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  • Marie-Laure Picat, « Voyage au bout d’un enfer », suite , F. Boisseau

    Chers lecteurs et lectrices,

    Je n’ai pas le moindre doute à ce sujet. D’où elle est, Marie-Laure Picat continue à veiller sur ses enfants. Quelle que soit le mode et les lieux de vie actuels de ceux  qui restent ses « petits ».

    Je ne cherche plus à savoir ce que les enfants Picat deviennent. Je leur souhaite une vie aussi heureuse que possible, sans la proximité charnelle d’une maman aimante partie top tôt.

    L’exemple de Marie-Laure Picat devrait toutefois donner à réfléchir à toutes, je dis bien toutes, les familles françaises. Car la loi demeure qui donne aux juges le pouvoir, et quel pouvoir ! de faire ce qu’il entend d’un enfant devenu orphelin. Comme si cet enfant était devenu, d’un coup, sans famille.

    Voici, en avant première, un troisième extrait concernant Marie-Laure Picat de « Voyage au bout d’un enfer. Le scandale de la « détention » des mineurs en foyer ou famille d’accueil. », le premier ayant été mis sur ce blog le 19 mars 2013, et le second le 19 avril. Réactions et commentaires sont les bienvenus.

    J’ai joint Marie-Laure Picat alors qu’elle était une combattante en vie, une révolutionnaire en marche pour l’avenir de ses enfants.

     

    « Une révolution douce semblait naître à la suite de la voie ouverte par Marie-Laure Picat.

    Qui a oublié cette maman de 4 enfants, atteinte d’un cancer en phase terminale, auteur de : « Le courage d’une mère » ? Qui a oublié son combat préventif, un temps réussi, pour que ses enfants soient élevés ensemble ?

     

    Un combat justifié. Parce qu’elle connaissait bien la loi. Et la triste habitude des juges des enfants de séparer les frères et les sœurs quand ils sont placés. Ce malgré des recommandations contraires visant à garder ensemble les enfants d’une même famille.

     

    Pour assurer l’équilibre de ses enfants, Marie-Laure Picat ressentait la nécessité qu’ils continuent à être élevés ensemble quand elle ne serait plus auprès d’eux. Elle affirmait : «  C’est justement après ma mort qu’ils allaient avoir besoin de leur entourage…Puiseaux, leur vie pourrait continuer de la même façon : ils y avaient leurs habitudes, leurs copains, leur école. Leur existence allait être chamboulée, mais je voulais qu’elle le soit le moins possible. Je me suis dit que s’ils conservaient certains repères, la transition serait moins difficile ». (Le courage d’une mère Marie-Laure Picat et Anne Berthod Oh ! Editions décembre 2008 p 112)

     

    Etre privés de maman ne serait pas facile. Etre, dans un second temps, séparés les uns des autres, serait pire. Etre exilés en plus de leur lieu de vie habituel serait un facteur négatif supplémentaire. Le plus déstructurant restant la désunion de la fratrie. (…)

     

    Après recherche, après écoute des uns et des autres, Marie-Laure Picat avait compris qu’il ne fallait guère compter sur l’Aide Sociale à l’Enfance, ni sur la justice des enfants pour l’aider spontanément à réaliser son objectif. Ces deux structures semblaient préoccupées seulement par le souci de caser chaque enfant dans une famille pour lui assurer le couvert et le toit. Deux enfants par famille d’accueil, à la rigueur.

     

    Marie-Laure avait alors choisi un couple qui était d’accord et vivait à Puiseaux. Ainsi les enfants Picat ne changeraient pas de lieu de vie, de copains, d’école, d’activités extrascolaires et, plus généralement, d’environnement.

     

    Pour obtenir les accords indispensables Marie-Laure avait dû médiatiser son projet. Il n’était pas prévu de faire de son vivant le choix d’une famille d’accueil pour ses enfants. L’Aide Sociale à l’Enfance, à travers le président du Conseil Général responsable de tous les enfants placés du département, veillait. La nation, par le biais de ces puissants intermédiaires, surveillait de très près tous les moins de 18 ans qui perdaient un ou deux parents, chargée en théorie de les aider. En pratique, c’était une toute autre affaire.

     

    Marie-Laure avait reçu à Puiseaux la visite de Sophie Davant, missionnée par France 2. La foule immense des mamans françaises allait l’écouter, l’entendre, la comprendre. Par elles, par leur bruit de fond d’approbation générale de la conduite de Marie-Laure, la bonne décision allait être prise.

     

    La famille avec laquelle cette maman obstinée avait tissé des liens était enfin reconnue comme valable pour le Conseil Général. Puis arrivait la dérogation nécessaire pour que les quatre de la fratrie restent ensemble – le grand maximum habituel autorisé étant de trois.

    Marie-Laure  n’avait pas baissé les bras. Elle avait gagné « A force d’élever la voix, j’ai fait bouger les choses, j’ai contourné toutes les règles, je suis passée au-dessus de la loi, cette loi stupide qui dit que c’est au  juge pour enfants de décider où vont vivre les orphelins ». (Le courage d’une mère p 12)

    Sur le blog “Prenons la parole”  que je tiens Marie-Laure s’était exprimée le 19 mai 2009, au milieu de dizaines de commentaires. Elle écrivait : « bonjour à tous, merci de votre gentillesse; à ce jour la maladie gagne du chemin les os sont attaqués; à plus bisous ».

     

    Jusqu’à sa mort ses enfants sont venus la voir chez elle, un chez elle qui était aussi chez eux. Marie-Laure Picat est décédée le dimanche 9 août 2009 à son domicile de Puiseaux, à 36 ans. Elle est partie, confiante, laissant à ceux qui restaient en vie ses quatre enfants de 2

    à 11 ans - Julie, Thibault, Matthieu, Margot. Cette maman sans histoire ne leur avait rien caché de son état, au fur à et à mesure de l’évolution de sa maladie. Une saine attitude.

     

    L’initiative de Marie-Laure Picat, son combat, sa vaillance pour assurer l’équilibre de ses petits après sa mort avaient abouti à une reconnaissance légale du véritable et juste intérêt de ses enfants, tous mineurs lors de son départ. Sans ouverture médiatique, sans couverture médiatique, les enfants de Marie-Laure auraient sans doute été dispersés dès le jour de son décès. On pouvait penser qu’une nouvelle voie avait été tracée.

    Il importait de rester attentif. La mesure de placement était en effet prise pour un an. La règle. Avec un renouvellement, année après année.

    Il est classique que de nouvelles dispositions, adoptées sous la pression médiatique, rencontrent ensuite des résistances. Ce qui s’est produit. Les détenteurs du pouvoir sur les enfants de Marie-Laure ont attendu un peu pour passer à l’action. Et, dès 2011, l’aînée était partie vivre dans une famille d’accueil à l’écart de ses frères et sœurs. Quant aux trois plus jeunes, ils avaient été légalement enlevés à la famille de Puiseaux choisie par leur maman. Terminée la volonté éducatrice de leur maman. Je ne jugerai pas. On ne peut que souhaiter à ces enfants tout le bonheur possible et beaucoup d’union entre eux.

     

    Où est passée Sophie Davant ? Où sont les médias si habiles à venir interroger cette maman condamnée par la maladie ? Marie-Laure a fait tout ce qu‘elle pouvait. Ne sommes nous pas un peu dépositaires de son action exposée publiquement ? N’avons-nous pas à demeurer vigilants lorsque les dispositions dictées par son cœur de maman sont bafouées ?

     

    La piste innovante, bénéfique, ouverte par Marie-Laure Picat, ne pouvait-elle demeurer pour acquérir droit de cité ? devenir routine ? » 

    Extrait de « Voyage au bout d’un enfer. Le scandale de la « détention » des mineurs en foyer ou famille d’accueil. », Françoise Boisseau, à paraître.

     

    Pour l’heure, rien de changé. Pensez-y les jeunes !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Marie-Laure Picat

     

    A propos de Marie-Laure Picat, cette maman qui a tout fait pour que ses 4 enfants restent ensemble après son décès par cancer, voici ce que j’ai reçu hier d’une autre maman prénommée Ariane :

     

    « J'ai lu avec tristesse et seulement ce jour que les enfants de Marie-Laure avaient été séparés et replacés à des endroits différents. Je ne suis qu'une simple anonyme qui a lu et observé ce drame. Je suis belge et j'ai 3 enfants devenus adultes maintenant. Les amis de Marie-Laure pourquoi n'ont-ils pas ameuté la presse et essayé de faire en sorte de laisser ces enfants en paix dans cette famille. Les adolescents sont toujours difficiles et perdre sa maman est un énorme drame pour des enfants. Peut-être étaient-ils difficiles mais on peut les comprendre. Avez-vous des informations sur le bien-être actuel de ces enfants. Valérie s'est-elle battue pour les garder??? Merci pour la réponse »

     

    J’ai été très émue.

    Enfin quelqu’un qui relayait, en quelque sorte, la pensée de Marie-Laure Picat.

     

    J’ai répondu en précisant :

    « Comme vous je me demande où sont passées les médias si actives avant le décès de Marie-Laure Picat. 

    Les vrais amis ? Sans doute ont-ils fait ce qu'ils pouvaient.

    La famille choisie par Marie-Laure, très certainement.

    La difficulté tient à ce que c'est toujours le couple justice/Aide Sociale à l'Enfance qui surveille et décide année après année, un couple fort de son "bon droit" théorique et qui a tendance à en abuser. A pratiquer de l'abus de pouvoir, pour résumer.

     

    La maman partie, la famille choisie ne dispose pas des armes de la légitimité qui a avaient permis à Marie-Laure Picat de déplacer des montagnes, au moins un temps. Et rétrospectivement, ses enfants devraient en être conscients ce qui, je pense, leur permettra de rester unis, d'être une famille.

    Du moins c'est ce que je leur souhaite. »

     

    Il est important de ne pas oublier le juste combat de Marie-Laure, dont aucun parlementaire français n’a fait écho.

    Je n’en sais pas plus que ma correspondante belge.

     

    Les personnes intéressées trouveront sur ce blog plusieurs articles avec de nombreux commentaires concernant l’histoire de Marie-Laure qui est restée jusqu’au bout debout sur la brèche, vaillante, énergique pour ses petits.  Voir au 10 avril 2011 le billet Marie-Laure Picat, en,fants dégroupés.

     

    Le juste combat de Marie-Laure Picat n’est pas clos. 

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr 

  • Marie-Laure Picat, Pâques.

    J’espère que pour les 3 jours de ce week-end pascal les 4 enfants de Marie-Laure Picat seront réunis.

    Leur maman avait décidé qu’ils restent ensemble. Pour leur équilibre. Pour leur bonheur.

     

    J'ai protesté sur ce qui arrive à ses enfants le 10 avril 2011 dans : "Marie-Laure Picat, enfants dégroupés"  Car cette maman là savait ce qu’elle faisait.

    Elle était la mieux à même de savoir ce qui convenait pour ses 4 petits. Bien mieux que les conseilleurs/décideurs de l’Aide Sociale à l’Enfance ; Son sœur et la voix du sang la guidaient.

    Qu’a-t-on fait de son courage ?

    Qu’a-t-on fait de sa parole ?

    Qu’a-t-on fait de son engagement ?

     

    On s’en est moqué. Se moquant aussi de l’avenir de ses enfants. De leur équilibre. De leur réussite dans la vie.

     

    Pourquoi séparer cette fratrie ?

    Une première faute a été de séparer l’aînée des trois plus jeunes.

    La seconde faute a été d’exiler les 3 plus jeunes de la famille d’accueil choisie par la maman. De les déplacer vers un autre lieu.

    Ces enfants - comme des plantes abusivement déplacées sans motif – ne seront pas aidés par cette transplantation inutile. Totalement inutile. Car la famille d’accueil choisie soigneusement par Marie-Laure Picat, une famille bis en fait, n’a pas disparu, n’est pas souffrante, n’a manqué en rien à la mission fixée par un accord harmonieux entre la maman des 4 et ce couple.

     

    Mais, chaque année, la situation est revue par le juge des enfants. Lequel a sa conduite décisionnelle soumise aux aléas des jugements des observateurs « officiels » des enfants – les éducateurs, conseillers sociaux, assistants divers et psys associés. Ces « observateurs » portent un autre regard que le regard plein d’amour d’une maman sur ce qui est à décider dans « l’intérêt supérieur » des enfants. Ou ce qui est supposé ou évalué comme tel.

    Un « intérêt supérieur » jamais vraiment défini, un « intérêt supérieur » soumis aux appréciations les plus subjectives.

    Il peut donc être décidé n’importe quoi, chaque année, au nom de cet intérêt multicartes, multiforme. Cela a été bien montré tout au long de la journée d’études organisée conjointement par DEI France et l’Association Française Janusz Korczak le 20 novembre 2010 au ¨Palais Bourbon consacrée à l’« intérêt supérieur » de l’enfant.

     

    J’espère vraiment que le père de ces 4 aura eu l’énergie de les réunir pour les 3 jours de ce long week-end, d’organiser une chasse aux œufs à travers son lieu de vie - appartement ou jardin. Ce serait là simplement des dispositions décentes.

     

    D’où elle est maintenant, je ne doute pas que Marie-Laure Picat veille sur ses enfants du mieux qu’elle peut. Tout en « rouspétant » contre les « je sais tout » de l’Aide Sociale à l’Enfance et du Conseil Général qui n’ont rien compris. Une fois de plus.

    Et je suis étonnée, voire choquée, par le manque de réaction des mêmes qui applaudissaient le courage de Marie-Laure Picat.

    Où est donc passée Sophie Davant, par exemple ?

     

    Je le répète : vigilance ! prudence !

     

    Si vous n’y prenez garde, les jeunes, ce sont vos enfants qui, demain, vous seront ôtés. Pour un oui. Pour un non. Pour rien. Pour faire tourner des structures institutionnelles sans cœur, sans âme, sans morale, de ces lieux davantage destructeurs que constructeurs. Attention !

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr