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  • Roland Dumas, Coups et blessures

    Pour qui a envie d’un peu de familiarité tranquille avec un « compagnon » du pouvoir, ce livre de Roland Dumas arrive à point nommé.

     

    Coups et blessures délivre, en 19 épisodes, 50 ans de secrets en « mitterandie », de ceux qui peuvent être partagés.

     

    Cet ouvrage a été publié aux éditions Le Cherche Midi www.cherche-midi.comen mars 2011.

     

    Arash Derambarsh, Directeur du département politique et personnalités publiques au Cherche Midi, a apporté un concours efficace à cette réalisation. Et en conseille Ia lecture.

     

    Après avoir évoqué la canne de son père (épisode 1), des lieux « inspirés » - dont l’atelier du sculpteur Camille Claudel (épisode 2) et l’ombre de Mitterrand (épisode 4), l’auteur au début de l’épisode 7 « Au Quai, vive la rose » décrit comme suit sa position de débutant :

    «  En 1944-1945, je n’avais plus de père, pas d’argent, pas de relations, pas de caution d’un oncle ou d’un ami et j’étais plutôt voué à revenir au prolétariat qu’à m’émanciper dans la grande bourgeoisie Ma seule richesse était donc l’ambition. Je peux aujourd’hui confesser que cela ne suffit pas. Il est indispensable d’avoir des recommandations et des appuis. Avec des camarades, « nous déjeunions chez les bourgeois », comme on disait alors pour tenter de se faire un carnet d’adresses. Dans la liste des anciens élèves de Sciences politiques on repère beaucoup de particules. C’est un milieu conservateur où il est difficile de pénétrer. On regarde d’abord votre pedigree, voire vos armoiries. Moi, j’ai eu la chance de conquérir le Quai par le haut, en évitant les barrages et les humiliations. » (p. 199)

     

    Dans cette magistrale promenade d’environ 500 pages on côtoie les événements principaux des deux septennats de François Mitterrand. Pêle-mêle j’en extrais la Chine, le Cambodge, Latché, Kadhafi, Pasqua, l’Iran et la bombe atomique, Israêl, la Turquie, Rocard, Bérégovoy. Il y en a bien d'autres.

     

    L’épisode 16 traite de la guerre en Bosnie. Il met en scène Bernard Kouchner et Pierre Joxe.

     

    Le 17 parle de février 1992 avec le traité de Maastricht et ses conséquences. Il évoque les grands travaux. Et fait un zoom sur la peine de mort.

     

    Le 18 rend un son de tocsin. Avec pour titre « La cérémonie des adieux », il débute par la mort en mai 1992 de Philippe, frère cadet du Président de la République, avec promenade en terre charentaise. On est à la moitié du second septennat.

    L’auteur évoque sa dernière séance « sinistre » au Conseil des ministres. Il a « abandonné le pouvoir avec regret après neuf années d’action internationale intensive. » (p.455)

    Roland Dumas, « pour services rendus à la patrie », est nommé par François Mitterrand au Conseil Constitutionnel qu’il préside d’ailleurs de 1995 à 2000. Ce n’est pas rien, le Président du Conseil Constitutionnel étant le cinquième personnage de l’Etat. (p.469) Il est rappelé que le président du Sénat est positionné, lui, en second ; juste derrière le Président de la République qu'il remplace aux commandes du pays s'il est besoin.

    Et c’est sous la présidence de l’auteur au Conseil Constitutionnel qu’est votée l’irresponsabilité pénale du chef de l’état en cours de mandat. Une disposition qui me semble correcte.

     

    Le docteur Jean-Pierre Tarot, Marie de Hennezel, Roland Dumas et d’autres accompagneront avec leurs aptitudes respectives les derniers moments de François Mitterrand qui s’éteint le 8 janvier 1996 à son domicile.

     

    Que devient l’auteur en ces jours ?

    Voici ce qu’il livre page 493 au début de l’épisode 19 « Les potins de la République » :

    « Je ne fréquente plus le monde politique qui me désespère par son conformisme et son manque d’audace, à gauche comme à droite » L’auteur enchaîne sur le constat d’une « débauche de déclarations qui débouchent sur des lois inappliquées parce qu’inapplicables ». « Je préfère désormais le commerce des artistes, des écrivains et des vieux amis ou, mieux encore, aller à l’opéra.

    J’aime déjeuner par exemple avec un écrivain ou faire la connaissance du rappeur Abd Al Malik à qui j’ai remis le prix Edgar-Faure au Sénat pour son ouvrage La Guerre des banlieues n’aura pas lieu. » (p.493)

     

    Pour tous ceux intéressés par le fonctionnement du pays où ils vivent et par sa place au sein des autres nations le livre de Roland Dumas est porteur de connaissance.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr