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juge

  • Diabète, Justice, Papa.

    En préalable, vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les thèmes qui me paraissent les plus importants avec les jours où les trouvez, non classés pour l'instant en alphabétique

    Ce matin vers 7h00 entendu à France Inter une étrange nouvelle à l’avant veille de la fête des pères 2008, dimanche 15 juin.

    Les faits se déroulent dans mon département des Deux-Sèvres, à Niort, où un papa vient de se voir refuser l’élargissement d’un droit de visite et d’hébergement concernant son enfant de 2 ans.1 plan 79.jpg

    Motif ? un diabète insulino-dépendant.

    L’AFD (=Association Française des diabétiques n’a pas manqué de réagir à cette « innovation » juridique qui n’est d’ailleurs pas le fait d’un juge des enfants.

    Contexte : l’affaire remonte au 17 mars 2008 où une ordonnance de référé a inscrit dans ses lignes que ce papa ne pouvait pas bénéficier d’un doit de visite et d’hébergement élargi du jeudi 18h. au samedi 18h. en raison d’une pathologie.  Il devra donc se contenter seulement du mercredi après-midi et d’un samedi sur deux, sans hébergement !

    Il aurait été intéressant de lire une rédaction écrite au nom du garçon concerné, à savoir quelque chose du genre: « L’enfant ne pourra pas bénéficier d’un droit de visite et d’hébergement élargi du jeudi 18h au samedi 18h. » Car c’est d’abord l’enfant qui souffre d’être privé de son père.

    Ceci étant, le diabète est-il la vraie raison ou est-il seulement pris comme prétexte ? Prétexte ou pas, l’utilisation d’une pathologie est quelque chose qui soulève à la fois indignation et moqueries:                                                                                - Indignation pour tous les parents diabétiques, et aussi pour tous les enfants diabétiques. Le secrétaire général de l'AFD, le Pr Patrick Vexiau, chef du service de diabétologie à l'hôpital Saint-Louis à Paris, souligne que "les phrases qui ont été utilisées dans ce jugement sont un outrage aux patients atteints de diabète". Selon lui, "ce jugement qui affirme qu'un conducteur diabétique est dangereux pour son fils et donc pour les autres usagers de la route est profondément choquant. C'est une caricature qui ne doit pas faire jurisprudence".        - Indignation et moqueries pour tous les parents - hommes et femmes -  qui ont réagi en évoquant qui des soucis de coeur, qui des problèmes de reins, qui une surdité, qui un sida, qui une polyarthrite chronique, qui une épilepsie etc…                                                  Je peux ajouter que si l’on se met à confier les enfants aux seules personnes dénuées de toute pathologie, je crains que l’on soit vite amené à faire machine arrière faute de personnes en quantité suffisante dans cette situation. A ce propos je vous conseille d’aller voir l’article sur cette question rédigé par un confrère de l’Hérault et mis sur ce blog le 9 mai 2008 sous le titre « Dr. M. DANAN (34) : malades ? médecins ?médecines ? »

    La blessure faite involontairement par ce référé aux 3 millions de diabétiques français a été largement diffusée par tous les médias. Je cite au hasard Libération de ce jour, vendredi 13, qui relate la réaction du ministre de la Santé dès le jeudi 12. Roselyne Bachelot. a estimé que la maladie ne saurait être une raison exclusive de privation des droits familiaux, tout en se refusant à commenter une décision de justice déniant à un père diabétique un droit de garde élargi de son enfant. «Indépendamment de ce cas d'espèce dont elle ne connaît pas la teneur du dossier qu'elle ne souhaite pas commenter, la ministre Madame Roselyne Bachelot rappelle qu'en tout état de cause la maladie ne saurait être une raison exclusive de privation des droits familiaux», ont indiqué ses services.

    "C'est très douloureux pour moi et mon fils", s'insurge le papa. "On me refuse pour un prétexte fallacieux le droit d'avoir des relations normales avec mon fils, faire les petits gestes du quotidien comme le plaisir de lire une histoire avant de se coucher". «Il y a un vrai problème de discrimination. J'ai l'impression de vivre une double peine: je suis malade, et là on me met bien la tête sous l'eau en me disant "tu ne peux pas faire ceci, tu ne peux pas faire cela"». Lors de l'audience, l'avocat du père avait proposé de faire réaliser une expertise médicale, mais cela n'a pas été retenu par le juge. Le père de l'enfant a décidé de faire appel.

    L'enfant, «en bas âge», «peut se retrouver dans une situation dramatique si son père venait à faire un malaise dont ce dernier refuse de voir les conséquences», selon l'ordonnance, qui évoque notamment «un malaise au volant».                                                                   Je laisse les spécialistes apprécier la question de la conduite automobile de cet homme, sans doute conducteur avant d’être papa.  Et si l’usage de l’automobile est écarté quand ce père accueille son fils, quel est le risque restant ? Bien malin qui saurait l’apprécier !

    Ce qui m’agace dans tout cela c’est toujours la considération de nullité de bien trop d’adultes vis-à-vis des enfants. Aussi, lassée des «moi je sais tout» des adultes je rapporte ici ce fait réel qui a eu lieu chez nos voisins Grands Bretons en 2005. » Aventure à lire sans a priori ! Une petite Charlie L…de 2 ans a sauvé son père d’un coma diabétique. Ce jeune papa, apprenti cuisinier de 20 ans, souffre d’un diabète qui provoque des crises d’hypoglycémie. Hypoglycémie signifie glucose qui chute, cela avec perte de conscience. Il faut vite consommer du sucre pour éviter le coma. En général c’est Karen, l’épouse de Daniel, qui gère ces moments là.Ce mardi soir là, Karen a dû sortir et Daniel garde Charlie. Ce soir là la situation va s’inverser car c’est la jeune Charlie qui va prendre soin de son papa. Inattendu mais vrai ! A l’étage, Daniel ne sent pas très bien …il a à peine le temps de regagner le rez-de-chaussée qu’il s’écroule, inconscient. Heureusement la petite « connaît la chanson » et sait quoi faire. Ayant vu son papa perdre connaissance, Charlie file à la cuisine chercher un sac de sucre. Elle en donne plusieurs cuillerées à son père qui est à terre. Quand il se réveille Daniel se rappelle la chambre puis   il est dans le salon avec Charlie qui lui donne du sucre. Après quoi, continuant à appliquer la procédure pratiquée par sa maman, Charlie prépare à son papa le bol de céréales, féculents dont il a besoin après. Qu’a dit Charlie ? L’essentiel ! « Papa était malade mais je l’ai soigné. »

    Allez, les jeunes, les très jeunes ! C’est fou ce que l’on apprend avec le quotidien de la vie en ouvrant les yeux, en observant, en écoutant ! C’est la suite de l’apprentissage que vous avez entamé en capturant la vie, dès votre vie aquatique, et que vous avez poursuivi ensuite à l’air libre.  Un  apprentissage hors crèches, hors écoles, hors groupes, tous ces acquis non programmés mais que l’on attrape au passage, « ces roses de la vie »au sens large, imprévues et offertes gratis. Sans doute notre meilleur trésor à tous !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr