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jean vilar

  • Thibaud Valérian Avignon 2011

    thibaud valérian,théâtre,avignon,jean vilar,guy tréjan,madeleine barbuléeThibaud Valérian a donné à plusieurs reprises des spectacles en Avignon.

    Venu en observateur pour ce 65 ème festival, il a été sollicité, impromptu, pour une lecture dans la cour de la Maison Jean Vilar. 

    Ce qu'il a réalisé hier, mardi 12 juillet, à 18 heures. Intelligemment, avec l'écoute d'un public se faisant attentif à la voix de ce lecteur d'exception.  

    Car lire un texte en en restituant l'âme ne s'improvise pas.

    Nombre de bons acteurs sont, fréquemment, de piètres lecteurs.

    Ayant entendu, avant la prestation de Thibaud Valérian, une dizaine d'intervenants, j'ai été déçue. 

    Plusieurs ont accepté de s'élever dans les airs sur une balançoire, dispersant les mots de leur texte vers les nuages. Certes, un micro relayait, mais c'était raté. D'autres se sont encadrés à une fenêtre, ou présentés  sur une terrasse, ou encore se sont offerts, platement, sur un banc parmi les spectateurs.

    Tout cela au détriment de l'auditoire et de la participation de ce public pour lequel, après tout, le festival d'Avignon a été créé. 

    Le théâtre est construit de 3 blocs incontournables : l'auteur, le ou les comédiens, le public.

    L'idée d'une lecture de textes non stop durant 24 heures en hommage à Jean Vilar était intéressante. Si elle est appelée à être reprise, il serait convenable de la réaliser mieux. 

    J'en reviens à l'acteur Thibaud Valérian qui a choisi, pour servir le théâtre, d'utiliser l'estrade en place. Avec, en fond de tableau, le nom de Jean Vilar. L'emploi d'un micro adéquat. Une attitude distinguée et souple. Une voix bien posée, entraînée à l'exercice délicat et difficile de la lecture d'un texte.

    Le silence s'est fait.

    Une alliance étroite s'est établie entre lecteur, auditeur et Jean Vilar par son texte. Un texte à réfléchir sur la part de l'auteur et celle du metteur en scène lors d'un spectacle.

    J'ai vécu avec une jubilation certaine des minutes de fusion avec la foi et la pensée de Jean Vilar, avec son enthousiasme créateur, grâce à la médiation créée par la lecture de Thibaud Valérian.

    Au-delà des mots, on entendait le silence. Ce silence recueilli qui illumine toute communion intégrale au "sacré", à cette impalpable respiration de l'homme en osmose avec tout l'univers. En ces minutes de sincérité le texte, transcendé, permettait l'union au divin.

    Le public ne s'y est pas trompé. Il a reconnu de ces moments rares de partage. 

    Il les a savouré, comme moi, exprimant sa satisfaction par des applaudissements nourris. 

    Thibaud Valérian interviendra-t-il à nouveau dans le cadre de ce 65 ème festival ? 

    On peut le souhaiter.

    Cet acteur talentueux, filleul de Guy Tréjan et de Madeleine Barbulée, a su émouvoir, il y a quelques années, en proposant une version du Livre Blanc que son auteur, Jean Cocteau, aurait apprécié. Avignon s'en souvient toujours. 

    De par les hasards de son parcours artistique, Thibaud Valérian est le seul héritier de plusieurs grands du théâtre. Anouilh, Planchon, Barbulée, Tréjan - pour ne citer que 4 noms - sont de ceux-là.

    Raison de plus pour désirer une nouvelle participation, non prévue au programme, de Thibaud Valérian au cours de ce 65 ème festival.

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photo : Thibaud Valérian hier à la Maison Jean Vilar)