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enfants placés

  • Enfants placés…après.

    Le lundi 12 décembre 2011 le journal La Croix a rapporté en page 9 un entretien avec Isabelle Frechon , socio-démographe, sur le thème « Que deviennent les enfants ? ». Ce thème était celui des 5 èmes assises de la protection de l’enfance tenues à Parie les 12 et 13 décembre.

     

    Le propos de cette socio-démographe est dans la ligne optimiste. Un optimisme qui lie ces enfants placés sortis à la situation observée pour les « jeunes de milieu modeste ».

     

    Elle affirme aussi – sur quelles bases objectives ? – qu’en cas de bémols – ainsi des problèmes de santé mentale – ces derniers seraient « souvent liés à leur vie avant le placement, en particulier lorsqu’ils ont été victimes de maltraitance ».

    Ici, le chercheur Isabelle Frechon ne semble pas avoir expérimenté elle-même le placement. Elle saurait alors comment on – les services qui placent - déclare trop souvent qu’il y a maltraitance alors qu’il n’en est rien.

    Cette méconnaissance de l’intérieur dont elle n’est pas responsable biaise bien des vies.

     

    Je le rappelle, l’équipe d’envoyé spécial l’ayant interviewé une fois de plus pour une diffusion d’il y a peu, l’inspecteur général Pierre Naves ne cesse de dire et redire qu’au moins 50% des enfants n’auraient pas à être placés en foyer ou en famille d’accueil, arrachés à leur famille, coupés de leurs racines.

    Pourquoi ? Parce qu’ils ne sont pas victimes de maltraitance. La maltraitance est en effet, une étiquette mise trop souvent à la hâte, sans enquête la confirmant.

     

    Une fois placé, l’enfant – ou les enfants d’une fratrie – est comme dans une sorte de prison pour enfant non délinquant, écarté de sa vraie famille dont les visites sont contrôlées et surveillées. Des visites dites « médiatisées » à l’issue desquelles l’enfant veut repartir chez lui. S’ensuit le concept pour les tout puissants décideurs de « visites nocives », prétexte pour les limiter ou les supprimer.

     

    Isablle Frechon a l’honnêteté de souligner que les études faites sont très factuelles. Et que si la plupart des enfants placés s’en sortent – voir ce qui est appelé ainsi – « c’est à un prix élevé ».

     

    Pourquoi ? parce que l’institution les lâche sans préparation à 18 ans.

    Ce propos me scandalise : il signe que l’institution a tout fait pour les séparer de leur vraie famille dont ils sont devenus « orphelins » par force. Ce qui est à la fois très triste et insensé.

    La possibilité de suivi jusqu’à 21 ans est même écrite dans cet article !

     

    On croit rêver !

    Mais ce n’est pas un songe, tout ayant été mis en œuvre par les institutions – soit la justice avec l’Aide Sociale à l’Enfance - ASE, soit l’Aide Sociale à l’Enfance, pour amputer ces familles de leurs enfants ou ces enfants de leur famille.

     

    Il ne s’agit pas – je cite la dernière phrase de l’article - de « permettre aux jeunes qui quittent l’ASE de conserver des liens avec l’institution. » mais de permettre aux jeunes de rester en liens avec leur famille passée à la trappe avec cette phrase finale, définitivement mise hors jeux, annihilée, guillotinée !

     

    En ces jours de Noël, de fêtes familiales, de chaleur d’un foyer, alors que de nombreux jeunes placés n’auront pas le droit de passer chez eux même une petite heure alors qu’ils le désirent de tout leur coeur, je suis scandalisée par la phrase finale prononcée, en toute naïveté et sans aucune expérience vécue personnellement. Enfants placés, je pense à vous et je prie.

     

    francoiseboisseau@wanadoo.fr

  • Académie, enfants placés "adoptables" !

    A ce jour, je ne connais pas d'enfants ou de petits-enfants d'académiciens victimes de placement par erreur. Si ce type d'injustice les avait frappés, le propos aurait sans doute été différent. A ce sujet, voici l'article paru dans le journl La Croix le lundi 21 février 2011.

     

    " L’Académie de Médecine relance le débat sur l’adoption en France

     

    Dans un rapport qui doit être adopté le mardi 22 février 2011, en séance plénière, l’institution dénonce les failles du dispositif français qui laisse des enfants en souffrance, délaissés par leurs parents sans pour autant être adoptables.

     

    Est suggérée la création d’une filière de familles d’accueil, choisies parmi les candidates à l’adoption, en parallèle avec tes familles d'accueil rémunérées.

     

    Des associations invitent à la prudence car le délaissement parental peut être difficile à évaluer.

     

    Le constat est sévère. Dans un rapport voté demain en séance plénière, l'Académie de médecine lance un appel à réformer l'adoption nationale en France, qui concerne aujourd'hui quelque 800 enfants par an, soit une adoption pour cinq adoptions internationales. Complexité du dispositif, dilution des responsabilités, lenteur des procédures: pour son rapporteur, le professeur Jean-Marie Mantz, qui a présenté les conclusions de ses travaux la semaine dernière, les conséquences sont graves.

    Même lorsque le délaissement parental est avéré ou que des maltraitances sont constatées, les enfants ne sont pas pour autant adoptables. Un grand nombre, estime-t-il, passe donc de famille d'accueil en famille d'accueil sans pouvoir établir un lien affectif stable et construire leur avenir (30 % des sans-abri ont été placés dans leur enfance, rappelle le rapporteur). Dans sa présentation, ce professeur émérite de réanimation médicale a notamment mis en exergue deux chiffres éloquents: alors que 20 000 enfants maltraités sont signalés chaque année, seuls 132 enfants « en danger» ont été adoptés en 2008.

    La question du délaissement parental n'est pas nouvelle et pas simple à évaluer. Il y a trois ans, Jean-Marie Colombani, l'ancien directeur du quotidien Le Monde, déplorait déjà dans un rapport le faible usage de l'article 350 du code civil qui permet d'engager une « demande en déclaration judiciaire d'abandon », lorsque les parents d'un enfant placé s'en « sont manifestement désintéressés » l'année précédente. En 2009, Nadine Morano, alors secrétaire d'État à la famille, présentait en conseil des ministres un projet de loi comportant deux dispositions importantes (La Croix du 1er avril 2009) : il prévoit d'une part que les travailleurs sociaux évaluent, dès la première année de placement, puis une fois par an, s'il y a ou non désintérêt « manifeste » des parents; d'autre part, que le parquet puisse saisir le tribunal d'une demande de déclaration d'abandon, préalable à l'adoption de l'enfant.

    Cependant, remaniement oblige, Nadine Morano n'a jamais défendu son texte au Parlement, qui reste à ce jour dans les cartons.

    Certaines associations invitent cependant à la prudence. C'est le cas d'ATD Quart Monde, qui rappelle combien il peut être difficile d'évaluer le délaissement parental. « Nous suivons des familles dans des situations de détresse telles qu'il leur est parfois difficile de maintenir le lien avec leur enfant placé, explique Maryvonne Caillaux, l'une des permanentes de l'association. Je connais des mères qui aiment leurs enfants mais ne savent pas faire, se sentent dévalorisées; certaines ont des troubles psychiatriques avec lesquelles elles se débattent. Hier encore, l'une d'elles, qui disait qu'elle ne voulait plus voir ses adolescents car les relations étaient très difficiles, m'a confié: "Ce n'est pas que je ne veux plus les voir, mais je souffre trop"», raconte la responsable associative, sans nier la nécessité, dans des cas extrêmes, de couper le lien.

    Maryvonne Caillaux est toutefois convaincue que les cas de délaissement avéré sont « extrêmement rares » et ont donc peu d'incidences sur l'adoption nationale, contrairement à l'analyse de l'Académie de médecine. En revanche, le rapporteur et la militante se retrouvent sur un point: l'intérêt, dans un grand nombre de cas, dé passer par l'adoption simple, permettant de maintenir un lien avec le parent biologique. « L'enfant se construit s'il comprend son histoire, note ainsi Maryvonne Caillaux. S'il n'a que des bribes, si on efface délibérément ses parents biologiques, il risque d'en souffrir. »Afin de ménager la place de chacun, tout en sécurisant l'adoption simple, Jean-Marie Mantz suggère donc de rendre cette dernière irrévocable, tout comme l'adoption plénière, une proposition que la permanente dATD Quart Monde juge intéressante.

    Le rapporteur émet d'autres recommandations, dont il a fait part la semaine dernière, en présentant des dessins d'enfants poignants. Il propose de rendre obligatoire le signalement de maltraitance par le médecin, qui se retranche parfois derrière le secret médical pour ne pas le faire. Il suggère aussi la création d'une filière de familles d'accueil bénévoles, choisies parmi les candidates à l'adoption, en parallèle avec les familles d'accueil rémunérées, et de simplifier les processus administratifs et judiciaires de prise en charge des enfants en danger. Quant au désintérêt parental, il estime qu'il pourrait être évalué en six mois et non un an comme le prévoit actuellement le code civil.

     MARINE LAMOUREUX "

    

    Un article à méditer les jeunes.

    

    contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr 

  • Enfants placés : du chemin reste à faire !

    Le quotidien « La Croix » www.la-croix.com, à l’occasion de la fête de l’Ascension, a consacré le cahier central de son numéro 38662 – mercredi 12, jeudi 13 mai 2010 - au sujet suivant : « La souffrance des parents d’enfants placés » à partir d’ « une étude de l’Observatoire national de l’action sociale » laquelle « montre certains effets pervers des dispositifs de signalement des enfants en danger ». 

    Le journal La Croix révèle cette étude qui fait suite, 10 ans plus tard, au rapport Naves-Cathala de 2000, en ligne sur www.la-croix.com, qui avait plongé au cœur des motfs officiels des placements d’enfants, des enfants situés le plus souvent dans la zone ATD Quart monde. 

    Depuis l’an 2000, j’ai entendu à plusieurs reprises l’Inspecteur Général ¨Pierre Naves, l’un des deux auteurs du rapport, déclarer que sur environ 150.000 enfants placés, la moitié au moins n’auraient jamais dû l’être. 

    Dans le cahier central, en page 13, sous le titre « Les parents d’enfants placés veulent être mieux traités », l’histoire de 7 enfants, avec handicap de la maman, nous est contée. Mention suivante est faite en fin d’article : « les voix des parents souffrant de s’être fait retirer « injustement » leurs enfants se font de plus en plus entendre, via notamment les blogs des associations de parents qui se sont créées. « On met les parents de côté, et on ne respecte pas nos droits », dénonce Catherine Gadot, présidente de l’association Le Fil d’Ariane. » 

    En page 14 il est indiqué que « La plupart des familles suivies par les services sociaux ne sont pas en effet à proprement parler maltraitantes ». L’une des difficultés du dispositif de protection de l’enfance tient au fait qu’ « il est davantage dominé par la gestion des risques, le principe de précaution. Le loi du 5 mars 2007 souligne la nécessité d’établir un équilibre entre la protection de l’enfance et la promotion du rôle des familles pour éviter de les disqualifier ». 

    Toujours en page 14 un autre témoignage de maman, cette fois anonyme, est cité par La Croix qui l’a estimé représentatif des nombreux témoignages recueillis par ce journal au sujet de familles dont les enfants ont été placés sans leur accord. La famille en question a également un handicap, et a vu ses 3 enfants de 9, 5 et 3 ans placés depuis 3 ans. 

    En page 15, un entretien avec une responsable d’ATD Quart Monde rappelle que les enfants placés sont en majorité issus de familles pauvres. Ils sont placés plus pour « carences éducatives » que pour de vraies maltraitances présentes seulement dans 10 % à 20% des cas.

    Suit, toujours en page 15, la présentation de l’association RETIS, Recherche, éducation, territoire, interventions, sociabilités, 18 rue Ferdinand-Dubouloz, 74200 Thonon-les –Bains, tél 04 50 72 26 20.
    Son directeur, Mohamed L’Houssni, a imaginé une solution originale pour que parents et enfants vivent mieux le placement. 

    Un dernier article en page 15 tente de décrire en quoi « les droits des familles » ne sont « pas toujours respectés ». 

    Les 4 èmes Assises nationales de la protection de l’enfance se dérouleront les 28 et 29 juin à Marseille autour du thème « Souffrance des famlles, désarroi des professionnels. Comment retisser le lien ? ». Renseignement au 01 53 10 24 10 

    Si les parents sont à mieux écouter, la voix des enfants placés injustement à partir de l’âge du discernement dit aussi âge de raison reste généralement étouffée.
    Ce qui est, à mon sens, insupportable.

    En attendant une prise de consncience de tous – et pas seulement des personnes immergées dans le travail social ou aidant des familles désignées comme appartenant à ATD Quart Monde - voici les coordonnées du Fil d’Ariane France, l’association créée et dirigée par Catherine Gadot citée en page 13 : Fil d'Ariane France : prévention et soutien des familles dans le placement d'enfants 3 allée des Aubépines 93600 Aulnay-sous-Bois Tél./Fax : 01 48 69 87 29 Courriel : lefildariane93 wanadoo.fr.

    Il est à espérer que toutes les souffrances inutiles d’enfants placés et de leurs familles ne seront plus un jour qu’un mauvais souvenir. 

    Contact : francoiseboisseau@wanadoo.fr