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primaire

  • Elèves en péril et non société en péril

    Du côté des moins de 18 ans, le curseur actuel est posé sur le répressif avec diverses dispositions bien explicitées depuis le 5 mai 2010.
    Finie l’école buissonnière : on supprime les allocations. Obligation de rester scotché à l’école sinon on sera fiché. De la sécurité avant tout avec dressage par l’autorité. Et, en 2011, des internats pour les plus durs des 13-16 ans.

    Que va-t-il rester après cela de l’attrait pour simplement apprendre ? Quand on sait qu’un écolier français sur 2 – triste record européen ! – n’est plus attiré par l’école donc le savoir qu’elle est censée transmettre ?


    Avant que ces mesures soient décidées, il y a déjà quelques mois, nous parlions une amie et moi des élèves en dérive lors d’un petit déjeuner avant départ au travail. Elle, Marie (pseudo), issue d’une famille où les enseignants sont nombreux, est responsable d’un CDI – Centre de Documentation et d’Information – implanté dans un lycée de 2.000 élèves – filles et garçons - dans une préfecture situé dans un rayon de 100 kms de Paris avec un internat de 200 élèves. 

    Dans cet établissement sans signe particlier, un « bahut » comme les autres, il existe un important circuit préparant au Baccalauréat Général, un autre pour l’accès au Baccalauréat Professionnel, Bac Pro. Les 6 classes de 1 ère année de Bac Pro, environ 24 élèves chacune, montrent ce qui suit.

    Dans chacune de ces classes, il est observé 1 élève qui ne sait ni lire ni écrire.
    2 à 3 autres élèves sont en grande difficulté face à la compréhension de l’écrit. 
    Soit, récapitule Marie, 3 à 4 élèves pour qui l’enseignement proposé n’est pas adapté. Soit 1/8ème à 1/6 ème de l’effectif. C’est beaucoup.

    Conséquences : ces élèves qui n’ont pas reçu ce qu’il leur fallait aux moments adéquats – il y a eu généralement plusieurs opportunités – sont totalemnt « largués ». Sans amarres, sans boussole, sans cap, dérivants et perdus sur les flots d’un enseignement sûr de lui, un système qui parle d’un seul mode. 

    Perdus momentanément. Du moins c’est ce qu’il faudrait. Car ces 3 ou 4 jeunes ont certainement d’autres talents pas forcément révélés, qui seraient profitables à la société où ils vivent. Des compétences qui pourraient surprendre. Qui restent cachées, en friche.

    Sous les coups de boutoir répétés des mauvaises notes, de bulletins scolaires catastrophiques, que pensez-vous qu’il arrive ? 

    Marie le dit. Ces jeunes à l’estime de soi cassée, à l’ego endommagé, à l’avenir déjà brisé quand on parle de leur situation scolaire se désintéressent très normalement des cours proposés qui n’aboutiront à rien pour eux. Ils le savent. Ils le voient. Ils l’entendent.

    Alors, désignés comme « pas bons » avant d’avoir pu faire la moindre preuve d’acte positif, ils achèvent de décrocher, sèchent les cours – absentéisme, ou s’y ennuient trop visiblement. Ils chahutent. Sont qualifiés de perturbateurs, d’instables, en raison de difficultés antérieures non prises en compte en primaire. 
    Et, comme ce sont des grands par la taille et l’état civil, ils gênent vraiment les cours. Jusqu’à être exclus, temporairement d’abord, puis définitivement ; 

    L’école de la République a fauté, me semble-t-il, en raison des possibilités de rattrapage possible en primaire. A condition de disposer d’enseignants en nombre suffisants, à l’esprit disposés en se sens. 
    Tous les enseignants que j’ai pu rencontrer – dont ceux aussi de ma famille - sont en majorité des femmes ou des hommes soucieux du futur de leurs jeunes élèves, désireux de leur communiquer leur savoir, heureux de les voir comprendre et s’épanouir. 

    Dans le circuit d’autrefois qui concernait une majorité de jeunes et s’achevait par le certificat d’études à 14 ans, le maître d’école, d’une façon ou d’une autre, intuivement souvent, arrivait à rattraper nombre de ces jeunes « limites ». Sauf, en moyenne, 1 par classe lequel n’était pas ensuite désoeuvré. Aujourd’hui c’est 4 à 5 au lieu d’1.

    Ce qui me permet de dire, évoquant Hamlet « il y a quelques chose de pourri au royaume » de France.

    Ici, ce n’est pas les enseignants que je cible lesquels font le plus souvent de leur mieux et au-delà de ce qui est requis, préoccupés de l’avenir des jeunes qui leur sont confiés, mais c’est le système qui est à revoir.
    Le Bac + 10 que je suis ne comprend pas les mesures de cette semaine proposées par des personnes dont les enfants, privilégiés, ne sont ni illettrés, ni déscolarisés par …défaut de détection en temps opportun d’une difficulté conduisant plus tard au décrochage scolaire. 

    Aucun élève n’est indifférent à ses notes, aux appréciations portées sur lui, il y a lieu d’en être conscient. 
    Et de remédier, dès le primaire, à ce qui ne va pas. 

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Anglais en primaire

    Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouver. Merci 

    L’anglais en classes primaires ? Je n’ai rien contre. De façon ludique ? Soit. Même si l’accent n’est pas toujours au rendez-vous..

    Il est prévu d’abaisser au Cours Préparatoire, le CP, l’âge de cette initiative. Initiation pour certains.barniermi20.10.08 005.jpg

     

    Question qui revient en boucle : pourquoi la France reste-t-elle à la traîne pour cette langue par rapport à d’autres pays ?   

     Réponse possible : sans doute parce que les jeunes ne disposent pas d’un environnement qui pratique spontanément l’anglais autour d’eux pour des raisons commerciales ou relationnelles, à commencer par les parents comme cela est dans d’autres pays dont l’anglais n’est pas la langue maternelle. Un mieux peut se produire après le Baccalauréat avec les circuits Erasmus et ceux qui choisissent, individuellement, d’aller butiner au Royaume Uni ou dans un autre pays anglophone.  

    Autres points mitoyens de la langue : civilisation et littérature. Si l’on ajoutait à la langue anglaise, éventuellement en option en primaire, la civilisation et la littérature anglaise, cela augmenterait peut-être l’attractivité de l’anglais ?  

     

    Avec la crise financière mondiale et les élections américaines, il est facile de se mettre à l’écoute de l’anglais ou de son parent l’américain et - la traduction en français le permet – de se former l’oreille à des mots usuels. Un plus facile à acquérir avant d’aller plus loin. Personnellement, j’ai été entraînée pour un baccalauréat où l’anglais écrit était dispensé à hautes doses, à coups de thèmes et de versions. En conséquence je peux lire n’importe quoi, écrire sans trop de souci mais j’ai toujours à me former et l’oreille et la diction. Un peu pénible !

     

    L’anglais est une des 3 langues de travail au niveau de l’Europe à côté de l’allemand et du français. C’est pourquoi j’espère que mes petits-enfants de 15 et 10 ans  seront en phase par rapport à cette langue passe-partout, tout en disposant d’un français correct et riche. 

    Hier soir, notre ministre Michel Barnier rappelait à l’occasion d’une intervention sur l’Europe qu’il était important pour les jeunes d’être trilingue !  Précisant fort justement que si chaque européen pratique 3 langues, il y aura davantage de convergence pour édifier l’Europe. J'ai eu grand plaisir avant qu'il ne reparte à le remercier personnellement pour son intervention 

     

    Les moins de 18 ans, entraînez-vous ! Ecoutez l’actualité en anglais ou en américain.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo archives personnelles: Michel Barnier hier soir 20 octobre parle de l'anglais et des langues  avec une salle comble de jeunes)

  • Du Belley et Ridan: une rencontre heureuse !

    Après le Festival réussi des Vieilles Charrues et le succès aux Victoires de la musique 2005, Ridan nous surprend en plaçant dans l'album L'Ange de mon démon de début 2007 sa chanson Ulysse.  

    8e080de9e99c64e1b298ed4f3641757f.jpgLe texte de Du Bellay "Heureux qui comme Ulysse" est repris par Ridan qui y joint en écho des paroles liées à son parcours. Le titre est un succès.

    Comme des milliers, même des millions d'écoliers, j'ai étudié au collège le poème de Du Bellay "Heureux qui, comme Ulysse..." avec un professeur qui, à partir du manuel "Lagarde et Michard", proposait avec bonheur une immersion complète dans les eaux vives de la découverte individuelle de   nombreuses oeuvres complètes. 

    C'est en faisant des courses au G 20 de mon quartirer que j'ai reconnu avec plaisir les paroles de Du Bellay pensant que l'auteur, nostalgique d'un Anjou éloigné, aurait été fort satisfait d'une telle mise en musique. Et de ce que Ridan avait adjoint en propre mettant encore plus en valeur - s'il se pouvait - la qualité du texte originel grâce à l'éclairage donnée par la réalité 2007. Equipée de 50% de racines angevines et en séjours fréquents en bord de Loire, j'étais d'autant plus attentive et sensible à la réalisation de Ridan. 

    J'ai pensé alors que ce jeune avait été bien inspiré en mettant son talent et son style personnel au service de ce poète du XVI ème siècle et que cette chanson offrait aux jeunes du primaire et de maternelle un accès direct aux pensées et aux sentiments des humains d'il y a 5 sècles ainsi qu'à beaucoup plus loin encore dans le temps par tout ce que le nom d'Ulysse embrasse.

    HEUREUX  QUI,  COMME  ULYSSE,

    "Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, e0e846cff4a9902ac6f4018186bd74db.jpg
    Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
    Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
    Vivre entre ses parents le reste de son âge !

    Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
    Fumer la cheminée, et en quelle saison
    Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
    Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

    Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
    Que des palais Romains le front audacieux,
    Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

    Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
    Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
    Et plus que l'air marin la doulceur angevine."

    Joachim du Bellay (1522-1560) tiré de son recueil "Regrets".

    J'indique ici le tube de l'émouvante chanson qu'est Ulysse.                              18585b88c91c7741eb949dbe996a5e62.jpg

    YouTube - clip- Ulysse- Ridan 

    Bonne lecture! Bonne écoute !

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr