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  • Ocean’s Songs d’Olivier de Kersauson avec Arash Derambarsh

    Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

     

    Avec la mer dans le sang, j’ai plongé avec délices dans ces chants des océans, Ocean’s Songs, dûs au talent et à l’amour arash der.jpgkersauson3.jpgCAZTDG84CA5ZVDAXCABRPM7ACAIIMKVTCADG8BEOCAKTSGA6CAOPQEWBCAD01A41CAEPJ5H0CAAMHJH6CAD7WJPECAQLZC2SCAS13ZQPCAXXNZUOcean's songs.jpgd’Olivier de Kersauson.

     

    Ce marin pudique livre, dans cet ouvrage, à travers des tableaux vivants et réalistes une existence entièrement livrée à la mer. Une vie tendue vers l’inconnu à découvrir et vers les hommes, ses frères.

     

    Ocean’s Songs est paru en Décembre 2008 aux éditions Le Cherche Midi http://www.cherche-midi.com et se trouve en bonne place à portée de regard dans le bureau d’Arash Derambarsh, le directeur du département politique et personnalité publique de cette maison où nombre d’auteurs rêvent d’être édités.

     

    La mer est l’horizon de vie, l’horizon de l’œuvre quotidiennne d’Olivier de Kersauson. Des années de parcours les yeux fixés sur le trait unissant l’eau et le ciel, la ligne mouvante qui se dérobe indéfiniment tant que le cri de « Terre !  » n’est pas poussé.

     

    Qu’est-ce au juste que prendre la mer ?

     

    Une réponse est proposée par l’auteur en 4 ème page de couverture, un extrait tout simplement de la page 24 du livre :

    « Prendre la mer c’est tout sauf une fuite, c’est au contraire une discipline et une contrainte. Décider d’aller chevaucher les vagues, c’est une conquête et, pour conquérir, il faut partir. C’est l’extraordinaire tentation de l’immensité. La mer, c’est le cœur du monde. Vouloir visiter les océans, c’est aller se frotter aux couleurs de l’absolu.

    Il m’a toujours semblé indécent de ne pas aller voir partout dans le monde. Il me fallait partir sur tous les océans, déouvrir tous les ports…Pour moi, c’est vital : puisqu’on est dans le monde, il faut le courir. »

     

    Belle invitation au voyage de ce Maître es mer.

     

    En 254 pages et 14 tableaux le lecteur « part en course  » pour une dimension autre que celle des champs gorgés d’hebres multiples, des arbres qui grimpent au ciel, des fleurs sauvageonnes ou disciplinées, des oiseaux, du béton et des bandes de bitume.

     

    L’avant-propos est surprenant et épatant. Olivier de Kersauson, à San Francisco à bord du trimaran Geronimo, voit monter à bord  2 jeunes. Des étudiants gamins, bien élevés, joueurs, aux cerveaux turbulents. Ces "deux types", Sergei Brin et Larry Page, sont les fondateurs de Google. Là naît l'idée de ce livre.  "Nous nous étions donc trouvés à bord de mon bateau: moi qui ai passé ma vie à courir ce monde et eux qui l'ont apporté à domicile." (p. 8)

     

    Notre marin produit là un chapitre de réflexion philosophique sur la mise du monde à portée de tous, chez soi, à son travail, par ces deux là.

    D’accord, Olivier ! Mais toi tu possèdes et fais posséder l’immensité des eaux, les nuits piquetées d’étoiles, les morsures étouffantes des paquets de vagues en rage, le vent, les odeurs à nulles autres pareilles de ces champs mouvants sans clôture.

     

    geronimo-san-francisco.jpgChaque ligne, chaque mot sont imprégnés de l’aventure maritime qui est la vie de l’auteur.

    Si les nouvelles technologies apportent beaucoup à toutes les personnes qui y ont accès – fût-ce un court instant - sur un plan technique, si elles déversent à profusion un immense savoir, elles n’apportent pas pour autant les dimensions du ressenti lors du contact direct.

    Juste un pâle fac similé. Rien de comparable à la réalité. Les images, les mouvements, les bruits eux-mêmes transmis par la grâce du virtuel ne sauraient remplacer les paquets de mer qui s’abattent, la peur qui passe, les rugissants maîtres de l’instant, le soleil qui bat, les senteurs qui mouillent, la mer qui imprègne les vêtements et la peau.

    Vivre en réel avec la mer est un cadeau fabuleux. Qui n’a rien de comparable avec les nouveaux miracles des nouvelles technologies. Ce sont des dons d’ordre différent. Si je devais choisir, je sais où j'irais.

     

    A chacun son choix. Il n’y a ni bon ni mauvais choix. Ce qui compte est de prendre la route qui correspond à chacun.

     

    Après ce chapitre d’entrée, un autre m’a émue : celui intitulé « La deuxième mort de La Pérouse  » qui occupe les pages 225 à 233.

    J’en reprends quelques éléments pour m’inscrire dans cette chaîne – non pas d’une deuxième mort – mais d’un sauvetage de mémoire. Celle de ces grands navigateurs qui ont tracé les routes maritimes.

     

    La Pérouse, un très grand, aux côtés d’un Coook, d’un Bougainville.

    Les expéditions conduites par ces entrepreneurs exceptionnels, ces visionnaires du monde, ont été minutieusement préparées, suivies et observées par leurs mécènes officiels.

     

    Tout à fait d'accord avec ce que déclare Olivier de Kersauson en page 230 :

    « Je suis persuadé que les expéditions de la fin du XVIII ème siècle ont été les poutres maîtresses de la charpente du monde, comme ce fut le cas de la mission Apollon en 1969. »

     

    Avec ce qu’il pense et dit ensuite

    « La Pérouse est un modèle de témérité et d’exigence maritime.

      Le voyage de La Pérouse représente quarante mille milles en trois ans. Soit treize mille milles par an jusqu’à sa dispaition en 1788 »  (p.231)

    Et aussi :

    « Ces hommes » - La Pérouse et ses marins d’exception – « sont toujours dignes de nous représenter plus de deux siècles plus tard. » (p.  232)

    « Cook ou Bougainville étaient des hommes au capital de courage et de volonté hors du commun. Ces hommes possédaient une audace phénoménale. » (p. 232)

     

    Les commanditaires de ces expéditions vont aux renseignements, y compris dans des situations extrêmes. Ainsi « On connaît l’anecdote de Louis XVI, qui avait armé cette expédition, demandant des nouvelles de La Pérouse avant de monter sur l’échafaud. » (p.232)

     

    En page 227 un récit de trajet étonnant, sachant que le Kamtchatka donne sur la mer de Bering et fait face  l'Alaska :

    « Quand La Pérouse mouille dans la provine de Kamtchatka, en Russie, en septembre 1787, il charge Barthélemy de Lesseps, dont le neveu creusera cinquante ans plus tard le canal de Suez, d'une mission inouïe : livrer à la cour de Louis XVI les premiers travaux et résultats de l’expédition. Le jeune Lesseps, un peu plus de vingt ans, mettra un an pour porter son courrier à la cour de France en traversant la Sibérie, tiré par des chiens de traîneau. »

    Plus loin, p.229, c’est le récit à Londres, en 1798, de la découverte de l’ornithorynque.

     

    Toutes ces immensités aquatiques,ces territoires en mouvement perpétuel parcourus avec un point « fait à l’astrolabe », sans sextant, avec des marins originaires pour la plupart de Saint-Renan ou de Brest.

     

    Je laisse à Olivier de Kersauson « l’inculture de nos élites » (p.230) préférant insister avec lui sur le « rendu scientifique » (p.229) de ces expéditions.

     

    En montant à bord avec ce chevalier des océans, on s'embarque vers l’inconnu. On prend la mer.

     

    La suite ?

    Des "Portraits de mers" qui occupent de nombreuses pages – de la 27 à la 72. L’océan indien « épuisant et vachard » (33). Le Pacifique à la « franchise nette » (« 36). L’Atlantique : « Je reste toujours séduit par cet océan … » (50). La mer ouest Irlande

    « Regard franc mais on devine dans son iris vert foncé que les choses peuvent vite se gâter (64).

    Quant à la mer d’Iroise, ce sont les paroles d’un amoureux quand il évoque cette mer, ses récifs, ses habitants. Olivier de Kersauson lui rend honneur en dernière phrase du chapitre : « L’Iroise est une mer à qui on présente les armes quand on rentre de campagne. »

     

    Après ce parcours, guidé par les marques de la rose des vents, Olivier de Kersauson entraîne dans "Le royaume du vent". Une intimité révélée. Il clôt cette ode au vent ainsi : « Je n’écoute jamais de musique. Très handicapé sur ce sujet. Aucune oreille. Rien. C’est parce que je suis rempli du bruit du vent. » (p. 77)

    J’oserais dire, moi, rempli de la musique du vent.

     

    La question du voyage est importante, des pages 79 à 121. Un chapitre qui fourmillle d’observations, de réflexions. « J’ai vécu de dix-neuf à trente-cinq ans sans jamais chercher à gagner ma vie. » (p. 103). C’est l’aventure maritime.

    Une aventure qui se vit léger quant aux bagages ; « Un paquet de cigarettes, mon passeport et une carte de crédit (…) » (p.96)

    Surgit Tabarly, un autre grand des mers qui le sollicite et …il fonce. Avec.

    Eric Tabarly, qu’Olivier raconte avec des mots de respect, d’admiration. « C’était mon maître » est-il mentionné en page 120. Et l’annonce de sa disparition, en mer, en juin 1998 est émouvante.

     

    On découvre ensuite, par le regard de notre célèbre navigateur, Polynésie, Antilles, Asie, Grande-Brtagne et Amériques, Australie et Nouvelle-Zélande.

    Un détour a lieu, sorte d'hommage à Robert de Kersauson, parti en Afrique du Sud.

    Et puis « Voilà ! », titre du 13ème  tableau le 14ème étant le "Relevé de navigation" de l'auteur.

     

    « Voilà ! » ramène à l’avant course maritime, ces années d’obéissance obligatoire « Marqué par la guerre de 40 ». Olivier a étouffé entre les murs de l’école. Il est parti. Définitivement. Le « Je suis toujours très heureux sur la mer. Cest ma force motrice. » (p.21) est en hamonie avec « Je suis accroché à ma solitude » (…) c’est mon plaisir d’être seul comme c’est mon plaisir de naviguer » (p.244).

     

    Surprise ! Sur le coup. Quand débarque sur une page ce mot qu’Olivier de Kersauson dit aimer beaucoup et qui s’écrit « miséricorde ». Dont il dit : « Or, la miséricorde, c’est la tendresse et l’émotion devant l’impuissance de l’autre ». (p.245)

    Il poursuit en page suivante :

    « La miséricorde exprime l’impuissance totale de l’homme. La miséricorde est un principe général de conduite à l’usage de ceux qui ne veulent pas abdiquer devant la lâcheté, le doute et la bêtise. La miséricorde permet à l’homme flétri de reverdir. Ma miséricorde est un engrais dont je fais grand usage. »

     

    En ayant à l’esprit tout ce qui a été écrit au long des pages précédentes de navigation commune, ces lignes de conclusion reprennent, côté cœur, tout ce qui a été noté de dérangeant pour cet homme de la mer en ce qui concerne certains comportements humains.

    C’est une miséricorde altruiste. Qui comprend. Qui absout.

     

    Aussi, les moins de 18 ans, je vous invite à aller « prendre la mer » avec Olivier de Kersauson. Vous  trouverez dans Ocean’s Songs les richesses offertes par la pensée d’un esprit libre, d’un homme libre de mener sa vie en concordance avec ce qu’il pense. Vous y trouverez votre façon de « prendre la mer », une attitude d’esprit et de corps qui peut exister en campagne, en montagne, partout. Faites-vous offrir, faites acheter, achetez !

     

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr  (illustrations: en  haut à gauche couverture du livre «Ocean's Songs" paru au Cherche Midi et Olivier de Kersauson ayant battu avec le Geronimo le record Yokohama San Francisco, à droite Arash Derambarsh, de sa collection personnelle; plus bas àgauche le Géronimo lors du record mentionné)