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jean-françois saluzzo

  • Grippe A(H1N1): à l’écoute le 14 mai 2009

    Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.  

     

    Autres billets sur cette grippe: le 29 avril "Grippe ? pas de panique !"; le 1er mai : ""1er mai 2009: suite grippe", 4 mai "Point grippe" , 5 mai "La grippe A(H1N1) et nous".

     

    Grip14.5.09 012.jpgPas par paresse mais par efficacité, pour entendre en direct ce qui est dit par 3 Grip14.5.09 001.jpgspécialistes des maladies infectieuses réunis hier pour l’émission de C dans l’Air, je suggère d’aller écouter ce qui a été dit durant les 68’34’’ consacrées au sujet  «Grippe A : les chiffres alarmistes ».

     

    Présents sur le plateau pour faire le point et répondre aux questions : Jean-François Saluzzo, Michel Setbon, Antoine Flahault.

     

    Qui sont-ils ?

    Saluzzo a d’abord travaillé sur les virus à l’Institut Pasteur, est devenu expert auprès de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et développe – autrement dit prépare – dans l’industrie pharmaceutique des vaccins contre certaines maladies virales.

    Setbon est sociologue, spécialisé dans les domaines de la santé publique et des  risques sanitaires. Directeur de recherches au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), il est aussi responsable d’un centre de recherches à l’EHESP (Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique)

    Flahault est épidémiologiste et directeur de l’EHESP située à Rennes.

     

    L’EHESP est issue du rapprochement de l’ENSP ((Ecole Nationale de Santé Publique) et de l’université au 1er janvier 2007. C’est à l’ENSP qu’une fois docteur en médecine j’ai acquis une formation diplômante en santé publique, poursuivant ensuite dans cette voie. C’est à l’EHESP que sont formés directeurs d’hôpitaux, ingénieurs, médecins, et de façon plus générale toutes les personnes appelées à œuvrer dans le domaine de la santé publique. Pour qui veut disposer de plus de renseignements, on va sur le Net - chez soi ou en cyber - ou on se branche sur EHESP Avenue du Professeur Léon-Bernard - CS 74312 - 35043 Rennes cedex - Tél. : 02 99 02 22 00 - Fax : 02 99 02 26 25.

     

    Retour à la grippe telle qu’évoquée hier.

    Tout aussi bien, et peut-être mieux qu’Yves Calvi, vous saisirez que les virus s’adaptent depuis la nuit des temps pour Grip14.5.09 009.jpgdurer et se multiplier.

     

    Qu’il est impossible – pourtant Yves Calvi n’a cessé de revenir à la charge – de prédire ce que va devenir cette grippe importée du Mexique en septembre 2009, puis en 2010. Celle-ci ou d’autres souches toujours susceptibles d’émerger par une mutation génétique.

    On peut parler, comme pour la survenue d’un tremblement de terre, de probable. C’est tout.  

     

    Il est réel que les humains, à ce jour, ne contrôlent pas le virus A(H1N1). C’est lui qui s’impose à eux. Aux humains de se débrouiller pour se défendre – mesures d’hygiène, isolement, masques, antiviraux, vaccins, traitement des complications de la grippe, traitement des surinfections, etc…

     

    La première mesure pour faire cesser l’extension d’une épidémie étant de « parquer » chez elles les personnes. Ce qu’a fait le maire de Mexico plusieurs jours après le début de cette grippe car il faut le temps de réaliser ce qui se passe.

    Isolées chez elles les personnes non touchées par le virus ne développeront pas la maladie correspondante. Isolées et au préalable contaminées, 2 cas de figure se présentent : ou elles ne développent pas la maladie, ou elles font une grippe qui est alors soignée; si une seule du groupe est contaminée – grippe développée ou pas - la transmission aux autres personnes reste limitée au cercle familial.

    En dehors de Mexico, une telle mesure a été peu faite. Le tri en France à l’arrivée des avions du Mexique a eu lieu après un certain temps, ce qui a permis au virus de diffuser. D’où les cas rencontrés. Exactement comme pour la grippe habituelle de saison.

    Car en France et hors France tous les touchés par le virus ne sont pas malades. En conséquence, comme pour la grippe annuelle usuelle, ils font profiter leur entourage -familial, de travail, de trajets, de détente, etc… - de leur virus. Un sens du partage dont on se passerait bien !

     

    Actuellement on a de la chance. Le virus n’est pas très agressif. Et les cas observés de par le monde sont en majorité des cas secondaires. Autrement dit des cas apparus chez des personnes n’ayant pas du tout séjourné au Mexique. Qui sont tombés malades de grippe A(H1N1) soit par contact avec une personne de retour du Mexique, porteuse du virus et malade ou pas; soit par un contact avec une personne n’ayant rien à voir avec le Mexique mais qui, à un moment donné, a rencontré le virus présent chez un futur malade ou chez quelqu’un qui ne le sera pas.

     

    Au cours de l’émission il est indiqué qu’un porteur de virus - pas forcément malade -  le transmet à 2 autres. Ces 2 autres là, pas forcément malades, le passent à leur tour chacun à 2 autres, et ainsi de suite.

    On connaît ce type de progression. D’où le résultat, normal, observé jour après jour au plan mondial.

     

    Les contaminés, porteurs du virus plusieurs jours, ne sont pas forcément malades et transmettent le virus autour d’eux. Rien de nouveau sous le soleil en matière de chaîne épidémique grippale.

     

    Il faut être raisonnable et accepter de n’être pas tout puissant dans cette affaire.

    Se résigner à voir toutes les assurances proposées, et même les assurances des assurances, être impuissantes vis-à-vis de l’inconnu qui est face à nous.

     

    Pour stopper plus vite, il eut fallu isoler. Pour contrôler la diffusion dès la première semaine il eut fallu confiner. C’eut été un principe de précaution poussé à l’extrême !

     

    On est nombreux à avoir pris l’habitude de pouvoir aller d’un continent à un autre, soit physiquement, soit virtuellement par les réseaux sociaux. Si le virtuel ne crée pas un risque de transmission du virus de la grippe le physique, lui, cause ce risque.

     

    Dans les pays correctement équipés – cas de la France – il n’y a pas lieu de s’effrayer à ce stade. Le virus A(H1N1) en promenade ne se montre pas très agressif.

    Il semble avoir une particularité : préférer les corps sains, jeunes, en bon état de marche,  et déclencher dans un tiers des cas diarrhées et vomissements, d'où deux modes de contamination supplémentaires - en sus de la voie aérienne - et une nécessité accrue de renforcer le lavage de mains. 

     

    L’inconnu réside en ce que personne n’est capable de prévoir, de deviner, ce que va devenir le virus A(H1N1) en allant faire son séjour en zone intertropicale. On a d’ailleurs été jusqu’ici peu en souci de ce qui se passait hors pays développés.

     

    Mais les maladies infectieuses ne connaissent aucune frontière.

     

    Rien de particulier à faire maintenant, hormis renforcer ou acquérir si ce n’est pas fait de bonnes habitudes du côté de l’hygiène.

    Eviter de serrer les mains en ferait partie mais c’est très éloigné de nos habitudes culturelles. Pour moi la première ce serait une révolution, pas forcément comprise d’autrui.

     

    Alors acceptons de vivre et d’avancer dans l’interrogation de ce virus grippal et, plus généralement, dans l’interrogation des maladies infectieuses.

    Les spécialistes sont au travail.

    Notre travail, à nous, simples exécutants dans cette affaire, est de continuer à vivre.

    Avec une interrogation quant à notre avenir face à ce virus qui nous échappe.

     

    Pour faire face on est quand même mieux équipés que nos ancêtres.

    Toutefois, comme nos ancêtres, nous restons à ce jour dépendants des aptitudes évolutives de ce virus. Des aptitudes à muter des virus en général.

     

    Pas de quoi se gâcher la vie.

    Surtout que, là, rien n’est caché ni celé. Même si, parfois, on peut se sentir un peu gavé.

     

    Certes Michel Setbon est préoccupé par une notion simple : le fait qu’une population ne peut pas rester très longtemps en alerte. D’où un souci de ne pas démarrer trop tôt des mesures à prendre - ni trop tard bien sûr. En 2008 Michel Setbon a conduit une enquête sur « les perceptions de la population face aux alertes répétées d’une pandémie grippale imminente » ; il a également publié chez Elsevier en 2004 un livre « Risques, sécurité sanitaire et processus de décision ». 

     

    Je serais plus optimiste. A tort ?

    Certes les enquêtes donnent un bon reflet de ce qui peut advenir. Cependant le fonctionnement du monde bouge, on ne cache plus grand-chose aux populations qui échangent entre elles. Qu’il faut cesser de prendre quelque part pour des systématiquement sous développées ou pas informées.

    Ce n’est là que mon point de vue personnel.

     

    A suivre tranquillement, les moins de 18 ans.

     

    francoiseboisseau@wanadoo.fr (photos émission C dans l’Air :  en haut à droite Michel Setbon, à gauche Antoine Flahault ; plus bas  Jean-François Saluzzo).