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  • Enfants Placés: Bilan Fil d'Ariane

    Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouver. Merci. 

    En prélude à la journée du Fil d’Ariane ce samedi 11 octobre 2008, voici la première partie du texte d’une Conférence de Presse du Fil d’Ariane le 2 octobre 2006 sur le sujet : « Les familles d’Enfants Placés dénoncent les Abus de Pouvoir dont elles sont trop souvent victimes. » Je relate ici ce texte de 2006 qui fait un excellent bilan de la réalité constatée il y a 2 ans avec la participation de 4 avocats bien au courant de la situation des enfants placés.

     

    Le 2 octobre 2006 80 personnes se sont réunies au Père Tranquille à l’initiative de l’Association Le Fil d’Ariane pour témoigner et dénoncer les dysfonctionnements de la justice et des dispositifs de protection de l’enfance.

     

    4 avocats Maître Laurent Verdier, Maître Thierry Malleville, Maître Henri Lacamp et Maître Pierre Verdier participaient aux débats.

    Catherine Gadot, fondatrice et présidente du Fil d’Ariane, a ouvert la réunion en remerciant les participants et déplorant l’absence de la presse, pourtant régulièrement invitée.

     

    Pierre Verdier introduit le débat en ces termes :

    1- Dans notre système occidental, la responsabilité de l’éducation des enfants revient aux parents. Ils ont, de droit, l’autorité parentale qui est un droit. Comme tout droit, elle doit être respectée par les tiers, et seul un juge peut, dans les cas et conditions strictement prévus par la loi, y porter atteinte.

    Le rôle et la mission des pouvoirs publics – aide sociale à l’enfance et justice – est d’aider les parents dans cette mission éducative. On parle d’ailleurs d’assistance éducative.

     

    2- Or que se passe-t-il ?

    On est forcé de constater que, pour de multiples raisons, cette aide, au lieu d’aider, détruit la famille. C’est ce que nous allons voir ce matin avec les témoignages de personnes présentes.

    Si celui qui protège fait peur, qui protégera de la peur ?

     

    3- En ce moment deux projets de loi sont censés modifier notre dispositif de protection de l’enfance.

    - le projet de Philippe Bas, sur la protection de l’enfance,

    - le projet de Nicolas Sarkozy sur la prévention de la délinquance.

    Il y a quelques années, on parlait de faciliter l’accès au droit, de promouvoir l’autonomie des personnes, de soutien à la parentalité. Ces projets parlent seulement de dépistage, de contrôle, de renforcement de la coordination entre les services, de limitation du secret professionnel des intervenants, de suspension ou de retrait des prestations familiales par simple décision administrative.

     

    4- L’association le Fil d’Ariane, créée et présidée par Catherine Gadot, entend participer à ce débat.

    Pour ce faire, il propose de procéder en deux temps : d’abord entendre des témoignages de familles, puis esquisser des propositions pour une meilleure justice pour les familles et les enfants. Ces témoignages seront complétés, précisés, commentés par les interventions des avocats ici présents.

    Ces témoignages seront regroupés autour de quatre thèmes :

    - Les difficultés de se faire entendre au moment de la décision initiale

    - L’absence d’alternatives au placement et de recours aux solutions familiales 

    - Les difficultés pour maintenir le lien parents enfants en cours de placement.

    - La préparation du retour et les difficultés à ce moment là.

     

    1/ Les difficultés de se faire entendre au moment de la décision initiale

    Beaucoup de familles victimes de séparations nous disent que le jugement leur paraît inégalitaire. Souvent elles ont l’impression que la décision est prise avant l’audience.

    Il arrive encore que le Juge reçoive le travailleur social avant de recevoir la famille. Certaines ont pu consulter le dossier la veille de l’audience, mais il arrive qu’un rapport parvienne au juge le matin même par fax, faisant ainsi échec au débat contradictoire.

    D’autre part les rapports devraient être purement descriptifs et rapporter des faits. Certains contiennent des jugements de valeur, parfois allusifs et vagues « dysfonctionnement familial », « l’enfant vit un conflit de loyauté », « la mère est dans le déni ». Certains indiquent une solution privant le juge de son pouvoir de juger.

    Ainsi Maître Laurent Verdier expose plusieurs situations anormales :

    - un professionnel qui fait le rapport d’actualisation sans avoir vu la personne concernée,

    - l’oubli de la cause du placement et la recherche d’alibis pour le justifier,

    - la complicité entre juges et travailleurs sociaux, qui empêche de se déjuger…

    D’autres intervenants, parents, grands parents, dénoncent la captation dont l’enfant est l’objet de la part des services souvent incompétents et embrigadés dans des positions idéologiques.

    La misère est devenue un produit : les services travaillent à la reproduction de leur clientèle.

    Certains, exemples à l’appui, s’interrogent sur le fait que ces enfants pourraient être l’objet d’étude ou d’expérimentation.

    Des parents ont demandé de l’aide à des services médicaux ou hospitaliers : ces services, nonobstant le secret professionnel auquel ils devraient être astreints, ont enclenché des signalements et une mesure de placement. .

    Certaines familles sont détruites : « En quoi la destruction d’une famille peut servir les enfants ?  »  est-il demandé.

    Un placement peut être imposé « si les conditions d’éducation sont gravement compromises ». Or si on regarde les résultats de placement, on constate que les conditions d’éducation sont souvent pires lors du placement à l’ASE (mauvais résultats scolaires, violences, viols, non suivi scolaire, suicides, fugues…)  

     

    2/ L’absence d’alternatives au placement et de recours aux solutions familiales :

    Sur cette question difficile des liens, est dénoncées la violence extrême des placements à la naissance.

    Pourtant, même si une séparation est parfois nécessaire, il y a aussi parfois moyen de rechercher des solutions familiales qui évitent la rupture. On ne fait pas assez appel aux grands parents qui peuvent être d’une grande aide, parfois avec un soutien financier de toutes façons plus économiques qu’un placement. Dans tous les cas, les parents devraient être associés à la recherche des solutions les mieux adaptées à leur enfant.

    Les grands parents, les oncles et les tantes déplorent aussi de disparaître de la vie de l’enfant.

     

    3/ Les difficultés pour maintenir le lien parents enfants en cours de placement.  Seconde partie avec le prochain billet du lundi 13. Merci.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr