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sarepta

  • Tagore, Sarepta, cœur attentif

    Deux textes intéressants mis en parallèle à ma paroisse pour les 10-11 novembre 2012 : l’un de Tagore, l’autre tiré de la Bible du Premier Livre des Rois. 

    Rabindranath Tagore (1861-1941) poète indien

     

    Le petit grain de blé

    J’allais mendiant de porte en porte dans les rues du village.

    Dans le lointain ton carrosse d’or m’apparut

    Comme en un rêve étincelant.

    Je me demandais : « Quel est ce roi ? »

    Je me suis mis à espérer.

    Les mauvais jours me semblaient finis.

    J’aurais des aumônes sans les demander,

    des richesses répandues p profusion sur le sable.

    Le carrosse s’arrêta là où je me trouvais.

    Ton regard tomba sur moi et tu descendis en souriant.

    Je sentis arriver enfin le bonheur de ma vie.

    Alors tu tendis la main droite

    et tu me dis : « Qu’as-tu à me donner ? »

    Quelle royale plaisanterie,

    Demander l’aumône à un mendiant !

    J’étais embarrassé, je restais indécis.

    Alors de mon sac je tirai un minuscule grain de riz

    et te le donnai.

    Mais quelle ne fut pas ma surprise, le soir,

    Lorsque je retournai le sac

    Et découvris le petit grain de riz changé en or !

    Alors je pleurai amèrement.

    Ah ! Si j’avais eu le cœur de tout donner ! »

    Ce poème est de 1913. Quelle surprise pour le mendiant en vidant sa besace le soir de trouver ce grain d’or parmi tous les autres grains. Il regrette de n’avoir pas tout donné.

    Premier livre des Rois (17, 10-16)

    Le prophète Elie partit pour Sarepta, et il parvint à l'entrée de la ville. Uns veuve ramassait du bois ; il l'appela et lui dit : « Veux-tu me puiser, avec ta cruche, un peu d'eau pour que je boive ? » Elle alla en puiser. Il lui dit encore : « Apporte-moi aussi un morceau de pain ». Elle répondit : « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu : je n'ai pas de pain. J'ai seulement dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d'huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons et puis nous mourrons ».

    Elie lui dit alors : « N'aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d'abord cuis-moi un petit pain et apporte-le moi, ensuite tu feras du pain pour toi et ton fils. Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d'Israël : Jarre de farine point ne s'épuisera, vase d'huile point ne se videra, jusqu'au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre ». La femme alla faire ce qu'Elie lui avait demandé, et longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger. Et la jarre de farine ne s'épuisa pas, et le vase d'huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l'avait annoncé par la bouche d'Elie.

    Ici attitude inverse du poème de Tagore. Et conséquence autre. Pour avoir tout donné, la veuve est récompensé par un prodige.

    Je lis ces deux textes non au plan matériel mais au plan spirituel.

    Il n’est pas question de se démunir : ce serait insensé.

    Il est question d’être généreux de cœur et d’attention. Un programme pas si facile.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr