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outreau

  • Alain Marécaux Pardonner Outreau

    alain marécaux,outreauSur Europe 1 vers 7h20 mardi 8 novembre 2011, Alain Marécaux, rescapé d’Outreau, s’est exprimé à propos de la libération de l’accusatrice à tort Myriam Badaoui.

     

    Pour lui, cette libération est un non événement : cette femme avait été condamnée à 15 ans de réclusion ; elle est libérée normalement.

    Un certain détachement est présent dans les paroles de cet huissier arrêté il y aura bientôt 10 ans car accusé à tort de pédophilie par cette Myriam Badaoui.

     

    Arrêté le 14 novembre 2001 à partir d’une simple lettre du juge Fabrice Burgaud, Alain Marécaux indique qu’il arrêtera le 14 novembre 2011 de parler publiquement de lui, dix ans après, si j’ai bien saisi son propos.

    Ce qui ne veut pas dire qu’il cessera de parler d’Outreau en général, de cette affaire catastrophique, évitable, qui a brisé des vies. Et je pense personnellement aux enfants de tous ces incarcérés à tort, exposées à la vindicte publique dans un premier temps les médias y étant allées à fond pour charger les soi-disant coupables. Ayant ensuite tourné casaque, heureusement !

    Pourquoi penser très spécialement aux enfants des accusés à tort ? Parce que beaucoup des enfants des acquittés n’ont pas été rendus à leur famille par le juge des enfants, d’une part, et que, d’autre part, ils ont été plutôt démolis qu’aidés par ce parcours sous main de justice.

     

    Où je trouve Maître Alain Marécaux admirable – il a refait son parcours prêtant à nouveau serment comme huissier de justice en 2007, reprenant son travail antérieur - c’est à propos du pardon. à tous.

    Quelle force d’âme !

     

    Au sujet de Myriam Badaoui hier sur Europe 1 il mentionne quant au pardon qu’il lui a accordé : « Peut-on reprocher à un malade d’être malade ? Non. Peut-on reprocher à un mythomane d’être mythomane ? Non »

     

    Maître Alain Marécaux est exemplaire. Je ne suis pas du tout sûre, si j’avais subi son parcours, d’être capable d’un tel pardon.

     

    L’huissier de justice note qu’il a beaucoup plus de mal à pardonner au juge Burgaud. Il s’y efforce mais il éprouve encore de la violence vis-à-vis de ce juge.

    Ce juge qui a permis, précise-t-il, à Myriam Badaoui d’exister.

    Qui maintenant aurait en charge à Paris l’exécution des peines, la répression.

     

    Pour mémoire : Fabrice Burgaud, juge d’instruction, a valu à Alain Marécaux d’être à tort en prison pendant 23 mois. C’est la cour d’appel de Paris qui l’en a sorti, en l’acquittant. Incarcéré il a écrit Chronique de mon erreur judiciaire. Alain Marécaux reste en contact avec l’abbé Dominique Viel, Roselyne Godard à la tête d’une association et Karine Duchochois maintenant journaliste. Le film Présumé coupable sorti cet été raconte le parcours d’Alain Marécaux.

     

    Au sujet du film réalisé à partir de son parcours Alain Marécaux dit en être très satisfait. Cette réalisation a été pour lui une étape de plus pour avancer en positif dans ce qu’il dit être sa « reconstruction ». Voir sur ce blog au 11.9.2011 le billet « Présumé coupable ».

     

    Et il conclut en substance :

    « Outreau est derrière moi. La vie devant. »

    Cet exemple tourne le dos à la posture trop fréquente de victime : seule le positif permet d’avancer, de vivre !

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Outreau, jusques à quand ?

    L’émission C dans l’air du mardi 10 mai 2011, animée sur France 5 par Yves Calvi, titrait « Outreau c’est reparti ».

    Ceci à propos des époux Lavier.

    Ce couple, innocenté en 2005, comparaîtra le 7 juillet 2011 à Boulogne sur Mer, au tribunal correctionnel pour « violences » sur des mineurs et « corruptions ».

     

    Les 5 invités du 10 mai ont quasiment tous publiés des livres. Il s’agit de Pierre Rancé, Serge Garde, Michèle Bernard-Requin, Raphaël Tachon, Martine Nice.

     

    Qui a accusé les Lavier ? Deux de leurs enfants, âgés de 10 et 11 ans. D’où une perquisition à leur domicile, avec saisie d’une vidéo ; un film sans histoire si seuls des adultes avaient été présents. Or, lors de cette soirée anniversaire arrosée, 2 enfants de moins de 10 ans étaient là.

     

    A partir de ce fait, les invités s’expriment donnant leur avis sur Outreau et l’après Outreau, les enfants victimes des pédophiles, les moyens insuffisants de la justice, la détention provisoire, la destruction des scellés, etc…

     

    Serge Garde, journaliste spécialiste en pédocriminalité, évoque son film sur l’affaire d’Outreau et la sortie du livre de Chérif Delay aux éditions Le Cherche Midi « Je suis debout » auquel il a collaboré.

    Serge Garde déplore le manque de suivi psychologique - psy -  des enfants, petites victimes laissées à leur souffrance. Quand une aide psy leur est apportée c’est par la famille ou par une association. Pour lui, le nombre de viols de mineurs est énorme et les enfants en souffrance, non reconnus comme victimes, deviennent des adultes en souffrance, couteux pour la société et la sécurité sociale.

     

    Raphaël Tachon, avocat Boulogne sur Mer, délivre une lecture intéressante de l’affaire d’Outreau. Il évoque l’expérience d’un client au passeport mis sous scellé en octobre 2007 et récupéré en mai 2011. Ce fait souligne le manque de magistrats, de greffiers, et plus généralement de moyens de la justice. Une justice non digne de la patrie des droits de l’homme.

     

    Martine Nice, psychologue et thérapeute familiale, auteur de « Quand la famille marche sur la tête », rappelle que les Lavier sont aussi des parents avec la fonction de protéger ses enfant de la sexualité y compris en famille; les enfants n’ont pas à être spectateurs de scènes réservées aux adultes. Martine Nice a découvert qu’il n’y a que 2 médecins légistes pédiatres en France.

    Angers est à ne pas oublier, avec beaucoup de personnes condamnées ; les magistrats, les travailleurs sociaux, les experts ont agi là au mieux.

     

    Pierre Rancé, auteur du livre « Le calvaire des innocents », souligne la marche mécanique de la justice. Et aussi un Outreau jamais achevé. La commission parlementaire qui a suivi Outreau a préconisé 80 recommandations dont celle de remplacer le juge d’instruction par un groupe de juges. Or cette réforme vers la collégialité, votée, ne cesse d’être reportée.

     

    Michèle Bernard-Requin, magistrat honoraire, indique que la Cour de Cassation est amenée à se plaindre de la destruction des scellés – involontaire souvent par un environnement non adéquat.

     

    Le juge Burgaud s’occupe à Paris de l’exécution des peines, de la répression.

     

    Beaucoup des enfants des acquittés n’ont pas été rendus à leur famille par le juge des enfants.

     

    Ceux qui souhaitent avoir un écho au sujet du fonctionnement de la justice peuvent profiter, quelques jours encore, de la diffusion intégrale sur le Net de cette émission de C dans l’Air.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr