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rois mages

  • Que nous enseignent les rois mages ?

    rois magesIntéressante conférence jeudi 10 janvier au soir par Frédéric Turbat à la paroisse saint Jean Bosco, Paris 20ème, sur « Que nous enseignent les mages ? », évangile de Matthieu chapitre 2 versets 1 à 12. Voici le texte suivi du commentaire.

    « Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »

    En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent : « A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. »

    Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Sur ces paroles du roi, ils partirent.

    Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint

     les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant. Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.

    Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin»

    La mise en mouvement des mages, après avoir vu une étoile singulière à leurs yeux et questionnant leurs connaissances, est un fait majeur. Le conférencier insiste sur cette mobilité, importante pour qui souhaite aller à la rencontre du divin : Moïse montera sur le mont Horeb, Elie s’avancera à l’entrée de la grotte.

    Que dit cette étoile aux mages ? Qu’un nouveau roi des juifs est venu au monde. Qu’ils viennent l’honorer. C’est ce qu’ils déclarent à Hérode, roi des juifs en fonction, alors qu’ils sont loin de chez eux avec des richesses à offrir. Ces mages ne sont ni agressés, ni tués, ni volés. Hérode, roi en titre, convoque ses conseillers et experts qui, ayant scruté les écritures, indiquent que c’est à Bethléem qu’a dû avoir lieu cette naissance « d’un chef, qui sera le berger d’Israël ». Au contraire des mages, Hérode ne bouge pas, laissant ces étrangers aller aux nouvelles.

    L’étoile est importante, une façon pour Dieu d’être compris par tous, aussi bien par des bergers, sans doute peu entraînés à la lecture des textes sacrés, que par des mages instruits et savants. Dieu aurait pu envoyer un prophète. Il a préféré une étoile, manifestation de Dieu dans la nature, phénomène céleste qui se serait produit, semblerait-il, aux environs de l’an moins 7 avant Jésus Christ. Tout le monde voit, en plein jour, cette étoile particulière qui « marche » à l’inverse des autres astres, guidant jusqu’à cet enfant roi. L’étoile dans le ciel est comme une autre Pentecôte, en ce sens que ce signe universel, identifiable par tous, est compris quelles que soient les langues et les cultures de ceux qui le remarquent.

    La royauté de Jésus est cadrée à deux extrémités de sa vie, deux moments où il est particulièrement vulnérable : la situation de nouveau-né fragile avec la question des mages à Hérode : « Où est le roi des juifs qui vient de naître ? » (Matthieu 2, 2), et, plus tard, la position d’un adulte de 33 ans, arrêté, qui à la question de Pilate : «  Vous êtes le roi des Juifs ? » répond : « Oui, je le suis. » (Matthieu 27, 11). Cette royauté, toutefois, n’est pas de ce monde.

    La rencontre a lieu. Les mages se prosternent, ouvrent leurs coffres… et ne s’attardent pas après leur contact avec ce bébé et sa mère, après cette rencontre en face à face avec cette concrétisation de la « promesse de Dieu » en laquelle ils ont eu foi puisqu’ils sont venus découvrir l’objet de leur recherche et se prosterner devant. Se prosterner, un mouvement que d’autres que les mages feront au cours de la vie de Jésus : un lépreux pour être guéri, un chef militaire pour la guérison de sa fille.

    Après cette expérience forte, Dieu intervient, en songe, pour qu’ils retournent à leur lieu de vie ordinaire, à leur quotidien habituel, chacun chez soi. A la différence que tout est changé : ils rentrent chez eux avec un autre état du cœur, outre l’autre chemin géographique pour éviter Hérode. En songe Dieu parle au cœur : « Tu as vécu Dieu. Maintenant tu vas vivre vraiment. »

    Les mages sont venus jusqu’en Judée, ils ont vu, ils ont crû, ils sont repartis pour continuer leur vie là où ils doivent être, retrouvant leur quotidien et « ses galères » qu’ils vont affronter désormais autrement.

    Le reste, l’à venir de ce bébé roi, ne leur appartient pas, ne les concerne pas.

    Ce qui les concerne, par contre, c’est leur manière différente d’être, leur façon modifiée de vivre par ce qu’ils ont accompli : le voyage entrepris depuis l’Orient pour chercher et trouver ce qu’indiquait l’étoile, leur joie en voyant l’astre s’arrêter à l’endroit où est l’enfant, leur retour après ce pèlerinage accompli.

    Les mages savaient qu’il allait se passer quelque chose. L’à venir apporte Dieu. Et saint Ignace invite à voir dans nos vies les signes les plus infimes de la présence de Dieu, du divin, du spirituel. Dieu est présent dans la vie. Dieu intervient.

    Dieu a « transfiguré » les mages par la rencontre avec le bébé de Bethléem, promesse que l’intervention de Dieu va se réaliser, que la capacité à une vie nouvelle  par la Foi existe.

    Les mages ont fait comme Marie à qui sa cousine Elisabeth a dit : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui ont été adressées de la part du Seigneur ! ». (Luc 1, 45)

    Le voyage des mages n’est pas un déplacement ordinaire : c’est un voyage initiatique qui est aussi une quête, une recherche qui aboutit à son but, rien de moins que la rencontre avec le divin, le spirituel, Dieu.

    Les mages sont des clés pour rencontrer la nativité, rejoindre notre partie spirituelle.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr