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l blériot

  • Yves Rossy, homme oiseau

    Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez . Merci 26 septembre: 89 visites, 249 pages;

    On remet ça pour de bon aujourd’hui avec Yves Rossy. Une équipe de rescue (=secours) est prévue si le carburant, par exemple, vient à manquer. En homme prudent, Yves dispose toujours d’un plan B si le plan A n’aboutit pas.

    Les 167 pays prêts hier sont peut-être encore présents pour l’événement reprogrammé ce jour avec transmission directe sur France 3. Tous les passionnés de l’air, en tout cas, sont motivés. calaisRossy26.9.08 002.jpg

     

    Le Pilatus qui va décoller de l’aérodrome de Calais Dunkerque vers 14h00 pour porter Yves à 2300 mètres d’altitude a 30 ans mais il marche bien ! Yves a fait déjà 100 largages avec cet avion et son pilote. Tous les 3 sont en osmose parfaite : Pilatus, pilote et Yves.  

    Tout est dans le vert ce jour.

    Tout est bien pour Yves, à part la mer, un élément auquel il n’est pas habitué et qu’il est allé saluer en quelque sorte avant de s’envoler. Il est allé y tremper les mains. Il aime avoir une relation directe avec les éléments, leur parler. En quelque sorte apprivoiser la mer, lui demander d’être clémente avec lui.

     

    Il n’est pas le premier homme oiseau. Il est par contre le premier à voler avec une telle poussée réactive.

     

    Une difficulté, dit-il, se situe à la sortie de l’avion. Il est prêt à faire de son mieux.

    Une fois les manettes mises pour filer plein gaz, les seules commandes dont il dispose sont sa tête et son corps. Le corps fait office de fuselage. Tête et membres, eux, sont comme des ailerons – tête à gauche pour tourner  gauche, à droite pour tourner à droite; pour montre tirer les épaules vers l’arrière, pour descendre arrondir le haut du dos et baisser la tête. Tous ces mouvements sont au plus proche de ceux de l’oiseau. Et afin de prévenir tout risque de crampe, Yves a pris du magnésium jusqu’à hier compris.

    Autre risque qui tient à la conception de l’aile :celui d’un décrochage suivi d’un départ en vrille avec perte brutale d’altitude si la vitesse chute. Imprévisible. On vole, puis soudain il y a une turbulence et d’un seul coup ça ne vole plus. Yves a donc appris à se sortir d’une vrille en vol. Car à 160 kms heure, il part en vrille. Il faut donc être plus rapide. Dans la soufflerie où il s’est entraîné, il a pu s’exercer avec un vent à 300 kms/heure.

    La marge de manœuvre est faible.

     

    Le plus qu’apporte Yves Rossy et qui profite à tous est de faire partager ce  nouveau mode de  traversée de la Manche avec tous les passionnés de l’air. Au lieu d’établir son record en catimini. Ce faire partager met la pression sur notre homme oiseau en raison de la présence des journalistes. Mais ce sportif assure.

     

    Côté carburant il dispose de 32 litres dans 4 réservoirs de 8 litres chacun. Si un des moteurs doit s’arrêter, son pendant du côté opposé doit s’arrêter aussitôt

    Quand les moteurs sont allumés les flammes sont de 30 à 40 cms de long. Les moteurs tournent à très grande vitesse.

     

    Le Pilatus s’étant placé face au vent pour décoller, on suit en direct les étapes de cette première du vol d’un homme au-dessus de la Manche avec son aile à réaction.

    La concentration d’Yves, sa préparation avec l’allumage à l’intérieur du Pilatus de d’abord 2 moteurs puis des 2 autres et sa projection dans l’espace. Son vol à 200 kms/heure – plus rapide que les hélicoptères - avec une caméra fixée sous l’aile qui permet de le voir. A l’approche de Douvres et toujours au-dessus de la mer l’arrêt des moteurs et le parachute qu’il déploie. Yves arrive assis sur son aile au milieu des 4 réacteurs. Près sol il tire sur les suspentes pour freiner.

    L’atterrissage enfin dans un champ, avec une facétie d’Yves, bon parachutiste, qui s’est livré volontairement à une manœuvre amicale destinée au pilote du Pilatus. L’obsession du pilote du Pilatus était de ne pas perdre Yves en route à 200 kms/heure et à 1800 mètres d’altitude, alors que Louis Blériot volait à 80 mètres et bien moins vite.

     

    La foule présente félicite.calaisRossy26.9.08 009.jpg Il a aussi les compliments de ses copains, de tous ceux qui ont participé à ce projet, de tous ceux dont la fibre vibre à propos de l’aéronautique.

    Dont je suis depuis toujours.

     

    Une catégorie existe pour son record qui va pouvoir être homologué par la commission aéronautique internationale si les commissaires suisses sont présents  pour constater au départ et surtout à l‘arrivée.

     

    A l’atterrissage Yves Rossy déclare qu’il était confiant, ayant fait avant ce vol presque toutes les fautes sans les recommencer.

    Il dit encore qu’il a volé dans une sorte d’état second, lié au partage avec toute la communauté des participants, en quelque sorte porté par eux.

    Avant tout il remercie tous ceux qui ont rendu son exploit possible, qui ont cru en lui, en son idée, en son projet. Yves était seul en l’air mais ce parcours était le résultat du concours de  multiples personnes.

    Le trajet de 12 minutes était superbe, avec la côte, les ferries, un avion à réaction qui a salué, un copain de voltige aérienne à peu de distance. Sans mouette car il allait trop vite pour elles.

     

    Lors de son vol, Yves avait pour certains  une petite allure d’astronaute, d’homme satellite.  L’aile est encore très lourde et les prochains prototypes seront plus légers.

    La réussite de ce jour fait avancer la science. Et toute la communauté aéronautique applaudit.

     

    Après cette réussite Yves Rossy continue lundi son travail de pilote de ligne avec un vol sur l’Egypte en Airbus 320.

     

    Ce jour est magnifique. J’ai rêvé depuis des années de pouvoir voler ainsi un jour. Libre. Autonome. Yves Rossy l’a fait. C’est superbe.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photos en direct à parti de france 3: en haut Yves Rossy en parachute, en bas interviewé après sa réussite)