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roubaix

  • Maurice Titran : pas de placement d’enfants pour ce pédiatre

     

    TitranVie.jpgMaurice Titran est un ch’ti. Il a su créer et impulser à Roubaix dès 1981 un CAMSP, Centre d'action médico-sociale précoce. Une structure qui a essaimé ensuite en France.

     

    En janvier 2006, chez Buchet-Chastel, « Un pédiatre au charbon » raconte en 168 pages, 15 euros, le parcours personnel et professionnel de ce médecin.

     

    Florence Quille, l’auteur, est journaliste et habite l’agglomération lilloise.

     

    Buchet-Chastel présente comme suit, en quatrième de couverture ce qu’il a réalisé :

    « Peut-on soigner la misère ? Cela fait trente-cinq ans que le pédiatre Maurice Titran travaille avec des familles de Roubaix touchées par le chômage, l'alcoolisme, la violence, l'extrême pauvreté. Des familles du quart-monde pour lesquelles tout semble aller mal, où le handicap et le malheur se répètent, génération après génération.

     

    Il n'y a pas de " fatalité héréditaire " pour Maurice Titran. Avec son équipe du Centre d'action médico-sociale précoce, il refuse de s'en tenir au seul traitement médical et se lance dans un véritable compagnonnage avec ces familles que le malheur a jetées dans l'exclusion. Là où tous les autres professionnels réclament le placement des enfants, il dit qu'il vaut mieux aider leurs parents à redevenir de bons parents. Ecouter, aider, être là, s'empêcher de juger.

     

    Ce livre retrace la vie et la pratique de ce pédiatre hors norme. A l'heure où la médecine réalise des actes de plus en plus techniques, il prend le risque de l'humain, et prouve que la foi en l'homme peut déplacer des montagnes ».

     

    En matière d’alcoolisme, le Docteur Maurice Titran déplore, à juste titre, les dégâts causés au foetus chez la femme enceinte pas au courant, avec des médecins pas davantage convaincus. Le chapitre 5 « Combattre l’alcool ensemble » p. 77 à 101. aborde ce sujet toujours actuel.

    Rien que pour cela ce livre mérite d’être lu.

     

    Du côté des mères, à replacer dans leur rôle de mère, des enfants aux parents à requalifier. Maurice Titran serait dans la bonne voie.

     

    Né en 1943, retraité en mai 2008 pour cause de 65 ans, Maurice Titran est décédé le 12 septembre 2009, après avoir agi avec l’intelligence du cœur pendant plus de 30 ans, pour que les enfants restent chez eux, les familles étant assistés sur place.

    Cette situation était pour le Docteur Titran bien préférable aux placements.

     

    En page158 on lit : « Passionné, l’homme est parfois excessif. Son côté « gourou du quart monde » en irrite plus d’un, et son caractère entier lui a valu quelques solides inimitiés ! Maurice Titran a parois du mal à admettre que l’on ne partage pas ses idées. »

     

    Le Docteur Titran a fait évaluer le travail de son équipe par Annick-Camille Dumaret, docteur en psychologie et chercher à l’Inserm U 502, groupe de recherche en sociologie de la santé, un bilan positif, présenté au chapitre 9 « Un premier bilan » pages 147-159.

     

    Ce livre est à commander à son libraire habituel. Il est obtenu dans des délais raisonnables. A découvrir !

     

    Contact :francoiseboisseau@wanadoo.fr (illustration : couverture de « Un pédiatre au charbon ») 

  • Maurice Titran : décès d’un grand pédiatre

    A peine entré dans une retraite où il allait déployer son intense humanité - c’est pour cela que j’ai titré « grand » pédiatre – Maurice Titran est décédé.

    Voilà l’article paru dans La Voix du Nord le dimanche 13 septembre 2009, sous le titre « Le pédiatre roubaisien Maurice Titran est mort ».

    En sous titre : Le Dr. Maurice Titran avait tenu à diriger le CAMSP de Roubaix jusqu’en mai 2008. Il allait avoir 66 ans.

    « DISPARITION

    Comme un ultime clin d’œil, Maurice Titran est mort hier, au dernier jour de la Semaine internationale de lutte contre le syndrome d’alcoolisation fœtale, un fléau dont il avait contribué à révéler les méfaits au grand public. Il allait avoir 66 ans.

    « Pour être certain d'aimer assez, dans certaines conditions, il faut aimer un peu trop. » C'est par ces mots que Maurice Titran avait conclu la « fête à Maurice » que l'équipe du CAMSP (Centre d'action médico-sociale précoce) avait organisée à l'occasion de son départ en retraite le 24 mai 2008. Ce jour-là, entouré de nombreux enfants, d'anciens patients, d'innombrables amis, Maurice Titran avait mis un terme à une carrière de près de quarante années passées au service des bébés.

    Allier le médical et le social

    Une carrière que le pédiatre aura placée de bout en bout sous le signe du combat. Au début des années 70, il se mobilise en faveur de la scolarisation des enfants handicapés au sein des classes, puis il participe à la révolution de la néonatalogie, refusant de séparer les mères des nouveau-nés malades. En 1981, convaincu que la pédiatrie moderne doit allier le médical et le social, il participe à la création à Roubaix du Centre d'action médico-sociale précoce, dont la mission est de permettre aux familles défavorisées de bénéficier du meilleur encadrement et des meilleurs soins dans les domaines de la néonatalogie et de la pédiatrie.

    Coauteur de plusieurs livres, consultant médical pour de nombreuses émissions et publications consacrées à la petite enfance, il a notamment publié en 2005 À sa santé, qui participe en France à la prise de conscience des ravages du syndrome d'alcoolisation foetale.

    Cet humaniste de combat avait également siégé au sein du conseil municipal de Roubaix entre 1995 et 2001, défendant à cette occasion le droit au logement des plus démunis et notamment des mères célibataires. Malade depuis plusieurs années, le Maurice Titran avait dirigé le CAMSP jusqu'en juin 2008, trouvant l'énergie et le réconfort dans le soutien qu'il apportait à ces « enfants extraordinaires » et à leurs familles. • O. H. »

    Dans Nord Eclair, le mardi 15septembre 2009, trois réactions à la disparition de cet « homme engagé » au départ « durement ressenti dans l’agglomération ».

    « Josiane Willoqueaux, maire de Lys-lez-Lannoy : « Ses paroles et ses engagements ont été déterminants pour contribuer à améliorer la prévention des dramatiques conséquences de l'alcoolisation foetale. J'avais eu l'occasion de le rencontrer plusieurs fois au cours de ma présidence de l'association Réagir et je me souviens de sa grande humanité et de ses convictions sur la problématique de l'accompagnement des mamans en difficulté. La disparition du Dr Maurice Titran, empreint d'humanisme constitue une triste nouvelle pour l'agglomération roubaisienne et la métropole. » Arnaud Verspieren, adjoint au maire de Roubaix (MoDem) : « je garde de lui le souvenir d'un grand humaniste qui a consacré sa vie pour aider les autres à dépasser la souffrance. Dans sa compétence professionnelle reconnue au plus haut niveau, ses nombreuses responsabilités politiques et associatives où je l'ai côtoyé, Maurice Titran a été un exemple d'engagement. Modeste et tolérant comme savent l'être les plus grands, il rayonnait de joie et d'optimisme, malgré la terrible épreuve de la maladie. » Patrick Kanner, vice-président du Conseil général et ancien directteur du CCAS de Roubaix : « C'est pour moi, une fierté que d'avoir pu collaborer avec cet homme engagé qui avait fait de sa profession un levier pour venir en aide aux familles les plus pauvres, les plus fragiles (...) Je me souviendrai de ces consultations faites dans des cuisines afin de ne pas « effrayer » cette population en difficulté. Je me souviendrai de ce sourire qui n'arrivait pas, néanmoins, à dissimuler une force, une détermination extraordinaire pour mener à bien le combat qu'il s'était assigné. Roubaix perd une grande figure (...) »

    Un grand homme. Un modèle.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr