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  • Jean-Luc CALYEL et le GIGN à Europe 1 chez Jacques PRADEL

    Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouvez. Merci. 

    Le 19 janvier 2009 163 visites avec 338 pages lues

    Grâce à Alexandra, lectrice de ce blog, qui m’a passé l’information, j’ai pu entendre hier la voix posée de Jean-Luc CalyelJL.jpgCALYEL, l’auteur du livre sur le GIGN, paru aux Editions du Cherche Midi, qui a suscité sur ce blog beaucoup de réactions gign calyel.jpgpositives.

    Par les récits réels qu’il nous livre et qui nous tiennent en haleine, Jean-Luc Calyel a touché son but : faire connaître le quotidien de ces gendarmes d’élite dont il a fait partie 14 années, mettre en avant les qualités physiques, mentales, morales dont il faut disposer – car être du GIGN n’est pas jouer au cow-boy ! – et faire passer plus généralement vers les adolescents un exemple de vie réussie au service des autres.

    J’ajoute que  les ingrédients d’une telle réussite peuvent être utilisés quelle que soit la profession à laquelle on accède, GIGN ou pas. Et je sais gré à Jean-Luc Calyel d’avoir mis en avant l‘importance de qualités morales un peu effacées du quotidien des moins de 18 ans. Pas leur faute. Mais on ne leur en parle guère.

    Filez vite, dès que vous le pourrez, sur Europe 1 pour entendre l’homme Jean-Luc CALYEL dans l’émission de Jacques PRADEL Cafés Crimes le 13 janvier 2009 à 14 H00. Il vous reste quelques jours avant le 22 ou 23, dernier jour de retransmission. D’ailleurs rien n’empêche d’enregistrer. 

    Jacques Pradel anime avec talent le rappel complet de l’épisode du vol AF 8969 Alger-Paris par Airbus transportant 172 passagers, action de piratage du 24 au 26 décembre 1994 au cours de laquelle 3 passagers sont abattus sur le tarmac d’Alger avant escale à Marseille, le but des preneurs d’otages étant de faire crasher l’avion – et eux- sur la Tour Eiffel. Dès avant Marseille le GIGN est sur pieds et l’on suit l’action de Jean-Luc sur place, avec son binôme, à l’intérieur de l’avion.  

    D’autres épisodes sont rapportés, celui du « transferrement » de prison de Francis le Belge, celui de la mutinerie en septembre1992 de Moulins, Isère, avec 170 prisonniers en révolte au départ, chiffre qui se réduit par la négociation à 4 au moment de l’assaut.  

    Le message de Jean-Luc est constant : dans une crise majeure, toujours gérer ses émotions ; Dans le cas de l’Airbus, alors que les terroristes avaient décidés d’être kamikaze, ils se tournent instinctivement, face aux tirs du GIGN à l’intérieur de l’appareil, en situation de riposte; ceux du GIGN ne relâchent pas un instant la pression, maintenant un tir tendu pour que les preneurs d’otages oublient précisément les passagers, leur cible initiale de négociation, toujours dans l’avion, avec de nombreux étrangers qui ne parlent pas le Français et ne comprennent pas le : «Gendarmerie ! Couchez-vous » lancés vers eux.

    Pour mener de telles actions, aussi réussies, il y a un entraînement constant – y compris sur avions dont l’action parfaitement bien coordonnée conduite à Marignane, aéroport de Marseille. Une mise au point physique sur fond d’esprit d’équipe, de fraternité absolument nécessaire pour obtenir des résultats aussi justes. Jean-Luc Calyel le rappelle : « Le groupe ne fait qu’une personne, qu’une seule âme. » Et encore : « Quand l’un de nous est enrhumé, tout le monde prend du sirop. » Et aussi « Même à la retraite, on reste soudés.»

    Lors d’une action, tout est avant préparé, prévu, cadré. Mais il surgit souvent de l’imprévu et à ce moment là on s’adapte. En binôme, en trinôme, peu importe.

    Le but constant est de sauver des vies. Et une mission est réussie quand aucun coup de feu n’est tiré. S’il faut faire usage d’armes, alors c’est toujours en essayant de ne tuer personne (ndlr : quasi impossible pour l’Airbus Alger Paris posé à Marignane où tous les preneurs d’otages ont été tués par la force des choses, bien que l’objectif, outre celui de sauver les passagers, ait été de les garder en vie).

    En bon gendarme, Jean-Luc nous dit le plaisir – quelque part- de disposer d’un matériel super top à tous niveaux d’intervention. C’est digne de ce que l’on peut voir en fiction, sauf que là c’est bien réel.

    Comment entre-t-on au GIGN ? Sans piston et d’abord en étant gendarme de base. Auxquels un concours national est proposé. Après réussite à ce concours, en satisfaisant à des normes médicales classiques sur le plan physique et psychologique, on est bon pour le service. Avec d’abord une mise à niveau GIGN pour laquelle il convient de s’accrocher.

    Tout est, ici comme ailleurs, dans la motivation.

    Quelque part les mousquetaires du Roi « Un pour tous et Tous pour un » étaient les ancêtres de ceux du GIGN. Avec une différence. Ceux du GIGN sont au service de toute la population, en cas de crise majeure insurmontable à propos de laquelle tous les autres moyens ont échoués. L’appel à cette unité d’élite est alors l’ultime recours.

    Le GIGN intervient 60 à 70 fois par an. Même si ceux qui en font partie sont prêts à donner leur vie, il est important de la garder…ne serait-ce que pour rester apte à libérer d’autres personnes.

    L’assaut de l’Airbus à Marignane a changé la vie de Jean-Luc Calyel. Et dans le studio de Jacques Pradel en entendant le récit des 17 minutes de fusillade il ne cache pas que des frissons lui parcourent tout le corps. Bien normal ! car sur les 30 lancés à l’assaut, 10 seront blessés dont un grièvement qui a perdu alors 70 % de la motricité d’un bras. Hormis  les 3 passagers abattus, tous les autres sont sortis indemnes physiquement, évacués dans le temps record de 90 secondes. Le copilote menacé d’être abattu s’est jeté du cockpit, soit 7 mètres de haut, et est vivant, ayant écopé passagèrement d’un fémur et d’un bras cassés. 

    A propos d’une autre affaire où Jean-Luc n’était pas présent, le bus de Djibouti, c’est une seule détonation qui met hors de combat 3 personnes. En vrai il y a 3 impacts par 3 tireurs coordonnés. Cette instantanéité est le fruit d’un entraînement qui débute chaque lundi à 8h00 par l’équipe de relève toute fraîche.

    Pour finir, un usage qui rappelle le tir de la pomme de Guillaume Tell. Il est de coutume de faire ceci avec son binôme. A 25 mètres avec un 357 magnum on vise le pigeon suspendu au niveau du gilet pare-balles du binôme. Une seule détonation et le pigeon se brise. On a là la précision du tireur et la confiance totale du porteur de pigeon en argile. Le gilet pare balle protège d’une balle. Le reste est un tir juste.

    Les moins de 18 ans, plongez dans le livre de Jean-Luc CALYEL. Cet homme n'est pas un donneur de leçons, je les fuis ceux-là ! Mais il montre la vie. Et pour tous, garçons et filles - même si il n'y en a pas pour l'heure au GIGN - les propos de Jean-Luc qui est aussi un penseur de paix à propos de la vie sont à méditer. 

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (illustration: à doite couverture du livre paru au Cheche Midi; à gauche Jean-Luc CALYEL Google images)