture passionnante du Candide de Voltaire dont j’estimais la lecture nécessaire pour une littéraire. Ma vie en est totalement changée ! Jour J des épreuves anticipées du Bac.Dans les médias, on ne parle que du Bac philo qui se déroule le matin pour les terminales. Mais personne ne parlait des épreuves anticipées de 1 ère qui commençaient l’après-midi même. Donc l’après midi : Maths/Informatique suivis de l’enseignement scientifique. Ecrit de français le jeudi. L’unique oral, celui de Français, suivant une dizaine de jours après.  Quelques jours avant l’oral, mon père décède de façon totalement imprévu. Je suis totalement déstabilisée. Dans ma famille, certains me disent : " A ta place, j’expliquerais la situation. " Je leur ai dit " Non, le prof de français nous a conseillé de ne surtout pas essayer d’apitoyer l’examinateur. " J’ai passé mon oral. J’ai lu mon texte en bafouillant, à part ça mon exposé était correct. Je découvre mes notes début juillet, pas trop nulles, à part le 6/20 à l’écrit de français : maths 6/20, ça va, enseignement scientifique : 11/20, pas de problèmes, oral de français : 13/20, pas mal !

    L’été est passé, je lisais beaucoup pour préparer ma terminale. J’était très enthousiaste à l’idée de reprendre les cours. J’étais devenue amie avec les deux filles qui étaient venues vers moi et dont j’avais d’abord eu peur. Des nouvelles élèves arrivent, dont une est devenue une grande amie. En terminale, il règne une mauvaise ambiance entre les élèves, et aussi entre les élèves et la prof d’espagnol, pourtant très compétente. A l’issue du premier trimestre, tout va à peu près, à part un 6.5/20 de moyenne en philo, mes notes n’étaient pas catastrophiques. Aussi, si je maintenais le cap, je pouvais même avoir mon bac à la fin de l’année. J’ai fait en octobre un voyage en Espagne, où j’ai visité l’atelier et la maison de mon artiste préféré : Salvador DALI.

    Début janvier, j’ai commencé à décrocher, à sécher les cours, à consommer des boisson alcoolisées. Je n’ai fait que des boulettes dans ce style. J’ai voulu changer totalement de look, j’étais devenu " fashion victim ". Aussi, par souci esthétique, je ne portais plus mes lunettes, j’ai essayer les lentilles, mais cela ne pouvait pas convenir à ma vue. Je suis restée environ six mois sans lunettes. Je ne comptais plus les virées shopping à Paris. Le conseil de classe avait écrit sur mon bulletin du deuxième trimestre : "ensemble inquiétant pour le bac " Là, je ne me faisais pas d’illusions, je savais que pour le bac, c’était fichu. Je ne me donnais pas les moyens de réussir. Après le vacances de printemps, je n’allais pas en cour ni le lundi, ni le vendredi après-midi, et les autres jours, c’était selon mon humeur. Je suis sortie en plein milieu d’un cours d’espagnol, surtout en raison de l’ambiance régnant en classe. Je faisais la gueule suite à un 8/20 en espagnol. Je range mes affaires et j’attends. Le prof me dit : " Faudrait peut-être sortir un papier et un crayon pour écrire ". Je dis : " Non. J’veux pas. " Alors une élève dit : " Si tu viens en cours c’est pour travailler. Sinon c’est pas la peine de venir. " . Moi : " Ah oui ? et bien puisque c’est ça je pars ! " ".La prof : " Mais Dominique, c’est pas moi qui vous met dehors. " Moi : " Non je sais mais j’pars quand même ". comme on dirait en espagnol, me marchò. Je ne remplissais plus de mots d’absence, ne sachant plus quoi inventer. Un vendredi après-midi, au lieu d’être en philo, je regardais sur ARTE " le magazine de la santé " Gérard Collard, libraire de l’émission, évoquait un livre : Dehors les p’tits LU de Anne Gintzburger journaliste et Monique Laborde. Infirmière de l’usine LU qui fermait à Evry . Y a pas moyen , il faut que je l’achète tout de suite : Sitôt acquis , je le dévore. Je me présente au bac en touriste, sans conviction. Mais, j’avais peur d’avoir la honte de ne même pas aller au rattrapage. Ouf, j’y suis, mais bon, avec 75 points de retard (le record était de 76) et je n’ai rien fichu de l’année. J’ai rattrapé 20 points.

    Je n’ai plus qu’à refaire une terminale. Alors je me lance dans la constitution de dossiers : relevés de notes, bulletins, lettres de motivation… Mon ancien lycée m’accepte. Je passe des vacances détendue, pressée d’avoir mon bac dans un an. A la rentrée, je réintègre une terminale littéraire, avec pour objectif le bac. Cette terminale s’est déroulée dans des conditions difficiles : mon jeune frère était violent avec moi, il a une fois déchiré ma dissertation une heure avant que je doive la rendre, je n’avais donc pas le temps de la recommencer. En janvier, alors qu’il faisait froid, le chauffage au sol de mon immeuble est tombé en panne, on se levait avec 12 degrés dans l’appartement... J’étais souvent en retard, parfois je séchais les cours. Mais, je bossais, enfin je travaillais juste un minimum, ce qu’il fallait pour avoir l’examen.

    Un jour, j’arrive au lycée et vais téléphoner depuis une cabine téléphonique. J’ai dit à ma correspondante : " Je te laisse, il faut que j’aille en cours ", mais, impossible de sortir de la cabine, j’étais coincé. Zut, que faire ? J’attend qu’il y ait moins de passage devant la cabine, la honte quand même. Je pensais téléphoner au lycée pour expliquer ma situation, mais un homme est passé devant la cabine téléphonique et je lui ai demandé de m’ouvrir. Mais, avec cette histoire, j’étais en retard. Je suis allée me faire un mot de retard, j’ai demandé quel motif je pouvais bien écrire. Les surveillants m’ont répondu que je pouvais écrire " sans motif " et que je verrai la réaction de mon CPE. J’ai opté pour la simple vérité, j’ai écrit texto : " Restée coincée dans la cabine téléphonique ". J’arrive à mon cours d’anglais, avec mon mot, la prof s’est mise à rire et tout le monde a fait de même. Evidement, personne n’a été étonné, ça ne pouvait arriver qu’à moi. Je remercie toutes les personnes qui m’ont apporté leur aide cette année là, (Bikète, Twinny…) qui a été positive puisque j’ai eu mon Bac enfin !

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr