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  • Jean-Louis Debré, Nan Aurousseau, Sihem Habchi et Marc Machin

    Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

      

    S’entendent-ils ? S’écoutent-ils ? 275px-Jean-Louis_Debr%C3%A9_14_mars_2009.jpg

    imagesMachin.jpgCe n’était pas fruit du hasard.

    Il y a quelques jours, le 11 avril 2009, de 17h56 à 18h56 se trouvaient réunis sur un plateau télé les personnes suivantes : Jean-Louis Debré, Nan Aurousseau et la patronne actuelle de NPNS (Ni Putes Ni Soumises) Sihem Habchi. Etait aussi invité et présent Manuel Valls. On était chez FOG, Franz Olivier Giesbert, sur la 5.

     

    Manuel Valls fut lui-même et sans histoire.

    Ce sont les 3 autres qui m’ont un peu saisie.

    Voilà pourquoi.  

    Il m’a semblé – c’est peut-être subjectif, je n’ai pas chronométré ! – que Jean-Louis Debré, président du Conseil Constitutionnel, s’est vu accorder un bon temps de parole. Sa famille, assimilée bonne servante de la République sur 4 générations successives, lui a apporté le soutien nécessaire. Il est le premier à déclarer son absence de Baccalauréat. Mais quand on est fils, petit-fils, arrière petit-fils d’un Debré…. cela facilite la suite. Dont d’accéder à une capacité en droit suivie d’une licence en droit et la suite.

    Docteur en droit public, ancien élève de L’Ecole Nationale de la Magistrature pour ne mentionner que cela, son parcours politique - localement effectué dans l’Eure - l’amène par ailleurs à devenir président de l'Assemblée Nationale. Ensuite Jacques Chirac, ami fidèle alors Président de la République, le nomme  Président du Conseil Constitutionnel en  2007.

    Il ne pouvait rêver mieux cet appartenant à la tribu des Debré. Son père Michel Debré, a rédigé la constitution de la V ème république, son grand-père Robert Debré est pédiatre hyper connu et académicien, son arrière grand-père est Simon Debré – rabbin à Neuilly-sur-Seine en 1888 et inhumé au cimetière du Père Lachaise -, le frère de Michel, son faux jumeau de 1944, Bernard, est aussi en Aurousseau.jpgnojoud28.1.09 017.jpgpolitique, médecin  apprécié et membre du CCNE (Comité Consultatif Nationale d’Ethique), etc…

    Sur ce fond connu et célèbre, Jean-Louis Debré vient de sortir un livre «Les grandes familles républicaines" chez Fayard qui s’ajoute à d’autres ouvrages.

    Bilan sans faille pour ce fils qui s’est coulé dans une dynastie familiale au service de la France. Un homme élégant pour qui tout va bien.

    Pour Sihem Habchi cela semble moins bien. La responsable de NPNS paraît disposer de moins de temps.

    Sihem dénonce - non pas l’ancien régime, formellement disparu – mais les dynasties intellectuelles, les familles qui se transmettent en quelque sorte de génération en génération les commandes de l’Etat.

    Or, ces postes de direction flamboyants, les issus de circuits moins favorisés par la naissance y ont peu accès. Faute d’un coup de pouce, presque jamais donné qui pourrait engendrer une métamorphose. Du moins c’est ce que je perçois.

    Ce disant, celle qui est la voix de NPNS se réapproprie une phrase de Nan Aurousseau quand cet ancien sous les verrous évoquait, avant que Sihem Habchi prenne la parole, l’importance majeure de l’éducateur qui avait, d’un coup, épaulé sa vie lui permettant alors de basculer dans le bon sens. Celui de maintenant.

     

    Nan Aurousseau présentait son dernier livre « Le ciel sur la tête » paru chez Stock. On le sait, ce gamin du XX ème, d’une rue à 50 mètres du lieu d’où je vous écris, ne cesse de dénoncer la prison comme élément destructeur. Des voix et non des moindres se sont élevés dans ce sens depuis longtemps. Et l’on sait bien que le mieux est de ne jamais découvrir cette case.

     

    C’est à propos de la vie avant prison que je note que des phrases d’incompréhension circulent entre Jean-Louis Debré et Nan Aurousseau. Le président du Conseil Constitutionnel expédie à Nan Aurousseau en pleine face qu’il a obtenu tout ce qu’il fallait pour ne pas se retrouver incarcéré. Ces apports étant juges pour enfants, éducateurs, lieux fermés de rééducation.

    Nan Aurousseau rétorque de son mieux mais l’échange est inégal, comme avec Sihem Habchi. Un peu gênant pour ces deux là qui ne vivent pas du côté du rivage du Président du Conseil.

     

    Au passage j’observe l’habileté de Jean-Louis Debré  – on sent le métier appris sur le terrain au contact des électeurs, le talent de ce bretteur pour remettre en place ses adversaires politiques – à désarçonner ses deux partenaires de plateau.

     

    En particulier Nan Aurousseau. Je ne le connais pas. Je n’ai lu à ce jour aucun livre de lui. Cependant je suis stupéfaite, Jean-Louis Debré parlant comme si tout fonctionnait parfaitement.

     

    Je ne sais pas pour les jeunes délinquants : je n’en connais pas un seul.

    Mais je sais que pour les enfants non délinquants non maltraités placés à tort entre les mains de juges pour enfants – tous ne sont pas des Jean-Pierre Rosenczveig -, de services sociaux et d’éducateurs les dysfonctionnements sont constants. Et méconnus faute d’enquêtes.

     

    Pour confirmer les propos de Nan Aurousseau, il existe la parole d’un jeune assimilé jadis, il y a 7 ans, à un petit délinquant, qui laisse découvrir très concrètement les dysfonctionnements évoqués. Ces erreurs graves, lourdes de conséquence sont en effet décrites par Marc Machin dans le premier quart de « Seul contre tous », publié chez Pascal Galodé en mars 2009. (voir ici au 4.4.2009 Arash Derambarsh, Marc Machin et Seul contre tous).

    Marc Machin a été condamné par erreur judiciaire et a fait 7 ans de prison à tort avant que le coupable se dénonce avec vérification par tests ADN.

    Dans l’avant prison de Marc Machin on voit bien que, derrière une façade légale, rien ne fonctionne comme il faudrait, à l’inverse de ce que pense Jean-Louis Debré.

     

    Quant à Sihem Habchi, présidente de NPNS, il va lui falloir continuer à faire entendre sa voix et son écho. Derrière une envie de postes officiels se déployait, en toile de fond, un désir de davantage de réussite visible pour les petits, les sans grade dont  elle a la charge.

     

    Conclusion les jeunes : ne jamais se lasser. Dire et redire ce qui est important. A force, des paroles crédibles finissent par trouver leur chemin. Même si pour l’instant entre ces trois là on peut encore se demander jusqu’où est allée l’écoute réciproque.

     

    Contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr (Photo : en haut : à droite Jean-Louis Debré sur Google, à gauche Marc Machin sur la couverture de son livre; plus bas à doite Nan Aurousseau sur Google; à gauche archives personnelles: Sihem Habchi le 28 janvier 2009 lors de la venue de Nojoud Ali à Paris)