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poilu

  • 11 Novembre 2008

     

    Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouver. Merci.   Le 11 novembre 2008 : 106 visites avec 270 pages consultées

    Ce mardi 11 novembre 2008 commémore la fin de la 1ère guerre mondiale le 11 novembre 1918,papa14-18 001.jpg 90 ans après.A cette occasion voici un extrait du carnet de route d'un "poilu", depuis le début de la guerre en août 1914 à sa 1 ère blessure toujours en Août 1914. La mobilisation a été faite en France à partir du 1er Août 1914. Le célibataire qui écrit ces lignes a 23 ans quand il rejoint le front à partir du bourg de sa Vendée natale. Le texte original est reproduit tel quel.

    "3 Août: Départ du bourg pour la gare à 6H1/2, arrêt d'une heure à Chantonnay ainsi qu'à La Roche. Elan patriotique magnifique, sur tout le parcours c'est la Marseillaise et le chant du départ, arrivé à Nantes à 4 H, rentré au quartier à 6 H pour être dirigé dans une institution, Rue du Croisic, revu de nombreux camarades, assez bien couché sur la paille.

    4 Août: Journée passée au quartier à faire les préparatifs de départ. Le soir sorti en ville dire un petit bonjour aux amis

    5 Août: Départ de Nantes à 10 heures sous une pluie torrentielle, embarqué à 12h et 1/2, dans un wagon à bestiaux, passé par Angers, Le Mans, Chartres, Versailles, Juvisy où' j'ai vu de nombreux aéros, Champigny, Meaux, Reims, Chastel Chéhery où nous avons débarqué à minuit le 7 après 36 H. Repas composé de conserves, melon, poires et 2 quarts de café au Mans et à Versailles. Partout le même élan patriotique.

    8 Août _ Arrivé au bourg de Chastel Chéhery à 1H, couché dans un grenier où j'ai bien dormi _ gens très affables _ bien ravitaillé _ bureau de tabac mis à sec _ départ pour St Juvin à 7 H où nous arrivons à 9 h. après avoir fait 9 K. environ _ temps pluvieux _ routes montagneuses _ en cours de route nous sommes freinés par 2 civils et 1 sous-lieutenant du 106 _ tous les 3 en auto , c'étaient 3 espions qui ont été arrêtés après avoir tué 2 capitaines d'Etat Major _ bien reçu, bien ravitaillé _

    9 Août = Départ à 5 H route peu fatigante, arrivé à Boult-aux-Bois à 9 H 1/2 après avoir fait 12 K. _ bien couché, bien ravitaillé.

    10 Août = Départ à 4h pour Brieulles S. Bar où nous arrivons à 7H _ bien couché _ mangé quelques lapins _ et de garde à la police _

    11 Août Départ à 5 H _ arrivé à Stonne à 9 H, chaleur tropicale, terrain très accidenté, côte de 6 K _ dirigé en halte gardée à 4 K _ arrivé à la Cendrière à midi village de 2 maisons, rien à boire, rien à manger avec n'est quelques salades _ 12 et 13 Août toujours là où l'on fait beaucoup d'exercice

    14 Août départ de la Cendrière pour Haraucourt situé à 10 K _ bien couché, mangé 2 lapins _

    15 Août = départ pour Floingt situé à 12 K _ bien couché, bien ravitaillé.

    16 Août départ à 2 H pour Bouillon (en Belgique) situé à 20 K _ marche très fatigante. C'est aux cris de "Vive la France" et de "Vive l'armée" que nous entrons en Belgique, population très heureuse de nous voir, ainsi nous recevons cigares, cigarettes, café et thé.

    17 Août départ de Bouillon pour arrivée à Balan 2 K de Sevan, très fatigué couché dans une usine de blanchiment de laine _ bien mangé chez un Belge _

    18 Août passé la journée à Balan où la musique a joué _

    19 Août Départ de Balan à 5 H le soir arrivé à Corbion (Belgique) à 10H _ Bien reçu gens aimables et affables _ coutumes et mœurs Françaises_ Acheté 2 briquets _

    20 Août Arrivée à Bouillon à 10 heures après avoir fait 10 K _ couché dans une usine, pas dormi _ garde _ pluie torrentielle, orage de 2 H _

    21 Août _Resté à Bouillon. Vu plusieurs copains;

    22 Août - départ de Bouillon pour la gauche de Messaint situé à 28 K - arrivée à 2 H - l'on entend siffler les obus et les balles _ Vu les premiers blessés _ continuellement en tirailleurs _ les balles sifflent aux oreilles, les obus tombent auprès de nous, quelques camarades d'atteints _ charge à la baïonnette à 8 H _ mis les boches en déroute _ fin du combat _ couché sur le champ de bataille soirée et nuit horrible à décrire, blessés, morts, cris, plaintes, appels terribles à entendre et à voir _ spectacle inoubliable _

    Blessé à 19 H."

    Ce civil passera par la suite 18 mois dans les tranchées de Verdun. Blessé plusieurs fois, retournant chaque fois au combat, il est toujours en vie le 11 novembre 1918 quand cessent les hostilités. Plus de 60 ans plus tard, son visage se fait masque de granit quand sont évoqués à la télévision ces jours et ces nuits insoutenables sur les champs de bataille, alors que les blessés, en train de mourir appellent une mère qui ne viendra pas.

    Inoubliables ces jours de guerre 14-18. Atroces. Plus de ça ! 

    Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo: archives personnelles: blessés - même graves - en soins à l'arrière encore jugés aptes à retourner au front au cours de la guerre 14-18)

  • Lazare PONTICELLI

    Italien d'origine, naturalisé français, Lazare PONTICELLI voit son nom repris ce jour par les médias car le dernier poilu français survivant de la 1ère guerre mondiale est décédé hier, mercredi 12 mars 2008, chez sa fille.

    Un hommage national sera rendu lundi 17 mars aux Invalides à tous les morts de cette guerre 1914-1918, à l'occasion de cet événement. Si c'est possible je m'y rendrai.

    Les hommes qui ont participé à cette tragédie étaient de tous âges - dont ceux qui ne sont pas plus vieux que certains des partipants actuels des Star Ac et équivalents. Des cohortes de garçons bien dans leur peau, beaux gosses avec toute la vie devant eux, une fiancée parfois, ont été entraînés dans un tourbillon de cris, de sifflements d'obus,de douleurs, de hurlements, de corps à corps, de blessures, de mutilations, d'horreurs mais aussi de partage, d'entraide, de fraternité, d'adaptation à des conditions de vie inhospitalières, etc...

    Pour plus d'informations, nous avons tous accès aux livres écrits par des témoins directs, acteurs involontaires. Certains disposent peut-être d'archives de famille qu'ils peuvent, à l'occasion, ouvrir à autrui.

    Sur ce blog, un billet rédigé le 11/11/2007 relate le départ pour la guerre d'un de ces garçons, le même dont vous trouvez un échantillon du quotidien scolaire le 21/2/2008 et qui a des descendants bien vivants, bien intégrés et pleinement acteurs de cette époque 2008. Car cet autre poilu a survécu, par la part aléatoire présente dans chaque existence, malgré blessures avec atteinte chronique secondaire.
    Alors que ce combattant 14-18, un homme, un vrai, n'était pas très prolixe sur les 18 mois passés dans les tranchées de Verdun, il n'a jamais omis de dire, redire et souligner l'utilisation "comme chair à canons" au sens propre des mobilisés de la grande guerre.

    Voilà, les garçons ! Je ne sais pas ce que vous pensez de ces années de guerre. Moi, ça me hérisse la peau. voilà pourquoi, sans doute, je suis contre la guerre en Irak qui mutile moralement moult boys américains. Détestable gâchis ! A vous de réagir  à l'occasion ! Je ne fais que dire un point de vue perso. Libre à vous d'être d'un avis différent, encore plus s'il est solidement argumenté.

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • 11 Novembre 2007

    Ce dimanche 11 novembre 2007 commémore la fin de la 1ère guerre mondiale le 11 novembre 1918.

    A cette occasion voici un extrait du carnet de route d'un "poilu", depuis le début de la guerre en août 1914 à sa 1 ère blessure toujours en Août 1914. La mobilisation a été faite en France à partir du 1er Août 1914. Le célibataire qui écrit ces lignes a 23 ans quand il rejoint le front à partir du bourg de sa Vendée natale.

    "3 Août: Départ du bourg pour la gare à 6H1/2, arrêt d'une heure à Chantonnay ainsi qu'à La Roche. Elan patriotique magnifique, sur tout le parcours c'est la Marseillaise et le chant du départ, arrivé à Nantes à 4 H, rentré au quartier à 6 H pour être dirigé dans une institution, Rue du Croisic, revu de nombreux camarades, assez bien couché sur la paille.

    4 Août: Journée passée au quartier à faire les préparatifs de départ. Le soir sorti en ville dire un petit bonjour aux amis

    5 Août: Départ de Nantes à 10 heures sous une pluie torrentielle, embarqué à 12h et 1/2, dans un wagon à bestiaux, passé par Angers, Le Mans, Chartres, Versailles, Juvisy où' j'ai vu de nombreux aéros, Champigny, Meaux, Reims, Chastel Chéhery où nous avons débarqué à minuit le 7 après 36 H. Repas composé de conserves, melon, poires et 2 quarts de café au Mans et à Versailles. Partout le même élan patriotique.

    8 Août _ Arrivé au bourg de Chastel Chéhery à 1H, couché dans un grenier où j'ai bien dormi _ gens très affables _ bien ravitaillé _ bureau de tabac mis à sec _ départ pour St Juvin à 7 H où nous arrivons à 9 h. après avoir fait 9 K. environ _ temps pluvieux _ routes montagneuses _ en cours de route nous sommes freinés par 2 civils et 1 sous-lieutenant du 106 _ tous les 3 en auto , c'étaient 3 espions qui ont été arrêtés après avoir tué 2 capitaInes d'Etat Major _ bien reçu, bien ravitaillé _

    9 Août = Départ à 5 H route peu fatigante, arrivé à Boult-aux-Bois à 9 H 1/2 après avoir fait 12 K. _ bien couché, bien ravitaillé.

    10 Août = Départ à 4h pour Brieulles S. Bar où nous arrivons à 7H _ bien couché _ mangé quelques lapins _ et de garde à la police _

    11 Août Départ à 5 H _ arrivé à Stonne à 9 H, chaleur tropicale, terrain très accidenté, côte de 6 K _ dirigé en halte gardée à 4 K _ arrivé à la Cendrière à midi village de 2 maisons, rien à boire, rien à manger avec n'est quelques salades _ 12 et 13 Août toujours là où l'on fait beaucoup d'exercice

    14 Août départ de la Cendrière pour Haraucourt situé à 10 K _ bien couché, mangé 2 lapins _

    15 Août = départ pour Floingt situé à 12 K _ bien couché, bien ravitaillé.

    16 Août départ à 2 H pour Bouillon (en Belgique) situé à 20 K _ marche très fatigante. C'est aux cris de "Vive la France" et de "Vive l'armée" que nous entrons en Belgique, population très heureuse de nous voir, ainsi nous recevons cigares, cigarettes, café et thé.

    17 Août départ de Bouillon pour arrivée à Balan 2 K de Sevan, très fatigué couché dans une usine de blanchiment de laine _ bien mangé chez un Belge _

    18 Août passé la journée à Balan où la musique a joué _

    19 Août Départ de Balan à 5 H le soir arrivé à Corbion (Belgique) à 10H _ Bien reçu gens aimables et affables _ coutumes et mœurs Françaises_ Acheté 2 briquets _

    20 Août Arrivée à Bouillon à 10 heures après avoir fait 10 K _ couché dans une usine, pas dormi _ garde _ pluie torrentielle, orage de 2 H _

    21 Août _Resté à Bouillon. Vu plusieurs copains;

    22 Août - départ de Bouillon pour la gauche de Messaint situé à 28 K - arrivée à 2 H - l'on entend siffler les obus et les balles _ Vu les premiers blessés _ continuellement en tirailleurs _ les balles sifflent aux oreilles, les obus tombent auprès de nous, quelques camarades d'atteints _ charge à la baïonnette à 8 H _ mis les boches en déroute _ fin du combat _ couché sur le champ de bataille soirée et nuit horrible à décrire, blessés, morts, cris, plaintes, appels terribles à entendre et à voir _ spectacle inoubliable _

    Blessé à 19 H."

    Ce civil passera par la suite 18 mois dans les tranchées de Verdun. Blessé plusieurs fois, retournant chaque fois au combat, il est toujours en vie le 11 novembre 1918 quand cessent les hostilités.

    Plus de 60 ans plus tard, son visage se fait masque de granit quand sont évoqués à la télévision ces jours et ces nuits insoutenables sur les champs de bataille, alors que les blessés, en train de mourir appellent une mère qui ne viendra pas.

    Inoubliables ces jours de guerre 14-18. Atroces.

    Comme inoubliables pour tant de jeunes des années plus tard les jours de la guerre du Vietnam…

    Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr