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pédiatre

  • Maurice Titran : décès d’un grand pédiatre

    A peine entré dans une retraite où il allait déployer son intense humanité - c’est pour cela que j’ai titré « grand » pédiatre – Maurice Titran est décédé.

    Voilà l’article paru dans La Voix du Nord le dimanche 13 septembre 2009, sous le titre « Le pédiatre roubaisien Maurice Titran est mort ».

    En sous titre : Le Dr. Maurice Titran avait tenu à diriger le CAMSP de Roubaix jusqu’en mai 2008. Il allait avoir 66 ans.

    « DISPARITION

    Comme un ultime clin d’œil, Maurice Titran est mort hier, au dernier jour de la Semaine internationale de lutte contre le syndrome d’alcoolisation fœtale, un fléau dont il avait contribué à révéler les méfaits au grand public. Il allait avoir 66 ans.

    « Pour être certain d'aimer assez, dans certaines conditions, il faut aimer un peu trop. » C'est par ces mots que Maurice Titran avait conclu la « fête à Maurice » que l'équipe du CAMSP (Centre d'action médico-sociale précoce) avait organisée à l'occasion de son départ en retraite le 24 mai 2008. Ce jour-là, entouré de nombreux enfants, d'anciens patients, d'innombrables amis, Maurice Titran avait mis un terme à une carrière de près de quarante années passées au service des bébés.

    Allier le médical et le social

    Une carrière que le pédiatre aura placée de bout en bout sous le signe du combat. Au début des années 70, il se mobilise en faveur de la scolarisation des enfants handicapés au sein des classes, puis il participe à la révolution de la néonatalogie, refusant de séparer les mères des nouveau-nés malades. En 1981, convaincu que la pédiatrie moderne doit allier le médical et le social, il participe à la création à Roubaix du Centre d'action médico-sociale précoce, dont la mission est de permettre aux familles défavorisées de bénéficier du meilleur encadrement et des meilleurs soins dans les domaines de la néonatalogie et de la pédiatrie.

    Coauteur de plusieurs livres, consultant médical pour de nombreuses émissions et publications consacrées à la petite enfance, il a notamment publié en 2005 À sa santé, qui participe en France à la prise de conscience des ravages du syndrome d'alcoolisation foetale.

    Cet humaniste de combat avait également siégé au sein du conseil municipal de Roubaix entre 1995 et 2001, défendant à cette occasion le droit au logement des plus démunis et notamment des mères célibataires. Malade depuis plusieurs années, le Maurice Titran avait dirigé le CAMSP jusqu'en juin 2008, trouvant l'énergie et le réconfort dans le soutien qu'il apportait à ces « enfants extraordinaires » et à leurs familles. • O. H. »

    Dans Nord Eclair, le mardi 15septembre 2009, trois réactions à la disparition de cet « homme engagé » au départ « durement ressenti dans l’agglomération ».

    « Josiane Willoqueaux, maire de Lys-lez-Lannoy : « Ses paroles et ses engagements ont été déterminants pour contribuer à améliorer la prévention des dramatiques conséquences de l'alcoolisation foetale. J'avais eu l'occasion de le rencontrer plusieurs fois au cours de ma présidence de l'association Réagir et je me souviens de sa grande humanité et de ses convictions sur la problématique de l'accompagnement des mamans en difficulté. La disparition du Dr Maurice Titran, empreint d'humanisme constitue une triste nouvelle pour l'agglomération roubaisienne et la métropole. » Arnaud Verspieren, adjoint au maire de Roubaix (MoDem) : « je garde de lui le souvenir d'un grand humaniste qui a consacré sa vie pour aider les autres à dépasser la souffrance. Dans sa compétence professionnelle reconnue au plus haut niveau, ses nombreuses responsabilités politiques et associatives où je l'ai côtoyé, Maurice Titran a été un exemple d'engagement. Modeste et tolérant comme savent l'être les plus grands, il rayonnait de joie et d'optimisme, malgré la terrible épreuve de la maladie. » Patrick Kanner, vice-président du Conseil général et ancien directteur du CCAS de Roubaix : « C'est pour moi, une fierté que d'avoir pu collaborer avec cet homme engagé qui avait fait de sa profession un levier pour venir en aide aux familles les plus pauvres, les plus fragiles (...) Je me souviendrai de ces consultations faites dans des cuisines afin de ne pas « effrayer » cette population en difficulté. Je me souviendrai de ce sourire qui n'arrivait pas, néanmoins, à dissimuler une force, une détermination extraordinaire pour mener à bien le combat qu'il s'était assigné. Roubaix perd une grande figure (...) »

    Un grand homme. Un modèle.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr