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fuite

  • La Vache Amélie

    Pour les très, très jeunes qui ne maîtrisent pas la lecture, ce conte d'Anne-Marie Chapouton, extrait des "100 extraordinaires histoires du Père Castor" édition Père Castor. Une ou une qui sait la lecture, de moins ou de plus de 18 ans, peut prendre quelques minutes pour faire voguer l'imagination des petits.

    "La vache Amélie n'aime pas gambader. Elle n'aime pas l'herbe sucrée des prés. Elle n'aime pas donner son lait...

    La vache Amélie aime seulement regarder passer les trains, là-bas, au bout de la prairie...Les trains qui s'en vont dans le soir, qui s'en vont loin, loin, loin ...

    - "Ah ! comme je voudrais voyager !" songe-t-elle en ruminant tristement.

    Un soir, le train ralentit car le mécanicien pense à sa petite amie Jocelyne.

    Alors Amélie se dit:

    - "J'y vais !"

    Et elle saute dans un wagon.

    Comme elle est lourde, elle fait une belle dégringolade sur le tas de bûches. Puis elle se laisse aller en regardant les nuages défiler. Que c'est bon le vent frais entre les cornes d'une vache qui part à l'aventure !

    La nuit tombe... Le train s'arrête dans une petite gare. Alors Amélie saute sur le quai, et s'en va visiter la ville. Les rues sont désertes. Amélie joue avec son ombre à la lueur des réverbères. Elle valse de joie, elle fait des entrechats de vache. Elle se voit dans les vitrines, et trouve qu'elle a l'air d'une vraie ballerine. 

    Dans le jardin public, elle fait de la balançoire. Elle se roule dans le bac à sable un petit moment. Mais un agent gardien de nuit l'aperçoit.

    - "Une vache ! Viens ici, sale bête! "

    Amélie s'enfuit. L'agent se met à siffler. Alors il sort des agents de partout, partout.

    Pauvre Amélie ! On l'a capturée, et on l'emmène au zoo. Elle meugle dans la nuit.

    On a mis Amélie dans la cage de Falo, le bison d'Amérique. Ils se racontent leur enfance, et pleurent tous les deux. Au petit matin, le gardien arrive. C'est l'heure de déjeuner.

    Amélie et Falo regardent le gardien de leurs grands yeux tristes. Ils le regardent très très longtemps...Et, au bout d'un moment, le gardien soupire:

    - "Ca va. D'accord !"

    Et il leur ouvre la porte.

    Amélie et Falo se sont enfuis très loin.

    S'ils sont encore en vie aujourd'hui, vous les rencontrerez peut-être, sous un pommier ou au bord d'un étang, en train de se lécher le museau, car, bien sûr, ils s'aiment tendrement."

    Rien n'empêche de laisser vagabonder sa plume ou sa voix a capella ou en s'accompagnant  d'un instrument...

    Pour imaginer un autre conte, une chanson nouvelle. Que sais-je...Y'a pas d'âge pour créer !

    En avant !

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • La Fuite en Egypte: légende de la Sauge

    La fuite en Egypte et les miracles: la légende de la Sauge.

    Tandis que les bourreaux du roi Hérode, féroces et tout couverts de sang, fouillaient la région de Bethléem pour égorger les petits enfants, Marie se sauvait à travers les montagnes de Judée, serrant le nouveau-né sur son coeur tremblant. Joseph courait à l'avant lorsqu'ils apercevaient un  village, pour y demander l'hospitalité ou même un peu d'eau pour baigner le petit. Hélas, les gens étaient ainsi faits, dans ce pays si triste, que personne ne voulait rien donner, ni eau, ni abri, pas même une bonne parole.

    Or, tandis que la pauvre mère se trouvait ainsi seule, assise au bord du chemin pour allaiter le petit, tandis que son époux menait l'âne à boire à un puits communal, ne voilà-t-il pas que des cris se firent entendre à peu de distance. En même temps, le sol trembla sous le galop des chevaux approchants.

    - Les soldats d'Hérode !

    Où se réfugier ? Pas la moindre grotte, ni le pluis petit palmier.

    Il n'y avait près de Marie qu'un buisson où une rose s'ouvrait.

    "Rose, belle rose, supplia la pauvre mère, épanouis-toi bien et cache de tes pétales cet enfant que l'on veut faire mourir, et sa pauvre mère à demi morte."

    La rose, en fronçant le bouton pointu qui lui servait de nez, répondit:

    "Passe vite ton chermin, jeune femme, car les bourreaux en m'effleurant pourraient me ternir. Vois la goriflée, tout près d'ici. Dis-lui de t'abriter. Elle a assez de fleurs pour te dissimuler..

    - Giroflée, giroflée gentille, supplia la fugitive, épanouis-toi bien pour cacher de ton massif cet enfant condamné à mort et sa maman épuisée."

    La giroflée, tout en secouant les petites têtes de son bouquet, refusa sans même s'expliquer:

    "Va, passe ton chemin,  pauvresse. Je n'ai pas le temps de t'écouter. Je suis trop occupée à partout me fleurir. Va voir la sauge tout près d'ici. Elle n'a rien d'autre à faire que la charité.

    - Ah ! Sauge, bonne sauge, supplia la malheureuse femme, épanouis-toi pour cacher de tes feuilles cet innocent dont on veut la vie et sa mère, à demi morte de faim, de fatigue et de peur."

    Alors tant et si bien s'épanouit la bonne sauge qu'elle couvrit tout le terrain et de ses feuilles de velours fit un dais, où s'abritèrent l'enfant Dieu et sa mère.

    Sur le chemin, les bourreaux passèrent sans rien voir. Au bruit de leurs pas, Marie frissonnait d'épouvante, mais le petit, caressé par les feuilles, souriait. Puis, comme ils étaient venus, les soldats s'en allèrent.

    Quand ils furent partis, Marie et Jésus sortirent de leur refuge vert et fleuri.

    "Sauge, sauge sainte, à toi grand merci. Je te bénis pour ton bon geste dont tous désormais se souviendront."

    Lorsque Joseph les retrouva, il avait de la peine à soutenir le train de l'âne tout ragaillardi par une vaste platée d'orge qu'un brave homme lui avait donnée. Marie remonta sur la bête en serrant contre elle son enfant sauvé. Et Michel, l'archange de Dieu, descendit des hauteurs du ciel pour leur tenir compagnie et leur indiquer le plus court chemin par lequel se rendre en Egypte, tout doucement,à petites journées.

    C'est depuis ce temps là que la rose a des épines, la giroflée des fleurs malodorantes, tandis que la sauge possède tant de vertus guérissantes.

    Comme l'on dit en Provence: "Celui qui n'a pas recours à la sauge ne se souvient pas de la Vierge."

    Conte Provence, extrait de Légendes et récits du temps de Noêl. Jopseh Roumanille, repris par M. Toussaint Samat. 

    Bien sûr, il s'agit d'un conte. Les épines de la rose étaient déjà présentes, la giroflée peut sentir bon... question de goût et d'odorat. Mais comme toute légende elle éclate de merveilleux.

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr