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georges brassens

  • Brassens, par Jacques Vassal

    georges brassens,jean-claude blahat,jacques vassalUn excellent livre pour mieux connaître Georges Brassens est celui écrit par Jacques Vassal Brassens, homme libre publié aux éditions Le Cherche Midi en mars 2011, prix 22 euros. Sur environ 630 pages organisées en 14 chapitres suivis d’annexes, il y a de quoi arpenter et le créateur - auteur compositeur interprète, et ses œuvres et sa méthode et ses sources.

     

    Les titres des chapitres qui vont des pages 17 à 484 sont 14 verbes, tous à l’infinitif. Il faut donc plonger dans le texte pour découvrir, au chapitre 4 intitulé Mûrir comment Brassens a fini par débuter et être connu.

     

    Né à Sète le 22 octobre 1921 à 18 heures, Brassens aura, comme son père, le souci du beau, de l’harmonie.

    En 1946, récupérant le piano de tante Antoinette qui est décédée, Georges teste ses mélodies au piano avant de les passer à la guitare.

    De 1948 à 1951 les auditions de Brassens au cabaret ne donnent rien. Il a 30 ans. Ces refus ne sont pas du mieux pour le moral. Pourtant Georges tient bon.

     

    Et un concours de circonstances finit par se produire. Un militant anarchiste par ailleurs fleuriste avenue de la République a, parmi ses clients, Jacques Grello chansonnier au Caveau de la République. Grello entend Georges chez lui, tout simplement et est séduit. C’est un premier pas. Un autre copain, Victor Laville, conduit Georges à une audition décisive avec Patachou. Patachou, née Henriette Ragon, chante chez elle 15 rue du Mont Cenis à Montmartre où elle fait se produire d’autres artistes. Le 15 Mont Cenis est l’annexe de la pâtisserie de son mari qui a eu l’idée du pseudonyme Patachou.

    Le 24 janvier 1952, après le tour de chant de Patachou, Georges est poussé sur scène. Et c’est Au village sans prétention suivi de Brave Margot, Les amoureux sur les bancs publics, Le gorille (p 135). C’est gagné ! Merci Patachou !

    Aux amis d’Europe 1, vingt ans après, Georges dira :

    « Je n’ai jamais connu ni l’incompréhension des critiques ni l’incompréhension du public : dès que j’ai eu mis le pied sur une scène, j‘ai eu immédiatement parmi les critiques une forte majorité de gens qui aimaient mes chansons et qui le clamaient, et une forte majorité du public qui me témoignait son attachement, son intérêt. Je ne me suis jamais aperçu que des gens ne m’aimaient pas ; je le sais très bien, que des gens ne m’aiment pas, mais enfin je n’en ai jamais souffert, je n’ai jamais eu la prétention de plaire à tout le monde. » (p 139)

    Jacques Vassal, page 142, insiste sur le « son Brassens » qui entre dans l’oreille, la réussite des textes venant en prime.

    Des textes qui ont permis, souvent, de découvrir ou redécouvrir des poètes.

    Le 20 avril 1953, Brassens entre à la SACEM, Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique.

    En 1954 c’est un grand prix de l’Académie Charles-Cros.

    Et le 23 février 1954 son premier récital à l’Olympia.

     

    Au chapitre 5, Ecrire, on découvre ce que dit Eric Battista 2 novembre 1990 « quand il est arrivé sur scène, c’était déjà Brassens, ses chansons étaient faites et il a très peu varié. » (p 155)

    Et encore il « avait peur et même horreur de faire de la peine aux gens » (p 157)

     

    Je vous laisse chercher ce livre, l’emprunter, le déguster, chanter avec.

    Les annexes sont aussi passionnantes, dont un entretien avec un ami d’enfance Robert Barrès (p 521 à 530). Cet ami, devenu prêtre, témoigne que la Bible était un des livres de chevet de Georges. Un également avec Alain Souchon (p 561 à 565) qui dit de Georges « pour moi, il incarnait la liberté intelligente ». Autre entretien avec Serge Gainsbourg (p567 à 570) ; parlant du style de Brassens, Gainsbourg nous dit : « Son style, c’est un tout, un triangle équilatéral. Le rythme, la mélodie et les harmonies. »

     

    J’ai entendu Jean-Claude Blahat chanter Brassens : c’était génial ! Merci !

    Merci à Sète d’avoir donné Georges Brassens, Jean Vilar, Paul Valéry, et d’autres.

    Merci à Jacques Vassal qui nous conte au mieux Georges Brassens, environné d’autres chanteurs tels Jacques Brel, Léo Ferré, etc…Bonne lecture !

     

    Contact francoiseboisseau@wanadoo.fr 

  • Pierre Richard, Christophe Duthuron

    richard1.jpgPierre Richard, le grand blond à la chaussure noire, est universellement connu. Même au fin fond de la Russie.

     

    Cet aristocrate-prolétaire a fait rire et sourire, avec un comique sans vulgarité, quantités dearash10.JPG spectateurs. Et continue à le faire.

     

    Ainsi au théâtre La Pépinière à Paris où, jusqu’au 31 décembre 2010, il interprète quelques autoportraits, à la verve dynamique jaillissante, auxquels les non parisiens accèderont par le livre signé Pierre Richard et Christophe Duthuron : Franchise Postale, Autoportrait par correspondance.

     

    Vrai ! Je me suis régalée en plongeant dans le monde de Pierre Richard, écrit en complicité avec Christophe Duthuron.

    Ce dernier, par sa démarche, peut servir d’exemple à de nombreux moins de 18 ans en recherche d’eux-mêmes. De ce qu’ils sont. De leur place dans cette vie. Ici et Maintenant.

     

    Non pas en copiant Christophe Duthuron mais en osant. Comme Christophe a osé certain jour, où la motivation était forte pour lui, rencontrer en direct Pierre Richard. Oui, l’avenir sourit aux audacieux. Depuis toujours. Pour longtemps.

     

    Vous m’aurez compris : l’introduction du livre signé par Christophe est un morceau majeur. Qui introduit parfaitement la suite, à savoir 13 lettres reçues par Pierre Richard et auxquels il est réponse. Avec au passage un déploiement de culture que je souhaite à de nombreux petits français d’acquérir, hors école autant qu’à l’école, qu’ils soient élèves de primaire ou de secondaire.

     

    Ce livre a été publié aux Editions Le Cherche Midi http://www.cherche-midi.com en août 2010. Et je n’y aurais sans doute pas porté une attention particulière si Arash Derambarsh, directeur du département politique et personnalités publiques de cette prestigieuse maison, ne me l’avait pas signalé.

     

    Au sein de ce livre, l’ami talentueux, hélas disparu, que fut pour Pierre Richard le compositeur François de Roubaix revit. (première lettre)

    Aznavour et son écharpe en cachemire, massacrée par de la sauce au restaurant par notre maladroit, est là, bien campé.(deuxième lettre)

    Et le Jules César chuintant de l’époque du TNP. (troisième lettre)

     

    Et puis Brassens, l’inoubliable, l’incontournable. En réponse à la douzième lettre, il est dit de ce chanteur compositeur philosophe poète : « ce type irradiait tout ce qui l’entourait. Il ne donnait de leçons à personne. Sa seule bonté nous donnait envie de mériter sa compagnie, sa seule présence sollicitait le meilleur de nous.»Ce baladin des temps modernes était « toujours là quand se produisaient les artistes de la première partie ». Cette partie qu’assuraient alors Victor Lanoux et Pierre Richard. « Immanquablement, Georges était près du rideau, debout, la face illuminée, qui nous adressait des petits hochements de tête pour nous encourager. « C’est bien, les enfants, continuez, n’ayez pas peur. » Nous étions portés par sa bienveillance et donc meilleur que jamais. » (page 239) Plus tard c’était le tour de Brassens.

     

    Nombreux sont les films de Pierre Richard en DVD ; Et je suis sûre que nombre de jeunes français connaissent son visage et ses manières.

    Dans un monde dont je déplore le pessimisme ambiant, le goût pour le bonheur de Pierre Richard est un bon exemple. A suivre.

     

    Aucun moins de 18 ans, en situation de vie « normale » ne me démentira.

     

    Alors on fait comme habituellement. On réclame ce livre en bibliothèque. On le fait acheter s’il n’y est pas – 17 euros. On se le fait offrir.

    On peut aussi s’exercer à la lecture en famille d’un chapitre ou d’un autre. Une manière détourné, mais plaisante, pour les plus jeunes d’acquérir un peu de vocabulaire nouveau, de découvrir une manière de penser – celle de Pierre Richard/Christophe Duthuron, à tout lemoins intéressante. En bref, fréquenter autrement qu’à l’école la langue française, peut conduire - qui sait ? - à  y prendre goût ou à en retrouver la saveur oubliée.

     

    Bon théâtre pour les chanceux parisiens.

    Bonne lecture pour tous !

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr(illustration : La Potinière, Arash Derambarsh cliché personnel)