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olivier galland

  • Jeunes : comment se décide l’avenir ?

     Pour terminer septembre 2009 en beauté, ce mois dédié à la rentrée scolaire, l’émission du mercredi 30 de C dans l’Air « Qui a peur des jeunes ? » est arrivée à point nommé.

     

    Cette adéquation était liée aux paroles prononcées par le Président de la République, Nicolas Sarkozy, lors d’un passage en Avignon.

    Dans ce haut lieu du Vaucluse où la Papauté régna un temps, les mesures déclinées en faveur de la jeunesse ont disposé d’un excellent écho.

    Ces mesures, relayées par l’émission susdite coordonnée par Yves Calvi, ont été évoquées par 4 invités. Respectivement Martine Durand – OCDE, Patrice Huerre – psychiatre, Olivier Galland – sociologue et membre du groupe de travail de Martin Hirsch, René Silvestre – l’Etudiant.

     

    Tous ont balayé largement la question de la jeunesse en général ; resituant dans le contexte de a spécificité française la manière dont se décide, encore aujourd’hui, l’avenir d’un jeune en France.

     

    J’invite tous les jeunes, dès le primaire, à aller voir cette émission instructive. Etre informé est toujours un plus.

     

    J’ai relevé pêle-mêle ce qui suit.

    * l’importance en France du chômage des jeunes actifs – 25 % - par rapport au chômage des adultes – 9 %. Une surabondance négative du côté des jeunes qui n’est pas le cas d’autres pays européens

    * le double problème français : des sans diplômes non orientés et non formés ; des diplômés sans travail

    * l’évidence – simple observation de bon sens – que ce qui se passe pour les 16-25 ans est le résultat de ce qu’ils ont vécu avant

    * une majorité qui pourrait être abaissée à 16 ans, préparée avec droits et devoirs

    * la peur - pour les plus âgés - des jeunes qui font bouger les choses, une peur animale

    * l’arrimage persistant sur le modèle Jules Ferry avec la formation des élites ; cela alors que l’époque actuelle tend vers la réussite de tous

    * un culte du diplôme, façon rente viagère, qui fige définitivement la suite ; le diplôme confère une étiquette à vie, le défaut de diplôme conférant l’absence au droit d’exister

    * un système figé qui ne prévoit pas d’adaptation à un monde qui bouge, hors France et hors Europe; on constate cette rigidité quand une année de découverte est prise après le baccalauréat, le retour étant très difficile en raison de la non tolérance quant à ce parcours

    * une orientation des jeunes par des conseillers qui connaissent mal ou pas du tout le monde du travail en dehors de celui de l’école

    * parfois – c’est rare et aléatoire – la rencontre par un jeune d’un adulte passionné par son métier et qui donne l’envie de faire comme lui

    * l’impossibilité, en France, du droit à l’erreur; la pénalité entraînée par toute année de retard scolaire; l’un et l’autre ne sont pas tolérés par le système français qui fait preuve d’une étroitesse de vue considérable

    * la fabrication de quantités de frustrés, de ratés ou se considérant comme tels ; de plus, à titre d’exemple, en France la possibilité pour un titulaire de CAP de devenir un jour ingénieur est de 1 pour 1000, alors qu’en Allemagne elle est de 1 pour 4

    * un reportage présente deux jeunes créateurs, auto-entrepreneurs, les pieds bien sur terre; il existe pour eux des soutiens – réseaux, informations,… - qui manquent de visibilité ; créer nécessite une forte envie chevillée au corps, la rage d’y arriver, la prise de risques, une persévérance sans faille

    * Lors du groupe de travail de Martin Hirsch ce sont surtout les étudiants qui ont été entendus – question d’organisation

    * la majorité des adolescents va bien ; ce sont les grands, les parents qui ont peur pour eux; l’exemple du Danemark est montré car, dans ce pays où l’on peut être licencié du jour au lendemain, on est assuré de retrouver très vite du travail

    * le travail manuel en France n’est pas valorisé

    * on assiste à des choix de travail évitant les contraintes : est cité le cas de médecin choisissant une spécialité de radiologue de préférence à celle d’urgentiste

    * l’orientation est faite en négatif, par l’échec, conduisant au travail manuel ou technique

    * un autre éventail de métiers se déploie : du côté des services, pour une nouvelle agriculture, etc…

    * l’orientation d’un jeune, quel qu’il soit, ne peut se faire qu’en continu, avec lenteur et sur des années

    * l’inconcevable est qu’une heure ou deux ne soient jamais consacrées, au début du cursus scolaire, à faire découvrir à chaque jeune d’une classe comment il fonctionne ; comment il mémorise ; comment il s’y prend pour ceci ou cela ; en bref pour aider à ce que chaque élève démasque sa façon d’apprendre ; comment apprendre à apprendre

     

    Peut-être un tel état des lieux de la façon de fonctionner de chacun pourrait-il être envisagé chaque année, après 15 jours de mise en route, et par matière ? A condition que cela soit pratiqué dans une grande ouverture d’esprit et en acceptant des fonctionnements très variés.

     

    Bonne écoute de cette émission !

     

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr