Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lisieux

  • Thérèse de Lisieux et l'amour

    1Après environ trois semaines de coupure, hors de ma volonté, de téléphone fixe et d'internet, je reviens vers vous, chers lectrices et lecteurs, en ce matin de nouvelle lune – j'ai peu dormi cette nuit – avec Thérèse de Lisieux, ayant prévu d'aller saluer cet après-midi, samedi 18 avril 2015, les reliques du Curé d'Ars de passage à l'église sainte Claire d'Assise près de la porte de Pantin à Paris. 

    J'irai dans quelques semaines à Lisieux.

    Thérèse de Lisieux est toute dans son Histoire d'une âme, récit très abordable écrit de sa main, paru en Pocket.

    Cette autobiographie offre des découvertes à chaque nouvelle lecture, fut-elle partielle.

    En ce jour lumineux de plein soleil, j'ai choisi d'évoquer la mission de Thérèse.

    Grande amoureuse, Thérèse a envie d'exercer toutes les carrières possibles pour servir Jésus Christ. Ce qui est impossible au plan pratique, a priori. Dans la première épître aux Corinthiens de saint Paul, au chapitre XII, Thérèse lit « que tous ne peuvent pas être apôtres, prophètes, docteurs, etc..., que l'Église est composée de différents membres et que l'œil ne saurait être en même temps la main ».

    Ceci ne satisfait pas Thérèse qui cherche, encore et encore, et trouve. Car, plus avant, Paul « explique comment tous les dons les plus parfaits ne sont rien sans l'Amour... Que la Charité est la voie excellente qui conduit sûrement à Dieu. » Voulant se reconnaître dans toutes les vocations décrites par Paul, Thérèse voit que chaque porteur d'une vocation n'agirait pas sans être animé par un cœur battant d'Amour, palpitant d'Amour, brûlant d'Amour. « Je compris que l'Amour seul faisait agir les membres de l'Église, que si l'Amour venait à s'éteindre, les Apôtres n'annonceraient plus l'Évangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang... Je compris que l'Amour renfermait toutes les Vocations, que l'Amour était tout, qu'il embrassait tous les temps et tous les lieux... en un mot qu'il est Éternel ! ...

    Alors dans l'excès de ma joie délirante je me suis écriée : Ô Jésus mon Amour... ma vocation enfin je l'ai trouvée, ma vocation c'est l'Amour !... »

    Thérèse continue : « Oui j'ai trouvé ma place, dans l'Église et cette place, ô mon Dieu, c'est vous qui me l'avez donnée...dans le Cœur de l'Église, ma Mère, je serai l'Amour... ainsi je serai tout... ainsi mon rêve sera réalisé ! ! ! » (p 167, 168)

    Compagnon naturel de cet Amour sans limite, l'envie de Thérèse de rejoindre ce Jésus vers qui tendent toutes ses forces et son coeur depuis son plus jeune âge. A tel point que cette jeune fille, carmélite dès 15 ans et habituellement coutumière de beaux rêves champêtres, peuplés d'arbes, de jolies fleurs, d'oiseaux et de rivières limpides se trouve en songe, certaine nuit exceptionnelle, à rejoindre "trois carmélites revêtues de leurs manteaux et grands voiles". On peut parler là d'un rêve prémonitoire où Thérèse est pleinement heureuse, sentant ces personnes venir du ciel. Sitôt son souhait émis de "voir le visage d'une de ces carmélites", la plus grande s'approche de Thérèse, soulève son voile et l'en couvre. Thérèse reconnaît alors sans l'ombre d'un doute "la vénérable Mère Anne de Jésus, la fondatrice du Carmel en France. Son visage était beau, d'une beauté immatérielle, aucun rayon ne s'en échappait et cependant malgré le voile qui nous enveloppait toutes les deux, je voyais ce visage céleste éclairé d'une lumière ineffablement douce, lumière qu'il ne recevait pas mais qu'il produisait de lui-même". (...) Face au regard et "au sourire pleins d'amour" dont Mère Anne de Jésus l'enveloppe, Thérèse ose lui demander : ""O ma Mère, je vous en supplie, dites-moi si le bon Dieu me laissera longtemps sur la terre ? ... Viendra-t-il bientôt me chercher ? ... " Souriant avec tendresse, la sainte murmura :"Oui, bientôt, bientôt... Je vous le promets." "Ma Mère, ajoutai-je, dites-moi encore si le bon Dieu ne me demande pas quelque chose de plus que mes pauvres petites actions et mes désirs. Est-Il content de moi ?" La figure de la sainte prit une expression incomparablement plus tendre que la première fois qu'elle me parla. Son regard et ses caresses étaient la plus douce des réponses. Cependant elle me dit: "Le bon Dieu ne demande rien autre chose de vous, Il est content, très content ! ..." Après m'avoir encore caressée avec plus d'amour que ne l'a jamais fait pour son enfant la plus tendre des mères, je la vis s'éloigner... Mon coeur était dans la joie, mais je me souvins de mes soeurs, et je voulus demander quelques grâces pour elles, hélas ... je m'éveillai ! ..."" (p 164, 165)

    Plusieurs mois après, ce rêve est toujours aussi réel et présent aux yeux et dans le coeur de Thérèse qui mourra de tuberculose le jeudi 30 septembre 1897, à 24 ans.

    On peut se dire, parfois, qu'un tel modèle a mené sa vie sans trop de difficultés, que Thérèse de Lisieux était favorisée. Ce serait oublier qu'en toute chose le "travail" ou l'effort personnel est nécessaire. Pour Thérèse comme pour tout autre. La plus jeune des demoiselles Martin eut à coeur de plaire en tout et le plus possible à Jésus, ou au bon Dieu pour reprendre une expression de l'époque, dès qu'elle eut conscience de l'existence du monde spirituel. Des efforts elle en fit avant le Carmel puis au Carmel de Lisieux dans tous les domaines qui se présentaient à elle. Au cours des lessives à faire, par exemple, auprès des novices qui lui étaient confiées, ou encore auprès d'une religieuse plus âgée particulièrement difficile à accompagner. Pour cette soeur dont les manières, les paroles, le caractère lui semblaient très désagréable, Thérèse se disait que "cependant c'est une sainte religieuse qui doit être très agréable au bon Dieu". Se disant que la charité ne doit pas "consister dans les sentiments, mais dans les oeuvres" Thérèse s'est "appliquée à faire pour cette soeur ce que j'aurais fait pour la personne que j'aime le plus". Alors Thérèse prie pour elle "chaque fois que je la rencontre"(...) "Je sentais bien que cela faisait plaisir à Jésus, car il n'est pas d'artiste qui n'aime à recevoir des louanges de ses oeuvres et Jésus l'Artiste des âmes est heureux lorsqu'on ne s'arrête pas à l'extérieur mais que  pénétrant jusqu'au sanctuaire intime qu'il s'est choisi pour demeure, on en admire la beauté". Outre la prière pour cette soeur qui lui donne "tant de combats", Thérèse lui rend "tous les services possibles et quand j'avais la tentation de lui répondre d'une façon désagréable, je me contentais de lui faire mon plus aimable sourire et je tâchais de détourner la conversation, car il est dit dans l'Imitation : il vaut mieux laisser chacun dans son sentiment que de s'arrêter à contester". Hors récréation, et lors de "rapports d'emploi avec cette soeur, lorsque mes combats étaient trop violents, je m'enfuyais comme un déserteur. Comme elle ignorait absolument ce que je sentais pour elle, jamais elle n'a soupçonné les motifs de ma conduite et demeure persuadée que son caractère m'est agréable. Un jour à la récréation elle me dit à peu près ces paroles d'un air très content : "Voudriez-vous me dire, ma Soeur Thérèse de l'Enfant Jésus, ce qui vous attire tant vers moi, à chaque fois que vous me regardez, je vous vois sourire ?" Ah ! ce qui m'attirait, c'était Jésus caché au fond de son âme ... Jésus qui rend doux ce qu'il y a de plus amer... Je lui répondis que je souriais parce que j'étais contente de la voir (bien entendu je n'ajoutais pas que c'était au point de vue spirituel)". (p 192, 193)

    Je conseille la lecture de ce livre de quelques euros, facile à transporter. Et si cela est possible, allez à Lisieux.

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Yvonne-Aimée de Jésus et Thérèse de Lisieux

    Yvonne-Aimée de Jésus, religieuse augustine à Malestroit où elle décédera le 3 février 1951, est née le 16 juillet 1901 à Cossé en Champagne, le jour de la fête de Notre Dame du Mont Carmel.

    Yvonne, Jeanne, Delphine Beauvais a des liens étroits avec Thérèse Martin (2/1/1873-30/9/1897), carmélite à Lisieux sous le nom de Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face.

    Sur le plan physique, l’une et l’autre ont eu à souffrir de tuberculose pulmonaire, maladie qui emportera Thérèse très jeune.

    Du côté des lieux, le carmel de Lisieux sera épargné lors des bombardements de 1944 alors que les deux tiers de la ville sont détruits. Quant à Malestroit, selon Yvonne Aimée, cette cité avait beaucoup plus de probabilités d’être détruite que la commune d’Oradour sur glane.

    Au niveau familial Yvonne, comme Thérèse, appartient à une famille bourgeoise, catholique pratiquante.

    Yvonne dans sa jeunesse, tout comme Thérèse, aide spontanément les plu pauvres. Et, comme Thérèse, a son quotidien tourné vers Jésus qui donne sens et but à sa vie.

    C’est à l’âge de 9 ans et demi, le 30 décembre 1910 dans la chapelle des Auxiliatrices à Paris, qu’Yvonne a la joie de faire sa première communion. Un événement préparé soigneusement par beaucoup de petits sacrifices et précédé d’une retraite chez ses mêmes Auxiliatrices.

    A cette époque, Yvonne connaît bien L’Histoire d’une âme de Thérèse de Lisieux depuis son enfance au Mans chez sa grand’mère Brûlé. Elle souhaite, comme son aînée, « devenir une sainte » et désire aussi « sauver beaucoup d’âmes ». (p 55)

    En juin 1922 Yvonne, venue de Paris, est à Malestroit où les religieuses augustines ont une clinique. Elle est suffisamment souffrante pour que le professeur Charles Miraillé, neurologue, vienne de Nantes l’examiner. Sa conclusion est qu’Yvonne est équilibrée et il ne lui prescrit rien. Yvonne se remet, sûre que sa guérison est due à Thérèse de Lisieux dont elle porte une relique. Ceci fait écho à la guérison de Thérèse par le Vierge aux Buissonnets.

    Le 17 août 1922 Yvonne, qui dispose de charismes dont elle se serait bien passée, reçoit ses paroles du Seigneur, à dire matin et soir et diffuser : « O Jésus, Roi d’amour, j’ai confiance en votre miséricordieuse bonté. » (p 171)

    A la même période, Yvonne a un songe où il est question d’un évêque qui « sera bon pour toi et toi tu le soutiendras par tes prières et tes sacrifices quand il sera dans le pays de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. » (p 171) Il s’agit de Françoise Picaud qui deviendra, en 1931, évêque de Bayeux et Lisieux. Le songe nomme Thérèse « sainte » ; Thérèse sera béatifiée l’année qui suit ce songe, en 1923.

    Le 17 mai 1925 Yvonne est place saint Pierre à Rome, avec sa mère et sa sœur, pour la canonisation de Thérèse de Lisieux. Elle a demandé un signe… qu’elle reçoit.

    Le 13 juin 1925 Yvonne se rend à Lisieux pour solliciter l’aide de Thérèse pour sa vocation.

    Dès 1923 François Picaud avait rencontré, officiellement, Yvonne qu’il ne cessera de soutenir jusqu’à sa mort le 3 février 1951. Et pendant sept ans, il assure le supériorat ecclésiastique de la communauté de Malestroit jusqu’en 1931 où il est nommé évêque de Bayeux et Lisieux. A ce moment là, monseigneur Tréhiou lui demande de continuer auprès d’Yvonne Aimée de Jésus son rôle de directeur spirituel. (p 427)

    Le 15 novembre 1932 mère Yvonne Aimée s’arrête au carmel de Lisieux où elle est accueillie très cordialement par la prieure, Mère Agnès, une des sœurs de Thérèse. Elle assiste, avec Mère Marie-Anne qui l’accompagne, à la messe que célèbre monseigneur Picaud dans l’infirmerie où Thérèse est décédée. Après avoir été responsable du monastère de Malestroit, monseigneur Picaud fut responsable du carmel de Lisieux de 1931 à 1951.

    Yvonne Aimée de Jésus, le nom de religieuse d’Yvonne, aimait beaucoup Thérèse dont elle avait eu beaucoup de grâces et des apparitions. (p 442/443)

    Comme maîtresse des novices, en 1933-1934, Yvonne Aimée conseillait la lecture de l’Histoire d’une âme de Thérèse de Lisieux. (p 454)

    Voici ce qu’écrit Paul Labutte, prêtre, auteur de « Yvonne-Aimée de Jésus, « ma mère selon l’Esprit » », livre de Témoignage et témoignages paru chez François-Xavier de Guibert en 1998 : « Avec sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, le lien d’amitié était particulier. L’enfance d’Yvonne-Aimée avait reçu l’empreinte de l’Histoire d’une âme à une telle profondeur que l’on peut découvrir, en Mère Yvonne-Aimée, l’une des disciples les plus exactes, peut-être, de la Carmélite de Lisieux bien qu’au premier regard, elles soient aux antipodes l’une de l’autre. Plusieurs fois, sainte Thérèse s‘est manifestée à Yvonne-Aimée, de qui je le tiens : « Tu m’aideras à jeter des roses sur la Terre », lui avait-elle dit, avec un gracieux sourire, en 1926, lors d’un pèlerinage rapide à la chapelle du Carmel. On comprend qu’Yvonne-Aimée puisse dire sans préciser : « Nous nous aimons tant toutes les deux ! » » (p 645)

    Dans la lettre testament écrite par monseigneur Picaud à Bayeux le 7 août 1952 adressée à la supérieure du monastère de Malestroit, pages 742 et 743 de ce livre, l’évêque de Bayeux mentionne les faveurs extraordinaires et les sévices expérimentés par Mère Yvonne-Aimée de Jésus. Tout aussi important pour lui, sinon plus, sont les vertus dont cette grande mystique a fait preuve : humilité, simplicité, droiture, amabilité et exquises prévenances. Avec cela la foi, l’espérance sans faille et la charité. Monseigneur Picaud l’exprime magnifiquement. Il conclut : « en mon âme et conscience, j’ai voulu vous dire, à toutes fins utiles, que l’ayant beaucoup connu, qu’ayant été étroitement mêlé aux différentes péripéties de son existence, je la considère comme un sainte, comme une très grande sainte. »

    Avant d’entrer comme religieuse à Malestroit Yvonne, parisienne « discrète et charmante », avait de l’activité dans le monde dont auprès de ses pauvres et protégés. Après plusieurs séjours au monastère des augustines hospitalières de Malestroit pour s’y reposer, elle y entre comme postulante le 18 mars 1927. Elle se sent comme un oiseau en cage mais tient bon et prend l’habit le 10 septembre de la même année. En décembre 1927, étant au plus mal, on l’autorise à prononcer les vœux…et elle guérit, ce qu’elle attribue à un miracle de la Vierge. Le 29 septembre 1931 ce sera la profession perpétuelle d’Yvonne-Aimée. En mai 1935 elle est élue supérieure du monastère dès le premier tour. Elle inspire et accompagne la construction d’une clinique neuve puis d’autres bâtiments, se rend en Afrique du sud et au Canada, envisage une fédération des monastères. Elle prend des risques pendant la guerre et sera décorée. Le 21 août 1946 elle est élue supérieure générale, à l’unanimité, de la Fédération des 31 monastères de France, d’Angleterre et du Sud Afrique. Le 25 mars 1949 Yvonne-Aimée de Jésus consacre l’ordre à Notre-Dame.

    Yvonne-Aimée avait un cœur de maman pour les postulantes et novices, précisant que « l’amour de Dieu ne supprime pas le cœur humain… » (p 450)

    Sa vie fut active et riche, autant au plan du quotidien matériel qu’au plan spirituel. Une vie authentique, au service du Seigneur Jésus, comme sa grande sœur de Lisieux, sainte Thérèse.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr 

  • Alain Mimoun Lisieux

    Il y a un mois, Alain Mimoun nous quittait. Ce sportif m'a toujours enchanté, en particulier par sa victoire de champion olympique en 1956. Il repose à Bugest en Corrèze, lieu d'entraînement pour les sportifs initié par lui.

    Né musulman, Alain Mimoum a choisi de devenir catholique suite à une guérison. Souffrant, il se retrouve conduit à Lisieux un mois avant les jeux olympiques de Melbourne où il remporte le marathon le 1er décembre 1956. Alain Mimoun  croyait aux signes. A Melbourne, outre l'aide de Thérèse de Lisieux, il eut le dossard 13 - un chiffre fétiche- et sa fille Olympe était née la veille de la course.  

    Pour Alain Mimoun sa guérison et son succès étaient liés à Thérèse de Lisieux. Aussi, il la priait à Champigny où il résidait devant un oratoire dressé dans son jardin. Chaque année il se rendait à Lisieux le 1er octobre pour la fêter.                                                                                                                                                          contact francoiseboisseau@wanadoo.fr