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  • Hervé Vilard auteur de L'Ame seule

    Sans préparation ni aide, René Villard – qui deviendra le chanteur Hervé Vilard- vit plusieurs années dans une famille paysanne, les Auxiette, auxquels il se lie ainsi qu’à la campagne berrichonne qui leur permet de vivre.hervé vilard,jean-françois kervéan,fayard

     

    Mais le grand ordonnateur de placement des enfants veille.

    Et, en 1957, le dernier jour de classe à Saint Saturnin, un certain monsieur Auffort, directeur et tuteur, embarque littéralement à l’issue des résultats donnés, le jeune René dans sa voiture… pour voir la mer.

    Même pas permis de dire un au revoir à la Mône – son prénom est Simone – et Nénesse les parents nourriciers qui ont pris soin de lui pendant plusieurs années. Pas un mot d’adieu possible. René est emporté, tel un paquet, sans lui demander son avis.

     

    Le trajet est long. René constate : « Je suis trop loin maintenant, je ne franchirai plus jamais la barrière vermoulue du Rondet. » (p.62) Le Rondet; là où est la nature que René appréciait et qui avait su l’accueillir.

    Il explique : « Selon eux, ces vacances doivent me suffire à oublier les Auxiette ».

    Mône Auxiette avait su faire plaisir à René, en lui offrant un livre : Poil de Carotte de Jules Renard. Ce livre personnel, ce livre offert, n’accompagne pas René dans sa migration forcée.

     

    Migration décidée parce que sa maman, Blanche, a cherché à retrouver son fils. C’est en gare d’Austerlitz, alors qu’il a quitté l’orphelinat Saint-Vincent-de-Paul pour être transféré dans le Cher chez les Auxiette, qu’il lui a été passé - comme aux autres petits en cape bleue marine – « autour du cou un collier de perles de bois avec une médaille en laiton. Sur le col de mon chandail pend le matricule 764 ». (p.15)

    L’intéressé note : « Ma mère ne m’a pas abandonné. Elle m’a négligé. Une voisine jalouse l’a dénoncée aux services de l’enfance pour un amant qu’elles ne voulaient plus se partager » (p.18)

     

    L’été 1957, alors qu’il a 11 ans - il est né un 24 juillet à Paris – René découvre que sa maman veut le reprendre alors qu’on lui avait dit qu’elle était morte. En outre il n’est pas autorisé à lui parler. S’il le fait, il y aura un rapport et ce sera pour lui la maison de correction.

    René Villard a compris :

    « Maintenant, j’ai un but, je sais qu’il ne faut pas s’attacher, ce n’est plus la peine. Quelqu’un me cherche, quelqu’un m’attend.

    Je vais te retrouver, Blanche ». (p.68)

     

    Avec l’automne 57 le jeune René découvre les familles maltraitantes. Le positif, cette fois, va lui venir d’un curé, l’abbé Angrand. Quant à l’instituteur, il nomme René « l’Ame seule ». (p.73)

     

    Je vous conseille de découvrir par vous-même L’Ame seule, un livre très bien écrit. On y sent la campagne qui vit et vibre au rythme des saisons. On y découvre les personnes bien campées qui environnent René, de vrais gens.

     

    Au années dans les familles d’accueil succède une suite bouillonnante où l’on essaie de faire de René Villard un apprenti. Ce qui ne réussit pas. Après divers rebondissements, il a la chance de rencontrer à Paris, par hasard, Daniel Cordier, qui fut secrétaire de Jean Moulin. Monsieur Cordier va s’occuper de le sortir de la tutelle encore exercée par Saint Vincent de Paul avenue Denfert-Rochereau, dont le directeur est maintenant Auffort.

    Cet « Auffort s’aplatit devant lui ». (p.218) Lui ? Daniel Cordier.

     

    Ensuite les choses s’enchaînent. René Villard travaille sa voix et gagne sa vie.

    Arrive assez vite le succès avec « Capri, c’est fini », qui sera aussi tube de l’été. Le tube d’Hervé Vilard.

     

    Ce livre, moins de 18 ans, publié en 2006 chez Fayard, est un témoignage de la vie du chanteur Hervé Vilard, par lui-même. Il a été écrit avec l'accompagnement de l'écrivain Jean-François Kervéan. Je vous en recommande la lecture. Il se trouve en édition de poche pour 6 euros 50.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (couverture du livre L'Ame seule)