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jeu la loi

  • Jean-Pierre Rosenczveig : juge pour enfants et ami

    Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

     

    Tous ceux qui sont concernés par le sort des enfants qui passent entre les mains d’un juge des enfants seront intéressés par bobigny11octobre08 014.jpgle livre de  Jean-Pierre Rosenczveig. Paru en mars 2009 aux éditions Bayard il s’intitule « Pourquoi je suis devenu Juge pour Enfants ».

     

    Pour 13 euros 50 on découvre  en 111 pages ce magistrat aux qualités humaines hors normes.

    Dans le bon sens. Juge pour enfants et ami des enfants.

     

    Qui ouvre le dialogue avec deux catégories de jeunes (p.64) le Procureur de la République faisant souvent office de gare de triage. En cas de délit, le juge pour enfants  Jean-Pierre Rosenczveig entre en scène s’il est saisi par le procureur de la République ou encore par la victime. Du côté des actes de délinquance, il est juste. Sévère si nécessaire. Il ne passe pas sur certaines frontières. Ainsi à Bobigny en 1992 pour un gamin il décide ; « La taule, direct » ce mineur ayant « mis un couteau sous la gorge de quelqu’un » (p.79).

     

    En cas de mineur en danger, ce même juge peut se saisir directement du « cas » de ce jeune  

    Je souhaiterais que tous les enfants qui peuvent avoir à faire avec la justice aient la « veine » de rencontrer une personne de sa qualité.

    Un magistrat qui a les pieds sur terre, qui se remet constamment en question, qui privilégie le fond plutôt que la forme.

     

    Ce qu’il préfèrerait toujours, quand il ne s’agit pas de délinquance, c’est d’avoir simplement à tenir la plume pour enregistrer officiellement le consensus familial obtenu par sa « médiation » autour d’un moins de 18 ans, non délinquant, qui est arrivé jusqu’à son bureau de juge pour enfants, l’avis de ce jeune étant écouté. Je sais, un vrai médiateur doit être totalement extérieur, mais bon, vous comprendrez j’espère ce que je veux dire.

    Car, pas coïncé comme certaines ou certains, n’hésite pas à proposer de recevoir ensemble toute la famille – parents, grands-parents, bref tous les concernés de fait autour d’un jeune - si l’enfant en est d’accord pour un tour de table, ou plusieurs. Cela pour la recherche de la meilleure solution pour cet enfant.

    Je cite page 101 : « Le bon juge pour enfants, c’est celui qui accompagne la vie, ce n’est pas celui qui prend des décisions. C’est un scribe social. »

    Dommage que certain garçon – non délinquant, non maltraité - n’ait pas eu affaire à lui : il n’eut jamais été placé, évitant d’avoir son à venir « foutu en l’air » en l’écartant du cursus général pour lequel il était fait et où il était en collège. Sans parler du reste.

     

    Le juge pour enfants est "le seul juge qui peut remettre en cause ses décisions deux minutez après les avoir prises, si de nouveaux éléments se manifestent" (p. 102). Pour un magistrat qui y pense et le fait, combien s'en abstiennent ?

     

    bobigny11octobre08 003.jpgUne chose que j’ai découverte dans ce livre facile à aborder, un article du code civil qui oblige le juge à toujours trouver une solution : «  Article 4 de code civil : un juge doit toujours trouver une réponse à un problème. » (p. 36) et aussi toujours le même article : «le juge qui refusera de juger, sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi, pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice » (p.35). Un juge pouvant être poursuivi, j’ai halluciné !

     

    Un exemple pour illustrer la marge de manoeuvre d’un juge pour enfants. Ce que l’auteur dit choisir « d’inventer une réponse ». Eventuellement, la Cour d’appel contrôlera, puis la Cour de cassation, s’il le faut» (p. 36).  Il s’agit de l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) et l’exemple mentionné n’est pas là pour faire une publicité de l’IVG. Juste un exemple.

    Avec le vote de la loi de 1975, les mineures enceintes pouvaient avoir recours à cet acte avec accord des deux parents. Gardant en tête que l’autorité parentale est pour protéger l’enfant – pas le sanctionner – quand il estimait nécessaire de se substituer au père ou à la mère, Jean-Pierre Rosenczveig autorisait alors l’IVG. Direction l’Angleterre avec une éducatrice de l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance), institution vers laquelle la jeune personne s’était tournée. Depuis lors, en 2001, l’IVG est devenue plus simple légalement pour une mineure : accord d’un seul parent et accompagnement par une « personne majeure de leur choix » (p. 37). En clair, voilà ce qui est rédigé p. 36 : « Dans mes interprétations, il y a toujours une base juridique. Je ne me suis jamais mis hors-la-loi, du moins pas hors de la loi qui devait être votée. Je l’ai anticipée : elle a été votée après. Mais il faut parfois prendre des risques pour protéger les libertés des autres ».

     

    Celui qui est aujourd’hui « un des quatre magistrats les plus importants de France dans le domaine de la justice des mineurs » (p. 103) précise page 28 : « Je n’ai jamais été membre d’un parti mais à travers le syndicat, oui, j’ai fait de la politique ». Il s’agit du Syndicat national de la Magistrature.

     

    Jean-Pierre Rosenczveig  tient un blog, alimenté par l’actualité, où il écorne toutes les dérives injustes du côté des enfants et des droits de l’homme: http://www.rosenczveig.com

     

    Il est le seul à s’être lancé dans la découverte de La Loi par les très jeunes et les adultes grâce à un jeu Place de La Loi, version junior ou/et version adulute, que je conseille aux écoles, aux ludothèques, aux centres d’animation et de loisirs d’acquérir. Les particuliers peuvent aussi l’acheter.  Pour cela joindre: APCEJ (L'Association pour la Promotion de la Citoyenneté des Enfants et des Jeunes) qui est 41 rue de la République 93200 SAINT-DENIS Tel 01.48.30.81.98 - Fax 01.49.33.00.29, mail: contact@apcej.com. Le prix est de 50 euros TTC version junior ou adulte, frais d'envoi de 13 euros; opuscule de 89 questions pour 5 euros. Pour commandes groupées consulter le sécrétariat.  

     

    Il a fait beaucoup et fait beaucoup avec l’association DEI France, émanation chez nous de Défense des Enfants International. J'en suis membre. Section française,  41 rue de la République, 93200 Saint-Denis  T. 01 48 30 81 98  www.dei-france.org ; contact@dei-france.org

     

    Vraiment un magistrat exceptionnel. Intéressant. Qui doit être aussi un grand-père formidable !

     

    Vous l’avez constaté, je suis plutôt « fan » de ce président du Tribunal pour enfants de Bobigny.

     

    Certes, je ne suis pas d’accord avec tous ses points de vue. Normal. On ne rencontre pas les mêmes jeunes. On se situe dans des axes différents de vie et de parcours professionnel.

    Quand il fait un parallèle entre juge et médecine ou chirurgie, je note qu’il est toujours possible de changer de médecin ou de chirurgien si le contact ne se fait pas. Pour un juge des enfants il faut subir car tout est sectorisé. Or, on le sait, la part personnelle entre pour beaucoup en ligne de compte dans une décision. 

     

    Un gros point commun cependant existe entre l’exercice de sa justice et de ma médecine : savoir accompagner. Ajouter au travail prescrit des arabesques non prévues, non obligatoires mais qui aident à changer les vies. Un exemple de l’auteur – que j’aurais pu écrire aussi - « tout à l’heure j’ai dit à un gamin : « Va voir le service éducatif. » Il me répond : « C’est où ?  » Je peux choisir de répondre : « En bas ». Je peux aussi descendre moi-même. » (p. 92)

    Le magistrat continue « C’est ma façon de me conformer à la loi, qui impose au juge pour

    enfants non pas une obligation de résultats, mais une obligation de moyens. Pour moi, le juge pour enfants ne doit pas se contenter de dire :« J’identifie un problème, je confie à un service compétent, et « affaire suivante » ». Certains le font. Moi, je considère qu’il ne faut pas en rester là. Si quelqu’un vient me voir avec un problème, certes je lui réponds :; « Allez taper à cette porte-là. », mais je passe aussi un coup de fil pour que la porte s’ouvre. » (p.93)

     

    Les jeunes, je me rends compte n’avoir présenté qu’un petit peu du livre  « Pourquoi je suis devenu Juge pour Enfants ». Allez le découvrir. Il est important de mieux connaître un homme qui est très influent dans les décisions prises autour des jeunes et des jeunes dans la famille. D’accord ou pas avec certaines de ses prises de position, ce magistrat est un homme respectueux de tous les autres, respectable, sincère, aux actes en harmonie avec la pensée. Ce n’est pas si fréquent !

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photos archives personnelles : Jean-Pierre Rosenczveig à Bobigny lors du colloque national  le samedi 11 octobre 2008  pour le 10 ème anniversaire du Fil d’Ariane de Catherine Gadot, association aidant les familles d’enfants placés et leurs enfants : en haut en président - le 3 ème à partir de la gauche, plus bas en magistrat toujours joignable lors de la pause de midi)

    Association agréée "jeunesse et d’éducation populaire" (arrêté n° 07-1894 du 8 juin 2007) sous le n° 93JEP07.086