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marc-oliver fogiel

  • Marc Machin chez Fogiel

    Vous disposez sur la page intitulée "index thèmes blog" des sujets récapitulés avec les jours où les trouvez. Merci.

    CAWIC96WCAVIXNANCAOYCCZGCAEC7129CA6FZWGMCAH90KM5CAIWMVI7CAXA2EMCCA3S6VQGCAGTIGGSCAQ47XX2CAXD5I89Cmachin.jpgGrâce à Arash Derambarsh dont j’ai capté à temps l’information, j’ai écouté avec attention ce mercredi matin Marc Machin, arashmars.jpginvité de Marc-Olivier FOGIEL, à 8h35 - 9h (Europe 1 - 104.7 FM).

     

    Son livre « Seul contre tous. » est sorti, une vidéo du parisien du 3 mars en témoignage :

    http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoafJEU3.html

     

    Je vais incessamment me plonger dans ce témoignage de Marc Machin. En prendre pour des années alors que l’on est innocent ne peut pas vous rendre très doux. L’agressivité serait un comportement normal.

     

    Comment vit aujourd’hui ce condamné à tort, sorti de prison, qui a écrit sa vie. ?

     

    Il semble positif et légèrement amer. On ne passe pas une éponge – comme on efface la craie blanche d’un tableau noir - sur 7 années d’enfermement à tort suite à une condamnation à 18 ans de prison par erreur judiciaire et tout le déshonneur qui en découle.

     

    Le premier propos de Marc Machin chez Fogiel à l’occasion de la sortie de son livre chez Pascal Galodé, est le besoin, fortement espéré, d’une réhabilitation grâce à une justice au travail. Remise à jour qui passe par la Commission de révision des condamnations pénales. Six personnes seulement ont été réhabilitées au XX ème siècle. Marc Machin souhaite être le 7 ème et dernier, sous entendant par là son espérance qu’il n’y aura pas d’autres erreurs judiciaires après la sienne. Belle espérance que l’on ne peut que souhaiter avec lui !

     

    L’auteur remercie toutes les personnes qui lui ont proposé du travail à l’occasion d’une émission précédente, même ceux qui n’ont pas donné suite après. Il a raison. Les non suivants ont été pleins de bonne volonté et le simple fait d’appeler et de montrer un intérêt pour une personne blessée par des années de prison apporte du réconfort. Dieu sait si on doit en avoir besoin quand on est puni à tort.

    Quiconque a été puni à tort au cours de sa vie -fut-ce pour une babiole - en garde un fort sentiment d’injustice. A ce jour Marc Machin n’a toujours pas trouvé de travail. Cependant ayant fait deux stages, son état d’esprit est meilleur. Il espère un CDD ou un CDI. Pourquoi pas ?

     

    Quand Marco – Marc Machin s’adresse ainsi à Marc-Olivier Fogiel avec la confiance d’un grand enfant, je le sens ainsi  - lui demande si c’est difficile après ces 7 années, la réponse débute par un gros soupir continué par un « oui et non ». Les papiers administratifs à refaire ? Il ne s'agit après tout que de papiers. Le plus dur dans ces 7 années avalées par ce temps d’enfermement est la séparation d’avec le reste de sa fratrie, et des décès. En pratique tout l’affectif dont toutes les manières d’enfermer françaises privent.

    On apprend que Marc Machin a vécu une enfance teintée de la violence entre ses parents, marquée par le décès de sa maman qui entraîne le placement de Marc en famille d’accueil. Là c’est l’horreur car Marc est violé régulièrement par un grand de 16 ans pendant un an. Traitement déjà réglé par l'injustice !

    Par la suite, menant une vie chaotique d’ado – c’est ce qu’il dit ce matin alors qu’il va avoir 27 ans -  il fait quelques conneries avant la bascule infâmante de l’erreur judiciaire du Pont de Neuilly. Il évoque les dispositions mises en avant par le Garde des Sceaux, Rachida Dati, pour désengorger les prisons. Il évoque sa mise à l’isolement, 23 heures sur 24 car il n’est pas – et pour cause ! – un détenu modèle en prison. Ce n’est pas possible quand on a été condamné injustement. Isolé, il a droit à 1 heure à 1 heure 30 maximum de promenade solitaire. 

     

    A Marc-Olivier Fogiel qui lui demande comment on fait pour ne pas dérailler ? l’interviewé répond par le fait d’avoir assez de caractère, de s’adonner au sport, d’avoir la Foi, de disposer du soutien de son père qu’il remercie, là, ce matin. Comme les autres, au début, il a tabassé des violeurs de gosses, des pédophiles; puis il a cessé : « Dieu seul a le droit de juger » ces gens qui son malades, bons à soigner. Et encore, oui, un surveillant à chercher  l’étrangler. Oui, il pense encore à son matricule, pas toujours quand même. Mais dit-il à un certain moment : « Le passé est le passé. Je me tourne vers l’avenir. »

     

    Le miracle de sa sortie de prison ?

    Oui, c’est un vrai miracle. Que le SDF de 34 ans responsable ait avoué.

    « Qu’est-ce que vous en pensez ? » questionne Fogiel

    « Je vous renvois la question » rétorque Marc Machin qui met l’accent sur la civilité des fonctionnaires de la Brigade Criminelle du Quai des Orfèvres, respectueux, apportant des bretelles, lui disant « monsieur » à sa sortie.

     

    Quand Fogiel lui demande s’il est prêt à pardonner ? Non. Il peut pardonner pour la prison pas pour les 2 morts causées.

     

    Et le retour à une vie normale ?

    « Oui, le jour où je serai innocenté ». Marc Machin enchaîne en indiquant avoir besoin d’un suivi psychologique, psychiatrique pour répondre à des questions qu’il se pose. Quand il sera innocenté, il souhaite être une personne exerçant une profession, passant son permis de conduire, avec une maison, une famille.

     

    Pour finir deux phrases qui serrent le cœur : « Je n’oublierai jamais »,  « J’espère qu’il n’y aura pas d’autre Marc Machin ».

    Avant de quitter l’antenne, Marc MACHIN rappelle Pascal Galodé, l’éditeur. Les moins de 18 ans, 7 ans en prison pour rien sur bientôt 27 années, ça mérite un peu d'attention pour éviter d'autres erreurs judiciaires. Si besoin demandez à la bibliothèque d'acheter ce livre, intéressant témoignage. 

     

    Sur ce blog le 8.01.2009 « Marc Machin soutenu par l’éditeur Arash Derambarsh  » évoque le drame vécu par Marc Machin. Je cite à nouveau cette affaire le 22 février dans « Arash Derambarsh au Cherche Midi éditeur ».    

     

    Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr (clichés photographiques : à droite cliché personnel d'Arash Derambarsh présentant le livre de Marc Machin,  à gauche Marc Machin dans l'attente de sa réhabilitation)