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michael lonsdale

  • Des hommes et des dieux

    Voir ce film est souhaitable. Que l’on soit athée, chrétien, musulman, juif ou de tout autre sensibilité.

     

    moines.jpgLe destin dans la mort de sept moines trappistes, suivant la Règle de vie initiée par celui qui devint - après un début de vie agitée vouée aux plaisirs de ce monde - saint Benoît, le destin de ces hommes de Tibhirine permet de nous faire plonger, en tant qu’humain, dans la partie spirituelle de notre être.

     

    Une partie aussi essentielle que le corps physique qui lui donne abri, partie trop souvent négligée par la course quotidienne de l’existence.

     

    Si un film nous avait montré le déroulement, de l’intérieur, d’une journée dans un monastère, si prestigieux soit-il, il n’aurait guère mobilisé les foules.

     

    Ici la fin sanglante non montrée, d’ailleurs non souhaitée mais attendue comme possible en 1996 par ce groupe d’hommes du monastère Notre-Dame de l’Atlas au service de Dieu – le Dieu de tous les hommes – et de leurs voisins de village, a constitué l’événement, le fait divers qui a brutalisé les consciences. Permettant aujourd’hui, par ce film, de faire participer la foule des spectateurs à la vie quotidienne de travail, d’accueil de l’autre et de louanges de Dieu de ces hommes appelés moines.

     

    Ils sont neuf sur place quand a lieu l’enlèvement de sept d’entre eux dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, au cœur de la guerre civile qui a cours en Algérie. Le 21 mai leur assassinat est revendiqué.

    Voici les noms des disparus de cette année 1996 : Christian de Chergé prieur de la communauté, frère Luc Dochier médecin qui soigne gratuitement ceux qui viennent le voir; frère Christophe Lebreton, frère Michel Fleury, frère Bruno Lemarchand, frère Célestin Ringeard, frère Paul Favre-Miville.

    Christian de Chergé avait en quelque sorte anticipé sa fin par une lettre testament écrite en deux fois le 1 er décembre 1993 et le 1 er janvier 1994.

    Frère Jean-Pierre et frère Amédée sont les deux moines ayant échappés à l’enlèvement.

    Les moines de Tibhirine sont venus de France. Quatre d’entre eux avaient séjourné à l’abbaye Notre-Dame de Tamié, en Savoie, avant de gagner l’Algérie. Les acteurs y ont aussi fait halte avant le tournage pour s’y préparer.

    Ces acteurs, vrais représentants des moines, sont entrés dans leur rôle à fond, cultivant en commun un certain nombre de chants et de prières jusqu’à ne former, comme sur le sol algérien, qu’une même voix en raison de l’unité de leur engagement, bien que conservant chacun leur personnalité.

     

    Les paysages – le film a été tourné au Maroc – sont de toute beauté. Une beauté qui s’ajoute à celle des offices qui rythment le fil du temps des monastères. Et la beauté, naturellement, nourrit le cœur et l’âme qu’elle élève vers davantage d’écoute de l’autre.

    L’autre, ce frère différent, aussi un autre moi-même, même si son Dieu est nommé Allah, son prophète s’appelant Mahomet et son livre sacré Le Coran étant la parole divine transmise par l’archange Gabriel.

     

    Les moines de Tibhirine dialoguaient, jour après jour, avec ces frères en un même Dieu.

    Ces chrétiens fraternisaient avec un entourage musulman tout aussi digne d’estime et respectable qu’eux.

     

    Au-delà du drame qui a permis l’émergence de ce long métrage, ce film nous donne à voir plus loin que notre quotidien, nous plaçant en face à face avec la destinée humaine, nous donnant à regarder le sens de notre vie, de ce passage sur terre de plusieurs dizaines voire d’une centaine d’années.

     

    Que faisons-nous de cette existence de terriens qui nous est confiée aujourd’hui et demain ? Accomplissons-nous ce pourquoi nous sommes aujourd’hui des vivants de la planète terre ?

     

    Humbles ou célèbres, voir ce film, y participer, s’y unir, peut être l’occasion d’un temps de pause sur ce que nous faisons de notre vie humaine. Sur des améliorations à y apporter, peut être.

     

    Avec ou sans appartenance à une religion dite officielle, catalogués ou non pratiquants, nous disposons tous d’une vie de l’esprit à cultiver, d’une vie du cœur à partager.

    Sans oublier, quand un beau spectacle s’y prête, de rendre hommage à cette belle création qui nous est offerte. Même si cette participation ne prend pas la forme d’un office tel que chanté en grégorien et célébré entre les murs d’un monastère.

     

    Moins de 18 ans, la vie de l’esprit est présente et agissante dès le plus jeune âge. Vous le savez bien ! Alors ne l’oubliez pas. Ne l’oublions pas.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (illustration : affiche du film)