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paranormal

  • Paranormal : S. Allix écrivain

    Stéphane Allix n’est pas arrivé par hasard aux Enquêts extraordinaires dont la M6 nous fait bénéficier ces temps-ci.

    Il est, en effet, l’auteur de plusieurs livres.

    Au départ, le sujet est classiquement le lieu de son travail de grand reporter, l’Afghanistant.

    Il publie ainsi en 2002 chez Ramsay « Afghanistan, aux sources de la drogue ». Et avec Natacha Calestrémé « Carnets afghans » chez Robert Laffont toujours en 2002 ;

    Puis il enquête à propos des observations d’OVNIS, Objets Volants Non Identifiés.

    Sort ainsi « Extraterrestres l’enquête » paru en 2006 chez Albin Michel.

    Il y a un drame dans la vie de Stéphane Allix : le décès d’un frère en 2001. Choc affectif qui entraîne le journaliste à signer chez Albin Michel en 2009 « La mort n’est pas une terre étrangère : y a-t-il une vie après la vie ? ».

    Avant ce livre il a fondé en 2007 avec le Docteur Bernard Castells l’INREES, Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires.  De nombreuses personnalités font partie de cet Institut qui a accueilli notamment comme membre d’honneur le psychiatre Serge Tribolet, dont j’ai parlé positivement au niveau de ce blog.

    Acheter ou emprunter les livres de Stéphane Allix. Et allez visiter le site de l’INREES.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Histoires paranormales ? ou Réalités physico-cosmiques ?

    Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouvez. Merci.  

    Le 16 janvier 2009 136 visites avec 325 pages lues

    Le 10.06.2008 je proposais un texte ayant pour titre : « Histoires extraordinaires ? Paranormal ? » . Et je rappelais que « la scientifique que je suis, fascinée par les maths et autres denrées  scientifiques sérieuses, démontrées et répétitives, a toujours bénéficié également d’une curiosité certaine vis-à-vis de l’existence possible d’un monde parallèle que certains nomment paranormal. Un monde ou des mondes, d’ailleurs. »

    6 mois plus tard, l’un d’entre vous, lecteur attentif, Fabien Ruggieri, met  successivement  2 commentaires – l’un le 15 l’autre le 16 décembre 2008; Ces commentaires étant de vrais textes, je les propose à tous ici en plat de résistance principal. Voici le 1 er  du 15 décembre :

    « Bonjour,
    Dans certaines conditions météo ou magnétique ainsi que certaines propriétés gravitationnelles (exceptionnelles) provoqué par les corps célestes qui nous entourent (soleil) et en résonnance avec le champ magnétique terrestre (rayonnement divers, magnétisme terrestre ), des trous de vers temporel apparaissent dans l'espace et surtout sur terre dans certaines régions désertique (mer ou forêt et désert et dans notre atmosphère terrestre...) ou encore prés de régions moyennement ou peu dense en population (très très peu probable pour un bon nombres de raisons physiques) donc au quatre coins du globe des anomalie apparaissent chaque jours, sans que nous les voyons. Ces trous de vers sont pour la plus part invisible car souvent microscopique environ 20 ordres de grandeur plus petit que le noyau atomique ou macroscopique selon les facteurs ou composantes qui entrent en jeu et qui les provoquent, (c.f. : le fameux "ponts d'Einstein-Rosen qui expliquent cela très bien) ainsi que la relativité générale qui stipule que tout ce qui contient de l’énergie, y compris un champ magnétique, affecte l’espace-temps c'est le cas de notre planète et de son noyau.
    Cependant la durée de ces phénomènes est brève car il est impossible d'entretenir les connexions eu égard au caractère instable des fluctuations quantiques. D'où les témoignages de ses malheureux voyageurs sur l'aspect plus ou moins bref de la chose car plus cette anomalie est petite plus elle de chance d'être brève donc en fait jusqu'à maintenant peu de personnes n'avaient eu la chance d'être confronté à ce genre phénomène au niveau macroscopique mais aujourd'hui l'homme colonisant de plus en plus d'espace, il est normal que cela arrivent de temps en temps. Cependant il serait normal de surveiller l'activité et les fluctuations de ses failles temporelles ou trou de vers au même titre que la météo via des satellites (si ce n'est déjà fait !). Pour étudier cela, il nous faudrait extraire scientifiquement les diverses composantes en jeux d'après les témoignages (saison, météo, lieux exact, composition du terrain) pour en faire une cartographie et aussi voir d'autres états physiques au moment T de l'événement et aussi voir les similarités et les singularités de l'ensemble, pour trouver comment se forme ces anomalies quantiques en pleine nature et les chasser. Cela dit, personne ne comprend encore comment le champ magnétique affecte la topologie de l’espace donc il semble difficile de repérer un tel événement actuellement (sauf si nous en connaissions les pré-requis) alors en faire l'étude... La question reste donc ouverte, avis aux chercheurs. Pour l'instant cela reste dans le domaine des faits paranormaux car trop rare. »

    Dont j’ai remercié l’auteur le 16 : « Merci pour cet exposé, que je pense citer en billet avec votre nom pour le mettre encore plus en avant; très bonne journée ! » Lequel a poursuivi  le même jour  comme suit. Nous sommes toujours là dans le domaine de la physique.

    « Je n'ai aucun mérite je rapporte c'est tout. Ces connaissances ne m'appartiennent pas je ne fais que les donner ou les transmettre du mieux que je peux en vulgarisant au mieux et en faisant quelques gros raccourcis.


    Toutefois, j'aurais pu aussi parler de la théorie des cordes et sa projection dans un milieu naturel. Elle se veut aussi une explication plausible de ces phénomènes de trou de vers. il faut surtout citer les noms d'Einstein Rosen Podolsky et leur très fameuse théorie de "pont" (je laisse cela au mathématiciens et physiciens) eux ce sont des génies et aussi N. Tesla et ses fameux bobinages électromagnétique (un grand inventeur) et qui ont sans nul doute servis pour cette expérience de Philadelphie ?


    Au passage, il faut savoir en effet que dans les Année 70 en pleine guerre froide donc les soviétiques ont renouvelé l'expérience de Philadelphie avec un sous marin de poche téléguidé. Il semblerait d'après mes lectures que la France a elle aussi joué avec les mêmes allumettes au début des années 60.

    Quand aux fameux destroyer escorteur (USS Eldridge (DE-173 de 1943-1951) ayant servis pour l'expérience, il a terminé sa carrière dans la flotte grecque vendu le 15 janvier 1951 et rebaptisé le HS Leon (D-54) le lion (en référence à l'expérience qui a dévoré des vies), Désarmée en 1992 et laissé au mouillage au Pirée, revendue à la Firme V&J Scrapmetal le 11 Novembre 1999 pour le démolir je crois.

    Quand à l'expérience elle même c'était en fait une belle démonstration de la Théorie des Champs Unifiés d'Einstein qui montre la relation entre les radiations électromagnétique et la gravité cette expérience était conduite par le Docteur Franklin Reno ou Rinehart on ne sera jamais son vrai nom. Cela se passe en 1943, le 22 juillet un premier test est fait on sait que le navire à soit disant presque disparu dans un "brouillard vert" les membres d'équipage suite à cela se plaignent de nausées, la seconde expérience est donc reportée les instruments pour la nouvelle tentative seront alors "mal" recalibrés et le 28 Octobre, dans le port de Philadelphie, cette fois il disparait vraiment, dans un flash de lumière bleu intense dixit les témoins. le navire aurait été aperçu à 346 km de son point de mouillage par la base navale de Norfolk en Virginie. Il réapparait de nouveau et la c'est une horreur des marins se convulsionne sur le pont à l'intérieur certains sont déjà mort ou ont simplement disparu d'autre sont comme fusionner à l'acier du navire et j'en passe.

    Les conclusions de l'expérience seront téléportation accidentelle avant que l'on dise que les témoins ont été victime d'une hypnose collective ou hallucination collective... et je ne sais quoi d'autre quand aux témoins militaires direct et le docteur Reno ainsi que ses assistants il vont peu à peu disparaitre ou bien s'évanouir dans la nature. Les pauvres marins ayant survécu à l'expérience seront pris de crises de folie et mis en psychiatrie au secret.
    Une dernière chose encore les travaux qui ont servis de base à tout cela venaient d'une expérience faite plutôt par l'Allemagne Nazi à bord du SS-Obergruppenfûhrer et mené par Hans Kammler pour trouver l'antigravité, ils détecteront au lieu de cela ces fameuses anomalies en mer et après maintes histoires d'espionnage elle conduiront à la fameuse expérience de 1943.

    Le rapport avec la formation de trou de vers naturel ou anomalie quantique est il lointain avec cette expérience ou très proche cela reste à voir ?

    Voilà il est juste de rendre compte de ces faits tels qu'ils furent dans les grandes lignes. mais un voile de mystère et de complot pèse toujours sur ces expériences qui ne sont toujours pas déclassifiées top secret est- il besoin de dire pourquoi ? De nos jours !

    Sinon je le répète il faudrait cartographier ces anomalies c'est important car elles suivent forcément une logique même si celle ci est chaotique (attracteur chaotique).

    Si vous détecté des erreurs ou imprécisions dans ce que je dis ici dites le moi car rien n'est parfait ici bas, moi le premier.

    Sinon je suis désolé pour les quelques fautes d'accord ou d'orthographe dans mon récits trop vite écrit... donc mal construit, mais les idées y sont.

    Cordialement »

    Voilà pour ces para-normalités physico-cosmiques, liées à notre insuffisance d’études et de  connaissance. Ce soir TF 1 nous propose Les 30 histoires les plus mystérieuses. Je vais y jeter un coup d’œil.

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr 

  • Paranormal

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique         

                « L’histoire la plus étrange est sans doute celle advenue, le 10 août 1901, à miss Moberly et miss Jourdain. Alors en villégiature en France, ces deux Anglaises se piquent d’aller visiter Versailles. Avec pour tout cicerone l’inusable Baedeker, gage à ‘étranger, de respectabilité et de bonne condition, les deux dames s’engagent vers Trianon. Touts deux professeurs porteuses de chignons, de lunettes et de névroses. Charlotte Anne Elizabeth Moberly et Eleanor Frances Jourdain se réjouissent avec bienséance d’aller admirer le domaine de la reine défunte. Malgré leur Baedeker nos « deux bas-bleus » s’égarent entre le château et l’entrée de Trianon. Il est un peu plus de seize heures, et la température est chaude et moite sous les jupons amidonnés et les collerettes étroites de leurs costumes, Eléanor Jourdain et Charlotte Moberly étouffent en devisant de l’indiscipline de leurs élèves, et de l’effronterie des Français.  Les deux femmes, peu habituées à la marche, se félicitent d’avoir choisi cette journée un peu grise pour parcourir les longues allées de Versailles et s’interrogent ans leur for intérieur sur l’existence d’un salon de thé à Trianon : dix-sept heures ne vont pas tarder à sonner. Je connais bien ces journées du mois d’août, quand l’air est lourd et que le ciel, un peu voilé, forme une coque hermétique sur les choses. Ces journées peuvent être enivrantes, car les parfums de l’été s’y exhalent avec plus de vigueur, comme dans une pièce fermée, mais aussi angoissantes : bien qu’à l’air libre, on se sent prisonnier, verrouillé à l’extérieur par les éléments. La lumière, intense et blanche à cause des nuages, est particulièrement aveuglante. S’ajoutent à cela la multitude d’insectes bourdonnants, menaçants et prêts à se repaître de la moindre peau laiteuse, la sécheresse extrême de la terre et des pelouses jaunies, le parfum envahissant de certaines plantes, ainsi que l’agitation nerveuses des visiteurs excédés par la chaleur. Sous l’effet de leur trop grande affluence, de leur diversité et des multiples langues qu’ils emploient, les alentours immédiats du château évoquent tantôt la tour de Babel, tantôt la cour des Miracles, tantôt l’image confuse, mis déplaisante, que formerait leur réunion.

                         Il en faut davantage pour déclencher une crise de nerfs chez deux institutrices britanniques : elles discutent gaiement de leurs connaissances communes, sur la route du Petit Trianon. Devant elles, un embranchement. Miss Jourdain et miss Moberly  observe. Les voici à la croisée des chemins, cet endroit où, dans la littérature du moins, tout bascule. Sous le porche d’un bâtiment, une femme agite une nappe blanche. A la grande surprise de sa comparse, miss Jourdain ne demande pas sa route à l’angélique fermière, mais franchit « la large voie verte parfaitement déserte » et se dirige d’un pas décidé vers le sentier le plus obscur. Deux Anglaises pénètrent « de l’autre côté du miroir ».

                          Malheureusement, il n’est question ni de thé à prendre avec un chapelier, ni de partie de croquet à disputer avec des flamants roses et une reine des cartes irascible, dans le Versailles hanté. En lieu et place, un sentiment d’oppression envahit les deux femmes. Ce dernier est distrait par la vue de deux jardiniers, en livrée verte….et coiffés d’un tricorne ! Vêtus d’un long habit vert, les deux hommes tiennent à la main un objet que miss Moberly reconnaît pour être une bêche et miss Jourdain un bâton. Au moment de leur « vision » les deux femmes les prennent pour des jardiniers. Sous le règne de Louis XV, les jardiniers portent une livrée verte. Louis XVI, dans les semaines qui suivent son accession au trône, demande que les domestiques du Petit Trianon soient vêtus au costumes de la livrée du roi, qui est  - le sort est bien souvent ironique – bleu, blanc, rouge. Le tricorne quant  lui évoque une gravure de collection Parmentier où l’on voit le jardinier Richard escortant la reine et la princesse Elisabeth, et arborant le chapeau à trois pointes. Le détail le plus troublant est que l’homme tient dans sa main un bâton ! Nos deux Anglaises affirment ne s’être jamais particulièrement intéressées ni à Versailles, ni à la période. Si des doutes subsistent sur ce dernier point, il est avéré qu’elles n’eurent jamais accès aux Archives nationales avant leur visite, ni même à la collection Parmentier.

    Les deux femmes affirment alors avoir été en proie à une tristesse aussi soudaine qu’accablante et insistent toutes deux sur le malaise grandissant qu’elles éprouvent à mesure même que le spectacle auquel elles assistent leur semble de plus en plus intéressant. Miss Jourdain interroge les jardiniers sur la direction à suivre. Ils répondent avec une désinvolture qui déplaît à l’institutrice, de poursuivre tout droit. Comme souvent dans les rêves, les voix semblent ne pas correspondre avec les visages. Le voyage au pays des morts, dans les termes d’Eleanor Jourdain, se poursuit de la sorte :

    « Le sentier qu’on nous avait indiqué semblait conduire hors de l’endroit où nous imaginions trouver le Petit Trianon et il y régnait une atmosphère de tristesse et d’abandon. Je commençai à me sentir comme une somnambule et cette lourde impression d’irréalité était oppressante. Enfin nous arrivâmes à un sentier qui coupait le nôtre et vîmes un bâtiment en face de nous, formé de quelques colonnes couvertes d’un toit, en retrait des arbres. Assis sur les marches, il y avait un homme avec une grande lourde cape noire sur les épaules et un grand chapeau mou. »

    Je connais Versailles comme ma poche, et il me m’est gère difficile de visualiser l’itinéraire et les lieux. Or, à l’endroit indiqué par miss Jourdain, non loin du Temple de l’Amour, il n’y a pas d’édifice; le Temple se dresse sur une pelouse vide, au centre d’un îlot. Il n’y a pas d’édifice, mais il aurait dû u y en avoir un : des plans de 1774 nous apprennent qu’il était prévu d’élever un petit kiosque non loin du Jardin Français.

    L’homme au chapeau les regarde sans mot dire. Sa peau est sombre, comme recouverte de terre, et piquée de vérole : l’homme ne répond pas à leurs questions, arbore un sourire grimaçant, et se contente de les fixer avec des yeux décrits tantôt comme odieux tantôt comme méchants et vagues à la fois. Le flegme britannique ne suffit plus : les deux femmes sont terrifiées. Des pas retentissent derrière elles. C’est un homme à la peau mate et aux cheveux bouclés qui leur crie avec un accent étranger :

    - Mesdames, mesdames, il ne faut pas passer  par là !

    Suivant ses conseils, elles changent de direction et empruntent le petit pont, que je connais bien, qui mène à l’entrée de la grotte de Marie-Antoinette. Au milieu des herbes folles, une femme dessine. Elle tient dans ses mains soin ouvrage, et tend ses bras pour mieux juger de la toile, qui semble –mais peut-être est-ce l’effet de la distance, ou de la lumière ? – parfaitement vierge. Elle semble ne pas entendre les deux promeneuses, mais n’est pas surprise quand celles-ci passent à ôté d’elle. Elle tourne la tête et les observe, les yeux vagues et craintifs, comme si elle était éblouie ou ne les voyait pas. Son visage n’est plus très jeune, et surtout inexpressif. Elle porte un grand chapeau blanc qui surmonte d’épais cheveux blonds, rassemblés en un chignon bouffant. Sa robe, une légère mousseline d’été, est drapée sur les épaules, er largement décolletée, détail qui, même au tréfonds de l’effroi et du surnaturel, ne lasse pas de choquer nos pudibondes Anglaises. Un fichu d’étoffe verte transparente décore plus qu’il ne protège sa poitrine et son cou. Ni Charlotte Moberly, ni Eleanor Jourdain ne sont à proprement parler des coquettes, elles n’en ont plus ni l’âge, ni le goût, cependant toutes deux s’accordent pour trouver la dame blanche bien démodée. Miss Moberly imagine qu’il s’agit d’un touriste portant les vêtements étranges de quelque pays lointain. Leurs regards se croisent, et miss Moberly détourne vite la tête, pétrifiée par ce qu’elle voit et n’ose pas décrire.

    Plus loin, un laquais leur indique leur chemin, et la descente aux enfers s’achève : avec ce même sourire malin, qui orne tous ces visages rencontrés, le serviteur les guide jusqu’à la première allée, là où leur chemin avait bifurqué. Miss Moberly peste après les fonctionnaires français qui les ont, jusqu’ici, si mal renseignées, miss Jourdain déplore le manque de  signalisation dans le parc. Nos deux dames prennent le thé à l’hôtel des Réservoirs de Versailles. Il est temps de regagner Paris. Dans le wagon, le silence règne : elles sont épuisées et chacune croit que le fatigue de l’autre n’est due qu’à la marche. Le temps des confidences viendra plus tard.

    L’ »aventure » des deux Anglaises a fait couler beaucoup d’encre. Leur vie en fut bouleversée ; le succès de leur récit, d’abord dans leurs cerces d’amis, les encourage à faire des recherches, qui ne tardent pas à se transformer en véritable quête. Pour prouver qu’elles ont été les témoins d’un phénomène de rétrocognition, elles écument les Archives nationales, et trouvent une foule d’éléments corroborant leur vision, ainsi qu’une foule d’autres, encore plus grande, la contredisant. Il faut se méfier de la facilité à trouver ce que l’on désire…Erudits, scientifiques, psychologues et historiens y vont chacun de leur explication ou bien ont un élément à apporter, et nos deux Anglaises – qui en douterait ? – sont bien crédules. Les hypothèses et les polémiques vont bon train, et jusqu’à leur mort, les deux femmes défendent leur vision comme une vertu.

    L’histoire est sûrement fausse, mais elle est inquiétante et je ne résiste pas au  plaisir des frissons. L’aventure comporte trop d’incohérences et d’invraisemblances, même si la bonne foi des deux Anglaises n’est pas à mettre en doute. Il est impossible de se perdre à Trianon, surtout en ces journées d’août où, même en 1901, les visiteurs abondent. Ne pas reconnaître Marie-Antoinette est plus que douteux : miss Moberley assure ne s’être rendue compte de l’identité de la dessinatrice que bien plus tard, en se documentant sur Versailles. Elles ont visité le château, probablement avec un guide, consulté leur Baedeker, vu les tableaux sans même lever les yeux vers les représentations de la reine ? Je comprends que les mânes de Marie-Antoinette aient été outrées ! Soyons sérieux : quand bien même vous ne prêtez aucune attention pendant une visite, vous regardez toujours les témoignages concernant  le roi et la reine, surtout lorsqu’ils ont connu une fin aussi tragique que celle de Louis XVI et de son épouse. L’évocation de la reine relève à mes yeux de la supercherie : les deux promeneuses sont à même de décrire dans les moindres détails, jusqu’au mouvement que fait le fichu sur les épaules, les vêtements de la dessinatrice, mais, quant à l’apparence physique de cette dernière, restent on ne peut plus vagues. J’ai moi-même une excellente mémoire visuelle et je sais que, si je vois la couleur du liseré d’un foulard, je vois aussi les traits de sa propriétaire ! Néanmoins, la description des sensations semble sincère. Une paralysie des membres, une douleur de le langue, accompagnée de chaleur, de troubles de la vue et d’une accélération du rythme cardiaque, telles sont les impressions décrites par les deux femmes, et tels sont les symptômes de l’angoisse. Je sais que le parc peut être sinistre, je ne doute pas qu’il puisse provoquer une crise d’angoisse. Le seul fait extraordinaire est que celle-ci ait atteint miss Jourdain et sa compagne au même moment. Les hallucinations de deux femmes névropathes, c’est là tout ce que ma raison peut admettre.

    Toujours est-il que, grâce aux deux Anglaises, Trianon devint « hanté ». Les témoignages, comme souvent dans ce genre d’occasion, ne manquent pas d’affluer. Il s’avère que Marie-Antoinette apparaît à intervalles réguliers depuis la fin du XIXème siècle : en 1870 , un enfant voit passer une chasse à courre avec galons chamarrés et tricornes, menée par une élégante dame blonde. La vérité n’est-elle pas censée sortir de sa bouche ? En 1939 (…), en 1955 (…) Moi-même, j’ai eu l’immense privilège de déjeuner, plusieurs fois, avec la reine, dans les années quatre-vingt : la première fois elle était incarnée par Jane Seymour, ce qui me valut de faire la connaissance de la plus belle des duchesses de Polignac, Claudia Cardinale, la seconde, lorsque Emmanuelle Béart lui prêta son talent…. » (Le Jardinier de Versailles, p.290 à 299)

    Voilà, pour ceux qui n’ont pas eu accès au livre d’Alain Baraton, la façon dont il voit la « rencontre » des deux Anglaises avec Marie-Antoinette, leur traversée d’autre côté du miroir. A l’évidence, notre jardinier est imperméable à la seule idée de transferts dans le temps…. Même avec l’éclairage actuel sur l’espace temps.

    Il faut bien de tout pour faire un monde, les jeunes !

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr