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spiritualité

  • Reliés en Un !

    Le dimanche 27 janvier 2013 était lu, lors de la messe dans les paroisses catholiques, un passage de la 1ère lettre de saint Paul aux Corinthiens, les versets 12 à 30 du chapitre 12. Ce texte interpelle car il chante l’unité du corps physique qui est Un malgré la diversité de ses membres tous pourtant utiles.

    J’ai transposé ce texte à l’univers et à ses différents règnes : minéral, végétal, animal, humain ; j’y ai joint l’essentiel, au-delà des règnes, le spirituel indestructible ; j’ai ajouté encore des éléments tels que l’eau, le feu, l’air, la terre, la musique, la peinture, la danse, le chant, l’art des repas, toutes les créativités possibles porteuses de beauté, etc…

    Par le moyen du véhicule terrestre qu’est le corps, à respecter, à encourager, à complimenter pour ce qu’il est, pour son concours à cette existence sur notre belle planète bleue nourricière, on peut se reporter au début de La Bible, La Genèse, avec en son commencement, chapitre 1, versets 1 à 3, ceci : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l'abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut. »

    Et relire aussi le début de l’évangile de Jean, chapitre 1, versets 1 à 5, avec : « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres »

    Souffle, parole, lumière. Dieu, esprit créateur, est cela. Créés par lui, nous avons le spirituel, la parole créatrice et la lumière pour éclairer notre route.

    Cette lumière nous montre, comme à Paul aux Corinthiens, que le monde est Un – notre système solaire et tous les autres innombrables qui existent ainsi que tout ce qui les peuple – et que chacun de nous participe à ce Un. Comme chaque atome, chaque cellule du corps, chaque membre, participe au bon fonctionnement du corps entier.

    En conséquence, une pensée positive va diffuser sur le monde entier et l’espace stellaire, une pensée positive et créatrice va rayonner l’harmonie. Alors qu’une pensée négative, au contraire, s’étendra en semant le chaos.

    Et comme on attire ce qui nous est semblable, émettre du positif va attirer vers nous du positif. A l’inverse, le négatif pensé, agi ou exprimé, va faire venir à nous du négatif.

    Voici le texte de Paul :

    « Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps.

    Il en est ainsi pour le Christ. Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit. Le corps humain se compose de plusieurs membres, et non pas d'un seul.

    Le pied aura beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait toujours partie du corps. L'oreille aura beau dire : « Je ne suis pas l'oeil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait toujours partie du corps. Si, dans le corps, il n'y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S'il n'y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ?

    Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l'a voulu. S'il n'y en avait qu'un seul, comment cela ferait-il un corps ? Il y a donc à la fois plusieurs membres, et un seul corps. L'œil ne peut pas dire à la main : « Je n'ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n'ai pas besoin de vous ». Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates sont indispensables. Et celles qui passent pour moins respectables, c'est elles que nous traitons avec plus de respect ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment ; pour celles qui sont décentes, ce n'est pas nécessaire. Dieu a organisé le corps de telle façon qu'on porte plus de respect à ce qui en est le plus dépourvu : il a voulu qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.

    Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l'honneur, tous partagent sa joie.

    Or, vous êtes le corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps.

    Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l'Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d'enseigner, puis ceux qui font des miracles, ceux qui ont le don de guérir, ceux qui ont la charge d'assister leurs frères ou de les guider, ceux qui disent des paroles mystérieuses.

    Tout le monde évidemment n'est pas apôtre, tout le monde n'est pas prophète, ni chargé d'enseigner ; tout le monde n'a pas à faire des miracles, à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter. »

    En pratique, multiplier le positif, le créatif, la parole apaisante, la joie est une conduite à tenir gratuite et bénéfique à deux niveaux : pour soi-même et pour le monde. Cette réalité, facile à déployer, en pensée, en action, en parole ou en silence selon les circonstances, est bonne au plan individuel et au plan collectif ; il serait génial qu’elle tisse la fibre de chaque instant.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

     

     

  • « Ecoute », en 2011 comme en Bible

    Temps spirituel fort à Ermont les 8 et 9 octobre 2011, avec la participation le 9 du Docteur Odile Boudier pour une conférence sur le thème de l’Ecoute.

     

    Ces deux journées, vécues par une centaine de personnes aux racines culturelles africaines, belges ou françaises, ont été portées par une joie de prier sincère, soutenue par des chants rythmés, des farandoles spontanées. Cette louange, jaillie du fond du cœur vers Dieu Trinité, la vierge Marie, saint Joseph, a été exprimée en plénitude grâce à nos amis africains.

     

    Présente, je tiens à relayer la conférence de qualité offerte à tous le dimanche matin par le Docteur Odile Boudier, confrère très apprécié.

    Ce dimanche 9 le thème retenu était l’Ecoute, avec ses racines bibliques et sa nécessité quotidienne plus que jamais d’actualité. Sur ce thème majeur de l’écoute, le Docteur Boudier a su faire participer toute la salle, au fur et à mesure de son exposé.

    Une traduction simultanée, en flamand, avait lieu au fur et à mesure.

     

    Voici ce que le docteur Odile Boudier nous a transmis.

     

    C’est la première phrase de la Règle de saint Benoît qui a initié le thème retenu. Elle débute ainsi : « Ecoute, ô mon fils, l’invitation du maitre et incline l’oreille de ton cœur… ».

     

    L’assemblée présente entonne un chant approprié, connu de tous, à savoir « Ecoute la voix du Seigneur, prête l’oreille de ton cœur »

     

    Puis le conférencier propose de se confier à celle qui a su, d’abord, merveilleusement écouter, la Vierge Marie, mère de Jésus.

    Un très beau « Je vous salue Marie » est alors chanté.

     

    Odile Boudier évoque un passage de l’évangile de Luc lu lors de la messe du 8 octobre. Il se situe alors que Jésus est en train de parler. Une femme, au sein de la foule, élève la voix pour déclarer « Heureuse la mère qui t’a porté dans ses entrailles, et qui t’a nourri de son lait ! ». Ce à quoi Jésus rétorque  « Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » Luc, chapitre 11, versets 27-28.

     

    L’assemblée s’associe à ce propos en chantant « Ta parole est lumière, Alleluia ! »

     

    Le Docteur Boudier a alors cette magnifique parole de tendresse affectueuse : « Je vous confie, vous et vos familles, à notre père saint Benoît, grand maître de sagesse.

     

    Puis dit le titre de la conférence qui est : « Donne-moi, Seigneur, un cœur qui écoute ! »

     

    Pour débuter notre réflexion, voici deux citations : :

    -celle de Saint Benoit dont la règle débute ainsi : « Ecoute, ô mon fils, l’invitation du maitre et incline l’oreille de ton cœur pour servir le vrai Roi, le Seigneur Jésus-Christ ».

    -celle de Salomon dans le Livre des Rois : « donne-moi, Seigneur, un cœur qui écoute » (1 Rois 3, 5‑ 15)

     

    Trois axes vont éclairer ces mots.

     

    Le premier axe est porté par le songe de Salomon.

     

    Le Seigneur parle en songe à Salomon : « demande ce que tu veux que je te donne ». Salomon répond de façon surprenante en présence de cette offre magnifique et sans condition ; il demande simplement : « lébh shoméa, c'est-à-dire un cœur qui écoute ».

    Si l’on veut faire un peu d’exégèse biblique il existe plusieurs traductions : un cœur attentif, un cœur docile, un cœur intelligent, un cœur plein de jugement, un cœur sage et obéissant, un cœur qui comprenne.

    « Il plut aux yeux de Yahvé que Salomon ait fait cette demande » (1 Roi 3, 10)

    Et Yahvé répond :

    « Parce que tu as demandé cela, voici que je fais ce que tu as dit : je te donne un cœur sage et intelligent » (1 Roi 3, 11-12).

     

    Tout au long de l’Ancien Testament Dieu multiplie ses appels à écouter la loi et ses prophètes sans se lasser.

    Ainsi le prophète Jérémie rappelle : « Voici la prescription que je leur ai faite : écoutez ma voix » (Jr 7, 23).

    La grande prière d’Israël, peuple de Dieu, sera le “Sh’ma Israël” traduit par “Écoute Israël” ; c’est la proclamation de la foi à un Dieu unique.

     

    L’assemblée se joint aux paroles prononcées en chantant « Ecoute Israël ! le Seigneur est notre Dieu ! »

     

    Le second axe est celui du « cœur qui écoute” dans la vie spirituelle.

     

    Qu’est-ce que cette attitude a de si essentiel pour que Dieu en fasse l’équivalent de la sagesse et de l’intelligence ?

    N’est-ce pas “cette meilleure part” dont le Seigneur nous dit qu’elle ne nous sera pas ôtée (Luc 10, 42) 

    Dans ce passage de l’évangile de Luc, les deux sœurs de Lazare, Marthe et Marie, sont présentes. Marthe, affairée aux nécessités matérielles, se plaint de n’être pas secondée par Marie, laquelle, « assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». (Luc 10, 39) Le Christ répond à Marthe que Marie a choisi la meilleure part et qu’elle ne lui sera pas ôtée.

     

    Dans le premier livre de Samuel dans l’Ancien Testament le vieil Elie enseignait au petit Samuel, élevé dans le Temple, d’avoir à tout moment le cœur et l’esprit dans la disposition qui suit : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ». (1 S 3, 9)

    Dans cette écoute silencieuse, l’âme est ouverte aux appels de Dieu et au souffle de l’Esprit Saint. Ce que rappelle la parole du Christ précédemment citée : « Heureux ceux qui écoutent la Parole et qui l’observent » (Luc 11, 28)

     

    Le troisième axe est celui du cœur qui écoute” dans la relation avec nos frères.

     

    Tous les présents sont unis par le chant « Ecoute, écoute, surtout ne fais pas de bruit, on marche sur la route, on marche dans la nuit.

    Ecoute, écoute, les pas su Seigneur vers toi, il marche sur la route, il marche près de toi. »

     

    “Un cœur qui écoute”, ne concerne pas seulement le domaine de la vie spirituelle, mais aussi nos rapports humains.

    “Un cœur qui écoute”, n’est-ce pas une attitude attendue par tous nos frères ?

    Les malades, les pauvres ont souvent autant et même plus besoin d’écoute que de remèdes et de pain.

     

    C’est sans doute le cardinal Liénard qui indiquait aux prêtres qu’un grand malade n’avait que faire de discours du style « Offrez votre souffrance ». « Tout au contraire taisez-vous !  et prenez lui la main. A ce moment là, le malade vous parlera. »

     

    Parmi ceux qui nous entourent, malades ou pas, n’entendons-nous pas secrètement leur appel ? Chacun de nos frères cherche un cœur prêt à l’écouter.

    Le rédacteur que je suis oserait ajouter ceci : ne sommes-nous pas, nous-mêmes, de temps en temps, dans la situation de l’un de ces frères ? en attente d’une écoute attentive ?

    Essayons d’offrir à cet autre, mon prochain, ce proche d’un instant près de moi un accueil, une profondeur d’attention afin qu’il soit à l’aise et reconnu.

    Il s’agit d’un accueil intérieur, d’un cœur assez fraternel pour être à l’écoute de ce qu’il y a de meilleur, souvent caché et inexprimé dans celui que l’on rencontre.

     

    Vous savez comme moi qu’il y a silence et silence. Pour écouter il faut un silence plein d’amour qui entend avec charité celui qui souffre. Mieux que de multiples paroles de consolation genre « Ce n’est pas grave, mon cher ami. Ta fille va revenir. » un silence plein d’amour se révèle plus efficace que des flots de paroles.

     

    Odile Boudier convie une jeune psychologue à venir lire trois passages d’un ouvrage de Lytta Basset S’ouvrir à la compassion publié en 2007 aux éditions Albin Michel, puis en 2009 en Poche. Cette femme, pasteur protestant qui vit en Suisse, a perdu son enfant. Docteur en théologie, auteur de plusieurs livres, elle sait trouver les mots justes.

    Au sujet des personnes déprimées à qui sont distribués des médicaments actifs chimiquement. Mais où se situe la demie heure d’écoute du silence de ces personnes ? Qui est là pour entendre la parole étouffée par le silence de ces personnes au visage fermé ?

     

    Une invocation à l’Esprit Saint ponctue ce premier passage.

     

    La lecture d’un second passage porte sur la difficulté d’écouter, la difficulté de s’ouvrir à la souffrance d l’autre et de l’accueillir. Il existe une barrière entre celui ou celle qui vit la souffrance et l’autre qui ne vit pas cette douleur. Cette solitude et cet isolement peuvent se révéler mortels. De plus, cette barrière bloque la possibilité de communiquer notre propre souffrance, la possibilité d’échanges.

     

    A nouveau l’Esprit Saint est invoqué.

     

    Un troisième passage apporte un nouvel éclairage sur l’écoute. En substance il enseigne : « Ecouter, c’est se faire conduire par la parole de l’autre ». Ou encore « Ecouter, c’est se faire conduire par le silence de l’autre pour se laisser guider ».

     

    L’Esprit Saint est de nouveau invoqué par un chant pour être éclairé, pour savoir rester en silence et ouvrir l’oreille de son cœur.

     

    Dans la relation avec autrui les responsables ont une lourde responsabilité.

    Salomon a demandé à Dieu un cœur qui écoute pour gouverner le peuple.

    C’est une qualité très importante pour les chefs, les parents, les supérieurs, les pasteurs, nos prêtres, nos curés d’avoir un cœur qui écoute. C’est ce qui permet d’accueillir leurs sujets, leurs enfants, leurs ouailles, avec une écoute totale.

    Si le conseiller n’a pas un cœur écoutant, il va, dès qu’il aura compris sommairement de quoi il s’agit, s’empresser de fournir ce qu’on lui demande, déverser des consolations et des conseils, proposer des solutions toutes faites, sortir de son expérience mille cas semblables. Et le pauvre diable en face de lui repartira les bras chargés de tous les conseils prodigués, non adaptés à son  problème.

    Il repartira, se disant qu’il n’est pas plus avancé qu’avant, le conseiller ayant déversé des solutions, toutes inadaptées, inapplicables, car ne venant pas de lui-même.

    Le conseiller, doué d’un cœur qui écoute, serait plus utile en indiquant à son interlocuteur en demande comment apprendre à colmater lui-même ses failles, à se “réparer”, à y voir clair en lui-même, ce qui sera source de paix.

     

    Dans la relation avec autrui la docilité est une vertu importante 

    La docilité permet de recevoir la parole, l’enseignement, avec simplicité. Cette docilité dans l’écoute n’exclue pas  d’exercer un discernement opérant un tri et un jugement.

    Ainsi si je me dis en entendant une homélie que je suis plus savante que celui qui prêche, ma docilité est absente.

    Au contraire, la fermeture de mon oreille en entendant les propos d’une secte permet d’exercer mon jugement.

     

    Dans la relation avec autrui l’humilité est une nécessité.

    Elle se manifeste par un cœur ouvert, acceptant les avertissements, les critiques et les reproches. Elle permet une prise de conscience de nos limites et de nos fragilités.

    Devant cette humilité, cette pauvreté du cœur, Dieu peut venir combler nos vides par ses dons et son amour.

    Méditons l’attitude de Marie qui chante dans le Magnificat : « Il s’est penché sur son humble servante ».

     

    Un texte de Saint Bernard au XII ème siècle peut nous aider dans notre prière et notre réflexion d’aujourd’hui: Ce texte se nomme « Marie, lente à parler, prompte à écouter ».

     

    L’assemblée chante « Magnifique est le Seigneur ! tout mon cœur pour chanter Dieu ! »

     

    Et un participant est convié à la lecture de ce texte.

     

    Marie était très réservée ; nous en trouvons la preuve dans l'Evangile. Quand voyez-vous qu'elle ait été loquace ou pleine de présomption ? Un jour, elle se tenait à la porte, désirant parler à son Fils, mais elle n'usa de son autorité maternelle ni pour interrompre sa prédication, ni pour entrer dans la maison où il prêchait.

    Si j'ai bonne mémoire, les quatre Evangélistes ne font entendre que quatre fois les paroles de Marie. La première, quand elle s'adresse à l’Ange ; encore n'est-ce qu'une réponse. La seconde, dans sa visite à Elisabeth, lorsque, magnifiée par sa cousine, Marie voulut plus encore magnifier le Seigneur. La troisième, quand elle se plaignit à son Fils, alors âgé de douze ans, que son père et elle-même l'avaient cherché dans l'inquiétude. La quatrième, aux noces de Cana, quand elle interpella son Fils et les serviteurs.

    Dans toutes les autres circonstances, Marie se montre lente à parler, prompte à écouter, car « elle conservait toutes ces paroles, les méditant dans son cœur » (Lc 2, 19 et 51).

    Non, vous ne trouverez nulle part qu'elle ait parlé, même du Mystère de l'Incarnation ! Malheur à nous qui avons le souffle aux narines ! Malheur à nous qui répandons toute notre âme, comme un récipient qui serait percé !

    Que de fois Marie a entendu son Fils, non seulement parler en paraboles à la foule, mais dans l'intimité, révéler aux disciples les secrets du Royaume des cieux ! Elle l'a vu faire des miracles, puis suspendu à la Croix, expirant, ressuscité, et montant au ciel. Combien de fois nous dit-on qu'en toutes ces circonstances la voix de la Vierge se soit fait entendre ? ... Plus Marie est grande, plus elle s'humilie non seulement en tout, mais plus que tous.

     

    On chante à nouveau « Ecoute, écoute, surtout ne fais pas de bruit, on marche sur la route, on marche dans la nuit.

    Ecoute, écoute, les pas du Seigneur vers toi, il marche sur la route, il marche près de toi. »

     

    Puis en chant Je vous salue Marie.

     

    En conclusion de cette réflexion en trois points : « soyons nous-mêmes lents à parler et prompts à écouter.

     

    Dans l’évangile selon saint Luc Jésus rappelle « Prenez garde à la manière dont vous écoutez » (Lc 8 ; 18).

     

    Pour terminer, une formule de prière est lue par une participante :

    « « Donne-moi Seigneur, un cœur qui écoute. »

    C'est une demande excellente, que nous allions entendre un sermon, faire oraison, visiter un malade, ou simplement chaque fois que nous avons à entrer en contact avec notre prochain. Et, quand nous sommes seuls, cette demande peut devenir notre prière habituelle pour obtenir de rester attentifs au fond du cœur, sans cesse écoutant, en face du Seigneur. »

     

    A nouveau on chante : « Ecoute, écoute, surtout ne fais pas de bruit, on marche sur la route, on marche dans la nuit.

    Ecoute, écoute, les pas du Seigneur vers toi, il marche sur la route, il marche près de toi. »

     

    Puis Odile Boudier propose que l’assemblée forme une chaîne pour un Notre Père en ayant une intention de prière spéciale pour nos deux voisins du moment. En attendant que le Christ revienne changer nos cœurs de pierre.

     

    Le repas dans la Bible, thème de la conférence le 27 mars d’Odile Boudier, est relaté sur ce blog le 31 mars 2011.

    L’écoute est, comme le repas, un moment de partage concernant tous les humains.

     

    Sur ce blog où je ne cesse de rappeler que l’homme est aussi et d’abord un être spirituel, cette conférence sur l’Ecoute était à relayer. Merci au Docteur Boudier pour le travail de transmission accompli.

     

    Contact  francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Elisabeth Kubler-Ross, spiritualité, deuil.

     

    Elisabeth Kubler-Ross a appris à des milliers de personne comment délier des nœuds créés suite à des deuils.

    Deuils d’une brisure relationnelle, mort d’un proche ou, carrément, horizon de sa propre mort lorsqu’un état de santé alarmant paraît en claironner la venue.

     

    Le parcours qui a conduit Elisabeth Kubler-Ross, née en Suisse en juillet 1926, à devenir psychiatre, l’a aussi amenée à proposer une forme nouvelle d’aide aux personnes face à un deuil réalisé ou à venir, la conduisant à être, aux USA, une pionnière de l'accompagnement aux mourants.

    Dans le domaine des expériences de mort imminente – désignées en anglais par NDE – Near Death Experiency – elle a signé la préface du livre phare de Raymond Moody Life after life, 1975, recensé ici le 17.10.2010 par « Dr Raymond Moody, La vie après la vie ".

     

    Personnalité controversée, Elisabeth Kubler-Ross fait partie des hommes et des femmes qui ont fortement marqué le 20 ème siècle.

     

    Le travail original et efficace d’Elisabeth Kubler-Ross est mentionné aux pages 172 et 173 du livre Le manuscrit du Saint-Sépulcre de Jacques Neirynck évoqué ici le 13.02.2011 dans « Jacques Neirynck, qui est Jésus ? » ;

    L’auteur fait plus que la citer. Le héros principal de ce roman, rien de moins que le pape lui-même, participe au chapitre VII – pages 151 à 181 - avec d’autres messieurs et mesdames « tout le monde » à un séminaire qui suit la méthode d’Elisabeth Kubler-Ross. Chacun est amené à se délester du poids qui l’étouffe en le racontant, en le criant, en le déposant aux pieds des autres participants, et en priant.

     

    Elisabeth Kubler-Ross est auteur d’ouvrages connus sur l’après vie qui succède à la vie du corps physique. On trouve facilement en librairie, à prix modique, La mort est un nouveau soleil, livre paru en 2002.

     

    A citer également Mémoires de vie, mémoires d'éternité, publié chez JC Lattes en 1998. Pour ce livre, une panoplie de commentaires se déploie, du négatif au positif, selon le parcours des lecteurs.

     

    Après réflexion, il me semblerait – avis personnel – qu’Elisabeth Kubler-Ross se situe sur un plan spirituel et compassionnel vis-à-vis des autres, ses frères en humanité, à la manière d’un Padre Pio et de tant d’autres.

     

    Cet amour inconditionnel d’autrui, ce confrère l’a déployé en tendant la main pour tenir des mains de corps en souffrance, en offrant la bienveillance de son cœur pour soutenir des cœurs en rébellion.

    Cette compassion sans compter, servie par une technique alliant  simplicité spirituelle et humilité, pourrait lui avoir valu une expérience mystique, difficile et belle, décrite dans Mémoires de vie, mémoires d'éternité.

     

    L’expérience rapportée démarre par un son, « semblable au bruit d'une forte rafale de vent. Tout à coup, j'ai eu l'impression d'être emportée par une tornade. À cet instant, je quittai mon corps à une vitesse incroyable.

    Pour aller où ? Où suis-je allée ? C'est la question que tout le monde m'a posée. Même si mon corps était immobile, mon cerveau m'a transportée dans une autre dimension, dans un autre univers. Là-bas, la partie physique de l'être n'a plus d'importance. Comme l'esprit qui quitte le corps après la mort, ma conscience relevait de l'énergie psychique, et non de mon corps physique. J'étais simplement allée là-bas. »

     

    Cet après-midi là, Elisabeth se trouve être l’hôte du ranch de Robert Monroe, lequel a relaté dans des écrits des voyages en astral. Seule dans la Maison du Hibou, lieu tranquille et isolé, Elisabeth Kubler-Ross écrira par la suite ceci : « Malgré mes efforts pour demeurer éveillée, je me suis rapidement endormie - et c'est là que le cauchemar a commencé. J'ai souffert mille morts. Ils m'ont torturée physiquement. Je pouvais à peine respirer et j'étais pliée en deux car la douleur était si folle que je n'avais même pas la force de hurler ou d'appeler au secours, même si de toute façon il n'y aurait eu personne pour m'entendre. Au cours de ces longues heures de tourments, j'ai remarqué que, chaque fois que j'en avais fini avec une mort, une autre commençait, sans la moindre pause entre les deux pour reprendre mon souffle, récupérer, hurler ou me préparer à la suivante. Mille morts....

    J'avais compris. Je vivais, au sens propre du mot, les morts de tous les patients que j'avais accompagnés jusqu'à ce jour. Je vivais la terrible angoisse, la douleur, le sang, les larmes et la solitude de chacun de ces malades. Si l'un d'entre eux était mort d'un cancer, alors je ressentais sa terrible souffrance. Si un autre avait eu une attaque, j'en subissais moi aussi les effets. »

    Un peu plus loin, elle confie : « Voilà la leçon que je devais apprendre. Il fallait que je fasse l'expérience de mille morts pour connaître la joie indicible de l'après-vie.

    Soudain, j'ai compris que je sortirais de cette épreuve grâce à la FOI. La foi en Dieu, car il ne nous est donné que ce que nous pouvons supporter. La foi en moi-même, car j'avais compris que je pouvais supporter tout ce qu'il m'envoyait. »

    Ayant accepté ce qui lui est envoyé, Elisabeth se détend, s’allonge sur le dos, notant toutefois des étrangetés : « Tout d'abord, il y eut une vibration de plus en plus rapide au niveau de la paroi abdominale, mais ce mouvement ne concernait pas les muscles, ce qui me fit penser que c'était impossible sur le plan anatomique. Et pourtant ce phénomène était bien réel. Et plus j'observais mon propre corps, et plus j'étais stupéfaite. Puis apparurent devant moi d'extraordinaires boutons de fleurs de lotus. Ces fleurs s'épanouissaient très lentement jusqu'à devenir éclatantes de beauté. Au bout d'un certain temps, elles se transformèrent en un énorme lotus. Derrière cette fleur, jaillit une lumière extraordinairement brillante, sublime, cette même lumière que mes patients avaient si souvent décrite.

    Je savais qu'il me faudrait traverser cette fleur gigantesque pour ensuite me fondre dans la lumière. Je fus alors doucement et progressivement happée par cette lumière merveilleuse, et j'ai compris que cette clarté signifiait la fin de ce long et terrible voyage. Curieuse, je pris mon temps pour profiter de la paix, de la beauté et de la sérénité de ce monde de vibrations. Chose étonnante, j'avais toujours conscience de me trouver dans la Maison du Hibou, à mille lieues de tout être humain et, où que se posât mon regard, tout se mettait à vibrer - les murs, le plafond, les fenêtres.., les arbres à l'extérieur.

    Ma vue, qui s'étendait sur des kilomètres et des kilomètres, me permettait de tout voir - un brin d'herbe, une porte en bois, etc. - y compris leur structure moléculaire, leurs vibrations. Je découvrais, avec un respect et une crainte mêlés d'effroi, que toute chose avait une vie, une divinité en elle. Durant tout ce temps, je continuai d'avancer lentement à travers la fleur de lotus, vers la lumière. Finalement, je me fondis dans la chaleur de cette lumière d'amour. Même l'image de millions d'orgasmes infinis ne pourrait traduire la sensation d'amour, de chaleur et d'accueil que j'ai ressentie. Ensuite, j'ai entendu deux voix. La première était ma propre voix: "Le Seigneur m'accepte telle que je suis. " La seconde, qui venait de je ne sais où, me dit ces mots bien mystérieux: " Shanti Nilaya. " »

     

    Le lendemain, après avoir dormi, « j'ai continué à être en communion avec chaque feuille, chaque papillon ou chaque pierre et à sentir leurs vibrations jusque dans leur structure moléculaire. J'ai connu l'extase la plus extraordinaire qu'un être humain puisse vivre sur cette terre. »

    Cet état bienheureux va s’estomper. Il est dur de « replonger dans les tâches de la vie quotidienne ».

    Elisabeth apprend que Shanti Nilaya est Havre de paix ultime, en sanscrit. Et il lui est révélé cela : « toute cette expérience avait pour but de me donner une Conscience cosmique - une conscience de la vie en toute créature. En ce sens, c'était un succès. »

     

    Elisabeth Kubler-Ross est décédée en août 2004, entourée de ses deux enfants. Un prix de recherche « Elisabeth Kubler-Ross » est décerné tous les deux ans à Sion, Suisse, par l’unité Éthique et fin de vie de l'Institut Universitaire Kurth Boesch.

     

    Moins de 18 ans, réfléchir sa mort, y penser, n’a rien de négatif. Tel est le message transmis par Elisabeth Kübler-Ross. A bien saisir.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr