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jean-claude vitran

  • Jean-Claude Vitran : la traque des Roms.

     

    Vitran.jpgLes Roms, européens ou pas, ont-ils cessé d’être des humains ?

    On peut se le demander en voyant le déferlement des violences légales vis-à-vis d’eux depuis quelques semaines.

    Seraient-ils donc devenus, soudainement, tous des bêtes sauvages ? Des animaux enragés ?

     

    Dans un billet du 28.07.2008 intitulé "Vivre chez les Roms"- il y donc déjà deux ans - j'avais consacré ici quelques lignes aux  Roms de Crotone, proposant le témoignage vécu de Petites soeurs du Père de Foucauld ayant choisi de vivre avec eux. Religieuses dont ma marraine fait partie. Déjà, en Italie, ce ne semblait pas tous les jours faciles.

     

    En France, dans le pays qui m’a vu naître, dans ce pays où ma mère achetait toujours avec son bon sourire - nous vivions dans une commune des Deux-Sèvres où je séjourne encore parfois - quelque chose aux gens du voyage venus sonner à notre porte, napperon ou panier joliment tressé, histoire de leur donner quelque argent pour les aider à vivre, que se passe-t-il ?

     

    On dirait que les dragonnades sont de retour. Pas pour chasser les protestants mais pour chasser ces personnes, dont de très jeunes enfants.

    L’ami Jean-Claude Vitran, de la Ligue des Droits de l’Homme, dans cet article que je relaie, prône la désobéissance. Jean-Pierre Dacheux signe avec lui ces lignes.

     

    Voici le texte de leur note sur les droits et besoins des êtres humains du samedi 14 août 2010 :

    « Au delà des mots, l’engagement total !

     

    En France, change-t-on de République ou plutôt la République ? L’Europe, fort heureusement, ne se limite pas à la France, toutefois, la France influence l’Europe et des milliers de "Rroms non européens" ( !) sont, par exemple, refoulés vers le Kosovo, qu’ils ont fui, et où ils ne seront pas les bienvenus ! Ce qui se passe, actuellement, en France, donc, intéresse l’Europe tout entière !

    Nous n’avons que les mots comme outils pour l’action, mais nous voici pourtant bien au-delà des mots !

    Nous découvrons notre impuissance face à une politique romaphobe dont l’ampleur et la rudesse nous a surpris. On compte par dizaines les expulsions de campements de Rroms partout en France, sans oublier les Français, dits « gens du voyage », qu’on pourchasse aussi s’ils ne stationnent pas exactement là où il est prévu qu’ils s’arrêtent.

    La violence des interventions policières commandées par l’État, la brutalité des discours ministériels étonnent et révoltent l’opinion internationale, au sein des organisations officielles, tant au niveau européen qu’au niveau de l’ONU.

    Notre stupéfaction n’a d’égale que notre profonde tristesse. Nous sommes également traversés par une vague de colère qui nous meurtris, mais point tant que les « Roms et gens du voyage », qui sont, eux, traités comme des choses ou des délinquants a priori !

    Qu’un État, le nôtre, ose jeter des familles à la rue sans aucune considération pour ce qu’elles vont devenir, ne peut qu’avoir une explication : susciter ou réveiller la haine à l’encontre des « nomades » comme l’on disait jadis, pour tenter de déclencher des réflexes sécuritaires pouvant permettre de regagner une confiance perdue, après l’effondrement des sondages de popularité.

    En faisant un contre-feu médiatique, on joue avec ce feu ! On risque, comme on l’a vu en Italie, de réanimer le nationalisme le plus fou et et d’aller vers des pogroms meurtriers.

    Il est sidérant que les fonctionnaires de police et les administrations préfectorales obéissent, sans la moindre hésitation, à des ordres racistes. Car racisme il y a ! Quand une catégorie de population est désignée à l’opprobre et à la vindicte populaires, que ce soit la nature ou la culture des intéressés qu’on évoque, on sombre, alors, dans le racisme !

    La France dont parle Nicolas Sarkozy et ses partisans aux ordres a cessé d’être la France, celle qu’on aime. Les élus qui s’inclinent devant cette discrimination brutale, bien volontiers à l’UMP, ou sournoisement, comme nombre d’élus dits de gauche, qui laissent hurler les loups, ont rompu avec la France des Droits de l’homme.

    Les Rroms seraient-ils tous en situation irrégulière, les « gens du voyage » seraient-ils tous répréhensibles, -ce qui n’est bien évidemment pas le cas !-, que la France devrait assumer ses responsabilités vis à vis d’une population mise à part, et ne pouvant y compris pas bénéficier des lois et règlements la concernant, qu’il s’agisse de la loi Besson ou des recommandations nombreuses et claires de l’Union européenne.

    La Justice passe après la force. Les premiers à subir les mesures les plus rigoureuses, voire les plus brutales, sont au nombre des plus pauvres des humains, et ceux qui leur manifestent de la solidarité sont, à leur tour, considérés comme des délinquants ! Cela ne saurait durer sans que de vifs conflits se développent !

    La mauvaise foi et la malveillance nourrissent, à l’évidence, une politique pernicieuse qui aggrave une situation qui n’était déjà pas positive.

    Que faire ? Désobéir, bien sûr ! Ne pas respecter des directives inhumaines. Se rapprocher des familles. Leur dire notre solidarité. Rencontrer nos compatriotes français pour leur exprimer notre reconnaissance du droit à vivre, s’ils le veulent, en habitat mobile. Se porter aux côtés des étrangers, roumains ou bulgares, pour leur réaffirmer que nous acceptons leur présence en France, terre d’Europe.

    Nous ne sommes ni laxistes ni naïfs. Nous savons que toute population contient des éléments criminels mais nous savons aussi que les généralisations, au lieu de faire reculer la criminalité, l’exacerbe. La répression, seule, conduit toujours à l’échec.

    Une longue lutte pour la dignité s’engage. Le gouvernement actuel en sortira vaincu ou conduira notre pays vers une zone trouble qui est de celles dans lesquelles s’engouffrent et périssent les démocraties. En nous solidarisant étroitement avec les Rroms, nous savons qu’une fois encore ce sont les parias qui nous ouvrent les yeux. Nous resterons lucides et inflexibles. Les Rroms et autres Manouches, quel que soit le nom qu’on leur donne, qu’ils soient Français ou étrangers, sont nos compatriotes européens. Les menacer, c’est nous menacer. Nous ne laisserons pas faire ceux qui salissent la France sans résister. »

     

    Moins de 18 ans, pas besoin de réfléchir longtemps pour sentir, qu’après les Roms, on peut décider de s’en prendre, légalement, à n’importe quelle catégorie de citoyens.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photographie : Jean-Claude Vitran)

     

     

  • Jean-Claude Vitran, LDH et Travailleur Sans papier

     

    Vitran.jpgJean-Claude Vitran est très connu pour sa défense des droits de l’homme. Il est animateur du groupe de travail Libertés à la LDH, Ligue des Droits de l’Homme Il accomplit ce travail en réglant des cas concrets, au quotidien, et aussi à des niveaux plus généraux en participant à des groupes de travail en France comme à l’étranger pour faire avancer les choses dans le bon sens.

    Voici ce que dénonce la LDH, Ligue des Droits de l’Homme, le 9 mars 2009, appelant à la régularisation de travailleurs « officiels ». Je cite :

    « Val d’Horizon : Ils bossent ici, ils vivent ici, ils restent ici !

    Communiqué de la fédération du Val-d’Oise de la LDH
    Une quarantaine de travailleurs sans papiers de la société Val d’Horizon, qui organise pour le compte du Syndicat Intercommunal EMERAUDE la collecte et le traitement des déchets de la Vallée de Montmorency par l’intermédiaire de l’entreprise de travail temporaire MAN BTP, sont entrés en grève, soutenus par la CGT, pour protester contre leurs conditions de travail et de rémunération.

    Chaque matin dès quatre heures, à côté de la gare de Soisy sous Montmorency, ils attendent qu’un responsable de Val d’Horizon les embauche, ou non, pour une tournée de ramassage avec un camion et ce jusqu’à 12, 13 , ou 14 Heures.

    Leur paye de 600 à 1200 euros par mois leur est délivrée sous forme d’un chèque sans ordre ou par une carte bleue utilisable sur un compte ouvert par MAN BTP.

    Cette situation démontre s’il en était besoin, que l’exploitation des travailleurs immigrés sans papiers est un système économique largement développé dans le « Pays des Droits de l’Homme ».

    Elle confirme le peu de cas qui est fait de ces populations en situation précaire et fragile.

    Ces atteintes aux droits et à la dignité des plus faibles se généralisent car les réalités économiques et les choix politiques amènent certaines communes à se désengager.

    Chaque salarié, quel que soit son statut et son origine doit voir ses droits reconnus et garantis.

    La Ligue des Droits de l’Homme, Fédération du Val d’Oise, s’insurge contre cette situation et en appelle aux pouvoirs publics pour qu’ils régularisent les travailleurs sans papiers et punissent les exploiteurs.

    Contact : Jean-Claude Vitran, Ligue des Droits de l’Homme, Fédération du Val d’Oise. 06 89 18 34 78 ».

    Qu’observe-t-on à la suite de cela ? Ce qui suit, paru dans Le Parisien le 11 avril 2009. Je cite toujours.

    « La ligue des droits de l’homme vient de se voir notifier la suppression de sa permanence hebdomadaire à Saint-Leu-la-Forêt.

    Une décision prise par le maire (UMP) Sébastien Meurant. « Cette fermeture est une honte pour notre démocratie et confirme la volonté de certains élus de restreindre un peu plus nos libertés et notre rôle social envers les plus défavorisés », déplore Jean-Claude Vitran, le responsable départemental de la Ligue.

    Ouverte depuis plus de deux ans dans le centre social de la maison du Charme-au-Loup, avenue de la Gare, la permanence avait lieu tous les vendredis après-midi. Elle recevait, selon Jean-Claude Vitran, de 150 à 200 personnes par an. « Des gens de toute origine que nous assistions dans leurs démarches administratives et pour la régularisation d’un grand nombre de travailleurs sans papiers. »

    « Jean-Claude Vitran est quelqu’un d’agressif et d’un sectarisme extraordinaire, réplique l’élu. Quand je l’ai reçu dans mon bureau à la mairie, il s’est permis de me répéter que, lorsque les lois ne lui convenaient pas, il ne les appliquerait pas. C’est un appel intolérable à violer les règles. » Et de renchérir. « C’est quelqu’un de très engagé politiquement qui prend des positions dangereuses. » En attendant de trouver un local proche d’une gare, la permanence de la Ligue va se rapatrier provisoirement à Eaubonne ».

    Observer bien les jeunes. Quand cela les arrange, des élus ou des responsables peuvent appeler à la désobéissance civique pour faire changer des lois. Quand cela les dérange, ces mêmes élus ou responsables qualifient d’agressifs ceux qui ne vont pas dans leur sens.

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo Google images : Jean-Claude Vitran)