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madame acarie

  • Bienheureuses Marie de l'Incarnation

    Il existe ce jour deux femmes, deux françaises, déclarées « bienheureuses », l’une et l’autre ayant choisi pour une vie religieuse succédant à une vie d’épouse le nom de « Marie de l’Incarnation ».

     

    L’une, Barbe Avrillot, a élevé six enfants nés de son mariage avec Pierre Acarie. Devenue veuve, elle entre comme simple sœur au carmel d’Amiens puis vient au carmel de Pontoise où elle décèdera en 1618.

    Que dire de Madame Acarie ?

    Bien que sujette à des extases, elle n’a rien d’une mystique échevelée. Tout au contraire. Si elle pratique la prière, l’oraison qu’elle recommande, elle conseille tout autant le discernement, la sagesse, une vie où se pratiquent les vertus humaines, une vie où les humbles tâches du quotidien ne sont en aucun cas délaissées ni mal traitées.

    C’est dans un tel contexte que celle qui fut une excellente épouse et mère applique également des dons de gestionnaire dans ce carmel de Pontoise où elle rayonne d’une vie spirituelle inspirée de Thérèse d’Avila. Madame Acarie a laissé des écrits.

    Anne de Saint Barthélemy, compagne de Thérèse d’Avila, assure en premier la direction du carmel de Pontoise, second carmel fondé en France. Ce lieu, toujours vivant et vibrant de spiritualité, a gardé l’essentiel de ses origines. Il a été d’ailleurs inscrit en 1986 à l’ISMH – Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques – ce qui est significatif en soi. Née le 1 er février 1566, Berthe Avrillot épouse Acarie est décédée au carmel de Pontoise le 18 avril 1618 où elle est inhumée dans la chapelle. Ses restes humains ont traversé sans aucun souci les révolutions et elle a été béatifiée – déclarée « bienheureuse » stade avant d’être déclarée sainte – dès le 5 juin 1791.

    Madame Acarie, en tant que bienheureuse Marie de l’Incarnation, se révèle généralement très efficace « pour les futures mamans et les naissances difficiles ». Situé en Val d’Oise, le carmel de Pontoise et sa chapelle, accessible à tous au 55 rue Pierre Butin, n’est qu’à 5 minutes à pieds de la gare de Pontoise. Ce lieu est rayonnant d'une paix qu'il infuse en ses visiteurs.

     

    L’autre, Marie Guyart, est née à Tours le 28 octobre 1599, l’année suivant l’édit de Nantes, édit de tolérance qui autorise en 1598 aux protestants la pratique de leur religion. A 7 ans, la jeune Marie connaît une expérience mystique. Plus tard, elle se marie, est mère d’un garçon prénommé Claude, puis veuve à 19 ans. C’est une femme qui a les pieds sur terre, et des qualités d’excellente gestionnaire.

    L’appel du divin s’étant poursuivi, en 1631 elle entre chez les Ursulines de Tours sous le nom de Marie de l’Incarnation, confiant son fils encore bien jeune à Dieu et aux soins des humains. Cloîtrée, elle reçoit en rêve un appel pour aller à Québec, au Canada. De fait, ce projet étonnant se concrétise. Marie de l’Incarnation est autorisée à sortir de sa clôture, à embarquer avec la personne – une femme – qui a offert tous ses biens pour cette aventure vers le bout du monde qui prendra corps et est toujours actuelle en 2012.

    A Québec, alors petite bourgade de quelques centaines d’âmes, Marie de l’Incarnation fonde en 1639 un couvent des Ursulines. Elle enseigne, en les respectant, les jeunes demoiselles de plusieurs tribus amérindiennes. Elle crée des dictionnaires, pensant aux personnes venant après elle. Elle écrit abondamment à son fils, un courrier qui attend chaque année la fonte des glaces pour que les bateaux puissent accéder de part et d’autre. Ce fils, devenu bénédictin, contribuera à la diffusion de l’œuvre de sa mère. Marie de l’Incarnation conjugue une vie mystique extatique à un quotidien très concret. Elle relate, certaine fois, le plus fort tremblement de terre que Québec est connu.

    Marie Guyart ne reverra jamais ni son fils ni la France. Cette aventurière de Dieu meurt à Québec le 30 avril 1672. Et Jean-Paul II l’a béatifiée le 22 juin 1980. Ces temps-ci, nos amis canadiens mettent très en lumière cette mystique si respectueuse de la richesse constituée par les différences de culture, à son époque les différentes cultures amérindiennes qui étaient sous son regard. Le film récent de 2008 « Folle de Dieu » est d’ailleurs visible sur le net grâce au National Film Board of Canada, au talent de Jean-Daniel Lafond le réalisateur, à la foi et aux compétences des acteurs avec Marie Tifo dans le rôle de Marie Guyart. Je conseille de le voir. Une pièce, « La déraison d’amour », basée sur les lettres de Marie Guyart à son fils Claude Martin, a été interprétée aussi par Marie Tifo.

     

    Ces deux femmes disposent l’une et l’autre d’une association pour faire vivre leur action qui est loin d’être achevée.

    J’ai tenu à parler d’elles en raison de leurs qualités exercées autant sur le plan matériel d’une vie ordinaire bien conduite de tous les jours que sur un plan spirituel intense et pas toujours facile.

    Si ces deux femmes vivaient en 2012, quels modèles de vie montreraient-elle ? quelles suggestions feraient-elles ?

    On peut y réfléchir.

    francoiseboisseau@wanadoo.fr