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pandémie

  • 1er Mai 2009 : suite Grippe

    Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

    Le 29 avril 2009 je mettais ici un billet « Grippe ? Pas de panique ! »  

    En ce 1 er Mai : rien n’est caché. Ni Tchernobyl camouflé. Ni canicule oubliée.

    Voici un bilan en ces instants alors que les français sont raisonnables avec les possibilités dont dispose notre pays.

     

    Je regrette un peu que le Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, n’ait pas obtenu  de l’Europe l’arrêt quelque temps des vols avec le Mexique.

    Hors Europe le Pérou a suspendu ses vols vers ce pays.

     

    Le passage actuel au niveau 5, voire plus tard au niveau 6, ne changera rien du côté de la France quant au fond de protection dont on dispose.

    La grippe aviaire avait eu, seule qualité, le mérite de générer une préparation correcte à des événements de ce type. Car on avait oublié, un peu beaucoup, le règne des maladies transmissibles pourtant très présentes auprès de nos ancêtres.

     

    Car pour eux le danger venait par les chemins de terre. Et aussi beaucoup par les voies de mer. Et l’on instituait alors la mise en quarantaine pour tout navire suspect qui était interdit d’approche au port – Toulon, Marseille, etc...,  ravitaillé alors par des vivres qui lui étaient fournis jetés sans contact humain. Après 40 jours, si aucune maladie ne se déclarait, la mesure de quarantaine était levée et le navire pouvait aborder à quai.

     

    Aujourd’hui, la voie aérienne a permis l’importation rapide de cette nouvelle grippe. On ne met pas les avions en quarantaine ni les passagers. A ce jour, étant passé au niveau 5 d’alerte OMS (Organisation Mondiale de la Santé), sous la direction conjointe du Ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie pilote du dispositif coordonnant le plan de prévention, et de Roseline Bachelot qui penserait  le virus probablement présent en France bien qu’aucun cas ne soit actuellement confirmé, toutes deux sous la houlette officielle du Premier Ministre François Fillion, voici les nouveautés concrètes :

    * tous les passagers en provenance du Mexique sont à l’arrivée notés, avec leur état de santé – un formulaire à remplir.

    * attribution au niveau de chaque département ce jour de lots de masques et de lots de l’antiviral prévu à titre thérapeutique, le Tamiflu, fabriqué par le laboratoire Roche maintenant  indisponible en pharmacie mais disponible dans les hôpitaux. .

     

    Il est inutile, voire dangereux, de prendre du Tamiflu à titre préventif. Le Net si pratique pour tant de choses propose du soi disant Tamiflu à des prix exorbitants et même le générique qui n’existe pas. Ne surtout pas acheter !

     

    L’abattage de porcs, réalisé par l’Egypte, est inutile. On n’est pas du tout ici dans la grippe aviaire.

     

    La quarantaine imposée jadis aux navigants est réalisée aujourd’hui en milieu hospitalier avec des chambres d’isolement, pas pendant 40 jours mais le temps de pratiquer les examens virologiques pour savoir s’il s’agit ou pas de cette nouvelle grippe A(H1N1). Les contraintes liées à l’isolement sont sévères : pas question de contaminer les autres malades de l’hôpital, ni les soignants.

     

    Tant qu’il s’git de cas importés du Mexique, le processus reste limité. Pour l’heure il n’est pas connu en France de cas de contamination autonome.

    Or, l’épidémie s’enclenche à partir du moment où un revenu du Mexique et porteur du virus – malade ou pas – passe son virus à un autre qui se met à développe la maladie ou le transmet à quelqu’un d’autre, etc…

    Cette chaîne épidémique se fait par les gouttelettes de salive, projetées en parlant, en éternuant, ou si l’on recueille avec la main le virus projeté sur une surface. Et, dans une journée, le port inconscient des mains à la bouche est multiple.

    Sachant que les virus survivent quelques heures en moyenne il reste pour interrompre l’épidémie la limitation des rencontres humaines. Ce qu’a décidé le Mexique en préconisant aux habitants de Mexico de rester chez eux ces jour-ci. Quant aux plages désertées, ce n’est la plage qui est abandonnée mais les contacts entre humains.

     

    En France, les manifestations du 1 er Mai vont être sources de nombreux contacts inter humains. Ce qui est sans souci si aucun des participants n’est porteur du virus. En dehors de ces manifestations, tous les jours nous avons l’occasion de contacts multiples avec d’autres personnes : celles du lieu de travail, celles des moyens de transport collectifs, en faisant ses courses en magasin, au marché, etc…Aucun problème de grippe humaine venue du foyer mexicain si tous les rencontrés ne sont pas porteurs de ce virus. On ne peut pas inhaler un virus non présent !

     

    Les masques n’entreront en circulation que si des consignes sont données de se déplacer avec. Le tamiflu ne sera donné que pour les malades.

     

    Les mesures de prévention précaution ne changent pas : éviter les aérosols projetant les gouttelettes de salive lors d’éternuements en mettant sa main devant la bouche ou en détournant la tête; éviter de serrer les mains; éviter de porter les mains à la bouche ; bien se laver les mains ; pratiquer les mesures d’hygiène basiques – pas de brosse à dents partagée par exemple.  

     

    La France n’est pas un pays dit du tiers monde. La France, en pleine crise, a la chance de disposer, outre les mesures préventives, de réserves de Tamiflu pour soigner, d’antibiotiques en cas de surinfection, et d’autres outils thérapeutiques divers. On est donc dans un pays à  risque bas.

    Pas de matière à paniquer donc.

     

    L’avenir nous dira si le nouveau virus a cheminé peu ou prou selon les modèles épidémiologiques connus à ce jour. Sachant que tout virus est libre de vivre sa vie comme il en décide, quitte à innover.

     

    En conclusion, pour éviter le flou, les recommandations officielles sont de contacter le 15 qui fera le tri sur la base d’un interrogatoire.

    Evidemment le 15 peut aussi être contactée par un professionnel de santé – médecin, ou autre intervenant - pompier.

    A partir de là, et si besoin est, la personne estimée par le 15 susceptible de souffrir de cette nouvelle grippe A(H1N1) est prise en charge, isolée au niveau respiratoire ainsi que le personnel en contact, dirigée vers un hôpital  et un prélèvement naso-pharyngé est fait avant tout traitement antiviral et envoyé au laboratoire habilité.

    Il ne reste plus qu’à attendre le résultat.

    Au final :

    = une prévention de la contamination par la salive accessible à tous pour une nouvelle grippe pour l’heure contenue

    = rien de caché à propos de cette situation inédite à la suite imprévisible, à observer avec attention, les autorités jouant la transparence à fond

    = un accès téléphonique au 15 pour orienter

     

    On reste en éveil, les jeunes, en vaquant à ses affaires.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr  

     

  • Grippe ? Pas de panique !

    Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

      

    Pas de Tchernobyl camouflé. Rien de caché.

    ManuguerraJCl27.4.09 004.jpgCeux et celles qui ont envie d’entendre en direct le spécialiste de l’Institut Pasteur - Jean-Claude Manuguerra, au sujet de cette nouvelle grippe – GROG.giflaquelle se met à tâter le monde - peuvent profiter, quelques jours encore, de l’émission intégrale de C dans l’Air «Grippe: Les Virus mutants » du 27 avril 2009.

     

    Quelques repères. Vous retrouverez pratiquement tout cela dans l’émission indiquée, animée cette fois par Thierry Guerrier.

     

    * Côté consommation de porc ? aucun problème. On peut continuer à le consommer. Si des pays en interdisent l’importation  c’est pour rassurer d’un point de vue psychologique. Bien que cela ne serve à rien. Un effet d’annonce.

     

    * Autre effet d’annonce : les caméras thermiques japonaises car :

    = on peut être fiévreux sans grippe

    = on peut faire baisser artificiellement une fièvre par un médicament approprié – paracétamol de préférence à l’aspirine,

    = on peut être en bonne santé sans fièvre

    = on peut être porteur du virus sans signe, donc sans fièvre

     

    * En raison de ces porteurs de virus sans fièvre qui peuvent aussi transmettre la grippe, il est inutile de tenter un repérage ou screening des personnes porteuses de virus à leur descente d’avion. Sauf à aller écouvillonner tout le monde. Inutile et infaisable.

    Si l’on devait contrôler ce serait avant le départ.

     

    * Les signes de cette grippe sont ceux de n’importe quelle grippe : fièvre élevée ;  difficultés respiratoire, toux ; douleurs musculaires, courbatures.

    Ce sont aussi ceux de syndromes non grippaux.  

    D’où le fait d’un examen virologique pour savoir s’il s’agit d’une vraie grippe dans un premier temps – ce qui prend quelques heures de laboratoire. Puis dans un second temps définir si on est en présence de la grippe actuelle, nouvelle, étiquetée A(H1N1), soit

    2 jours de laboratoire.

    Les syndromes pseudo grippaux ne sont pas nouveaux. Un syndrome pseudo-grippal est fait d’un de signes évoquant la grippe sans qu'elle soit en cause : fièvre, courbatures, douleurs articulaires, maux de tête... Et avant qu’existe le réseau GROG (Groupes Régionaux d'Observation de la Grippe), en quelque sorte à son origine il y a 40 ans, une infirmière scolaire en lien avec le ministère de la santé allait écouvillonner dans les écoles de Paris, là saison venue, pour savoir si la grippe, la vraie et pas un syndrome pseudo-grippal, était arrivée afin de prévenir le corps médical. Ecouvillonner c’est-à-dire utiliser un coton-tige stérile pour aller prélever au niveau du nez ou de la gorge et porter pour analyse à l’Institut Pasteur. C’est depuis 1984 que GROG surveille la survenue et la dispersion du virus grippal sur le territoire français.

     

    * Les autorités n’ont pas à affoler pour un nouveau syndrome grippal dont on ignore comment il va évoluer.

    Le porc n’a plus aucune responsabilité dans cette affaire.

    La transmission désormais a lieu d’homme à homme par voie aérienne via les gouttelettes de salive projetées tout le temps.

     

    * Le Mexique, point de départ, prend actuellement des précautions pour limiter cette transmission orale. Pour l’instant il n’y a pas de raison de mettre en œuvre cette mesure en France.

    Toutefois, il est possible à chacun de mettre la main devant sa bouche en cas d’éternuement, de se laver les mains et d’observer les mesures d »hygiène habituelles.

     

    * Quant à l’antiviral quasi unique existant, pas question non plus pour l’instant d’en faire usage.

    Pourquoi ?

    Il est à peu près le seul à pouvoir agir. Et si on en abuse sans raison, on pourrait voir se développer des résistances. Après quoi, il n’y aurait plus rien. Ou presque.

    C’est comme pour les antibiotiques : il convient d’en faire bon usage.

    De plus, un antiviral  - comme tous les médicaments - a le verso de son efficacité à savoir des effets secondaires. Et l’antiviral dont on nous parle a eu au Japon des effets secondaires genre hallucinations avec suicide pour certains.

     

    * Epidémie ou pandémie ?

    Les virus circulent. Les déplacements étant nombreux, cette circulation est rapide.

    Une épidémie est un phénomène qui reste limité.

    Une pandémie concerne le monde. Aujourd’hui on est peut-être à ce stade.

    L’OMS maintient  le niveau d’alerte 4.

    Il se peut, eu égard à la saison en France – on sort de la saison favorable au virus de la grippe – que cette grippe s’éteigne comme elle est venue, à supposer que les cas suspects soient confirmés par la virologie.

    Ensuite, elle peut aussi revenir à la saison prochaine. Mais on aura alors eu la possibilité d’être mieux préparé. Peut-être avec un vaccin adapté.

    Jean-Claude Manuguerra reste, pour l'instant, très attentif. 

     

    * L’homme, au niveau mondial, est « naïf » par rapport à ce nouveau virus qui a en lui – écouter bien le spécialiste dans C dans l’Air - un peu de virus aviaire, un peu de virus porcin, un peu de virus humain. Jamais l’homme n’a été en contact avec cette « mixture » nouvelle.  Il ne dispose donc d’aucune défense  contre elle. Aucune immunité, d’où l’épithète « naïf ».

    C’est par sa nouveauté que cette grippe est inhabituelle. Et mérite que l’on s’en occupe.

     

    * De tous les temps les virus ne restent pas inactifs. Ils luttent pour leur vie, eux aussi. A l’occasion ils mutent, ils s’associent. Bref ils innovent. Et cette fois ce n’est pas une mutation simplette à laquelle on adapte facilement le vaccin. C’est une petite révolution.

     

    * Même à ce jour, avec un décès indiqué aux USA, on est en manque d’information. En particulier sur les causes précises du décès.

     

    * Où en sera-t-on dans une semaine ?

    Impossible à savoir. 

    Cette grippe est nouvelle et on en sait très peu sur elle.

     

    En pratique ;

    * L’avenir nous dira la suite de cette grippe. On ne peut pas prédire.

    * La France dispose de l’excellence de l’Institut Pasteur, lequel saura préconiser les attitudes correctes, dire les meilleurs comportements. Dans ce domaine on est aussi bon que d’autres chercheurs de par le monde. Pas de souci à se faire côté compétences.

    * Si l’un de vos proches ou vous-même en provenance d’une zone  à souci – ou pas -  souffrez de température élevée avec difficultés respiratoires et douleurs musculaires, n’hésitez pas à consulter votre généraliste. Il saura la conduite à tenir.

    Voilà ce qui est indiqué en allant voir à GROG puis grippe mexicaine au 28.4.2009:

    « Toute personne présentant un syndrome respiratoire aigu brutal

    • signes généraux : fièvre>38° ou courbature ou asthénie
    • et signes respiratoires : toux ou dyspnée

    devient un cas possible si dans les 7 jours avant le début de ses signes :

    elle a séjourné dans une zone dans laquelle une circulation du virus de grippe porcine a été mise en évidence (cf. tableau : zones géographiques d’exposition), ou

    elle a eu un contact étroit avec un cas possible, probable ou confirmé pendant sa période de contagiosité (qui commence 24h avant le début des signes). » La suite définit ce qu’est un contact étroit et donne d’autres informations.

    * Et puis suivez les informations de l’Institut Pasteur et de l’Institut de Veille Sanitaire qui sont communiquées par les médias – presse écrite, radio, télé.

    Ainsi que l’évolution des consignes de l’OMS et ce qu'affiche le réseau GROG accessible à tous.

     

    Les jeunes, ce n’est pas une première en matière de pandémie. Il y en a eu de sérieuses à des époques où l’on manquait du nécessaire pour faire face. Grippe espagnole de 1918, peste, choléra ont parcouru le monde. Pour une pandémie l’OMS  a défini 6 niveaux d’alerte. La phase 4 où nous sommes correspond à de «  petites et rares accumulations locales d'infections d'homme à homme, ce qui suggère que le virus n'est pas bien adapté à l'homme ». Les phases 5 et 6  signent la pandémie.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (illustrations: Jean-Claude MANUGUERRA virologue lors de l'émission à gauche; logo du très sérieux réseau GROG à doite)