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matthieu ricard

  • Matthieu Ricard boudhiste, Jean-François Revel

    matthieu ricardMatthieu Ricard, né en 1945, est l’un des deux enfants de Jean-François Revel – de son vrai nom Ricard , philosophe et écrivain, décédé en 2006.

     

    Très tôt; Matthieu Ricard a été attiré par la pensée et le mode de vie des boudhistes, devenant moine en 1978.

     

    En 1997, est paru Le moine et le philosophe, un dialogue entre père et fils, en France best seller. On trouve chez Pocket, n° 10346, le choc de leurs points de vue, entre philosophie occidentale du père et philosophie orientale du fils.

     

    Chacun a sa voie à suivre. Laquelle pour les enfants peut se révéler très différente de celles des parents.

    Il n’y a pas à s’en attrister. Il convient de respecter des choix différents.

     

    La citadelle des neiges, conte spirituel de 2005, Pocket n°13100, est un livre tonique, positif, débordant des beautés du monde. D'une centaine de pages.

    Dans cet ouvrage, Matthieu Ricard propose l’histoire d’un jeune garçon, quittant son village à 14 ans pour rejoindre un maître spirituel ; puis voler de ses propres ailes lors d’une retraite méditante, tout en restant relié par l’esprit à ce maître tuteur. Lequel décède, son disciple revenant par la suite quelque temps à son village natal, avant de devenir un « barde vagabond ».

     

    Au fil des pages, Matthieu Ricard nous livre les lignes fortes de son engagement de moine boudhiste, proche du Dalaï Lama.

     

    Le mieux est d’offrir, de s’offrir ou de se faire offrir ce livre modeste par sa taille, grand par ce qu’il apporte en données spirituelles.

    Par quoi le boudhisme a-t-il pu séduire Matthieu Ricard ?

     

    Sur fond de description d’une nature splendide et attirante, j’ai noté ce qui suit, en ordinaire,  ou au contraire considéré comme merveilleux voire féérique au regard des occidentaux.

     

    Une des premières leçons reçue par le jeune Détchèn est relative à la méthode et à la sagesse, les deux outils, les deux bâtons servant à traverser la souffrance du monde, le samsara. Son oncle, Jamyang, précise : «  La sagesse c’est de comprendre que tout ce que tu vois, tout ce que tu ressens, est aussi éphémère qu’un rêve, une illusion, une goutte de rosée, un éclair dans la nuit, une bulle à la surface du torrent. La méthode, c’est d’être empli de compassion pour tous les êtres ; en gros, c’est d’avoir bon cœur. Sans sagesse, tu perçois tout de travers, et sans compassion, ta sagesse ne vaut pas grand-chose ». (pages 24-25)

     

    Ces 3 phrases constituent, à elles seules, un art individuel de vivre et de penser.

     

    Un complément est apporté page 31 en ce qui concerne les interactions entre agissements personnels et actions des autres. Quand Détchèn déclare qu’il n’est pas seul au monde, les autres l’aidant ou l’entravant, Jamyang indique : « C’est à toi, le maître d’œuvre, d’intégrer dans ton travail leurs actions, leurs espoirs et leurs craintes, afin de fabriquer un tissu suffisamment grand pour tous les vêtir ». Il est question de tissu car ils observent une tisserande à l’ouvrage avec des « fils de soie aux couleurs éclatantes, ayant clairement à l’esprit la complexité du motif » qu’elle crée sous ses doigts.

     

    Page 38, est mentionné le « Maître né du Lotus », Padmasambhava, connu aussi comme Gourou Rinpotché au VII-IX è siècle.

     

    En page 76 Détchèn se rappelle que « toute action a des conséquences, et celles-ci dépendant de l’intention et de l’attitude qui l’inspirent. » La souffrance résulte d’actes nuisibles et croît « tant que l’on agit de façon négative ». Détchèn est convaincu, lors de sa retraite d’ermite en montagne, « que tout acte, toute parole et toute pensée, même les plus infimes, devaient être dédiés au bien des êtres ». (…) « Du plus profond de son être, il développait la compassion et l’amour altruiste ».

     

    Et puisque, en page 114, l’auteur dit s’être inspiré, pour ce conte, de personnes réelles, voici ce qu’il décrit encore page 84 quand Détchèn extrait, « par la méditation, l’essence des éléments naturels ». « Il"- Détchèn - "s’exerça à toute une palette de visualisations, au cours desquelles il s’imaginait absorbant la force élémentale des forêts, des montagnes, des océans et du ciel. Pendant un mois, Détchèn vécut tout d’abord de l’essence des fleurs et de plantes médicinales, puis de minéraux et, finalement, de l’essence du ciel qu’il respirait comme une nourriture. Curieusement, il ne maigrissait presque pas. Au contraire, il se sentait plein de vigueur et avait l’esprit clair et lucide ».

    Mais, les jeunes, ceci n’est pas pour un occidental vivant comme vous et moi.

     

    Le plus magique vient avec le décès de Tokdèn Rinpotché, le maître qui a enseigné Détchèn. A cette occasion, outre le « parfum subtil » présent dans la pièce – on retrouve ici « l’odeur de sainteté » post décès décrit dans les vies de certains saints occidentaux – la couche du défunt est vide, à part sa cape, ses cheveux et ses ongles. Le maître a « dissous son enveloppe corporelle en « corps d’arc-en-ciel », un fait que seuls les plus grands saints du passé avaient pu accomplir ». (page 96)

     

    Matthieu Ricard propose d’autres écrits. On le voit parfois à la télévision dans Le jour du seigneur le dimanche matin. Ce moine est aussi docteur en biologie moléculaire, une carrière scientifique qu’il a laissé de côté.

     

    La citadelle des neiges peut être un livre pour éclairer la conduite de sa vie.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (portrait: Matthieu Ricard)