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jeux dangereux

  • Jeux dangereux

    L’émission claire à ce sujet de Toute une histoire du mercredi 19 mai 2010 est toujours visible sur le Net et j’invite à l’aller regarder, quel que soit l’âge. Afin de prendre la mesure de ce qui se passe par des jeux - à l'école ou ailleurs - qui peuvent donner la mort ou, aussi pire, rendre invalide ou carrément végétatif à un jeune âge.

    3 invités le 19 mai : Catherine dont le fils de 8 ans, bien dans sa peau, a « essayé » chez lui un jeu…il est mort de suite. Otelinda dont la fille de 15 ans a été « tabassée » par 50 élèves à la sortie du collège suite au verdict du Petit pont massacreur…et sauvée par l’intervention inopinée d’une gardienne. Jean-Jacques, pompier dans les Yvelines, dont le fils Thomas, 5 ans en Grande Section de Maternelle, a été étouffé en récréation – heureusement sans séquelle après transport en urgence à l’hôpital pour détresse respiratoire – par ses camarades dans le cadre d’un jeu amenant l’anoxie.

    Il apparaît que les médecins sont peu ou pas au courant de ces jeux.

    Que des familles – Catherine le souligne – pensent qu’elles ne seront jamais concernées.

    Que les enfants eux-mêmes – Jean-Jacques n’en a pas voulu aux enfants, aux familles, aux enseignants – ne sont pas du tout informés des risques que ces jeux font courir à eux ou aux autres.

    Yvonne Poncet-Bonissol, psychologue, indique en direction des parents « les signes avant coureur » que l’on peut déceler chez les enfants en cas de jeux dangereux. Elle cite :

    "- des rougeurs dans les yeux
    - des traces rouges sur le corps ou des bleus
    - des traces de strangulations
    - une tendance à la rêverie et à l’isolement
    - des bourdonnements aux oreilles
    - des maux de tête".
    Elle poursuit  par : « Comment évoquer ces jeux dangereux avec eux ?
    Il faut leur demander s’ils ont déjà participé ou été victimes de ce genre de jeux. Par exemple, avec une question détournée du type « A quoi as-tu joué aujourd’hui à l’école ? ».
    Il faut bien sûr parler des risques mais ne pas prendre la mort pour exemple, car c’est une notion abstraite pour les enfants. Évoquez plutôt le handicap dans des situations de tous les jours (par exemple : ne plus pouvoir jouer, ne plus pouvoir parler, ou manger seul…). Il est nécessaire aussi de leur faire prendre conscience du danger par des images fortes telles que « Si cela arrive à ton petit camarade, il peut ne plus jamais revenir à l’école,  sa chaise restera vide, il ne sera pas remplacé par un autre élève ». Ce sont des exemples concrets, qu’ils comprennent. »

    3 associations sont citées :

    - L’ « APEAS » (Association des Parents d’Enfants Accidentés par Strangulation), www.jeudufoulard.com

    - « SOS Benjamin », www.sosbenjamin.org

    - L’association « Noëlanie », http://noelanie.unblog.fr/

    Les jeux suivants sont décrits : Jeu du foulard, Jeu de la tomare, Rêve indien, Petit Pont massacreur. Mais il y a bien d’autres noms.

    Lors de l’émission une lettre poignante d’une petite fille de 8 ans, victime de ses camarades et qui avait écrit, en toute confiance et pleine d’espoir, à sa gendarmerie est décédée n’ayant pas été prise au sérieux. Pire les autorités l’avait taxée de malade.  Conséquence : elle est morte, victime de jeux, malgré l’alerte donnée par elle.

    Aussi la détermination de Jean-Jacques, en tant que pompier et papa, pour une information dans les écoles en tenue de pompier, en direction des parents et encore des 4.000 à 5.000 professionnels du secours de son département est à signaler et à encourager pour l’ensemble du pays.

    J’ajoute que ce pompier, à propos des premiers gestes de secours, rappelle la nécessité de les connaître, quel que soit l’âge. Nul besoin pour cela d’avoir 18 ans.

    Alors les jeunes, 2 choses : pas de jeux dangereux, d’une part, une formation aux premiers secours, d’autre part. Pour ce dernier point renseignez-vous auprès des pompiers présents partout, de la protection civile ou de la Croix Rouge.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr

     

  • Anne-Marie Engler, Marie-France Le Heuzey et les Jeux Dangereux

    Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

     

    Voici ce que j’ai entendu mercredi soir, 10 juin, à un café sociétal organisée au cœur de Paris Au Gai Moulin à l’accueil Engler09.06.10 009.jpgimagesHeuzey.jpgexcellent par Anne-Marie Engler qui avait convié Marie-France Le Heuzey, pédopsychiatre, à parler de son livre «Jeux dangereux.

     

    L’expérience de ce pédopsychiatre n’est pas celle des jeux en direct mais de leurs conséquences quand ces pratiques conduisent certains enfants aux urgences dans des états médicaux dramatiques pouvant conduire à l’inéluctable. Que Marie-France Le Heuzey rencontre ensuite en consultation quand ils s’en sortent.

     

    De suite, comme le fera le Docteur Le Heuzey un peu plus tard, il convient de mettre à part les idées ou comportements suicidaires qui incluent un vrai désir d’en finir avec une vie estimée sans intérêt ni charme.

     

    C’est dans un autre registre de jeunes bien vivant et désireux de vivre que se pratiquent les jeux dangereux.

     

    Marie-France Le Heuzey procède à un petit rappel des principaux jeux dangereux de ce livre, envisagé dès 2004, suite aux constats de jeunes arrivant à l’hôpital et pouvant décéder ou survivre avec des séquelles lourdes (hémorragies, séquelles neurologiques, paralysies, etc…)

     

    Engler09.06.10 014.jpgD’abord le jeu dit du foulard, en pratique la recherche de sensation par privation d’oxygène, en employant une Engler09.06.10 015.jpgécharpe, ou une ceinture de judo en tissu, ou en s’aidant du pouce; et une  variante par hyperventilation pour arriver au même résultat.

    Cet exercice à risques se pratique soit en collectivité – à l’école – soit seul chez soi et c’est là que les accidents mortels se produisent car il n’y a personne pour donner l’alerte.

     

    Puis des jeux d’agression

    * soit intentionnels, pour lesquels le même enfant peut être, tour à tour, soit agresseur ou victime, autrement dit peut successivement "tabasser" ou "être tabassé"

     * soit contraints, le groupe décidant le matin du jeune qui sera la victime désignée tout au long de la journée - le jeu du foulard pouvant être au passage imposé à un petit

     

    Ces jeux d’agression, très physiques, sont plus fréquents du côté des garçons, les filles n’étant pas en reste avec des agressions plus psychologiques humiliantes.

     

    Dans le cadre des agressions extrêmes, Marie-France Le Heuzey évoque les « tournantes » dont peuvent être victimes les filles.

     

    Après quoi, l’orateur change de registre pour aller se positionner sur des modalités extrêmes de pratique de certains sports :

    = le ski hors piste, le patin à roulettes en s’accrochant à l’arrière d’un bus ou encore en slalomant entre les voitures

    = les sports de compétition pratiqués par des jeunes avec des risques de dopage, ou de troubles du comportement alimentaire, ou encore des problèmes de croissance,

     

    Sont encore évoqués des consommations d’alcool – avec coma éthylique à 11- 12 ans, de tabac, de drogues; des conduites sexuelles à risques, des grossesses très précoces.

    Et aussi piercing, scarifications, tatouages, dans l’axe de l’affirmation de soi, de l’expression de l’autonomie.

     

    A une question posées par la salle sur les adolescents qui ne respectent pas leur corps, Marie-France Le Heuzey répond que certains ont besoin de se confronter à l’extrême pour exister. C’est l’ordalie, au sens du Moyen Age, à l’issue de laquelle la survie est le signe que l’on vaut quelque chose à ses propres yeux et aux yeux des autres. Un défi à mobylette se conclue par la vie ou la mort à la clé.

    D’autres jeunes vont choisir de se réfugier dans des batailles entre leur alimentation et leur corps, anorexie mentale ou boulimie pouvant être liées à une souffrance extrême. Et Marie-France Le Heuzey a pu observer au niveau de ses jeunes consultantes qu’une anorexie à laquelle il était mis fin pouvait se muer en désir de piercing, et qu’une boulimie promise à l’arrêt pouvait évoluer en scarifications d’abord abdominales puis au visage pour être vues de tous.

    En dehors de ces souffrants il y a tous les casse-cou qui recherchent des sensations en utilisant le corps pour se faire plaisir – en dévalant des pentes neigeuses, en sautant à l’élastique. J’imagine que sont pointées là des pratiques exercées dans des conditions de sécurité  insuffisantes, sinon ce ne serait pas justifié !

     

    Engler09.06.10 023.jpgGraziella, une jeune étudiante parisienne, questionne sur les critères socio-familiaux afin de savoir si l’on peut Engler09.06.10 021.jpgidentifier des catégories d’enfants susceptibles de se mettre en danger plus facilement.

    La réponse est que les hyperactifs se mettent facilement en danger – impulsivité, recherche des sensations fortes, et également les « précoces », aussi les dépressifs et tous ceux qui ne s’aiment pas ou ont perdu l’estime de soi – style personne ne m’aime, je ne sers à rien, je ne suis bon à rien.

    Et plus généralement c’est n’importe quel enfant de la société actuelle qui peut, un jour, se mettre en danger via un jeu dangereux. Y compris, le routinier, le timide, l’effacé qui un jour, lassé d’être « moqué » à propos de sa réserve et sa tranquillité par sa famille et son entourage va s’y mettre aussi au moment où l’on s’y attend le moins. Pour prouver que lui aussi est capable de faire un éclat remarquable. Aussi bien que les autres.

     

    Marie-France Le Heuzey souligne que les parents sont des exemples et une ambiance familiale violente va diffuser, par les enfants, vers l’extérieur. Des copains ou des fréquentations violentes répandent aussi cette violence. Les images violentes des médias font de même.

     

    On peut conclure ainsi à l’audition des propos échangés mercredi soir.

    Il n’y a pas de profil type d’enfants à risque quant à un attrait pour les jeux dangereux.

    Le livre « Jeux Dangereux » de Marie-France Le Heuzey, publié en avril 2009 chez Odile Jacob, n’est pas écrit pour effrayer parents, Engler09.06.10 024.jpgenseignants, adultes – et j’ajoute les enfants qui seront demain des parents -  mais pour leur demander d’ouvrir l’œil.

    Et puis de canaliser au mieux l’énergie vitale qui est le propre de la jeunesse.

    Outre son ouvrage de 2009 Marie-France Le Heuzey a publié chez Odile Jacob « L’Enfant Hyperactif » en mai 2003, « L’enfant Anorexique » en novembre 2003. L’auteur est médecin psychiatre à l’hôpital Robert Debré à Paris, dans le service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent.

    Engler09.06.10 006.jpgPour finir Marie-France Le Heuzey se désole de l’extension des prises de risque et de leur rajeunissement.

     

    Pour être complet voici ce que nous conte la 4 ème page de couverture de son livre de 2009: « Prendre des risques fait partie du développement normal de l’enfant, cela lui permet de gagner en assurance et en autonomie. Mais il arrive que l’enfant, poussé par le besoin de se mettre à l’épreuve ou de soulager une souffrance cachée, ou parfois juste pour s’amuser, se retrouve en situation de danger. Jeux dangereux, sports à risque, pratiques sexuelles non protégées, consommation d’alcool ou de drogues, scarifications, anorexie, conduites suicidaires…Marie-France Le Heuzey nous donne des conseils pour transmettre à nos enfants et adolescents le goût de la vie et le sens du respect. Pour les aider à se découvrir et à grandir… sans se mettre en danger. »

    Et, dans quelques jours, on découvre sur Dailymotion le film de la soirée.

     

    Moins de 18 ans, voilà ce qui a été dit à propos de certains d’entre vous. Quant à l’extension et au rajeunissement, ce sont les grands adultes responsables qui y ont contribué par leur demandes constantes d’autonomie au plus tôt.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photos archives personnelles : Anne-Marie Engler et Marie-France Le Heuzey, la page de couverture du livre en haut ; plus bas Anne-Marie à gauche et le Dr Le Heuzey à droite; plus bas les mêmes et la salle; tout en bas un invité surprise avant le début, sur les genoux d'Elie le caméraman)