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suisse

  • Chantal SEBIRE

    Chantal Sébire,  vendredi 14 mars 2008

    Agitation médiatique pour un sujet qui concerne chaque humain vivant à ce jour.
    Il s'agit du cas de Chantal Sébire, cette mère de famille qui demande à pouvoir mettre fin à sa vie dans la dignité et chez elle, entourée des siens. La médecine lui dit ne plus rien pouvoir pour cette maladie qui lui mange le visage et la fait souffrir. Elle pourrait, grâce à la loi Leonetti en vigueur  depuis 2005, être gavée de sédatifs, de calmants et d'antalgiques. Ce qu'elle refuse de toute sa tête qu'elle a bien. Chantal veut "passer sur l'autre rive" avec une pleine conscience et non abrutie par des drogues autorisées. Bien consciente, loin d'être une personne en fin de vie, elle est assistée dans sa douleur physique et morale par Jean-Luc ROMERO, Président de l'A.D.M.D.(=Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité).

    Car pour Chantal, ça suffit. Le moment est venu pour elle de dire "au revoir" aux siens et à sa vie. Problème: Chantal n'est pas vraiment dans les bornes de la fin de vie, stricto sensu. Elle va et vient chez elle et n'est pas  aux prises avec un acharnement thérapeuytique auaquel il pourrait être mi fin.

    Après une lettre à Nicolas SARKOZY, Président de la République, une demande faite au niveau d'un tribunal - Dijon je crois, un appel à l'aide à son médecin qui accéderait à la demande de sa patiente par compassion humanitaire si autorisation officielle était donnée - quand bien même sa position personnelle à lui serait différente - voilà que ce matin l'avis de Dominique PAILLE est sollicité à l'occasion de son passage à La Matinale sur la 4 vers 8h00. Ancien Directeur de l'Hôpital 'l'Hôtel Dieu" à Paris, Dominique Paillé assure madame Sébire de sa sympathie très sincère dans toute cette douleur où elle vit; monsieur Paillé - dont la vie a été tournée et reste tournée vers l'espoir d'un progrès inattendu toujours possible - souhaite que tout ce qui peut être mis en oeuvre d'un point de vue médical puisse être fait.

    Au passage, il me semble avoir entendu dire que si elle n'obtient pas d'accord Chantal passera en Suisse pour réaliser sa décision.

    Jean-Luc ROMERO, à cette occasion, n'influence en rien Chantal. C'est elle qui se tourne vers lui, vers sa compassion d'humain. Et Dieu sait si Jean-Luc aime la vie et aide en ce sens chaque fois qu'il le peut, j'en suis témoin !

    J'ai proposé le 18 février 2008 sur ce blog l'état d'une réflexion là-dessus avec "ADMD: digne sortie !" et le 4 décembre 2007 à l'occasion du film contant l'histoire de Vincent et Marie Humbert.  Nul ne choisit de venir au monde. Hormi les cas d'urgence vitale d'assistance à personne en danger, aucune loi ne contraint un adulte à soigner un  cancer, une cirrhose du foie, une grippe. Pour ces mêmes adultes l'injonction thérapeutique reste limitée à des cas précis. Cette liberté va dans le même sens que la liberté totale pour un plus de 18 ans, marié ou pas, avec enfant ou pas, et sans doute avec parent à charge ou pas, de disparaître d'un instant à l'autre sans prévenir personne et sans susciter a priori de recherche dans l'intérêt des familles. Et c'est par choix que je n'évoque pas cette fois, en cas de maladie ou autre, la situation des moins de 18 ans.

    Dire que chacun a raison ou que tout le monde a tort est une boutade qui ne résout rien.
    Freiner ou ne pas encourager le choix de Chantal va dans le sens de la vie à protéger; il y a quelques dizaines d'années, des gosses de 10 ans atteints de mucoviscidose attendaient dans une structure spécialisée de Roscoff leur décès, se désignant entre eux quant à celui qui serait le prochain à partir.
    Du côté du pouvoir parfois exorbitant des soignants ces derniers, dans un temps passé, interdisaient verbalement - convaincus de détenir LA vérité - à des femmes contaminées par le VIH/SIDA d'enfanter; interdit transgressé qui a fait progresser les traitements préventifs et permet, en France, la naissance de petits d'hommes échappant en grande majorité à la contamination.
    Du côté de la douleur, seule Chantal sait ce qu'elle endure. Certes on est sorti d'une situation où, il y a 25 ans, on mesurait en France au compte goutte ce qu'il était consensuel de donner en matière de morphine pour des personnes jeunes torturées par la douleur et en train de "crever" d'un cancer en phase terminale pour lequel il n'y avait plus rien à faire; les malades promis à une mort rapide certaine, les seuls vraiment concernés, étaient tenus à l'écart de ces décisions consensuelles comme si eux ne pouvaient rien apporter par leur vécu et par leur témoignage de première main. Depuis, il y a eu quelque changement et l'on tente de barrer la route à une douleur inutile. Mais la prise de parole ou la participation  des malades reste encore trop souvent portion congrue. Ce déni, encore trop présent de l'importance des observations faites par les malades et leur famille, est source en parallèle d'un sévère défaut d'information; car on n'a guère tendance à informer ceux que l'on ne respecte guère. Il y a des exceptions, certes, en matière de Diabète, par exemple.

    Ce que je ferais dans la position de Chantal ?
    Je n'en sais rien, n'étant pas - grâce aux ciel ! - à sa place.

    Et vous, les moins de 18 ans, avez-vous relevé des incohérences que je ne vois pas ? Que pensez-vous de la demande de Chantal Sébire bien consciente de ce qu'elle exprime ? qui doit trancher ? la loi française actuelle qu'elle a saisie ?  ou bien doit-elle aller en Suisse - par exemple - où elle sera alors dans la légalité de ce qui peut se faire dans ce pays, renonçant au confort de terminer chez soi ?  Ou bien êtes-vous à fond pour la vie gardée à tout prix quelle que soit la souffrance ?

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr