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jean-pol tassin

  • Cannabis : dépendance ?

     

    tassin.jpgAvec le Cannabis, dépendance ? ou pas ?

    Le Centre Emergence à Paris, rattaché à l’Institut Mutualiste Montsouris, apporte son aide à des jeunes devenus dépendants à l’alcool, au tabac, aux jeux vidéo et au cannabis.

    Si en moyenne la consommation ou l’essai de cannabis – drogue non licite je le rappelle – démarre autour de 15 ans, elle peut avoir lieu parfois dès 11 ans.

    Le cannabis a fait couler beaucoup d’encre.

    Actuellement, les études continuent et on semble en être arrivé à ce qui va suivre.

    On est tous quelque part des individus uniques, par un patrimoine génétique particulier, d’une part – on ne s’attarde pas sur les jumeaux homozygotes, et par l’environnement unique aussi dans lequel ce patrimoine génétique se développe. Part de l’inné. Part de l’acquis.

    En raison de ces variations de fait entre personnes, le cannabis consommé par certains peut leur donner des sensations de ne pas se sentir bien. Il faut stopper, c’est la sagesse. Inutile de déclencher des problèmes pouvant conduire aux rives de la psychiatrie !

    Des expériences menées en Espagne avec des souris montrent qu’elles ont plaisir à consommer du cannabis, sans la moindre pression sociale ou environnementale.

    Jean-Pol Tassin, Directeur de Recherches au Collège de France, a creusé la question avec ses collaborateurs.

    La satisfaction est différente de la dépendance.

    La dopamine qui permet le plaisir ne suffit pas pour créer la dépendance.

    Par contre il existe au niveau cérébral deux systèmes, l’un concernant la noradrénaline, l’autre relatif à la sérotonine, le couplage des deux permettant que cela se passe aussi bien que possible du côté du fonctionnement cérébral. La noradrénaline est le neurotransmetteur de choix pour l’attention, l’émotion, l’apprentissage. La sérotonine régule le sommeil, l’appétit et d’autres fonctions dont la régulation de la production de noradrénaline.

    Quand ce couple dysfonctionne, tout se gâte, le découplage engendrant la dépendance. Les travaux de Jean-Pol Tassin, publiés en 2006, ont montré les liens étroits entre dopamine, noradrénaline et sérotonine.

    La prise de drogues en général empêcherait la régulation souhaitable. Le cannabis pourrait causer des dégâts importants tout particulièrement à l’époque où le corps grandit, mettant en place sa stature achevée d’adulte. En ces jeunes années le cerveau, en construction biologique évolutive, est sensible à ce qui pourrait nuire à sa bonne croissance, dont une intrusion mal venue du cannabis. Ce qui produirait une dépendance par rupture de l’équilibre entre dopamine, noradrénaline et sérotonine, notamment en cassant le couplage noradrénaline-sérotonine. Alors qu’une consommation identique de cannabis par un adulte à la maturation cérébrale avancée donnerait des conséquences biologiques bien plus minimes.

    Du côté du tabac, la nicotine seule ne produirait pas ce découplage. Mais les fumeurs de tabac ingèrent en même temps que la nicotine une foule de produits annexes dont certains causeraient ce découplage. ’

    Le tabac est le produit qui engendre la plus forte dépendance. Suivi en seconde position par la cocaïne, en trois par l’héroïne, en quatre par l’alcool, en dernier par le cannabis.

    Evidemment ce billet ne vise pas à encourager la consommation de produits illicites, quel que soit l’âge.

    Simplement à éclairer un peu sur l’état actuel des connaissances quant aux circuits de plaisir et de dépendance.

    Les intéressés par ces questions en apprendront davantage en allant consulter les publications de Jean-Pol Tassin. En suivant ensuite l’évolution des connaissances.

    Jean-Pol Tassin offre sur le Net un Quizz cannabis en 15 questions aux réponses claires. C’est sympathique et vite réalisé. Un outil, aussi, pour tester à l’occasion les connaissances des adultes à ce sujet.

    Pour une fois une consigne d’abstinence : pas de cannabis les moins de 18 ans !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (illustration ; Jean-Pol Tassin)