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françois bayrou

  • Dominique Paillé publie chez Arash Derambarsh : François Bayrou, arnaque ou imposture ?

    Il y a sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouver. Merci.

      

    DO Paillé.jpgPailléDoArash.jpgPour différentes raisons, j’ai une attention particulière pour Dominique PAILLÉ, Conseiller du Président de la République et  porte parole de l'UMP, auteur de « Les Habits neufs des faux arash der.jpgcentristes. Arnaque ou imposture » qui vient de paraître aux éditions Le Cherche Midi, ouvrage soutenu par un battage médiatique imprévu déclenché par celui-là même, François BAYROU, à propos duquel le porte parole de l’UMP s’interroge.

     

    Qu’a déclaré en effet jeudi, avant-hier, sur France Info le président du Modem à propos de Dominique PAILLÉ ?

    "Cette personne, payée par l'Elysée, c'est-à-dire par le contribuable français, pour écrire un livre contre un responsable politique, est un responsable de l'UMP. C'est exactement comme si M. Besson (Eric Besson, ex-PS) voulait donner des leçons de socialisme au PS".

     

    Et toc, a pensé sans doute le béarnais.

     

    Sauf que, ce disant, il oublie totalement qu’en attaquant aussi grossièrement un ancien compagnon politique il s’en prend également à la maison d’édition Le Cherche Midi située dans la rue au même nom poétique. Maison d’édition qui ne mérite aucunement pareille injure.

     

    Où le citoyen Bayrou avait-il donc la tête ?

    Aurait-il oublié que depuis sa création Le Cherche Midi a toujours été un éditeur impartial et indépendant ?

    Aurait-il oublié que l’esprit d’ouverture du Cherche Midi lui permet d’éditer des auteurs aussi différents du coté des orientations politiques que Jean Lasalle - autre pyrénéen, François Mitterrand, Jean-Christophe Lagarde ?

     

    Ennuyeux pour un président du Modem, saisi par une ambition présidentielle, d’oublier cela.

    Et toc en retour, monsieur  Bayrou !

     

    Car le résultat du conseiller municipal de Pau a été un beau déchaînement médiatique – Reuters, AFP, Libération, L’Express, Le Monde, Le Figaro, Yahoo, France 2, France 3, and so on - qui a excellemment profité à celui qu’il considère depuis plusieurs années comme un adversaire à abattre, Dominique Paillé, ainsi évidemment que le Président de la République Nicolas Sarkozy.

     

    C’est Arash Derambash, un ami, qui a permis la publication de l’ouvrage de Dominique Paillé. Arash est celui par lequel arrivent les publications des politiques. Il est en effet directeur du département politique et personnalités publiques au Cherche Midi http://www.cherche-midi.com.

     

    Pour donner le ton je relève trois paragraphes de Dominique Paillé :

    Celui-ci placé en 4 ème de couverture : « Au fil du temps, en une vingtaine d’années, de 1989 à nos jours, de changements de stratégie calamiteux en échecs patents, François Bayrou n’a eu de cesse de jouer à cache-cache avec le Centre et de l’instrumentaliser pour mener une carrière esseulée. Il a successivement dévoyé le centrisme, trahi les centristes, abusé l’électorat du Centre. Il mène désormais une aventure personnelle qui a peu de chances de lui permettre d’atteindre son objectif obsessionnel : la présidence de la République ».

    Ces deux-là qui terminent le livre p.177-178 :

       « Finalement, quand je pense à François Bayrou, quand je considère le chemin dans lequel il s’est  égaré, je regrette un certain talent caché, qu’il possède, et qui, s’il n’avait pas cédé à l’ambition personnelle, aurait pu s’exprimer avec succès au bénéfice de nos concitoyens… dans le cadre naturel des alliances qu’il n’aurait jamais dû trahir. 

          Je souhaite simplement pour lui, au nom d’un passé commun que je ne récuse pas, que la suite de sa vie politique ne fasse pas irrémédiablement penser au poème de Jacques Prévert « L’amiral » :

    « L’amiral Larima

       Larima quoi

       la rime à rien

       l’amiral Larima

       l’amiral Rien. »»

     

    Cette conclusion exprime un certain regret, une certaine tendresse.

    L’auteur n’a rien d’impitoyable.

    Il est de fait de chair, d’esprit et d’émotions. Et comme il l’écrit en avant-propos page 13 : « Depuis mon entrée en politique, j’ai toujours cherché le meilleur moyen de conjuguer justice sociale, prospérité économique et épanouissement individuel. »

    A partir de ces bases la suite est limpide : une incursion brève à gauche dont le système trop sclérosant le conduit à porter au Centre sa quête d’idéal.

     

    Suivent onze chapitres dont les premiers nous font cheminer d’une jeunesse deux-sévrienne à certaine journée du 6 mai 1971 où la paix sociale est rompue dans un secteur jusque là tranquille, sinon résigné. Et comme il l’exprime fort bien c’est le début d’un chemin où, avec l’aide de jeunes prêtres engagés – c’est important en ces lieux où j’ai vécu et où je me rends régulièrement – une bascule se fait peu à peu vers le parti socialiste.

    En mai 1971, il a 15 ans et, au vu de cette injustice criante – ah ! cette manif dans les rues d’un Bressuire habituellement aux abonnés tranquilles - va rejoindre le PSU. Qu’il quittera plus tard.

    En 198l, ayant  achevé à Rennes à l’Ecole Nationale de Santé Publique sa formation de directeur d’hôpital, Dominique Paillé rejoint à Paris l‘Hôtel-Dieu, ralliant le SNCH, Syndicat national des cadres hospitaliers, dont il est rapidement délégué général.

    Pour l’élection présidentielle il vote François Mitterrand, le suivant dans son engagement  vers l’abolition de la peine de mort. Mais pas possible de rester branché sur une politique qui veut nationaliser l’enseignement privé. En 1986, rompant avec un Parti Socialiste auquel il n’a jamais adhéré, il devient membre du CDS, Centre des Démocrates Sociaux, et donc de l’UDF.

     

    Pourquoi le centre et Raymond Barre ?

    Parce que les centristes sont des interlocuteurs très corrects pour le responsable syndical qu’il est alors et parce qu’ils sont bien implantés dans les Deux-Sèvres, département de naissance de l’auteur. Qui suit alors Albert Brochard - bien connu localement – lequel en fait son suppléant aux législatives gagnées au 1er tour. On est alors page 41 et Dominique Paillé écrit : « Mais ces élections législatives m’ont surtout convaincu que la voie que je devais suivre était celle de l’action publique. J’étais toujours directeur d’hôpital, mais ma volonté de quitter cet univers professionnel pour gagner celui de la politique était irrépressible. »

    C’est Pierre Méhaignerie – politique atypique qu’il admire - et Jacques Barrot qui vont lui permettre d’y arriver.

     

    Sont évoqués aussi Guy Carcassonne, Michel Rocard et « La tiédeur de Bayrou » page 54.

    La suite se lit, éclairante, et j’invite à se plonger dans ce livre de témoignage. Sans langue de bois. Qui permet de mieux suivre le parcours qu’a choisi François Bayrou, chapitre après chapitre, sur fond politique du moment.

     

    Le chapitre VIII « Centriste, donc sarkozyste » (p.125-143) s’achève par deux items : « Sarkozy élu; moi battu » et « Conseiller du Président ». Battu bien que n’ayant pas démérité. Battu mais pas par un meilleur que lui. Le porte-parole de l’UMP dit la cause de sa non réélection, tout  fait extérieure à ce qui se passe sur le terrain provincial. Au soir du premier tour des législatives, rien n’est préoccupant. Mais l’annonce ce même soir d’une TVA sociale par Jean-Louis Borloo - confirmée par François Fillon - fait basculer à gauche les votes au second tour. Après vingt ans.

    Le Président, fidèle en amitié, nomme Dominique Paillé conseiller à l’Elysée et secrétaire général adjoint à l’UMP.

     

    Avec un chapitre IX (p. 146-154) titré « Sarkozy, un président à l’écoute du Centre » des points majeurs sont évoqués à propos du Président de la République. Ainsi l’explication de la méthode choisie par le président dont le lancement de « plusieurs réformes à la fois », le passage au quinquennat, les législatives après les présidentielles.  

     

    Le chapitre X raconte « Bayrou, imprécateur et faux centriste » (pages 155- 168).En face du rythme tonique du Président Sarkozy – tant pis si certains en ont le tournis ! -  la gauche patauge dans le flou et le Modem se récapitule pour l’essentiel en François Bayrou. NDLR : ce qui n’empêche pas la sincérité de ses militants. En 2007 François Bayrou a eu un résultat très satisfaisant.

    De ces résultats qui surgissent occasionnellement, ici et là, pour d’autres types d’élection et ne se reproduisent pas.

    Sauf que là le président du Modem a pris goût au succès et, copiant François Mitterrand, s’est institué « imprécateur en chef ». En attendant 2012. Dominique Paillé remarque :

    « François Bayrou n’est pas sans qualités. Il a été un véritable ami et je confesse regretter ces moments passés ensemble quand l’élection à la magistrature suprême ne l’obnubilait pas.» (p. 167)

     

    Car obnubilé, il l’est. Pour lui c’est écrit, donc il n’y à qu’à attendre et laisser venir. Une foi admirable. Que je conçois bien chez ce pyrénéen, lycéen à Nay – pas très éloigné de Lourdes.  Mais depuis quand la foi est-elle un obstacle au travail ? Curieux exemple qui laisse plus d’un rêveur.

     

    La réalité des votes éclairera le paysage de 2012.

    D’ici là je souhaite que la polémique Paillé Bayrou lancée autour de ce 1 er mai 2009 conduisent les français à aller aux urnes pour l’Europe. Dominique PAILLÉ ne s’arrête pas car disposer d’une Europe bien construite et solidement soutenue par nombre de votants est important.

    Il ne s’agit pas de dormir ni de sombrer dans la tiédeur. 

     

    Et puis voici quelques motifs explicitant mon penchant en faveur de Dominique PAILLÉ. Il y a là :

    = des raisons personnelles.

    = le fait que comme député il a su, notamment à coups de questions écrites, défendre la différence des 2,3 % de nos citoyens qui démarrent dans la vie comme enfants « précoces » - ceux que j’appelle sur ce blog les Normaux Atypiques -, qui peuvent devenir des centenaires toujours construits sur cette normalité atypique mais pas toujours repérés comme tels dans leur jeunesse. D’où des dégâts multiples.

    = une appartenance commune aux Deux Sèvres, quasi voisins au niveau géographique.

    = une formation interdisciplinaire en Santé Publique faite en un même lieu : nous sommes deux anciens de l’Ecole Nationale de Santé Publique de Rennes. 

    Etc…

     

    Moins de 18 ans, allez voir de plus près car on est là dans du détail politique, de l’observation, du récit plutôt que de la polémique. Pour 14 € ce livre se découvre et se révèle à nos yeux comme une carte de géographie, une carte d’état major. Une telle carte est une mine d’informations comme l’est ce livre de Dominique Paillé.

     

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr (Photo : en haut à gauche: couverture du livre « Les Habits neufs des faux centristes. Arnaque ou imposture » paru au Cherche Midi et son auteur Dominique Paillé; à droite Arash Derambarsh, de sa collection personnelle)