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  • Arielle Adda et J C Terrassier, psychologues des « doués » ou précoces.

     

    adda.jpgArielle Adda et Jean-Charles Terrassier sont deux psychologues deTerrassier.jpgl’enfant doué… puis de l’adulte doué. Car l’un suit l’autre, inexorablement.

    En préface d’un livre d’Arielle Adda : « Le guide de l‘Enfant doué. Le découvrir, le comprendre, l’accompagner sur la voie du plein épanouissement » paru dès 1999, édité à nouveau en 2004 et 2008 chez Solar, Jean-Charles Terrassier éclaire, par quelques lignes à l’énoncé précis, sur deux caractéristiques encore trop présentes en France : l’uniformité éducative pourvoyeuse de l’inégalité des chances, l’emploi préférentiel du test d’intelligence pour jauger le retard plutôt que la précocité.

    adda-300x239.jpgNaître « doué » n’est pas toujours bon. Plus encore, sans doute, si l’on est élevé en milieu socio-culturel peu favorisé, le risque d’être « éliminé » par le système éducatif restant grand.

    Choquant ? Inexact ?

    Je vous laisse découvrir la préface écrite par monsieur Terrassier, celui qui osa en France, 3 ans après mai 68, fonder une association – aujourd’hui ANPEIP, Association Nationale Pour Enfants Intellectuellement Précoces – pour aider ces enfants normaux, atypiques et nombreux. Au moins 2,3 % de la population. Des enfants qui resteront des adultes « doués », aux parcours souvent évoqués depuis des années dans des articles publiés par l‘auteur de ce livre de 2008, Arielle Adda, la première à écrire avec la sagesse et l’intelligence du cœur au sujet de ces grands-là.

    Voici donc la réflexion proposée par Jean-Charles Terrassier :

    « La diversité des enfants est un fait.

    La rigidité de la société, de son système éducatif et de ses normes en est un autre, tout aussi évident.

    Comment un enfant doué, précoce, en marge de la norme, peut-il réussir à exister, à ne pas renoncer à être lui-même dans un contexte a priori inadapté à sa personne ?

    Telle est la problématique à laquelle Arielle Adda s’attache à apporter des réponses.

    *

    L’intelligence est souvent dite, à juste titre, facteur d’adaptation, mais, paradoxalement, elle peut devenir un facteur d’inadaptation chez l’enfant lorsqu’il perçoit, plus ou moins consciemment, que cette dimension de sa personnalité n’est pas la bienvenue.

    C’est tout l’art de l’éducation, et en premier lieu celui des parents, de garantir un épanouissement normal, c’est-à-dire total, de l’enfant.

    Dans cette perspective, la sensibilité de l’enfant compte autant que l’intelligence.

    Les deux sont d’ailleurs inéluctablement intriquées. L’intelligence entraîne un « effet loupe » sur la sensibilité de l’enfant doué, dont le regard aiguisé va percevoir et parfois difficilement intégrer, ce que les autres enfants du même âge n’auront pas même entrevu.

    L’enfant doué est aux prises avec de multiples décalages internes du développement au sein de sa personnalité, et avec son décalage par rapport aux normes sociales et scolaires – ce que les psychologues nomment dyssynchronie.

    Cette situation bien particulière aurait pu mobiliser l’intérêt des spécialistes en éducation et en psychologie. Ce ne fut pas le cas dans notre pays, où, cependant, avait été inventé le premier véritable test d’intelligence – qui fut utilisé, il est vrai, davantage pour évaluer le retard que la précocité.

    C’est pourquoi ce sont des praticiens comme Arielle Adda et moi, et quelques autres, et non des enseignants d’Université, qui publient des livres et témoignent de la réalité quotidienne des heurs et malheurs des enfants doués. Un jour peut-être, les officiels de la psychologie oseront s’apercevoir que l’existence des enfants doués pose autant de questions en matière d’éducation que celle des enfants en retard.

    *

    Car, en définitive, à qui profite l’indifférence à l’égard des besoins des enfants doués ?

    Dans l’absolu, à aucun enfant doué, mais, à l‘évidence, elle altère davantage encore les chances de réussite des enfants de familles de niveau socio-culturel modeste, qui auront rarement les moyens d’oser intervenir auprès des enseignants et de s’offrir une consultation auprès d’un psychologue compétent. Ces enfants sont alors totalement à la merci du système, et l’on sait qu’à potentiel égal ils ont deux fois moins de chances de succès.

    *

    L’uniformité, en matière d’éducation, conduit à l’inégalité des chances. Cette évidence a longtemps été niée car il est plus facile, et apparemment démocratique, d’affirmer que tous les enfants doivent être éduqués comme s’ils étaient identiques.

    Entre 1971, date à laquelle nous avons fondé en France la première association pour les enfants surdoués (ANPEIP), et maintenant, le travail de sensibilisation a eu quelque impact. Actuellement, des parents et des spécialistes osent revendiquer justice, et même le ministre de l’Education nationale déclare que les enfants surdoués ne doivent plus être éliminés par le système éducatif.

    Un tel gâchis humain n’est pas surprenant, car, jusqu’à présent, les enseignants ne bénéficient d’aucune formation ni même d’information sur l’existence, les particularités et les besoins des enfants doués.

    *

    Arielle Adda, avec son intelligence sensible, peut permettre aux parents, aux enseignants et peut-être même à l’Education nationale, de percevoir et de comprendre leur fragilité liée à la précocité. Car l’école constitue encore trop souvent n carcan qui altère le développement et l’épanouissement des enfants doués.

    Le mouvement pour la libération de l’intelligence à l’école et pour le respect de l’enfant est lancé, mais il a besoin de toutes les énergies et de toutes les compétences face à l’inertie et à la routine.

    *

    « Les enfants surdoués devraient pouvoir bénéficier des conditions d’enseignement adaptées leur permettant de mettre pleinement en valeur leurs possibilités dans leur propre intérêt et dans celui de la société. »

    Ce ne sont ni Arielle Adda ni Jean-Charles Terrassier qui ont écrit cette phrase, mais bien le Conseil de l’Europe dans sa recommandation 1248 adoptée en 1994.

    *

    Alors, décidons-nous, les enfants attendent !

    Jean-Charles Terrassier »

    Cela fait sept ans que je me suis décidée, en apprenant la situation de mes petits-enfants à l’occasion de tests de QI en juin 2003, deux mois après le décès par maladie de leur jeune papa.

    Et je ne remercierai jamais assez la maman du Boulevard de Charonne dont les trois enfants étaient présents au catéchisme de l'église proche du Bon Pasteur où j’accompagnais alors l’aîné, son ainée à elle étant surdouée testée et les plus jeunes allant suivre. Sans cette maman également enseignante, ces deux privés de leur papa seraient restés privés de la connaissance d’une partie indispensable d’eux-mêmes. Où en seraient-ils aujourd’hui ?

    Depuis sept ans, je fais ce que je peux. Et ce billet vient participer à cette action modeste.

    L’été est une saison propice pour lire ou relire Jean-Charles Terrassier et Arielle Adda. Moins de 18 ans et  plus, décidez-vous !

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (photographies : Arielle Adda, Jean-Charles Terrassier ; couvertures de deux livres d’Arielle Adda)