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  • Indignez-vous ! Stéphane Hessel, Indigènes

    Un cri du cœur. Un cri de l’âme. Un cri de l’esprit.

    Le cri d’un homme de 93 ans maintenant qui a su s’indigner tout au long de sa vie.

    Au plus tôt.

     

    Il y a quelques années, lors d’un passage à la télévision, je l’avais entendu et regardé. Il « ne mâchait pas ses mots », comme on dit.

     

    Dans ce bref ouvrage, suffisant pour dire ce qui ne va pas dans le monde actuel, Stéphane Hessel, semblable à lui-même, militant de l’homme, militant de la dignité humaine, militant du respect des plus faibles, clame sa pensée. Son désir de non violence plutôt que de violence. Tout en signalant que, parfois, il ne reste plus que la violence pour dire ce qui déraille.

     

    Ainsi, dans les deux pages consacrées à Mon indignation à propos de la Palestine, il est sûr que le Hamas ne sert pas sa cause en expédiant des rockets sur Sdérot. Mais l’exaspération, ce « déni de l’espoir » des Gazaouis explique cela. L’auteur conclut comme suit au sujet de cette exaspération qu’il qualifie de « compréhensible, je dirais presque qu’elle est naturelle, mais pour autant elle n’est pas acceptable. Parce qu’elle ne permet pas d’obtenir les résultats que peut éventuellement produire l’espérance.»

     

    Pour rester plus général, Stéphane Hessel démarre ce qu’il veut communiquer par le Conseil National de la Résistance et le rôle majeur de Jean Moulin. C’est à ce Conseil que la France libérée doit ses principes et valeurs, socle de sa démocratie.

    « De ces principes et de ces valeurs, nous avons aujourd’hui plus que jamais besoin. Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l’égard des immigrés, pas cette société où l’on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale, pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis, toutes choses que nous aurions refusé de cautionner si nous avions été les véritables héritiers du Conseil National de la Résistance ». page 9

     

    L’auteur évoque les jeunes enseignants qu’il soutient qui « se sont indignés, ont « désobéi », ont jugé ces réformes » - celles de 2008 – « trop au service d’une société de l’argent et ne développant plus assez l’esprit créatif et critique ».

     

    Il indique : « C’est tout le socle des conquêtes sociales de la Résistance qui est aujourd’hui remis en cause ». page 11

     

    Suivent une explication de l’indignation, moteur de la résistance. Des lignes conduisant à l’évocation des droits de l’homme, droits universels, au sujet desquels « Si vous rencontrez quelqu’un qui n’en bénéficie pas, plaignez-le, aidez-le à les conquérir ». page 12

     

    Stéphane Hessel parle alors de Deux visions de l’histoire : l’une optimiste, l‘autre catastrophique. Puis il stigmatise, pages 14 et 15, l’indifférence comme la pire des attitudes. Partie qu’il conclut concrètement par un appel aux jeunes à qui il est proposé : « regardez autour de vous, vous y trouverez les thèmes qui justifient votre indignation – le traitement fait aux immigrés, aux sans-papiers, aux Roms. Vous trouverez des situations concrètes qui vous amènent à donner cours à une action citoyenne forte. Cherchez et vous trouverez ! »

     

    C’est là que jaillit l’indignation d’Hessel à propos de la Palestine, pages 17et 18. Suivie par une plaidoirie sur La non violence, le chemin que nous devons apprendre à suivre, car «  la violence tourne le dos à l’espoir. Il faut lui préférer l’espérance, l’espérance de la non-violence ».page 20

     

    Cette plaquette se termine par un appel Pour une insurrection pacifique, insistant sur « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

     

    Ce sont les éditions Indigènes, www.indigenes-editions.fr, à Montpellier qui nous offrent pour 3 euros ces pages mémorables dont je conseille la lecture éclairante.

     

    Stéphane Hessel est clair, direct, précis. Il n’y a aucun prêchi-prêcha.

     

    Je suis sûre, chers moins de 18 ans, que vous avez sous les yeux, près de vous ou autour de vous, une personne dont les droits sont mis à mal en tant qu’être humain, tout simplement. Vous pouvez l’aider, toujours. Une parole gentille, un sourire ne coûtent rien; ils font partie de ces petits plus qui aident à trouver sa place dans le monde actuel, à « conquérir », à bénéficier de droits basiques et normaux. Quel adulte oserait reprocher à un jeune un propos aimable en humble cadeau à autrui ? On peut commencer ainsi.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr