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laurence de charrette

  • Laurence de CHARRETTE, Rachida DATI

    Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouver. Merci   Le 21 novembre 2008 : 101 visites avec 302 pages consultées

    Pour mieux saisir qui parle du Garde des Sceaux, voici un article de Laurence de CharretteCharetteLaurenceDe.jpg, à propos du Ministre Rachida Dati, le 24.10.2008 paru dans Le Figaro. Laurence est journaliste en charge des questions de Justice au service Société du Figaro.

    Dati et les magistrats : une affaire d'indépendance

    Et si l'«indépendance» de la justice était en jeu ? Les syndicats de magistrats ont saisi ensemble, la semaine dernière, l'instance suprême, le Conseil supérieur de la magistrature, pour l'alerter des nombreuses «atteintes au statut du parquet». Jeudi, ils se sont rendus en délégation solennelle pour demander au procureur général de la Cour de cassation et à son premier président de saisir à son tour le président de la République lui-même. Les plus hauts magistrats de France sont donc en état d'alerte maximale. Que se passe-t-il dans le monde judiciaire ?

    Dans leur lettre, les syndicats listent une série de griefs faits à la garde des Sceaux, autant de «pressions hiérarchiques» pesant sur les magistrats, selon eux. Les voici, résumés à gros traits : Rachida Dati a convoqué cinq procureurs généraux pour leur demander des comptes sur l'utilisation des peines planchers, elle a diligenté une inspection en urgence jusque tard dans la nuit à la suite du suicide d'un mineur dans une prison à Metz, elle a demandé à des procureurs généraux de laisser leur place à d'autres, elle a convoqué un magistrat pour des propos - critiques sur sa politique - qu'il avait tenus lors de réquisitions, en principe libres. Par ailleurs, la ministre passe régulièrement «outre» les avis du CSM en matière de nomination de membres du parquet.

    Hors contexte, chacun de ces faits susciterait certainement quelques gestes d'énervement d'un corps très jaloux de son indépendance, mais sans doute pas le vaste mouvement de protestation et d'indignation qui fédère aujourd'hui l'ensemble des syndicats de magistrats, mais aussi les avocats, des représentants de la protection judiciaire de la jeunesse, des conseillers d'insertion…

    Seulement, il y a le contexte. C'est-à-dire : le fiasco d'Outreau, qui a jeté le discrédit sur la justice et déprimé les magistrats, les relations depuis toujours tendues entre la magistrature et Nicolas Sarkozy désireux de «responsabiliser» les juges, la réforme du CSM qui laisse plus de place aux non-magistrats… Oui, mais surtout, le contexte, c'est Rachida Dati. Son «style».

    Si la garde des Sceaux reste mal-aimée de la magistrature, ses «origines», n'y sont sans doute pas pour rien, affirme elle-même, souvent, Rachida Dati. Jacques Attali, un de ses mentors, a soutenu, sur France 2, la semaine dernière, cette thèse : si Rachida Dati ne s'appelait pas Rachida Dati, issue des «quartiers», peut-être susciterait-elle moins de jalousies. À voir.

    Le moins qu'on puisse dire, c'est que la garde des Sceaux n'est aujourd'hui pas appréciée des hiérarques. En réalité, les hauts magistrats, habitués à plus d'égards, ne se sont pas remis de sa manière de vouloir «bouger les choses», selon une de ses expressions, passant outre les codes non écrits de ce milieu particulier. Dans leurs rangs, qu'il s'agisse de directeurs ou de procureurs généraux, beaucoup ont en mémoire des mots qu'ils n'ont pas digérés. À travers les juridictions, à tous les niveaux, l'impression d'être «méprisés» s'est répandue chez les magistrats. En « séchant» le congrès annuel du syndicat majoritaire, l'USM - une première - la semaine dernière, Rachida Dati a forcément accentué ce sentiment. L'«affaire de Metz» - cette inspection menée dans l'urgence, qui a été vécue comme la recherche d'un bouc émissaire - a joué le rôle d'une allumette sur un tas de braises.

    Jeudi matin, toutefois, Christophe Régnard, président de l'USM, a expliqué que malgré un «bilan catastrophique», il ne réclamait pas la tête de Rachida Dati. Une façon de reconnaître que si la garde des Sceaux cristallise aujourd'hui les mécontents autour d'elle, la bataille entre la magistrature et le politique autour de l'indépendance des juges ne date pas de sa nomination - et risque bien de lui survivre. Avant Nicolas Sarkozy, Lionel Jospin n'avait-il pas lui-même critiqué la décision d'un juge d'avoir remis en liberté Jean-Claude Bonnal, alias «le Chinois», soupçonné de six meurtres ?

    Une journaliste à regarder de près. Voir aussi l’interview du 19.11.2008 présenté ce même jour de Rachida DATI réalisée par Laurence de Charrette.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo : Laurence de Charrette).

  • Rachida DATI, Laurence de CHARRETTE

     Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouver. Merci  Le 21 novembre 2008 : 101 visites avec 302 pages consultées

    C’est Laurence de Charrette, journaliste en charge des questions de Justice au service Société du Figaro, qui dans une interview avec Rachida Dati, Ministre de la Justicea670365200_2503467_6553.jpg, le mercredi 19 novembre 2008 permet une nouvelle mise au point du côté de la justice.

    LE FIGARO. - Dans une motion qui vous a été adressée mardi, 534 magistrats dénoncent votre politique et vous demandent «des excuses» pour l'affaire de Metz - qui a vu des magistrats sommés de s'expliquer après le suicide d'un mineur en prison. Pourquoi avez-vous demandé une inspection après ce drame ?
    Rachida DATI. - Un suicide est toujours un événement dramatique au sein d'un établissement pénitentiaire. Il est de politique constante que, dans une telle affaire, et en particulier s'agissant d'un mineur, une inspection soit ordonnée dans les meilleurs délais par l'Administration pénitentiaire. Est-il choquant que le garde des Sceaux, sans rechercher de quelconque responsabilité sur un plan disciplinaire, ordonne également une inspection afin de connaître les conditions dans lesquelles le mineur a été poursuivi, interpellé, incarcéré ?

    Fallait-il interroger les acteurs jusque tard dans la nuit ?
    Aucun magistrat ne peut être choqué par une telle démarche qui a pour seul objectif de comprendre, et éventuellement d'éviter par la suite, de tels événements. Au demeurant, le principe d'une telle inspection n'a jamais été mis en cause par quiconque.

    Ces nouvelles protestations ne sont-elles pas le signe d'une rupture entre la Chancellerie et les magistrats ?
    Pensez-vous sérieusement que lorsque j'ordonne, ou qu'un ministre ordonne une inspection, il indique au responsable d'une telle opération les modalités dans lesquelles elle doit se dérouler ? J'avoue ne pas comprendre la teneur de cette motion dont les termes erronés pourraient devenir outranciers alors même que les plus hautes autorités judiciaires locales ont démenti qu'une quelconque inspection disciplinaire ait été engagée et ont déclaré publiquement que je n'avais jamais évoqué, à quelque moment que ce soit, la décision de justice. Je constate enfin que, dans le tract rendu public, il est tout de même relevé que je soutiens les magistrats.

    Comment qualifieriez-vous vos relations avec le corps judiciaire ?
    La multiplication des réformes en cours, je le reconnais, crée au sein du corps des interrogations compréhensibles. Pour autant, si je comprends les difficultés des magistrats, je ne peux accepter les mises en cause. En tant que garde des Sceaux, je mets en œuvre une politique pénale ferme, souhaitée par les Français, votée par le Parlement, qui a essentiellement pour objet la protection des citoyens et la lutte contre la récidive en réinsérant les personnes détenues. Dans nos institutions, le Parlement vote la loi et les magistrats l'appliquent avec un pouvoir d'appréciation. Le ministère de la Justice n'avait pas été réformé de cette façon depuis près d'un demi-siècle. Il est normal que les réformes suscitent des réactions. Mes prédécesseurs ont aussi eu à faire face à des mouvements de magistrats. Mais la politique que nous menons a été demandée par les Français.

    Je rappelle que Rachida DATI est Maire du 7 ème arrondissement. Voir aussi le billet du 24.10.2008 présenté ce même jour de Laurence de Charrette.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo archives personnelles : moi-même en campagne à droite de Rachida Dati dans le 7 ème arrondissement de Paris avenue de la Motte Picquet Grenelle quelques semaines avant l'élection du Ministre de la Justice comme Maire du 7ème )