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garde à vue

  • Mineurs et Policiers

    Envoyé Spécial sur la 2 le jeudi 4 février a diffusé dès 20H35 un documentaire excellent « Policiers délits mineurs » donnant bien la tendance actuelle qui vise à regarder les jeunes comme des adultes, à armes égales en quelque sorte. Ce qui n’est pas le cas ne serait-ce qu’au niveau du développement physique dans la majorité des cas.

    Des représentants des forces de l’ordre ont accepté de parler. Ils avaient mal vécu la médiatisation de certaines affaires et voulait donner leur point de vue, leur version, mettant en avant leur bon droit en application directe des textes de lois.

    La 1 ère histoire présentée s’est déroulée en zone rurale au collège de Marcillac en octobre 2008. Les enseignants et les collégiens ont très mal vécu alors l’arrivée de la police – implantée juste en face de l’établissement, de l’autre côté de la rue – avec le chien renifleur de drogue. Les élèves avaient été tenus au courant du passage des policiers quelques jours avant et aucune drogue n’a été trouvée. Quelques cartables ont été reniflés et une jeune fille a été fouillée. De trop près à son goût - normalement selon la policière - et la collégienne a conté sur le Net cet acte traumatisant pour elle.

    Les enseignants ayant été aussi stupéfaits que les élèves, il a semblé après réflexion qu’il avait eu confusion entre une action d’information/prévention et une action de contrôle. Une sévère observation a été faite aux forces de l’ordre.

    Dans ce pays petit où tout le monde se connaît et se côtoie au quotidien, bien obligé de passer l’éponge.

    La 2 ème histoire a eu lieu à l’école Louis Aragon à Floirac. Un garçon de 6 ans est interpellé à la sortie de l’école par les gendarmes pour un vol de vélo, ainsi qu’un autre de 10 ans. Pour celui de 10 ans, c’est une erreur : le vélo est bien à lui.

    Celui de 6 ans a effectivement volé un vélo dans le jardin d’une adulte qui identifie le 2 roues une semaine plus tard. Elle en fait la remarque à l’enfant qui prétend n’avoir rien pris. Elle décide de ne pas contacter les parents choisissant de porter plainte. Pour elle, à 6 ans, il a volé, il va grandir. On suit sa pensée. Est organisé ensuite un rendez-vous entre elle et les forces de l’ordre où il est décidé d’interpeller le garçon en public à la sortie de l’école. Entre temps le responsable de l’ordre a récupéré le numéro de téléphone des parents et peut les joindre. Ce qu’il ne fait pas. Le voleur de 6 ans est conduit au poste. Ses parents viendront l’y récupérer par la suite.

    La 3 ème histoire concerne un garçon de 9 ans en CM1 dans le 18 ème arrondissement de Paris quartier de La Goutte d’Or. Lors d’une bousculade à l’école une fillette a eu le visage marqué par ce voisin. La mère porte plainte. Le garçon est entendu seul, sans les parents. Puis on lui fait visiter une cellule de garde à vue. La Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité estime mauvaise cette initiative dont la conséquence peut être soit d’effrayer, de traumatiser, soit tout à l’inverse d’engendrer une révolte avec hostilité ensuite envers les forces de sécurité. Il semblerait au final que ce garçon n’aurait pas été interpellé mais reçu une invitation à suivre les policiers. Le garçon pouvait-il légalement dire oui ? ou tout aussi légalement dire non ? Quelque chose a dû déraper puisque le policier responsable a eu un blâme.

    Un procureur rappelle que lorsqu’un mineur est pris en flagrant délit il doit être interpelé et conduit au poste de police ou à la gendarmerie pour y être entendu. Il ne pourra quitter ce lieu que quand ses parents vendront le récupérer. Le procureur ajoute qu’un enfant en danger est aussi emmené par les forces de l’ordre.

    La responsable de ce documentaire, réalisé sans parti pris, indique que la médiatisation de ce genre d’affaires - policiers-mineurs - a dérangé les forces de l’ordre.

    Certes les policiers font leur travail en appliquent la loi : quand il y a dépôt de plainte, ils doivent intervenir.

    La question qui se pose est : cette action est-elle toujours adaptée ?

    Cela se discute tant pour le 18 ème avec le blâme que pour Marcillac avec des observations qui ont été faites au service.

    Je ne discuterai pas la plainte déposée dans le 18 ème puisqu’il y avait eu violence à la personne. Celle pour vol de 2 roues me gêne davantage.

    On l’a bien compris, les policiers interviennent sur dépôt de plaintes suite à des violences volontaires faites à une personne ou plusieurs – dont il nous est dit qu’elles sont fortement en hausse chez les grands adultes, ainsi que sur dépôt de plainte suite à des vols ou une situation de flagrant délit.

    A l’heure où j’écris ceci, lors du Journal Télévisé de la 5 de 13H00 de ce mercredi 10 février, j’apprends qu’une collégienne de 14 ans du 20 ème arrondissement parisien a été placée en garde à vue durant 9 heures, d’une manière que son avocat Maître Halimi dénonce. Motif dit par la 5 de cette garde à vue : des coups administrés en réunion. Cette collégienne, libérée, aura à s’expliquer devant le juge. A ce stade que s’est-il passé exactement ? Quelqu’un a dû porter plainte. Qui ? Affaire médiatisée à suivre.

    Vouloir parler de la violence des jeunes ? Je veux bien à condition de ne pas oublier, d’abord, la violence croissante des adultes. En théorie modèle des mineurs.

    Faites attention les jeunes ! Pou vous préférer la violence 0, même pas verbale !

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr