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enseinement

  • L'école: nous et la Finlande

    Vous trouvez sur la page intitulée "index thèmes blog" les sujets récapitulés avec les jours où les trouvez. Merci

    C’est avec une grande attention que j’ai suivi l’autre soir tout ce qui concernait le cursus scolaire dont les propos de Luc Ferry.

    J’ai écouté de près les reportages concernant les enfants scolarisés à la maison. Je ne sais pas qui étaient biaisés - les reporters ou moi – mais il m’a semblé que ces reportages ne penchaient pas pour ce type d’enseignement. Je le rappelle: l’école n’est pas obligatoire. Seul l’est l’enseignement.

    Luc Ferry de par son parcours personnel n’est pas attaché à l’enseignement à la maison. Ce n’est pas parce que ce responsable s’est senti « non socialisé » que les enfants enseignés « à la maison » le sont.

    En fin d’émission, filmé intelligemment par Nathalie KAAS, le LAP (Lycée Autogéré de Paris) avec une relation élèves professeurs libre et égalitaire, ce qui permet à un certain nombre- il y a sélection, pour accéder au LAP -  de reprendre un cursus scolaire et de décrocher le Baccalauréat, ce sésame bien français !

    Un reportage à propos de ce Baccalauréat. On peut en penser ce que l’on veut, selon le bord où l’on se trouve ! Dire que les professeurs qui sentent des consignes de douceur pour les corrections de copies qu’ils ont à faire racontent des bobards, alors qu’à ce jour il est bien visible que chaque tranche d’âge qui arrive à cet examen doit avoir le Bac en poche pour plus de 80% d’entre eux. Ou alors ce sont les journalistes qui se sont plantés ! On peut encore entendre les responsables du rectorat de Versailles qui déclarent que les sujets sont aussi ardus que jadis, au temps de leur Bac à eux. Il n’empêche. Cet accès au Bac à presque tous donne à penser.      

    Autrefois le Bac semblait sélectif.  Aujourd’hui il devient un passe-partout tel qu’il faut vraiment vouloir ne pas l’avoir pour le rater, à l’exception des lieux où trop d ‘agitation rend le travail scolaire difficile et l’effort à fournir plus important - j’évoque là des lieux bien moins favorisés. Sinon, le Bac est devenu une sorte de permis de conduire pour le travail. Et à moins d’être né handicapé, il est impensable en 2006 d’envisager de terminer un cursus généraliste sans Bac…à moins que ce soient les adultes à l’alentour qui aient été défaillants ou incompétents ou encore totalement inconscients. Malheureusement pour vous les jeunes, ils existent ces adultes là !

    Au final on pourrait tout aussi bien supprimer l’épreuve. Seulement le Baccalauréat se verrait alors dépouillé de toute sa valeur symbolique  de rite de passage avec écrit, oral, réjouissance, etc…

    Le sujet intéressant était l’école en Finlande.  Avec début à 7 ans, bien assez tôt ! 9 à 10 ans d’école de base suffisent. Il est aisé d’emprunter de suite à la Finlande une de ses qualités : la valorisation, la confiance en soi à force de compliments. La maladie du système scolaire français est de toujours de demander plus, de toujours faire la fine bouche sur de bons résultats avec les commentaires toujours mis et remis : « Peut faire mieux ! ». Comme si il fallait toujours accéder à 20/20 ou 10/ 10. Comme si le but de la vie était ça : une note ! la note maximale ! Vivre pour cette note maximale étant censé donner le bonheur en quelque sorte.

    Pourquoi cela ? A  cause d’une culture de l’élitisme propre à la France où tout commence et finit toujours majoritairement à ce jour par les grandes écoles - l’ENA ou des trucs identiques, rien n’étant placé plus haut. Commence et finit car une fois admis entre les murs d’HEC, de l’ENA ou de tout haut lieu semblable il n’y a plus qu’à se laisser vivre assez tranquille, à travailler ce qu’il faut pour en sortir honorablement, diplôme en poche… puisqu’ensuite rien ne vous sera demandé de plus. On met les pieds dans des pantoufles vers 18-25 ans et on va pouvoir les garder aux pieds jusqu’à sa retraite. Cela pour ce qui est considéré comme l’élite de la population, la crème des crèmes. Et tant que l’on va garder cette culture de l’élitisme, on ne va pas avancer beaucoup du côté du respect des travaux manuels. Travaux auxquels tout le monde est loin d’être apte, à l’inverse de ce qui est imaginé. C’est un autre a priori français que d’imaginer que les étiquetés  pas bons ou pas suffisants en abstraction seront bons pour le manuel. En fait on ne dispose pas des bons outils pour évaluer, bien trop prématurément, nombre de jeunes, ce qui conduit à les virer sur des voies de garage, à les sortir du système, à trop souvent les briser.  

    Il y a loin des ouvrages de mains pratiqués en Finlande à nos lycées d’Enseignements Professionnels style pré-racailles. Ce  n’est pas moi qui pense qu’il y a là essentiellement de la pré-racailles, c’est la pensée collective. Je provoque un peu, je sais. Personnellement je n’ai rien contre les élèves des LEP.

    Mais je m’éloigne. Retour à la Finlande. Il est possible de copier, maintenant, tout de suite, un comportement et une attitude mentale positive pour tous. De ceux à l’intelligence dite abstraite – nos futurs élites ! – à ceux à l’intelligence considérée comme bien moins abstraite. Que s’agit-il de faire ? D’encourager. De valoriser tout ce qui est bon. De continuer tout au long de l’année scolaire à encourager dans cette bonne voie.

    Que se passe-t-il alors ? Chaque jeune à l’école – ou chez lui  - est alors arrosé jour après jour par cette ondée bienfaisante de compliments, comme une eau bienveillante pour une plante qui en a besoin. Ce n’est tout de même pas très coûteux ni difficile. Pas très coûteux : je peux dire même sans le moindre coût. Pas très difficile ? je vois mal en quoi il serait plus difficile de faire des compliments que de déverser du négatif. Sur cette nouvelle pente de positivité il n’y a pas que les enseignants à devoir se mettre à pratiquer ainsi. Il faut que toute la société française s’y mette. Les parents, les grands-parents et la famille élargie. Les professionnels en tout genre. Les artisans. Tous ceux qui usent de leurs mains  pour beaucoup. Ce demi-tour peut s’avérer dur à faire car notre société n’est pas portée là-dessus. D’où ce besoin d’ascenseur social, sa nostalgie.  

    Le respect ne doit pas se faire seulement du bas vers le haut. Il devrait être aussi de personne à personne, à l’horizontal en quelque sorte. Il est évident qu’on ne peut avoir qu’un Président de la République, qu’on ne peut dépasser le nombre prévu de députés et de sénateurs, etc, etc…Donc pour ces postes limités, un certain élitisme qui ne fera pas appel aux mêmes qualités selon le profil des postes va exister de fait, en vertical en quelque sorte. Si l’on regarde ailleurs que vers cette verticalité, si l’on oublie un peu de se centrer vers le respect des élites, on se trouve à ce moment là sur une égalité horizontale. Et à ce moment là il ne doit plus y avoir de manque de respect de certains professeurs vis-à-vis d’élèves moins doués que d’autres dans le système scolaire actuel, par exemple.  

    Un petit effort ! être positif, envers tous les enfants, quels que soient leurs résultats est une attitude générale qui ne nécessitera aucune dépense supplémentaire. Cette attitude peut s’emprunter à la Finlande. Encore faut-il que tout le monde s’y mette. Car un nouvel état d’esprit ne tombe pas du ciel. Un tel nouvel état d’esprit doit  se pratiquer de suite dans les écoles et hors des écoles.     

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr