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  • Enfants et divorce : Leonetti copie l’Allemagne ?

    Rapport rendu. Ouf ! Pas de loi supplémentaire. Une réponse toutefois aux anxiétés de certains politiques, concernés en direct par le sujet, et qui désiraient très fort un statut de beaux-parents. Du lourd. De quoi asseoir leur autorité.

    C’est raté et tant mieux.

    Pas pour les raisons lancées par Christine Boutin et son parti.

    Simplement pour le bien des enfants. Qui dans cette affaire ont été regardés, une fois de plus, comme des demi-portions ou des dixièmes de portion par rapport aux adultes.

    La réflexion était simple.

    Ou bien le nouveau cadre proposé aux jeunes – qui n’étaient pour rien dans les alliances changées de leurs parents biologiques – leur convenait. Auquel cas aucune loi ni convention n’était nécessaire.

    Ou bien, pour des raisons multiples, cela n’allait pas et n’irait pas. Et ce n’est pas des lois qui peuvent prétendre modifier des rapports familiaux, déroulés au quotidien, derrière l’intimité d’une porte close. D’autant plus que les enfants grandissent, heure après heure, jusqu’au moment où ils ont toute latitude pour quitter les lieux sans risque, viatique des 18 ans en poche.

    J’espérais donc que monsieur Leonetti, chargé par Nicolas Sarkozy, Président de la République, d’établir un rapport avec propositions sur le sujet de l’autorité des beaux-parents serait bien inspiré.

    Je n’osais rêver mieux.

    Je n’ai pas vu ni lu le rapport. Je n’ai pas non plus cherché à avoir des échos.

    Ce qui a été lancé via les médias – si cela n’est pas erroné ni entaché d’inexactitude – m’a paru très vraisemblable.

    Aucune innovation. Mais, on le sait, quand une situation ou une découverte était dans l’air du temps, il est arrivé que plusieurs personnes – sans aucune connexion à l’époque de la nouvelle préhistoire d’avant le Net – posent le doigt sur une nouveauté majeure.

    Je ne pense pas que monsieur Leonetti ait reçu, pour la proposition concluant son rapport, une révélation personnelle. Car ce qu’il présente comme solution a déjà été mis en œuvre, spontanément, dans un land d’Allemagne par un juge observateur et promoteur. Pour être repris, assez vite, dans d’autres lands, sous le nom de « pratique de Cochem ».

    Ce qui m’avait paru à l’époque la diffusion naturelle d’une simple mesure de bon sens.

    Qu’avait proposé et réalisé Jürgen Rudolph, Juge de la Famille et des Tutelles au tribunal de première instance de Cochem ?

    Simplement, avant tout démarrage de divorce, de disposer d’un accord des parents pour la suite quant aux enfants.

    Pourquoi avant ?

    Parce qu’avant en général, comme dans toute négociation, tout est relativement facile, aisé. Toujours moins compliqué qu’après.

    Avant c’est une sorte d’état de grâce où les parties concernées baignent d’un climat particulier pour trouver un accord. Elles en ont tellement envie !

    On retrouve la même atmosphère lors de la transaction d’un bien immobilier, avant signature. Tout est possible alors pour arriver à conclure.

    Le concepteur allemand de l’accord avant divorce a raisonné comme pour une transaction.

    Que la France y vienne, si la conclusion Leonetti est prise en compte, sera mieux que d’imposer à des jeunes le poids moral d’un beau-père ou d’une belle-mère, nimbé d’un halo officiel de par la Loi, une pièce rapportée non choisie par les jeunes et qui peut être apprécié ou détesté. La proximité ou la répulsion sont aussi question d’affinités, celles des enfants n’étant pas forcément conformes à celles de leur père ou mère pour le nouveau venu ou la nouvelle venue qui vient bouleverser un cadre de vie établi.

    En réfléchissant un instant, ces parents qui se séparent aujourd’hui se sont estimés et goûtés au moins un minimum, le temps de fabriquer cet enfant qui, soudain, ne paraît plus leur priorité. Il y a là une certaine discordance.

    Reste encore à souligner quelques points.

    Le fait que cette convention passée devant le juge devrait être susceptible d’être revue chaque année, ou au moins à la demande d’un des enfants, la situation pouvant bouger. Et encore quand la situation établie change, en raison du rythme d’unions désunions où barbotent certains couples, la famille recomposée d’hier devenant la famille séparée de demain.

    Le fait que cette convention n’existera pas pour les couples non mariés. Reste alors à espérer que les adultes intéressés auront assez de jugeote pour être compatissant à la situation des enfants issus de leur union afin de leur infliger le moins de souffrance possible, un minimum de déchirements.

    J’ajouterais qu’aujourd’hui on en sait plus sur cette alchimie physiologique et amoureuse qui déclenche un élan tel entre les êtres humains que ceux-ci font des enfants. Que cette alchimie peut ne pas durer. Ne pas être soutenue.

    Le problème est qu’un petit d’homme a besoin de plus de temps pour arriver à son autonomie que la majorité des bébés animaux.

    Au niveau d’un couple – qu’il soit marié, pacsé ou sans aucun lien juridique - il serait raisonnable de prendre en compte cette donnée physiologique pour organiser un cadre stable d’élevage et d’éducation pour, disons, les dix à vingt ans à venir de ce nouveau-né.

    Quant aux nouvelles attractions possibles, plus ou moins durables, des adultes pour une autre personne que leur conjoint ou leur binôme de couple, à eux de les gérer sans déclencher des cataclysmes au niveau du petit déjà existant, déjà vivant.

    On est capable de prendre soin d’un bien immobilier.

    Ne peut-on pas faire de même pour un enfant, la chair de sa chair ?

    Le mariage - sur qui tout a été dit - avait un mérite : offrir un cadre stable pour un grandissement des enfants d’un couple dans des conditions les moins mauvaises possibles.

    Certes quand un mariage était loupé ce n’était pas idéal.

    En l’état actuel de la société française, plus que les mariages loupés, c’est une inconstance, une paresse générale qui fait passer de l’un à l’autre.

    La persévérance s’en est allée.

    On consomme du conjoint comme on surconsomme des objets en général.

    Pas tout le monde. Mais beaucoup quand même quand on observe la vague importante des enfants qui, lors de l’établissement de la fiche familiale à la rentrée scolaire, ne vivent qu’avec l’un de leurs deux parents biologiques.

    Un peu de sérieux, les adultes !

    Un des effets collatéraux positifs d’une convention établie devant juge, si cette proposition Leonetti voit le jour, devrait être d’en finir avec les enfants « placés » par le système justice ASE. Car, jusqu’ici, à l’occasion d’un divorce que ce système estime - selon lui seul et sur quels critères objectifs ? - trop conflictuel, on arrache à la famille, on vole à la mère le plus souvent son enfant pour le mettre à croupir loin de son indispensable affection. Ces placements impensables devraient donc cesser.

    Pour ceux qui souhaitent en savoir plus, en cherchant sur le Net avec les mors clés : « cochem jurgen rodolph juge » on trouve toute l’information désirée.

    Un séminaire, tenu en Belgique à Namur le 5 juin 2009, propose un résumé qui synthétise assez bien, à mon avis, la bonne pratique du juge Rodolph :

    «Il est un exemple réussi de la mise en pratique du principe de « la coopération obligatoire ». Dans plus de 95% des cas de séparation, les différents intervenants purent trouver des solutions. Rapidité des décisions, responsabilisation des parents, abandon de la logique « gagnant-perdant », coopération obligatoire de tous (intervenants et parents). Bien-être de l’enfant en priorité ! Ces éléments sont à l’origine du succès du « modèle de Cochem ». Quasi tous les parents séparés continuent de s’occuper et de décider en commun de l’évolution de leurs enfants. »

    Ce séminaire avait pour titre : « Le modèle de Cochem ». Préserver l’enfant du conflit de la séparation ? Vaincre la manipulation parentale ?L

    On n’est pas obligé de s’aimer. On peut au moins se respecter. Dans les deux sens. Ce devoir de respect envers les enfants est un devoir primordial à observer, d’abord par des adultes, en principe responsables du bon exemple.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Fin de Vie: c'est quoi ?

    C. Sébire et Fin de vie ?
    Conjonction des circonstances.
    En ce samedi saint - pour les chrétiens  la dépouille mortelle de Jésus, le Christ, est au fond d'un tombeau. 2 hommes, sous le coup de la fin stupide de cet homme qu'ils pensaient voir devenir un puissant roi terrestre, se retournent le coeur plein de tristesse vers leur village d'Emmaüs, peinés et porteurs d'espoirs déçus.
    Tel est le fond culturel du côté des chrétiens de ce jour.

    Une telle toile de fond ne dépareille pas l'actualité relative aux questions de fin de vie remises en vitrine lors de la campagne de sensibilisation lancée de facto  par Chantal Sébire et relayée par l'ADMD (=Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), soutenue par le décès vraisemblablement fortuit de Chantal et relancée de plus belle par les témpoignages de malades et de leur famille.

    Sur ce blog il y a un article mis suite à ma participation à un tractage pour faire connaître l'ADMD, association  dont l'ami Jean-Luc ROMERO est Président. Rien à cacher: il y a des années que l'on a fait connaissance Jean-Luc et moi à propos de la prévention SIDA, moi comme médecin et lui comme lanceur d'ELCS (= élus locaux contre le Sida) qui accueille toutes les colorations politiques le Sida étant sans frontière.
    Ce jour là ma partipation visait à réfléchir à nouveau à cette question de fin de vie.

    A ce jour, voilà quelques réflexions en essayant de prendre un peu de recul sur ce sujet qui renvoie chacun à l'inéluctable actuel de sa propre mort physique humaine, avec la frayeur qui peut être ressenti par certains. Qu'il s'agisse d'hommes ou d'animaux. Pas de sursaut SVP, notre corps est notre part animale.

    Du côté de la pensée au niveau très réfléchi relatif aux questions de vie, de survie et de mort, quelques pistes:   

    *  La loi Léonetti. Courageusement notre Président de la République Nicolas SARKOZY, le Premier Ministre François FILLON et le député UMP LEONETTI  ont mis les "mains dans le cambouis" tout autant que les malades - immergés d'office dans des situations individuelles pas du tout enviables, leur famille - "complices" forcés de ce qui arrive à l'un des leurs, et les médecins avec les équipes soignantes - qui n'ont pas à être des décideurs de vie et de mort à la place du "patient" ( du latin "patior" = souffrir) concerné. Bravo à ces 3 courageux ! Car il est courageux de faire face, courageux de se remettre en cause sur la place publique, courageux d'accepter de réfléchir à ce qu'a pu apporter un texte de loi. Et d'abord de regarder si ce texte est vraiment bien connu du grand public et des soignants; ce qui ne serait pas.
    Les autres ? Du côté du gouvernement, le Garde des Sceaux Rachida DATI ne pouvait pas - décemment - avoir une autre attitude que de rester dans sa fonction qui est à la base de garder les sceaux, ce qui  à titre subsidiaire lui commande de veiller au respectdes dipositions légales françaises. 

    * L'euthanasie active et passive. Le pouvoir des mots. Les mots qui peuvent blesser, tout autant que des balles meurtrières de fusils et des obus de canons. La qualité ou  le défaut - ça dépend des circonstances - de la pensée cartésienne qui imprègne bien des attitudes françaises conduit le mode de penser français à vouloir à tout prix tout ranger dans des petites boîtes soigneusement empilées - comme si la vie ne débordait jamais, ne diffusait pas tous azimuts. Car la vie est avant tout mouvement, dynamisme, initiative... et non monument figé, muselé à un intant donné et pour une sorte d'éternité immuable;
    La vie, ça bouge tout le temps.
    Alors, ces tentatives maladroites de classement en actif et passif en atière d'euthanasie, c'est un peu du pipeau ! Le fondamental n'est pas là.

    * Le malade étiqueté "en fin de vie". L'essentiel c'est lui, l'homme ou la femme - ces jours ci une parfaite inconnue nommée Chantal Sébire qui depuis quelques semaines tient le haut du pavé de l'actu.
    C'est au niveau de chaque cas individuel - et chaque vie est unique - que tout se mélange.
    Je m'explique.
    = qu'est-ce d'abord qu'une fin de vie ? Est-ce une notion générale ? ou n'est-ce pas quelque chose de  bien plus nuancé dans lequel - pour des conditions extérieures apparemment identiques aux yeux des soignants ou des décideurs - l'un se sentira en  fin de vie alors que l'autre se percevra bien en vie et voulant le rester ? Question  de ressenti, de personnalité, question d'appréciation purement individuelle, en l'âme et la conscience de chaque être, qu'il ait moins de 18 ans ou plus. (Janusz)
     = qu'est-ce que souffrir?
    2 abords se sont faits jour à ce propos.
    ** la douleur physique, celle que l'on essaie de maîtriser lors d'un acccouchement, celle que les blessés de Verdun enduraient, la douleur basique pour laquelle on refusait la morphine en France pendant des années pour des cancéreux
    A propos des débats suscités par mme Sébire il reste, certes, la douleur physique, de base.
    ** Mais voilà que surgit une nouvelle douleur, celle de sentir son corps changer, échapper au contrôle de l'esprit, s'enlaidir, devenir un objet encombrant et bientôt inutile, un objet de souffrance, "pourir" etc....
    Et qui voyons-nous arriver ? 
    Les quasi obligatoires "psy", ces béquilles humaines qui nouveaux magiciens du 21 ème siècle sauront tout résoudre en leur toute puissance !
    Mais de qui se moque-ton ? Qu'est-ce à dire ?
    Les hommes et les femmes d'aujourd'hui sont-ils devenus ou en train de devenir des assistés à  360° ? de la naissance à une mort programmé ? 24h sur 24 et 7 jours sur 7 ?
    Que devient la liberté ? L'initiative individuelle ? L'esprit d'entreprendre dans tout cela ?

     Nul n'échappe à la mort, à ce qui fait la mort biologique, animale. Tout le monde en renaît quelque part. Car rien ne se perd. Nous rentrons par la décompostion des corps, ou par les cendres dispersés , dans le cycle qui nous a permis un jour d'exister sur cette terre, d'être, de vivre en homme ou en femme.

    Alors, pouvoir choisir sa fin de vie ? pouvoir choisir un départ dans la dignité ? Pourquoi pas pour celles et ceux qui souhaitent disposer de cette liberté là ? 

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr