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maurice béjart

  • Maurice Béjart : boudhisme, islam, etc…

    Suite à la mention de « conversion » de Maurice Béjart au boudhisme, mise ici le 10.11.2010, un lecteur m’a fait délicatement et courtoisement remarquer, hors blog, que Maurice Béjart s’était converti à l’islam.

    Il n’a pas tort, cet acte officiel ayant eu lieu du côté de l’islam soufisme.

     

    Pour autant, antérieurement, Maurice Béjart avait été attiré et même immergé dans les valeurs du boudhisme. En ce sens, il n’a jamais renié sa « conversion » à cette philosophie.

     

    On trouve sur le Net un entretien de 8 pages avec Gilles Farcet pour Nouvelles Clés où Maurice Béjart en parle avec pudeur, conviction et élégance.

     

    Dans ce même interview, il cite aussi Ibn’ Arabi, apôtre de la tolérance, qui dit « Mon cœur est la Mecque, mon cœur est la Thora, mon cœur est la croix ». Et mention est faite qu’il garde près de lui, pendant toute la durée de l’échange, le Traité de l’amour de ce même Ibn’ Arabi, publié en poche dans "Spiritualités Vivantes".

     

    Tout bien considéré, les valeurs de base des religions élevées autour de La Bible – Maurice Béjart fut élevé dans le catholicisme – et celles du boudhisme se superposent très souvent.

     

    Dans l’entretien évoqué, Maurice Béjart dit croire en la renaissance, valeur propre au boudhisme. Il voyage avec un habit de moine dans ses bagages, donné par son maître, avec des textes boudhistes écrits dessus.

     

    Concernant le rapport yoga et danse, je relève : « Le yoga consiste à se servir de certains mouvements physiques pour dominer, et épanouir le corps mais surtout le transformer et en faire un allié de l’esprit. Bien conçue la danse n’est rien d’autre ».

     

    A propos de la danse : « Davantage que les autres arts, la danse réunit des composantes diverses : le temps et l’espace, par exemple, alors que la musique est uniquement dans le temps. L’architecture ou la sculpture sont uniquement dans l’espace. De plus, la danse nous permet de relier des activités qui sont ordinairement séparées. Prenons l’activité physique : beaucoup de gens aujourd’hui "font du sport" point final. Dans un autre compartiment, on passe à l’activité émotive, qui peut être religieuse, amoureuse, sentimentale. Puis il y a l’activité intellectuelle. Donc, l’homme moderne voit sa vie divisée : il va au bureau, lieu de la vie intellectuelle. A la maison, où l’émotion est privilégiée ; puis sur le terrain de sport où il s’adonne à une activité physique. Or, la danse exige que l’on fonctionne sur les trois plans en même temps : physique, intellectuel et émotif ».

     

    Ces racines, ces bases en spiritualité n’ont rien d’incompatibles au niveau d’une même personne.

     

    Restant séduite par la spiritualité exceptionnelle de Maurice Béjart, ce grand de la danse, qui nous a quitté le 22 novembre 2007, je remercie mon lecteur d’avoir permis d’apporter ces précisions. On n'oublie pas le site de Maurice Béjart :  www.bejart.ch

     

    Belle journée spirituelle à tous !

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr 

  • Dalaï-lama, compassion et nous

    Je n’appartiens pas au million de sympathisants ou « pratiquants » boudhistes qui vivraient actuellement en France.

     

    C’est, toutefois, avec un intense intérêt que j’avais observé la conversion à cette philosophie/doctrine de Maurice Béjart - voir ici le 26.12.2007 Maurice Béjart : Le corps libéré - être exceptionnel tant comme artiste que comme personne douée à un haut niveau de qualités humaines et spirituelles.

     

    Le hasard du quotidien, il y a quelques jours, m’a fait saisir dans le Val d’Oise, chez des personnes qui m’accueillent toujours avec bienveillance, un livre de sa sainteté le Dalaï-lama pour tromper une attente la nuit venue sur le quai d’une gare de banlieue.

     

    Ce soir là j’ai navigué avec ce chef spirituel dans ce qu’il disait de la compassion. En quelque sorte son art de vivre.

     

    Propos venus de Puissance de la compassion Evoluer dans la réconciliation avec autrui et soi-même, édition Pocket 2001. La première parution est antérieure de quelques années.

     

    La partie 4, pages 65 à 84, de cet ouvrage de 190 pages est intitulée Donner et recevoir. La pratique de l’amour et de la compassion.

     

    Après avoir déclaré que la compassion est « magique », l’auteur nous conduit à méditer sur la vie humaine. Tout spécialement les débuts et fins de toute vie où « nous dépendons considérablement de l’affection d’autrui » (p. 68)

     

    Il précise :

    « Le corps humain n’aime rien tant que la paix de l’esprit. Tout ce qui nous perturbe affecte notre santé, preuve que notre structure globale est adaptée à un environnement incluant l’amour. Nous possédons intérieurement un potentiel de compassion, dont il faut prendre conscience, pour l’enrichir et tenter de le mettre à profit. Là, et là seulement, réside le choix qui incombe à l’homme ici-bas. » (p. 68)

     

    Le véritable amour, la vraie compassion diffèrent de l’attachement, lequel se borne souvent

    à un sentiment de possession  (voir page 69)

     

    La compassion dont parle SS le Dalaï-lama "nous incline à considérer les autres comme plus important que nous-mêmes ". (p.70)

     

    Pour autant l’auteur respecte l’amitié, une « amitié sincère », « celle du cœur et non celle que suscite la position sociale ». (p.75)

    Proche de l’amitié, l’affection fraternelle. Celle que le dalaï-lama et son frère ont eu l’un envers l’autre, ayant vécu des années ensemble, se chamaillant dans leur jeunesse. Plus tard, ayant fui ensemble le Tibet. Or, ce frère est décédé. Et Sa Sainteté, comme n’importe quel humain, de se demander ce que devient ce frère ? Réincarné ? Ou pas ? Où est-il ? Que fait-il ? Etc….

     

    Dans Puissance de la compassion, il applique ensuite celle-ci à différents domaines pratiques. Dont celui de l’éducation et de la santé.

    « Croyants ou non, la compassion que vous montrerez à l’endroit des enfants scolarisés et des étudiants, aujourd’hui et demain, en dehors des résultats aux examens scolaires, fera de vous un enseignant efficace. Vos élèves en auront le souvenir pour le restant de leur vie.

      Sur le terrain de la médecine et de la santé, une maxime tibétaine affirme que l’efficacité du traitement dépend de la chaleur du cœur du médecin. Dans cet esprit, si une thérapie se révèle inopérante, on critique la personnalité du médecin en s’interrogeant sur ses capacités et sa bonté, ce qui n’améliore pas sa réputation. Certains se voient parfois traiter de tous les noms ! Il e fait aucun doute qu’en médecine la motivation compassionnelle est déterminante. » (p.76-77)

     

    « Pour toutes ces raisons, je pense que la compassion – qu’il m’arrive également d’appeler « affection » - est la clé de toutes les activités humaines ». (p.78)

     

    « Je suis convaincu que notre courage grandit avec la force de notre altruisme et qu’ainsi nous sommes moins enclins au découragement et au désespoir. La compassion est donc source de force intérieure. Lorsqu’elle s’accroît, on peut être ferme et déterminé, ce qui favorise le succès quels que soient les obstacles à affronter ». (p.80)

     

    « Quelle que soit la tradition ou la philosophie abordée, les notions de compassion, d’amour et de pardon forment une sorte de fonds commun des religions.» (p.81)

     

    Etant précisé ici que les « sans religion » ont place égale dans mon esprit et mon cœur avec les concernés par telle ou telle religion ou philosophie.

     

    Si intégrer le sentiment d’amour et de compassion – tel que minutieusement décrit par l’auteur – à son vécu habituel est porteur de conséquences positives sur le mental et la santé, que l’on soit croyant ou incroyant, il faut réaliser que cette mutation prend du temps.

     

    Ce qui n’empêche pas de commencer à faire le premier pas.

     

    Rien ne se perd de nos actes, de nos pensées, de nos sentiments.

     

    Il est cependant essentiel d’être en totale sincérité avec soi-même et ce qui est pensé et souhaité. D’avoir le cœur pur, en quelque sorte. Même si cette expression peut sembler « ringarde » ces temps-ci, elle exprime bien ce qu’elle veut dire.

     

    Le positif agit, inter-réagit dans le bon sens. Si petit soit-il.

    Le bon sens pour la collectivité des milliards d’individus actuellement présents sur cette terre.

    Le bon sens pour celui ou celle porteur de ce morceau de compassion, si infime soit-il.

     

    Outre Puissance de la compassion, Sagesse ancienne, monde moderne, Le livre de Poche 15290 édité en 2002 est entre mes mains.

    En 1989, Tenzin Gyatso, dalaï-lama, né en 1935, reconnu à deux ans en tant que 14ème incarnation du Bodhisattva Avalikitesvara, esprit de compassion, a reçu le prix Nobel de la paix.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr