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  • C. MAUNOURY: Avion Passion

    Catherine MAUNOURY: Avion Passion

    Catherine appartient à La Beauce.  Sa famille, celle des Maunoury, est connue de tous les beaucerons. Plusieurs Maunoury  ont  assumé des responsabilités et leurs noms colonisent de nombreuses rues des communes d'Eure et Loir.  La Beauce c'est du blé à perte de vue la saison venue et,  dominant cet océan végétal si bien évoqué par Charles Péguy, la cathédrale de Chartres où se précipitent des touristes du monde entier. Autre empreinte de l'histoire, le château de Maintenon - actuellement boudé par les "tour opérator" avec un reste significatif de l'aqueduc mis en chantier par Louis XIV pour alimenter en eau les fontaines du château de Versailles à 80 kms de là - aqueduc aux restes suffisamment imposants pour passer en voiture sous une de ses arches,  être contemplé depuis la nacelle d'une montgolfière, et être le repère annonciateur de l'arrivée par sa  visibilité  depuis les avions long courrier.

    Cet avion si cher à Catherine Maunoury.  La plus jeune des Maunoury repérée à ce jour.

    Les Editions du Cherche Midi ont été interpelées quelque part par cette jeune femme passionnée. De cette passion constructrice et dévorante qui contamine tous les "possédés" d'un amour avouable qui pousse à le vivre à l'extrême.  Les "fous" de musique, d'aviation, de formule 1, de montagne  etc... Tous ceux et celles qui connaissent cet état de coeur si particulier s'y retrouveront.
    Au Cherche Midi le livre titré "L'étrange bonheur de voler" (octobre 2007, 204 p., 17 euros)  a ainsi vu le jour, fruit  d'un dialogue entre Catherine Maunoury  et Jacques Arnould.

    Ce livre se dévore et je vous le conseille. 
    Pour les jeunes lecteurs pas forcément au courant: Catherine est double championne du monde de voltige aérienne;  Jacques Arnould est spécialiste des questions d'éthique au  Centre National d'Etudes Spatiales (=CNES).

    Catherine Maunoury n'est pas la 1ère femme à flirter intensément avec le ciel.  Mais elle est vivante, là, maintenant. On peut la voir, lui écrire, et avant tout écouter la part de vie intime qu'elle nous livre lors de ce dialogue entre  Jacques et elle.
    Car conquérir le ciel est d'abord se conquérir. En apprenant à se connaître, à se contrôler, à dépasser des peurs possibles. En apprenant à connaître en son plus intime l'appareil  conduit à  s'arrimer au corps qui va le diriger, le conduire, jusqu'à  danser ensemble dans les airs.

    La  passion pour l'avion, la passion pour voler - aussi violente qu'une passion amoureuse  et aussi exigeante - a besoin de disponibilité, de compétences, d'une tête "bien faite autant que bien pleine".
    Tous les "possédés",  tous les "fous" de quelque chose ont en commun le contrôle d'eux-mêmes, qualité majeure pour ne pas être débordé par l'émotif  présent dans toute passion.

    Lisez, et vous verrez vous-même.
    Vous découvrirez les codes de ceux qui volent;  vous survolerez Chartres, et aussi le ruban asphaltée de la route vers Dreux au-dessus duquel la voltige est autorisée (p. 35) - avec pour débuter un tonneau tout simple pour Jacques.
    Qui le vit ainsi: "...Catherine manoeuvre son appareil.  Je vois alors le ciel basculer devant moi, lentement, sans à-coups, jusqu'à disparaître pour être remplacé par des champs et des forêts; mais déjà ce nouvel horizon disparaît. Pour la première fois de ma vie, je comprends ce que signifie "avoir la tête en bas" "... (p.38)

    Plus avant,  Catherine initie Jacques à la vrille et au fait de la contrôler; c'est plus dur pour l'élève (p.64).

    Il est question du mythe d'Icare, de maîtriser l'avion comme on maîtrise un cheval, de l'importance d'une bonne oreille interne pour la voltige, d'un sommeil suffisant et d'une alimentation adéquate.
    Il est montré la possibilité de flotter en apesanteur à bord de l'Airbus Zéro-G, d'utiliser - comme les oiseaux - des courants ascendants pour passer avec un petit avion au-dessus de la cordillère des Andes.
    On découvre aussi le vol en Rafale du Bourget à Istres, les wing walkers présents lors du meeting de La Fertais-Alais à la Pentecôte, une réflexion autour de la transgression des limites posées....

    Catherine se définit comme quelqu'un de sédentaire en page 173.  Jacques, avec elle, a défini la voltige "comme un voyage mouvementé dans l'air, mais immobile" en page 185.

    Le dernier paragraphe, en page 200, évoque le plaisir et la rencontre des 2 auteurs de ce livre écrit à 4 mains:    
      "Dès lors, notre rencontre était-elle si improbable ? Au fil de nos échanges et  de nos réflexions, ici mises en scène, affrontant cette délicate question du plaisir, nous nous sommes retrouvés en accord pour tenter de dire ce qui, au coeur de nos existences, leur donne souffle et saveur, sens et détermination. Le plaisir, celui de voler comme celui de vivre, ne saurait en être écarté: il se trouve en effet dans l'inconnu encore à découvrir, le choix encore à accomplir, la différence encore à accueillir.  A chacun de trouver cet étrange bonheur de voler qui le déposera au-delà de lui-même."

    Alors les jeunes, au moins une passion de prédilection ? ou plus, qui sait ?

    contact: francoiseboisseau@wanadoo.fr